Deux ans et demi après l’arrestation, le procès des Templiers piétine. Le roi s’impatiente : un jour de mai, cinquante-quatre frères sont conduits en charrette hors des murs et brûlés vifs.
Le 13 octobre 1307, sur ordre de Philippe le Bel, les Templiers du royaume ont été arrêtés, accusés d’hérésie, d’idolâtrie et de sodomie. À Paris seulement, 138 membres de l’ordre ont été pris. Beaucoup ont avoué ; le grand maître, Jacques de Molay, affirmera que les aveux ont été extorqués. Le pape Clément V, indigné que le roi ait agi sans lui, a repris l’affaire en main : une commission pontificale siège à Paris pour entendre la défense de l’ordre, et de nombreux frères se sont proposés pour la présenter. En mai 1310, rien n’est réglé.
Philippe le Bel veut en finir. Le pape a laissé aux évêques le droit de juger les frères de leur diocèse ; le roi s’appuie sur l’archevêque de Sens, Philippe de Marigny, frère de son ministre Enguerrand de Marigny, élu grâce aux pressions royales. Paris dépend de la province de Sens : Marigny y réunit un concile pour juger les Templiers qui en relèvent. L’objectif est clair : priver la défense de ses meilleurs éléments et faire régner la peur, pour que plus personne n’ose se présenter.
Le dimanche 10 mai, les quatre représentants de l’ordre, parmi lesquels Pierre de Bologne, alertent les commissaires : si l’archevêque poursuit, les frères seront contraints de renoncer à défendre le Temple. Le président de la commission, l’archevêque de Narbonne Gilles Aycelin, lui-même membre du conseil du roi, se dérobe : il doit aller « célébrer ou entendre la messe ». Le mardi 12 mai, pendant une pause des audiences, les commissaires apprennent que cinquante-quatre Templiers doivent être brûlés dans la journée. Ils envoient deux des leurs demander un sursis à Philippe de Marigny : en vain.
Les condamnés sont des relaps : des frères qui avaient avoué, puis sont revenus sur leurs aveux. On les entasse dans des charrettes et on les conduit hors de la ville, dans un champ près de la porte Saint-Antoine, « vers le moulin saint Antoine », dit une chronique du temps, du côté de l’abbaye de Saint-Antoine-des-Champs. Ils y sont brûlés vifs. Ceux qui ont toujours refusé d’avouer ne peuvent passer pour relaps : ils sont condamnés à la prison à vie. Ceux qui maintiennent leurs aveux sont réconciliés avec l’Église et libérés. Quelques jours plus tard, quatre autres frères montent sur le bûcher, et l’on exhume, pour les brûler, les ossements de l’ancien trésorier du Temple, Jean de Tour.
L’effet recherché est atteint : la terreur gagne les Templiers qui comparaissent devant la commission, les audiences sont suspendues cinq jours, et la défense de l’ordre ne s’en relèvera pas. En 1312, le pape dissout l’ordre. Le 11 ou le 18 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, qui viennent de clamer leur innocence devant les cardinaux, sont brûlés le soir même, sur ordre du roi, « sur une petite île de la Seine, située entre les jardins du roi et l’église des frères ermites de Saint-Augustin », selon le chroniqueur Guillaume de Nangis. Leur constance dans les flammes, ajoute-t-il, frappa d’admiration tous ceux qui les virent.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.