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Couverture — Les Commandos de l'Affiche rouge
Bibliographie

Les Commandos de l'Affiche rouge

TCHAKARIAN Arsène/KOSSÉIAN Hélène
Éditions du Rocher. Histoire, 2012.
91 Fiches citant cet ouvrage
2012 Édition

Fiches citant cet ouvrage

91 fiches
Événement
1944
21 février 1944 — Tribunal militaire allemand (Gross-Paris Feldkriegsgericht)
p 8
Verdict du procès dit improprement du "Groupe Manouchian" ; les 23 hommes seront fusillés le jour-même ; Olga Bancic sera décapitée à la hache malgré une promesse de grâce
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Événement
1943
27 mai 1943 — Appartement de René Corbin/Réunion du Conseil national de la Résistance
p 39-40 & 234
Réunion du CNR. Pascal Copeau (Libé-Sud), Gaston Tessier (CFTC), Louis Saillant (CGT), Joseph Laniel (PR), Marc Rucart (PS), André Mercier (PC), André Le Troquer (SFIO), Georges Bidault (démo-ch), Jacques Debû-Bridel (Ré …

Réunion du CNR. Pascal Copeau (Libé-Sud), Gaston Tessier (CFTC), Louis Saillant (CGT), Joseph Laniel (PR), Marc Rucart (PS), André Mercier (PC), André Le Troquer (SFIO), Georges Bidault (démo-ch), Jacques Debû-Bridel (Répu)

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Événement
1943
9 juillet 1943 — Cimetière du Père Lachaise/Sépulture de Jean Moulin
p 48
Le 9 juillet 1943, le crématorium du Père-Lachaise incinère Jean Moulin, l'homme qui venait d'unifier la Résistance française Boulevard de Ménilmontant, dans le Paris occupé de l'été 1943. Un corps arrive d'Allemagne, dé …

Le 9 juillet 1943, le crématorium du Père-Lachaise incinère Jean Moulin, l'homme qui venait d'unifier la Résistance française

Boulevard de Ménilmontant, dans le Paris occupé de l'été 1943. Un corps arrive d'Allemagne, débarqué à la gare de l'Est. On le conduit au crématorium du Père-Lachaise — le seul de la capitale — et on l'incinère aussitôt, sur ordre allemand. Le registre inscrit une formule sèche : « Inconnu incinéré, 09-07-43 ». L'urne rejoint le columbarium, glissée dans une case numérotée, la 10137. Ce jour-là, personne ne sait — ou personne ne dit — qu'on vient de brûler Jean Moulin.

À peine trois semaines plus tôt, Jean Moulin présidait clandestinement le Conseil national de la Résistance, qu'il avait réuni pour la première fois rue du Four, à Paris, le 27 mai 1943. Arrêté à Caluire, près de Lyon, le 21 juin, livré à Klaus Barbie, torturé, il meurt le 8 juillet quelque part près de Metz, dans le train qui l'emporte vers l'Allemagne. Les circonstances exactes de sa mort restent incertaines ; l'acte de décès lui-même émettra plus tard des doutes. Ce qu'on ramène à Paris, c'est un mort sans nom.

L'ironie est cruelle pour un homme qui avait fait de l'anonymat un métier. Sous l'Occupation, Jean Moulin était Rex, puis Max ; il changeait d'identité comme de refuge, dissimulait sous une écharpe la cicatrice d'une gorge qu'il avait tenté de trancher en 1940 pour ne pas parler. Et voilà que la mort le prend au mot : le voici réduit à un matricule de columbarium, à quelques pas des tombes de la Commune.

Il faudra la Libération pour que l'histoire rattrape la case 10137. La famille retrouve l'urne anonyme, la fait déplacer vers le carré des Résistants du cimetière, sous une inscription prudente : « cendres présumées de Jean Moulin ». Le mot compte. Car le corps n'a jamais été identifié avec certitude, et ce doute ne s'est jamais tout à fait dissipé.

Le 19 décembre 1964, l'urne quitte le Père-Lachaise pour le Panthéon. André Malraux, la voix cassée, lance sa phrase : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » La nation range son héros parmi les grands hommes. Mais elle y dépose, en toute rigueur, des cendres présumées — l'incertitude de la case 10137 montée jusque sous la coupole.

Au Père-Lachaise, la case est vide depuis longtemps. Depuis 2019, la Ville de Paris y a fixé une plaque. On passe devant sans la voir, entre deux allées de pierre grise. C'est peut-être la juste mesure d'un homme dont la force, jusqu'au bout, aura été de ne pas se laisser reconnaître.

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Événement
1943
3 juin 1943 — Rue Mirabeau/Attentat FTP-M.O.I.
p 56-61 & 242
Attentat contre un car de la Kriegsmarine ; Ernst Blaukopf, blessé, se tire une balle dans la tête pour ne pas tomber aux mains des nazis ; il survivra, sera torturé, puis fusillé au Mont Valérien
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Événement
1943
3 juin 1943 — Lieu de l'arrestation d'Ernst Blaukopf
p 58 & 60
Ernst Blaukopf, blessé lors de l'attentat de la rue Mirabeau, se tire une balle dans la tête pour ne pas tomber aux mains des nazis ; il survivra, sera torturé, puis fusillé au Mont Valérien le 28 septembre 1943
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Événement
1943
3 juin 1943 — Demeure du général von Apt/Attentat FTP-M.O.I.
p 61-63
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Événement
1943
10 juin 1943 — Siège du parti fasciste italien à Paris (pendant l'Occupation)/Attentat FTP-M.O.I.
p 63-66
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Événement
1943
16 juin 1943 — Bar tenu par un fasciste italien (officine de marché noir)/Attentat FTP-M.O.I.
p 67-69
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Événement
1940
1940 – 1941 — Union générale des israélites de France (colonie scolaire, cantine et dispensaire)
p 70-72
Sociétés d'entraide des familles juives persécutées. Facilitait de fait les rafles des nazis ; d'aucuns la considérant comme ouvertement collaborationniste ; Rapoport et Bulawko seront déportés
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Événement
1943
Événement
1943
26 juin 1943 — Demeure d'un indicateur juif collabo
p 83-86
Mission manquée d'exécution d'un indicateur juif qui trahissait les familles réfugiées dans le quartier
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Événement
1944
19 février 1944 — Demeure d'Arménouhie Assoudourian/Planque de Missak Manouchian
p 86
Cachette du chef de groupe FTP-M.O.I. Arthur Airaud ; il sera fusillé au Mont Valérien
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Événement
1943
8 juillet 1943 — École de jeunes filles (réquisitionnée par l'armée allemande, aujourd'hui collège Boris Vian)/Attentat FTP-M.O.I.
p 92-94
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôpital St Louis/Service de pathologies vénériennes de l'armée allemande
p 106
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Événement
1943
28 juillet 1943 — Attentat FTP-M.O.I. (visant le général von Schaumburg, commandant du Gross Paris)
p 108-109 & 166
Attentat à la bombe contre la voiture du général Von Schaumburg par les FTP-M.O.I. ; doublement manqué, lui étant absent et son remplaçant n'étant pas touché
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Événement
1943
28 juillet 1943 — Attentat FTP-M.O.I. (visant le général von Schaumburg, commandant du Gross Paris)
p 108-109 & 166
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Événement
1943
3 août 1943 — Lieu de rendez-vous du détachement des dérailleurs/Attentat FTP-M.O.I.
p 115-117
Rendez-vous du détachement des FTP-M.O.I. pour une action à La Ferté-Milon
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Événement
1943
8 août 1943 — Terrasse du Jardin des Plantes/Attentat FTP-M.O.I. (souricière tendue par la police)
p 118-120
Ils avaient préparé l'action depuis plusieurs jours. La police les attendait. Ils s'en aperçurent à temps. Parmi eux, Marcel Rajman. Il serait fusillé six mois plus tard. Les Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'Œuvr …

Ils avaient préparé l'action depuis plusieurs jours. La police les attendait. Ils s'en aperçurent à temps. Parmi eux, Marcel Rajman. Il serait fusillé six mois plus tard.

Les Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'Œuvre Immigrée (FTP-MOI) constituaient l'une des composantes les plus actives de la Résistance armée parisienne. Leurs membres venaient de toute l'Europe : Juifs polonais, Arméniens, Italiens, Hongrois, Espagnols, Roumains. Ouvriers pour la plupart, sans papiers pour beaucoup, ils combattaient dans un pays qui ne les avait pas toujours bien accueillis mais qu'ils défendaient contre l'occupant.

Le 8 août 1943, un groupe de FTP-MOI prépara une action contre des officiers allemands qui se rendaient régulièrement au hammam de la Grande Mosquée de Paris, rue Geoffroy Saint-Hilaire dans le 5e arrondissement. Parmi les résistants engagés : Marcel Rajman (dit Rayman), Juif polonais de vingt ans, et Arsène Tchakarian, ouvrier arménien. L'embuscade était montée sur la terrasse du Jardin des Plantes, qui surplombe le secteur.

La police avait eu vent de l'opération et tendu une souricière. Les résistants la détectèrent à temps et se dispersèrent. L'action fut annulée de justesse.

Marcel Rajman fut arrêté en novembre 1943 avec la plupart du groupe Manouchian. Le 21 février 1944, il fut fusillé au Mont Valérien avec vingt-deux autres résistants. L'Affiche rouge que l'occupant fit placarder dans Paris pour discréditer la Résistance montrait son visage sous la légende "RAYMAN le tueur".

Arsène Tchakarian survécut. Il témoigna jusqu'à la fin de sa vie des combats du groupe Manouchian. Il mourut en 2018, à cent un ans.

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Événement
1943
18 août 1943 — Parc Monceau/Attentat FTP-M.O.I.
p 134-136
Ils agissent à la demande des services alliés, mais ce sont des immigrés qui paieront de leur vie. Le 18 août 1943, une équipe spéciale des Francs-Tireurs et Partisans de la Main d'Oeuvre Immigrée (FTP-MOI) exécute un of …

Ils agissent à la demande des services alliés, mais ce sont des immigrés qui paieront de leur vie.

Le 18 août 1943, une équipe spéciale des Francs-Tireurs et Partisans de la Main d'Oeuvre Immigrée (FTP-MOI) exécute un officier allemand boulevard de Courcelles, aux abords du Parc Monceau, dans le 8e arrondissement. L'opération est menée à la demande explicite des services de renseignement alliés. Elle mobilise plusieurs combattants dont Marcel Rajman, Celestino Alfonso Matos, Henri Karayan et Leo Kneler.

Les FTP-MOI forment l'une des unités de résistance les plus actives de Paris occupé : une formation de travailleurs immigrés, en majorité juifs d'Europe de l'Est, communistes, réunis sous commandement militaire. Ils n'avaient pas la nationalité française, souvent pas de papiers réguliers, et peu de chances d'être protégés en cas d'arrestation. Depuis 1942, ils multiplient les attentats contre les cibles allemandes : officiers, soldats, installations militaires.

Marcel Rajman est l'un d'eux. Jeune Juif polonais tout juste sorti de l'adolescence, il compte parmi les plus actifs de la section parisienne. À partir de l'été 1943, sa section opère sous la direction de Missak Manouchian, un ouvrier arménien rescapé du génocide, responsable militaire des FTP-MOI pour la région parisienne.

Trois mois après l'opération du boulevard de Courcelles, le réseau est démantelé. Le 16 novembre 1943, Manouchian et la plupart de ses camarades sont arrêtés par la Gestapo et la police française. Rajman figure parmi eux. Après un simulacre de procès devant un tribunal militaire allemand, vingt-trois combattants sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944.

Les nazis avaient affiché leurs photographies sur les murs de Paris sous le titre « Des libérateurs ? » : une affiche rouge destinée à les stigmatiser comme criminels étrangers. La manœuvre se retourna contre ses auteurs. L'Affiche rouge entra dans la mémoire collective de la Résistance ; Louis Aragon écrivit en leur honneur ses « Strophes pour se souvenir ». Rajman avait vingt ans.

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Événement
1943
8 septembre 1943 — Café de l'Autobus
p 148
Opération destinée à venger des otages fusillés : iIs n'avaient pas d'autre pays que celui qu'ils défendaient. Le 8 septembre 1943, l'Italie signe l'armistice avec les Alliés. À Berlin, Hitler ordonne l'occupation de la …

_ Opération destinée à venger des otages fusillés : iIs n'avaient pas d'autre pays que celui qu'ils défendaient._

Le 8 septembre 1943, l'Italie signe l'armistice avec les Alliés. À Berlin, Hitler ordonne l'occupation de la péninsule; à Paris, ce même jour, les FTP-MOI lancent une vague d'attentats coordonnés contre les forces d'occupation. Cinq opérations simultanées dans cinq arrondissements différents: une démonstration de force et de méthode.

Les FTP-MOI, Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'Oeuvre Immigrée, sont une organisation de résistance armée composée pour l'essentiel de travailleurs immigrés: des Juifs polonais et hongrois, des Arméniens, des Espagnols réfugiés après la défaite de la République. Ils opèrent sous les ordres des FTP, branche armée du PCF, mais en groupes autonomes dont la plupart des membres sont étrangers au sens juridique. Leur engagement est total; leur exposition, maximale.

Le premier attentat de la journée vise le café de l'Autobus, au 77 rue du Père-Corentin dans le 14e arrondissement: un établissement réservé aux soldats allemands. Alexandre Konstantinian et Arsène Tchakarian y lancent une grenade. Dans les heures qui suivent, Szlama Grzywacz abat un soldat allemand rue de Vaugirard puis un autre rue de la Convention; Robert Witchitz et Roger Rouxel en abattent deux boulevard Masséna; deux sous-officiers tombent rue de la Harpe, dans le 5e. Cinq opérations; une poignée d'hommes; des quartiers dispersés aux quatre coins de Paris.

L'opération vise à venger des otages fusillés par les Allemands. Ce cycle, les résistants l'assument; ils savent que le prix payé par la population civile est réel, et ils choisissent de continuer. Pour ces combattants, qui n'ont souvent pas de papiers français, pas de famille en sécurité, pas de retraite possible, la résistance armée est la seule réponse à une violence qui les a déjà privés de tout le reste.

Arsène Tchakarian survivra à la guerre. Il vivra jusqu'à cent deux ans et passera les dernières décennies de sa vie à témoigner dans les lycées de France pour que la mémoire des immigrés résistants ne disparaisse pas. Szlama Grzywacz et Robert Witchitz ne verront pas la Libération. Roger Rouxel tombe au combat en décembre 1943.

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Événement
1943
9 septembre 1943 — Siège du Parti populaire français/Attentat FTP-M.O.I.
p 149-151
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Événement
1943
25 septembre 1943 — Restaurant "Au Moulin Vert"
p 157-159
Il a dix-neuf ans, il est ouvrier, il est juif, et il lance des grenades dans un restaurant d'officiers allemands : Robert Witchitz sera l'un des vingt-trois de l'Affiche rouge. Au 34 bis de la rue des Plantes, dans le 1 …

Il a dix-neuf ans, il est ouvrier, il est juif, et il lance des grenades dans un restaurant d'officiers allemands : Robert Witchitz sera l'un des vingt-trois de l'Affiche rouge.

Au 34 bis de la rue des Plantes, dans le 14e arrondissement, se trouve le restaurant "Au Moulin Vert." Sous l'Occupation, ses tables sont réservées aux officiers de la Wehrmacht et à leurs obligés français. Le 25 septembre 1943, Robert Witchitz et Roger Rouxel y lancent des grenades.

Robert Witchitz est né le 5 août 1924 à Abscon, dans le Nord. Il a dix-neuf ans. Ouvrier télégraphiste, entré dans les FTP au début de l'année 1943, il rejoint la structure la plus dangereuse de la Résistance armée dans Paris : les Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI), réseau qui regroupe des réfugiés politiques et des militants ouvriers étrangers, en majorité juifs, arméniens, espagnols, polonais. Le Groupe Manouchian, du nom de Missak Manouchian qui en prend la direction à l'été 1943, est la structure dont il fait partie.

Ces combattants sont les plus exposés : sans famille française de repli, sans réseau protecteur solide, arrêtés, ils n'ont aucun espoir de clémence. Ils le savent. Ils agissent quand même. Depuis l'été 1943, le groupe a mené une série d'attentats contre les représentants de l'occupant et de la collaboration : grenades, fusillades, sabotages.

Robert Witchitz est arrêté en novembre 1943. Il est jugé en février 1944 avec vingt-deux autres membres du groupe. Le 21 février 1944, il est fusillé au fort du Mont-Valérien à Suresnes. Il a dix-neuf ans et demi. Son visage apparaît sur l'Affiche rouge que la propagande nazie placarde dans Paris pour présenter ces "étrangers" comme des criminels de droit commun. L'Affiche rouge produit l'effet inverse : elle fait de Witchitz et de ses camarades les martyrs les plus connus de la Résistance intérieure. Louis Aragon leur consacre "L'Affiche rouge." Le Moulin Vert est aujourd'hui un bar ordinaire.

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Événement
1943
28 septembre 1943 — Lieu de l'exécution de Julius Ritter/Attentat FTP-M.O.I.
p 161-162
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Événement
1943
1943 — Palais Bourbon/Siège administratif du Gross Paris
p 161-162
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Événement
1943
28 septembre 1943 — Demeure du général nazi Julius Ritter/Attentat FTP-M.O.I.
p 162-163
Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois. Julius Ritter est Standart …

Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois.

Julius Ritter est Standartenführer SS. Né en 1892 en Thuringe, il est depuis 1943 le représentant en France de Fritz Sauckel, plénipotentiaire général à la main-d'œuvre du Reich. Sa fonction est précise : organiser le Service du travail obligatoire, le STO, qui envoie de force les jeunes travailleurs français dans les usines allemandes. Des centaines de milliers d'hommes sont ainsi déportés au travail. Le STO est, avec les rafles antisémites, l'une des mesures les plus haïes de l'Occupation ; il alimente le maquis, où fuient ceux qui refusent de partir.

Ritter habite au 18 rue Pétrarque, dans le 16e arrondissement, quartier tranquille de la porte Dauphine. Ses horaires sont réguliers.

Le 28 septembre 1943, vers huit heures et demie du matin, une équipe des FTP-MOI l'attend devant son domicile. Ils sont quatre : Marcel Rajman, ouvrier tricoteur juif polonais de vingt et un ans ; Spartaco Fontanot, Italien de vingt et un ans, fils de réfugiés antifascistes ; Celestino Alfonso, Espagnol de vingt-sept ans, ancien des Brigades internationales ; Leo Kneler, Allemand antinazi. Quand Ritter sort, ils l'abattent.

L'effet à Berlin est immédiat. Himmler ordonne à Carl Oberg, chef de la police allemande en France, de liquider les "terroristes." Les exécutions d'otages, suspendues depuis l'automne 1942, reprennent : cinquante otages du camp de Romainville sont fusillés au Mont-Valérien le 2 octobre 1943.

La traque des FTP-MOI s'intensifie. Les Brigades spéciales de la police française de Vichy, qui filent les militants depuis des mois, opèrent une vague d'arrestations en novembre 1943. Missak Manouchian, Marcel Rajman, Spartaco Fontanot, Celestino Alfonso et dix-neuf autres sont arrêtés. Vingt-deux sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. Olga Bancic, seule femme du groupe, est décapitée à Stuttgart en mai. L'occupant en fait l'Affiche rouge, qui devait les déshonorer et les rendit immortels.

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Événement
1943
20 novembre 1943 — Demeure d'Arpen Tavitian
p 170-174
Arrestation à son domicile d'Arpen Tavitian, convalescent de sa blessure dans l'affaire Bruneton, trahi par la facture de la clinique où il avait été soigné ; il sera fusillé. Les médecins et le directeur de la clinique …

Arrestation à son domicile d'Arpen Tavitian, convalescent de sa blessure dans l'affaire Bruneton, trahi par la facture de la clinique où il avait été soigné ; il sera fusillé. Les médecins et le directeur de la clinique seront déportés

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Événement
1943
5 octobre 1943 — École des Mines/Bureaux de Gustave Bruneton/Attentat FTP-M.O.I.
p 170-174
Tentative manquée d'exécution de Gustave Bruneton ; bavure interne à la Résistance suite à un malentendu : Tavitian est blessé par un de ses camarades qui, ne le connaissant pas, l'avait pris pour un flic voulant arrêter …

Tentative manquée d'exécution de Gustave Bruneton ; bavure interne à la Résistance suite à un malentendu : Tavitian est blessé par un de ses camarades qui, ne le connaissant pas, l'avait pris pour un flic voulant arrêter Olga Bancic

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Événement
1943
8 octobre 1943 — Restaurant fréquenté par des officiers allemands/Attentat FTP-M.O.I.
p 176-178
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Événement
1943
8 octobre 1943 — Restaurant "Impérial" (restaurant Chauveau réquisitionné, fréquenté par des officiers allemands)/Attentat FTP-M.O.I.
p 179-180
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Événement
1943
12 octobre 1943 — Domicile de Lazar Migdan/Attentat FTP-M.O.I.
p 181-182
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Événement
1943
13 octobre 1943 — Restaurant fréquenté par des officiers allemands/Attentat FTP-M.O.I.
p 183-184
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Événement
1943
22 octobre 1943 — Salon-bar pour officiers allemands et gestapistes
p 195-197
Attaque à la grenade d'un établissement de prostitution réservé aux nazis, en riposte à l'exécution des otages de Châteaubriant, de Nantes et de Bordeaux
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Événement
1943
22 octobre 1943 — Café La Terrasse/Café fréquenté par des membres de la Gestapo (Geheime Staatspolizei)
p 195
Deux ans jour pour jour après la mort de Guy Môquet et de ses camarades, trois grenades explosent dans des lieux où les officiers allemands croyaient être chez eux. Le 20 octobre 1941, le colonel Karl Hotz, commandant al …

Deux ans jour pour jour après la mort de Guy Môquet et de ses camarades, trois grenades explosent dans des lieux où les officiers allemands croyaient être chez eux.

Le 20 octobre 1941, le colonel Karl Hotz, commandant allemand de Nantes, avait été abattu par Gilbert Brustlein et ses camarades des Bataillons de la Jeunesse. La riposte allemande fut immédiate et calculée : quarante-huit otages fusillés, vingt-sept à Châteaubriant le 22 octobre, dont Guy Môquet, dix-sept ans, seize à Nantes, cinq au Mont-Valérien. À Bordeaux, cinquante otages furent fusillés dans les mêmes jours après l'exécution du conseiller Reimers.

Les listes d'otages avaient été établies avec le concours des autorités françaises. Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur, avait accepté de désigner prioritairement des communistes internés, ce qui lui vaudra d'être fusillé à Alger en 1944.

Le 22 octobre 1943, deux ans jour pour jour, les FTP-MOI conduisent une série d'actions coordonnées à Paris, explicitement présentées comme une riposte aux otages de Châteaubriant, de Nantes et de Bordeaux.

Georges Cloarec, jeune Breton engagé dans les FTP-MOI, attaque à la grenade un salon-bar réservé aux officiers allemands et aux gestapistes, 17 rue de Choiseul dans le 2e arrondissement, ainsi qu'un établissement du 1 rue de Hanovre. Marcel Rajman, Celestino Alfonso et Leo Kneler grenadent le café La Terrasse, 74 avenue de la Grande-Armée dans le 17e arrondissement, fréquenté par des membres de la Gestapo.

Le choix des cibles a un sens. Ce ne sont pas des objectifs militaires mais des lieux de loisir : bars, restaurants, salons. Il s'agit de signifier à l'occupant qu'il n'existe plus dans Paris un seul endroit où il puisse se croire tranquille.

Trois semaines plus tard, le 16 novembre 1943, les Brigades spéciales de la police française arrêtent l'essentiel du groupe. Rajman, Alfonso et Cloarec seront fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944 avec Manouchian et les autres.

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Événement
1943
30 octobre 1943 — Restaurant fréquenté par des officiers allemands/Attentat FTP-M.O.I. (le dernier des FTPF de la région parisienne)
p 204-205
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Événement
1943
12 novembre 1943 — Rue La Fayette/Attentat FTP-M.O.I.
p 208-210
Attaque manquée d'un convoyeur de fonds allemand ; une trahison. Della Negra blessé et Wichitz sont arrêtés. Tous les membres seront fusillés au Mont Valérien avec Manouchian
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Événement
1943
12 novembre 1943 — Lieu de l'arrestation de Robert Witchitz
p 209-210
Arrestation de Robert Witchitz après l'attentat manqué de la rue La Fayette contre un convoyeur de fonds, dénoncé par le patron du café où il s'était réfugié
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Événement
1940
15 juin 1940 – 1944 — Hôtel Lutetia/Siège de l'Abwehr à Paris (service de renseignement nazi)
p 212
QG de l'Abwehr, service de renseignement de l'état-major nazi ; police secrète de campagne
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Événement
1941
août 1941 – 1944 — Préfecture de police (2ème étage, salle 35)/Bureau des Brigades spéciales des Renseignements Généraux (les RG)
p 212
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Événement
Événement
Événement
Événement
1943
17 novembre 1943 — Planque de Wolf Wajsbrot
p 241 & 265
Arrestation de Wajsbrot, membre du détachement des dérailleurs, et de sa compagne
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Événement
1943
1943
p 258
Demeure du commissaire politique des FTP-M.O.I. qui trahira Manouchian et son groupe. Il sera arrêté me 26 octobre à la gare de Conflans Sainte Honorine
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Événement
Date imprécise — Demeure de Marcel Rajman (chez ses parents, tricoteurs)
p 259
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Événement
Événement
1943
Événement
1943
1943 — Demeure d'Olga Bancic et d'Alexandre Jar (avec leur fille Dolorès)
p 261
Olga Bancic, membre des FTP-M.O.I. chargée de l'armement, arrêtée avec Marcel Rayman, sera décapitée à la hache en Allemagne
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Événement
1943
1943 — Demeure de Vittorio Pipilli/Planque de Cesar Luccarini
p 262-263
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Événement
1943
1943 — Demeure de Michel Martyniuk/Planque d'Emeric Glasz
p 264
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Événement
1943
20 septembre 1943 — Hôtel des Deux Avenues/Planque de Joseph Boczor (ou Boczov)
p 264
Prise en filature de Joseph Boczor par la Brigade spéciale n°2, suite à une visite d'Emeric Glasz, lui-même suivi
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Événement
1943
1943 — Planque de Thomas Elek (dans une soupente)
p 265
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Événement
Événement
1943
1943 — Demeure de Ladislas Fulop
p 266
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Événement
Événement
1943
1943 — Demeure de Colombo Cuttica/Planque de Vittorio Pupilli
p 270
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du journal "Pariser zeitung"/Siège de la revue "Signal"/Comité Réaumur
p 279
Le siège du journal "l'Intransigeant" est transformé en centre de presse sous contrôle nazi ; il sera la cible de plusieurs attentats
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Événement
1939
septembre 1939 — Ministère des Affaires étrangères
p 288
Des documents dont on ne voulait pas qu'ils tombent entre les mains des nazis sont brûlés dans la cour du ministère, mais pas ceux concernant le contrôle des étrangers, que la Gestapo retrouvera au château de Rochecotte …

Des documents dont on ne voulait pas qu'ils tombent entre les mains des nazis sont brûlés dans la cour du ministère, mais pas ceux concernant le contrôle des étrangers, que la Gestapo retrouvera au château de Rochecotte en Touraine

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