Exécution d'un officier allemand par une équipe spéciale des FTP-M.O.I. à la demande des services secrets alliés

Boulevard de Courcelles, une équipe FTP-MOI exécute un officier nazi près du Parc Monceau

L'Affiche rouge.

 

Ils agissent à la demande des services alliés, mais ce sont des immigrés qui paieront de leur vie.

Le 18 août 1943, une équipe spéciale des Francs-Tireurs et Partisans de la Main d'Oeuvre Immigrée (FTP-MOI) exécute un officier allemand boulevard de Courcelles, aux abords du Parc Monceau, dans le 8e arrondissement. L'opération est menée à la demande explicite des services de renseignement alliés. Elle mobilise plusieurs combattants dont Marcel Rajman, Celestino Alfonso Matos, Henri Karayan et Leo Kneler.

Les FTP-MOI forment l'une des unités de résistance les plus actives de Paris occupé : une formation de travailleurs immigrés, en majorité juifs d'Europe de l'Est, communistes, réunis sous commandement militaire. Ils n'avaient pas la nationalité française, souvent pas de papiers réguliers, et peu de chances d'être protégés en cas d'arrestation. Depuis 1942, ils multiplient les attentats contre les cibles allemandes : officiers, soldats, installations militaires.

Marcel Rajman est l'un d'eux. Jeune Juif polonais tout juste sorti de l'adolescence, il compte parmi les plus actifs de la section parisienne. À partir de l'été 1943, sa section opère sous la direction de Missak Manouchian, un ouvrier arménien rescapé du génocide, responsable militaire des FTP-MOI pour la région parisienne.

Trois mois après l'opération du boulevard de Courcelles, le réseau est démantelé. Le 16 novembre 1943, Manouchian et la plupart de ses camarades sont arrêtés par la Gestapo et la police française. Rajman figure parmi eux. Après un simulacre de procès devant un tribunal militaire allemand, vingt-trois combattants sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944.

Les nazis avaient affiché leurs photographies sur les murs de Paris sous le titre « Des libérateurs ? » : une affiche rouge destinée à les stigmatiser comme criminels étrangers. La manœuvre se retourna contre ses auteurs. L'Affiche rouge entra dans la mémoire collective de la Résistance ; Louis Aragon écrivit en leur honneur ses « Strophes pour se souvenir ». Rajman avait vingt ans.

Bibliographie