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Couverture — Les Dames du Faubourg
Bibliographie

Les Dames du Faubourg

DIWO Jean
Folio, 1984.
49 Fiches citant cet ouvrage
1984 Édition

Fiches citant cet ouvrage

49 fiches
Événement
1783
21 novembre 1783
t1 p 627-628
Ascension de la Réveillon pour le vol qui va la mener jusqu'à la Butte aux Cailles
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Événement
Événement
1310
12 mai 1310 — Moulin de St Antoine/Moulin à vent (appartenant aux moines cisterciens)
t1 p 35
Deux ans et demi après l’arrestation, le procès des Templiers piétine. Le roi s’impatiente : un jour de mai, cinquante-quatre frères sont conduits en charrette hors des murs et brûlés vifs. Le 13 octobre 1307, sur ordre …

Deux ans et demi après l’arrestation, le procès des Templiers piétine. Le roi s’impatiente : un jour de mai, cinquante-quatre frères sont conduits en charrette hors des murs et brûlés vifs.

Le 13 octobre 1307, sur ordre de Philippe le Bel, les Templiers du royaume ont été arrêtés, accusés d’hérésie, d’idolâtrie et de sodomie. À Paris seulement, 138 membres de l’ordre ont été pris. Beaucoup ont avoué ; le grand maître, Jacques de Molay, affirmera que les aveux ont été extorqués. Le pape Clément V, indigné que le roi ait agi sans lui, a repris l’affaire en main : une commission pontificale siège à Paris pour entendre la défense de l’ordre, et de nombreux frères se sont proposés pour la présenter. En mai 1310, rien n’est réglé.

Philippe le Bel veut en finir. Le pape a laissé aux évêques le droit de juger les frères de leur diocèse ; le roi s’appuie sur l’archevêque de Sens, Philippe de Marigny, frère de son ministre Enguerrand de Marigny, élu grâce aux pressions royales. Paris dépend de la province de Sens : Marigny y réunit un concile pour juger les Templiers qui en relèvent. L’objectif est clair : priver la défense de ses meilleurs éléments et faire régner la peur, pour que plus personne n’ose se présenter.

Le dimanche 10 mai, les quatre représentants de l’ordre, parmi lesquels Pierre de Bologne, alertent les commissaires : si l’archevêque poursuit, les frères seront contraints de renoncer à défendre le Temple. Le président de la commission, l’archevêque de Narbonne Gilles Aycelin, lui-même membre du conseil du roi, se dérobe : il doit aller « célébrer ou entendre la messe ». Le mardi 12 mai, pendant une pause des audiences, les commissaires apprennent que cinquante-quatre Templiers doivent être brûlés dans la journée. Ils envoient deux des leurs demander un sursis à Philippe de Marigny : en vain.

Les condamnés sont des relaps : des frères qui avaient avoué, puis sont revenus sur leurs aveux. On les entasse dans des charrettes et on les conduit hors de la ville, dans un champ près de la porte Saint-Antoine, « vers le moulin saint Antoine », dit une chronique du temps, du côté de l’abbaye de Saint-Antoine-des-Champs. Ils y sont brûlés vifs. Ceux qui ont toujours refusé d’avouer ne peuvent passer pour relaps : ils sont condamnés à la prison à vie. Ceux qui maintiennent leurs aveux sont réconciliés avec l’Église et libérés. Quelques jours plus tard, quatre autres frères montent sur le bûcher, et l’on exhume, pour les brûler, les ossements de l’ancien trésorier du Temple, Jean de Tour.

L’effet recherché est atteint : la terreur gagne les Templiers qui comparaissent devant la commission, les audiences sont suspendues cinq jours, et la défense de l’ordre ne s’en relèvera pas. En 1312, le pape dissout l’ordre. Le 11 ou le 18 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, qui viennent de clamer leur innocence devant les cardinaux, sont brûlés le soir même, sur ordre du roi, « sur une petite île de la Seine, située entre les jardins du roi et l’église des frères ermites de Saint-Augustin », selon le chroniqueur Guillaume de Nangis. Leur constance dans les flammes, ajoute-t-il, frappa d’admiration tous ceux qui les virent.

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Événement
1546
3 août 1546
t1 p 129
Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne …

Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne survivait pas au corps.

Étienne Dolet était arrivé à Paris depuis Orléans et Lyon, après des études à Padoue et Toulouse. Imprimeur installé à Lyon, il avait publié des textes humanistes, des traductions de l'Antiquité, des éditions du Nouveau Testament. Il était lié à Rabelais, à Marot, aux cercles évangéliques qui circulaient, avec précaution, dans la France de François Ier.

Il avait déjà été arrêté et condamné à mort une première fois en 1542, puis gracié. Il récidiva : la Sorbonne et l'Inquisition lui reprochaient ses traductions de Platon, notamment le dialogue Axiochus, dans lequel il avait glissé des mots impliquant que la mort signifiait la fin complète de l'être, sans résurrection ni vie de l'âme. C'était suffisant.

Le 3 août 1546, Étienne Dolet fut conduit à la Croix Hémon, lieu d'exécution situé sur ce qui est aujourd'hui la place Maubert, dans le 5e arrondissement. Il fut pendu, puis son corps et ses livres furent brûlés.

Il avait trente-sept ans.

Trois siècles et demi plus tard, en 1889, les libres-penseurs et les socialistes érigèrent une statue en son honneur sur la place Maubert, par souscription publique. Elle représentait Dolet enchaîné, les yeux levés. En 1896, vingt mille personnes se rassemblèrent devant cette statue pour le commémorer. La place Maubert avait changé de camp.

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Événement
1667
Événement
1783
21 novembre 1783
t1 p 628-630
Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. [[Jean-François Pilâtre de Rozier|doc:jean-francois-pilatre-de-rozier.WebHome]] et [[François Laurent d'Arlandes|doc:francois-laurent-d-arl …

Le 21 novembre 1783, le premier vol libre habité en montgolfière a lieu à Paris. Jean-François Pilâtre de Rozier et François Laurent d'Arlandes, à bord d’un ballon à air chaud conçu par Joseph et Jacques-Étienne Montgolfier, décollent du château de la Muette. Le ballon, d’un volume d’environ 2 200 à 2 800 m³, est chauffé par un foyer alimenté en paille et en laine. Après un vol d’environ 20 à 25 minutes, couvrant près de 9 à 10 kilomètres et atteignant une altitude d’environ 900 à 1 000 mètres, ils atterrissent sans encombre sur la Butte aux Cailles, marquant la première traversée aérienne humaine de l’histoire. Cet exploit, réalisé devant des membres de l’Académie des sciences et de nombreux témoins, consacre la montgolfière comme la première machine volante capable de transporter des personnes, ouvrant la voie à l’aérostation.

Sources

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Événement
1465
1465
t1 p 16
Lieu où se déroula le "landit de la trahison" entre Louis XI et Charles le Téméraire
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Événement
1471
1471 — Abbaye St Antoine des Champs
t1 p 23
Octroi par Louis XI d'une charte accordant privilèges, franchises et exemptions aux artisans dans l'enceinte de l'abbaye ; origine du développement industriel de quartier
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Événement
1804
9 mars 1804 — Lieu de l'arrestation de Georges Cadoudal
t2 p 370
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Événement
1794
1794 — Hôtel Tambonneau/Télégraphe de Chappe
t2 p 170
Chappe installe le service de son télégraphe en 1794. Il meurt en tombant dans un puits, par suicide ou accident, le 23 janvier 1805
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Événement
1813
Événement
1812
23 octobre 1812 — Maison de santé du docteur Dubuisson
t2 p 485
Un général en résidence surveillée dans une maison de santé annonce que l'Empereur est mort en Russie ; en quelques heures, Paris obéit à ce mort et l'Empire tient à rien. Claude-François de Malet est un général républic …

Un général en résidence surveillée dans une maison de santé annonce que l'Empereur est mort en Russie ; en quelques heures, Paris obéit à ce mort et l'Empire tient à rien.

Claude-François de Malet est un général républicain, hostile à l'Empire depuis le Consulat. Déjà compromis dans un complot en 1808, il est détenu sans jugement depuis des années, puis transféré pour raisons de santé dans la maison du docteur Dubuisson, 303 rue du Faubourg-Saint-Antoine, où il vit sous une surveillance très relâchée. Il y prépare son affaire avec l'abbé Lafon et quelques complices royalistes.

Napoléon est en Russie depuis juin 1812. Moscou a été prise en septembre, incendiée, évacuée. La Grande Armée a entamé sa retraite. Les nouvelles mettent des semaines à parvenir à Paris, et le régime repose entièrement sur la personne d'un homme absent à deux mille lieues.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812, Malet passe à l'action. Il sort de la maison de santé en uniforme de général, muni de faux documents fabriqués par ses soins : un prétendu sénatus-consulte annonçant la mort de l'Empereur sous les murs de Moscou, l'abolition de l'Empire et l'établissement d'un gouvernement provisoire.

Il se présente à la caserne Popincourt, dans l'actuel 11e arrondissement, lit son décret devant les officiers de la 10e cohorte de la garde nationale. Personne ne vérifie. La troupe le suit. Il fait libérer de la prison de la Force les généraux Lahorie et Guidal, également détenus pour opposition. Lahorie va arrêter le ministre de la Police Savary et le préfet de police Pasquier, qui se laissent prendre sans résistance. Un nommé Boccheciampe est installé préfet de Paris.

L'affaire s'effondre place Vendôme. Malet se présente au quartier général de l'état-major pour destituer le général Hulin, gouverneur de Paris, celui-là même qui avait pris la Bastille en 1789. Hulin demande à voir les ordres. Malet lui tire au visage et lui fracasse la mâchoire. Les colonels Doucet et Laborde reconnaissent alors l'imposture et l'arrêtent.

Douze hommes sont fusillés le 29 octobre à la plaine de Grenelle. Napoléon, apprenant l'affaire, sera surtout frappé qu'aucun de ses fonctionnaires n'ait songé à proclamer son fils. L'Empire n'avait aucune légitimité en dehors de lui.

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Événement
1791
2 avril 1791 — Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau (chez Julie Careau)/Plaque de Chénier
t2 p 450
Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi. Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois …

Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi.

Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois : libertin scandaleux, fils emprisonné sur lettre de cachet par son propre père, publiciste génial, tribun de l'Assemblée nationale dont la voix faisait trembler les murs. Lorsqu'en 1789 le marquis de Dreux-Brézé était venu signifier aux députés du Tiers État l'ordre royal de se disperser, c'est Mirabeau qui avait répondu : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." La formule avait fait le tour de l'Europe.

Ce que Paris ne savait pas, c'est que depuis des mois Mirabeau vendait ses services au roi — il percevait une pension secrète de la Cour en échange de conseils politiques. Il mourait au moment où cette double vie commençait à être soupçonnée. Sa corruption ne fut révélée qu'en 1793, quand on découvrit ses papiers dans l'armoire de fer de Louis XVI.

Le jour même de sa mort, l'Assemblée crée le Panthéon — l'église Sainte-Geneviève transformée en temple républicain pour abriter les grands hommes. Mirabeau en est le premier habitant. Il y restera jusqu'en 1793, quand la découverte de ses lettres au roi le fera expulser sans cérémonie.

Sur la façade du 42 rue de la Chaussée d'Antin, une plaque porta longtemps ces vers d'André Chénier : "L'âme de Mirabeau s'exhala dans ces lieux. Hommes libres, pleurez ! tyrans, baissez les yeux !"

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Événement
Événement
1817
1817 — Hôpital des Quinze-Vingts/Enclos des Mousquetaires/Laboratoire de Nicolas Appert
t2 p 543
Nicolas Appert, ruiné par les campagnes napoléoniennes, installe son laboratoire aux Quinze-Vingts ; il est soutenu par la Société d'encouragement pour l'industrie nationale
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Événement
1793
1793 — Maison de santé de Jacques Belhomme (fondée en 1768)
t2 p 302
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Événement
Événement
1801
1801 — Couvent Notre-Dame de Bon Secours (de 1648)
t2 p 314
Première filature de coton à Paris, fondée par François Richard et Joseph Lenoir-Dufresne dans un ancien couvent de Bénédictines ; elle emploie 700 ouvriers
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Événement
1793
août 1793 — Palais des Tuileries/Pavillon de Flore (2ème étage)/Pavillon de l'Égalité
t2 p 13-15
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Événement
1848
Événement
1830
1 juillet 1830 — Atelier de Camille Corot
t3 p 127
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Événement
1841
13 septembre 1841 — Lieu de l'attentat contre le duc d'Aumale
t3 p 237
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Événement
1858
14 janvier 1858 — Salle Le Peletier/Opéra Le Peletier/Opéra de Paris
t3 p 447
Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoqu …

Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoque rien ?

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Événement
1835
28 juillet 1835 — Appartement loué par Giuseppe Fieschi
t3 p 199
Attentat manqué de Fieschi contre Louis-Philippe à l'aide d'une machine infernale ; il fait 19 morts. Fieschi avait travaillé comme indicateur pour le préfet Baude
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Événement
1832
6 juin 1832 — Cloître St Méry/État-major des Insurgés de 1832
t3 p 191
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Événement
1892
8 novembre 1892 — Commissariat de Police de la rue des Bons Enfants
t3 p 588
Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enf …

Émile Henry a déposé une bombe au siège des Mines de Carmaux, mais elle explose une fois ramenée au commissariat ; les situationnistes en feront une chanson qu'ils attribueront à Raymond-la-science : la Java des Bons Enfants

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Événement
1840
28 juillet 1840
t3 p 223
Inauguration de la colonne de Juillet, surmontée du "Génie de la Liberté brisant ses chaînes" ; 504 morts de 1830, 196 de 1848, plus des momies égyptiennes qui s'étaient dégradées au Louvre
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Événement
1839
12 mai 1839 — Hôtel de Ville
t3 p 286
Quelques centaines de conjurés contre la monarchie de Juillet : le coup a été préparé comme une horloge, il est brisé en deux jours. Sous Louis-Philippe, la république se prépare dans l’ombre. Depuis le début des années …

Quelques centaines de conjurés contre la monarchie de Juillet : le coup a été préparé comme une horloge, il est brisé en deux jours.

Sous Louis-Philippe, la république se prépare dans l’ombre. Depuis le début des années 1830, les sociétés secrètes se succèdent à Paris, filles des carbonari et du vieux Buonarroti, l’ancien compagnon de Babeuf, dont le jeune Auguste Blanqui a subi l’influence. Chaque fois la police les démantèle, chaque fois elles renaissent sous un autre nom. En 1836, la découverte d’une fabrique de poudre rue de l’Oursine a valu la prison à Blanqui et à Armand Barbès, les chefs de la Société des familles. Libérés par l’amnistie de 1837, ils fondent avec Martin Bernard la Société des saisons.

Elle s’organise comme un calendrier : des « semaines » de six hommes et un chef, quatre semaines font un « mois », trois mois une « saison », quatre saisons une « année ». Elle compte quelque mille cinq cents membres, recrutés bien plus dans le monde ouvrier que les sociétés qui l’ont précédée. Son but : renverser le roi et instaurer une république sociale.

Blanqui a préparé le coup. Barbès a d’abord refusé d’y participer, avant de céder quand Blanqui l’a traité de lâche. Le dimanche 12 mai 1839, à deux heures de l’après-midi, les insurgés passent à l’action entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin. Quelque quatre cents hommes s’emparent du Palais de justice, échouent devant la préfecture de police, puis occupent un moment l’Hôtel de Ville, où Barbès lit une proclamation. Sa phraséologie néo-jacobine effraie les modérés, et Paris ne suit pas : préparée dans le plus grand secret, l’opération n’a aucune base populaire. L’armée et la Garde nationale la brisent ; le 13 mai, tout est fini. On compte 77 morts et au moins 51 blessés chez les insurgés, 28 morts et 62 blessés chez les militaires. L’historien Georges Duveau parlera d’une « farce tragique et absurde ».

La répression est à la mesure de la peur. Près de sept cents personnes sont interpellées, et les meneurs jugés par la Cour des pairs. Barbès, blessé et arrêté le jour même, est condamné à mort ; sa sœur obtient du roi la commutation de sa peine, après l’intervention de Victor Hugo, qui adresse à Louis-Philippe un quatrain pour implorer sa clémence. Blanqui, caché cinq mois, est pris en octobre, condamné à mort à son tour en janvier 1840 et gracié. Devant leurs juges, les trois chefs refusent de répondre. Ils se retrouvent dans la prison d’État du Mont-Saint-Michel.

L’échec les brouille pour longtemps. En mars 1848, un document publié par Taschereau accuse un chef des Saisons d’avoir livré à la police, après son arrestation, les secrets de la conspiration de 1839 ; tout désigne Blanqui, qui dément avec vigueur. Barbès sera jusqu’au bout son accusateur le plus acharné. Libérés par la révolution de 1848, les deux hommes se retrouvent dans des camps opposés : Barbès fonde le club de la Révolution pour faire pièce à la Société républicaine centrale de Blanqui.

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Événement
1830
27 juillet 1830 — Imprimerie du premier journal "Le Temps"
t3 p 132
Le 27 juillet 1830, à l'aube, des gendarmes se présentèrent au 101 de la rue de Richelieu pour saisir les presses du journal Le Temps. La révolution commença là. Les ordonnances de Charles X, publiées la veille, suspenda …

Le 27 juillet 1830, à l'aube, des gendarmes se présentèrent au 101 de la rue de Richelieu pour saisir les presses du journal Le Temps. La révolution commença là.

Les ordonnances de Charles X, publiées la veille, suspendaient la liberté de la presse. Le Temps avait continué de paraître en défi. Jean-Jacques Baude, présent dans l'imprimerie, résista verbalement. Les ouvriers typographes et les passants virent les presses emportées. La nouvelle se propagea dans les quartiers.

Les insurgés coururent à l'armurerie Lepage, au 6 de la rue de Richelieu, pour s'armer. D'autres pillèrent le musée de l'Artillerie, place Saint-Thomas-d'Aquin. Cour du Dragon, rue du Dragon, des ferronniers distribuèrent des barres de fer et des piques. La première barricade fut érigée aux 157-159 de la rue Saint-Honoré. Les premiers morts tombèrent place de la Bourse.

Le maréchal Marmont, commandant les troupes royales, établit son quartier général à l'Hôtel Royal, rue des Pyramides. Un coup de feu parti de là déclencha la répression — qui tourna rapidement à la déroute : nombre de soldats refusaient de tirer sur les Parisiens.

Au 9 de la rue Coq-Héron, les députés libéraux de l'opposition se réunissaient chez Casimir Perier. Des jeunes gens venus les acclamer furent sabrés devant la porte sans que Perier ne bougât. La bourgeoisie libérale hésitait ; le peuple se battait. Au 71 de la rue du Temple, les frères Garnier-Pagès installèrent le quartier général d'une commune centrale républicaine.

Les combats de la rue Saint-Honoré restèrent dans les mémoires. Eugène Delacroix, qui observa sans se battre, y puisa l'image de La Liberté guidant le peuple, peint l'automne suivant et exposé au Salon de 1831.

Le 27 juillet fut le premier des Trois Glorieuses. Les deux suivants chassèrent Charles X.

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Événement
1832
5 juin 1832
t3 p 190
Les funérailles du général Lamarque sont le prétexte de l'insurrection de 1832
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Événement
1830
1 août 1830 — Palais du Louvre/Fosse au pied de la colonnade de Perrault
t3 p 224
Les morts des Trois glorieuses sont inhumés dans une fosse provisoire ; on y met aussi des momies provenant de tombeaux égyptiens qui se décomposaient au Louvre
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Événement
1851
4 décembre 1851
t3 p 339
Les soldats de la division du général Canrobert tirent sur des opposant non armés au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, faisant 225 morts et 169 blessés. 2 800 personnes seront internées et environ 4 000 déportées
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Événement
1834
14 avril 1834 — Rue Transnonain
t3 p 195
Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse. Dans la nuit du 13 au 14 …

Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 1834, Paris est quadrillé par 40 000 soldats. L'insurrection républicaine, partie de Lyon le 9, a gagné la capitale. Des barricades se dressent dans le quartier Sainte-Avoye, autour de la rue Beaubourg et du cloître Saint-Merri. Thiers, ministre de l'Intérieur, a donné des ordres clairs : écraser la révolte sans ménagement.

À l'aube du 14, les troupes du général Bugeaud investissent le quartier. Un coup de feu — on ne saura jamais d'où — aurait été tiré depuis le 12 rue Transnonain. C'est le prétexte. Les soldats enfoncent les portes et massacrent les habitants dans leurs lits. Douze morts, dont des femmes, un vieillard, un enfant. Aucun n'était armé.

L'affaire fait scandale, mais la répression continue. Thiers fait arrêter des milliers de républicains dans toute la France. Le procès monstre qui s'ensuit, devant la Chambre des pairs, tourne à la farce judiciaire.

C'est Honoré Daumier qui fixe la mémoire du massacre. Sa lithographie, publiée en juillet 1834, montre un homme en chemise étendu sur le dos, un enfant écrasé sous son corps, du sang sur les draps. L'image est d'une frontalité insoutenable. Le gouvernement fait saisir la pierre et traquer les épreuves. Trop tard : l'image est déjà entrée dans l'histoire. L'immeuble, lui, sera rasé par Haussmann. Mais au 79 rue Beaubourg, une inscription murale rappelle encore l'ancien nom de la rue.

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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
t3 p 303-306
Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu. Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848 …

Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu.

Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848, les ouvriers des Ateliers nationaux — ces chantiers créés par la République en février pour donner du travail aux chômeurs — apprennent que le gouvernement les ferme. Cent mille hommes jetés à la rue, sans travail, sans indemnité, avec pour seule proposition l'enrôlement dans l'armée ou le départ vers les marais de Sologne. Le 23, les barricades se lèvent dans tout l'est parisien.

Le général Cavaignac, investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée, mène la répression avec méthode. L'artillerie pilonne les quartiers ouvriers. Le faubourg Saint-Antoine, cœur de l'insurrection, résiste. À son entrée, face à la place de la Bastille, une immense barricade barre la rue — la plus grande, la plus symbolique, la dernière à tomber.

C'est devant cette barricade que le général François de Négrier est tué d'une balle au front le 25 juin, en menant l'assaut. Et c'est sur cette même barricade que, quelques heures plus tard, Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, décide de monter.

Affre a cinquante-quatre ans. Encouragé par Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est convaincu que son intervention personnelle peut ramener la paix. Cavaignac tente de l'en dissuader. L'archevêque insiste. Il part à pied vers le faubourg, accompagné de quelques fidèles, un rameau vert à la main en signe de paix, porteur d'une proclamation gouvernementale promettant le pardon aux insurgés qui déposeront les armes.

Il monte sur la barricade. Les tirs cessent. Le silence se fait — un silence improbable dans ce faubourg qui tonne depuis trois jours. Affre commence à parler. Mais un coup de feu claque. D'où ? La question n'a jamais été tranchée. L'opinion dominante veut que le premier tir soit venu des lignes de la Garde nationale. Les insurgés, croyant à un piège, ripostent. La fusillade reprend, chaotique. Au milieu de la confusion, une balle frappe l'archevêque dans les reins. Il s'effondre.

Les insurgés le portent au presbytère de Saint-Antoine sur un brancard de fortune. On le ramène le lendemain au palais épiscopal. Il meurt le 27 juin au matin. Ses derniers mots, entrés dans la légende : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Il ne l'est pas. La répression de Cavaignac fera entre trois et cinq mille morts parmi les insurgés, auxquels s'ajoutent les déportations massives vers l'Algérie. L'insurrection de juin 1848 est, pour Marx, le moment de vérité de la révolution : dans Les Luttes de classes en France (1850), il y voit le premier affrontement ouvert entre le prolétariat et la bourgeoisie républicaine — la « fraternité » de février démasquée en « guerre civile sous sa forme la plus effroyable, la guerre du travail contre le capital ». La République avait promis du travail ; elle envoie l'artillerie. L'archevêque, entre les deux camps, tombe du côté où personne ne l'attendait.

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Événement
1704
1704 — Cour du Bel-Air/Escalier des Mousquetaires Noirs (escalier D)
t3 p 592-593
Pierre dite des mousquetaires noirs, sur laquelle ils étaient censés jouer aux dés, et bel escalier style Louis XIII
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Événement
1832
5 juin 1832
t3 p 190
Première apparition à Paris du drapeau rouge avec la devise "la liberté ou la mort" comme emblème des insurgés, lors des obsèques de Lamarque ; possible provocation destinée à fomenter des troubles justifiant le retour d …

Première apparition à Paris du drapeau rouge avec la devise "la liberté ou la mort" comme emblème des insurgés, lors des obsèques de Lamarque ; possible provocation destinée à fomenter des troubles justifiant le retour des Bourbon

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Événement
1830
27 juillet 1830 — Barricade en 1830
t3 p 133
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Événement
1830
27 juillet 1830 — Combats en 1830
t3 p 134
Premiers combats en 1830 ; ils inspirent le tableau de Delacroix "la Liberté guidant le peuple"
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Événement
1803
9 août 1803 — Port Debilly ou de Billy
t3 p 60
Un engin fumant remontait la Seine à contre-courant, et l'homme qui allait remodeler l'Europe regardait passer l'avenir sans le reconnaître. Le 9 août 1803, au port de Billy, sur la rive droite de la Seine dans ce qui es …

Un engin fumant remontait la Seine à contre-courant, et l'homme qui allait remodeler l'Europe regardait passer l'avenir sans le reconnaître.

Le 9 août 1803, au port de Billy, sur la rive droite de la Seine dans ce qui est aujourd'hui le 16e arrondissement, Robert Fulton fit naviguer sur le fleuve un bateau propulsé par une machine à vapeur actionnant des roues à aubes. Les curieux rassemblés sur les quais assistaient à la première démonstration réussie de navigation à vapeur en France. La plaque commémorative posée plus tard au port Debilly devait retenir la formule du jour : "un chariot d'eau mû par le feu".

Fulton était à Paris depuis 1797. Né en 1765 en Pennsylvanie, ingénieur et peintre de formation, il avait d'abord proposé à Bonaparte un sous-marin, le Nautilus, dont les essais en mer avaient un moment intrigué puis refroidi les autorités militaires françaises. Il s'était ensuite consacré à la propulsion à vapeur. Bonaparte, premier consul, le tenait pour un charlatan et avait refusé de financer ses travaux.

L'essai du 9 août fut concluant dans son principe : le bateau avança, contre le courant. Mais la charpente de bois ne résistait pas aux vibrations de la machine, et l'embarcation sombra quelques jours plus tard. Sans soutien français, Fulton rentra aux États-Unis. En 1807, sur l'Hudson, son vapeur le Clermont inaugura le premier service régulier de navigation à vapeur au monde. Napoléon, qui avait eu l'occasion de soutenir cette révolution avant l'Angleterre, avait laissé passer le moment.

La plaque du port Debilly reste le seul témoignage parisien de ce choix manqué.

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Événement
1848
25 juin 1848
t3 p 300
Répression de l'insurrection de Juin dans le faubourg St Antoine ; 19 barricades dans cette rue, 65 dans tout le quartier ; elle fait 2 000 morts
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