François Arago obtient la création d'une "commission d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises"

Ministère de la Marine

Esclaves dans une plantation

François Arago obtient la création d'une "commission d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises". Elle sera dirigée par Victor Schœlcher. Esclavage rétabli par Bonaparte en 1802.

Le 4 mars 1848, quelques jours après la révolution de Février, François Arago, nouveau ministre de la Marine et des Colonies dans le gouvernement provisoire, impose un tournant décisif : il fait créer une « commission d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises ». Cette commission doit préparer très vite un décret général, afin d’éviter que l’on se contente de vagues promesses ou d’une émancipation lente et conditionnelle, comme le souhaitent une partie des colons et des milieux d’affaires.

Arago confie la présidence effective des travaux à Victor Schœlcher, républicain radical, familier des Antilles et de l’Afrique, qui milite depuis des années pour une abolition immédiate, sans rachat des esclaves par l’État. Autour de lui siègent des figures venues des colonies ou du mouvement abolitionniste, comme Auguste‑François Perrinon, officier martiniquais, Henri‑Joseph Mestro, Adolphe Gatine, Charles Gaumont, Louis Percin, ainsi que l’historien Henri Wallon, futur artisan de l’« amendement Wallon » sous la IIIᵉ République. L’objectif est clair : rédiger, en quelques semaines, un texte qui mette un terme sans équivoque à un système rétabli en 1802 par Bonaparte, après l’abolition de 1794.

La commission travaille dans l’urgence, auditionne témoins et délégués, discute du sort des nouveaux libres, de la citoyenneté, du travail et des indemnités éventuelles aux anciens maîtres. De ces débats sortira le décret du 27 avril 1848, qui proclame la liberté dans toutes les colonies françaises et fait de tous les anciens esclaves des citoyens à part entière – une rupture majeure, arrachée dans le sillage direct de la révolution parisienne de février.

Bibliographie