Pierre Georges, dit le Colonel Fabien.
Trois ans après avoir tué un officier allemand dans le métro Barbès, le même homme qui avait allumé la résistance armée à Paris en appelait maintenant à l'insurrection générale.
Le 10 août 1944, Pierre Georges, dit le colonel Fabien, se rendit aux ateliers de la Compagnie des chemins de fer d'Orléans, rue du Chevaleret dans le 13e arrondissement. Il s'adressa aux cheminots et aux ouvriers pour les convaincre de déclencher la grève générale insurrectionnelle. Ce jour-là, la grève des cheminots de la région parisienne éclata et s'étendit rapidement à l'ensemble des services publics.
Pierre Georges avait vingt-cinq ans. Né à Paris en 1919, engagé dans les Brigades internationales en Espagne dès l'adolescence, membre du Parti communiste, il était devenu, le 21 août 1941, l'auteur du premier attentat armé contre un militaire allemand à Paris : il avait abattu l'aspirant de marine Alfons Moser sur le quai de la station Barbès-Rochechouart. L'acte déclencha une vague de répression allemande et vichyste, dont les fusillades d'otages à Châteaubriant. Il déclencha aussi, pour d'autres, la conviction que la résistance armée était possible.
Trois ans plus tard, Fabien était commandant de l'insurrection qui devait précéder la libération de Paris. La grève du 10 août fut le premier signal. Le 18 août, la CGT clandestine appela à la grève générale. Le 19, l'insurrection parisienne commença. Le 25 août, Paris était libéré.
Fabien, à la tête d'un groupe de cinq cents hommes, se battit aux côtés de la 2e DB. Il ne vit pas la paix : il mourut le 27 décembre 1944 près de Habsheim, en Alsace, tué par une mine.
La station de métro Colonel Fabien, sur la place du même nom dans le 19e arrondissement, porte son nom.