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1163 jusqu’en 1345
Événement

Un évêque d’origine modeste, Maurice de Sully, lance le chantier de Notre-Dame, qui durera près de deux siècles

Cathédrale Notre-Dame de Paris
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Maurice de Sully et sa cathédrale : statue de l’évêque dans l’église de Sully-sur-Loire, sa ville natale. Oric1 — domaine public (Wikimedia Commons)

Rien n’obligeait l’évêque à tout reconstruire : la vieille cathédrale venait d’être restaurée. Maurice de Sully voit plus grand, et plus loin : le chantier qu’il ouvre durera près de deux siècles.

En 1160, Paris se donne pour évêque un homme d’origine modeste. Maurice de Sully doit son nom à Sully-sur-Loire, où il est né entre 1105 et 1120. Son hagiographie en fait un fils de serfs qui aurait mendié à Paris dans sa jeunesse ; il était plus probablement le fils d’un bûcheron et d’une fabricante de balais de genêt. Brillant élève, il a été envoyé vers 1140 étudier auprès des maîtres de l’école cathédrale de Paris, comme le futur roi Louis VII. Le voilà à la tête d’un diocèse en pleine croissance : partout en Europe de l’Ouest, les villes se peuplent, et les vieilles cathédrales deviennent trop petites.

Dès l’année de son élection, il décide de bâtir une nouvelle cathédrale, dédiée à Notre-Dame. Rien ne l’y obligeait : l’édifice roman venait d’être rénové. Mais Maurice a un dessein plus vaste : réorganiser toute la Cité, y instituer douze paroisses de plein exercice, relier la vieille île à la ville neuve qui grandit sur la rive droite. Pour dégager l’accès à la cathédrale, il prévoit de percer une rue Neuve, qui débouchera sur un parvis. Son église sera immense : 122 mètres de long pour la nef et le chœur, 33 mètres sous les voûtes, bien plus que la cathédrale de Sens, la plus récente du moment. On y expérimentera parmi les premiers arcs-boutants. Le style est celui de l’« œuvre française », qu’on appellera plus tard gothique et qu’ont déjà adopté Saint-Denis, Noyon et Laon.

Plaque de marbre gravée de lettres rouges et noires, surmontée d’une croix
La date de la tradition, gravée dans la cathédrale : « En l’année 1163, sous le pontificat du pape Alexandre III et le règne du roi Louis VII, Maurice, né à Sully-sur-Loire, évêque de Paris (1160-1196), entreprit la construction de cette cathédrale » — C1P8, CC BY-SA 2.5 (Wikimedia Commons)

La tradition fixe le début des travaux à 1163. Une légende, rapportée au XIVe siècle par le chroniqueur Jean de Saint-Victor, veut même qu’entre le 24 mars et le 25 avril de cette année-là, le pape Alexandre III, alors réfugié à Sens, ait posé la première pierre en présence de Louis VII. Le pape est bien à Paris ce printemps-là : le 21 avril 1163, il consacre l’autel de Saint-Germain-des-Prés, dont les moines, jaloux de leurs privilèges, refusent l’entrée à l’évêque. Mais le chantier a sans doute commencé plus tôt, dès 1160 ou 1161, par le chevet. Le roi y contribue pour deux cents livres.

Parchemin écrit en latin, auquel pend un sceau de cire brun-rouge
En 1185, Maurice de Sully confirme une vente de prés près de Paris : l’acte porte encore son sceau (Archives nationales, AE/II/191) — Archives nationales — domaine public (Wikimedia Commons)

Le chœur est achevé vers 1177 ; le maître-autel est consacré le 19 mai 1182 par un légat du pape et par Maurice lui-même. En même temps, l’évêque fait élever un nouvel Hôtel-Dieu et un palais épiscopal, bâtit deux ponts, sur la Seine et sur la Marne, et encourage Philippe Auguste, qu’il a baptisé, à faire paver les rues. Il se retire en 1196 à l’abbaye Saint-Victor et y meurt le 11 septembre. Ses successeurs poursuivront l’œuvre en modifiant son plan : la cathédrale ne sera achevée que vers 1345.

On prête à Bernard de Clairvaux, le grand abbé cistercien, apôtre de l’austérité monastique face au faste de Cluny, une opposition à ce chantier. Elle est impossible : il est mort le 20 août 1153, dix ans avant la date traditionnelle de la première pierre.

Plus de huit siècles plus tard, le 15 avril 2019, un incendie détruit la flèche et toute la toiture. Reconstruite à l’identique, Notre-Dame a rouvert ses portes le 7 décembre 2024.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.