Portrait d'André Chénier par le peintre Joseph-Benoît Suvée.
Musée des Beaux-Arts de Carcassonne
Le 25 juillet 1794 — 7 thermidor an II —, André Chénier monta à l'échafaud place du Trône renversé. Il avait trente et un ans. Quarante-huit heures plus tard, Robespierre tombait.
André Chénier est né en 1762 à Constantinople d'un père français et d'une mère grecque. Il grandit à Paris, fut élève au Collège de Navarre, et devint le plus grand poète français de son siècle — un siècle qui ne le lut qu'après sa mort.
La Révolution le trouva enthousiaste, puis horrifié. Il avait d'abord salué 1789 ; il se détourna de la Terreur et rédigea pour le Journal de Paris des articles qui attaquaient les excès jacobins. En mars 1794, il fut arrêté près de Passy et emprisonné à Saint-Lazare — l'ancien hospice du 107 rue du Faubourg Saint-Denis, converti en prison. Il y écrivit les Iambes, poèmes de la colère froide d'un homme qui sait ce qui l'attend.
Le 7 thermidor, il fut conduit à la guillotine avec une cinquantaine d'autres condamnés. Selon une anecdote transmise par ses contemporains — peut-être apocryphe, certainement vraie dans son esprit —, il frappa son front du poing avant de monter à l'échafaud en disant : Il y avait quelque chose là.
Le 9 thermidor — le 27 juillet —, Robespierre était arrêté. La Terreur prenait fin.
Ses poèmes ne furent publiés qu'en 1819. Les Romantiques le découvrirent et en furent bouleversés. Il repose dans la fosse commune du cimetière de Picpus, avec les autres victimes de la place du Trône renversé.