Il avait quitté Varsovie prise par les Russes en 1831 ; il meurt à Paris en 1849, l'année où l'Europe des peuples est écrasée une seconde fois.
Frédéric Chopin meurt le 17 octobre 1849 au 12 place Vendôme, dans l'appartement que ses amis lui ont trouvé pour ses derniers mois. Il a trente-neuf ans. La tuberculose le mine depuis des années ; il ne peut plus jouer, plus enseigner, plus gagner sa vie. Sa sœur Ludwika est venue de Varsovie pour l'assister.
Il était arrivé à Paris en septembre 1831, à vingt et un ans, après la chute de Varsovie devant les armées du tsar. Il faisait partie de la Grande Émigration polonaise, ces milliers de patriotes qui ont fait de Paris la capitale de la Pologne en exil. Il n'est jamais retourné dans son pays.
Sa vie parisienne fut celle d'un musicien admiré des salons, professeur des filles de l'aristocratie, ami de Delacroix qui le peignit, compagnon de George Sand pendant dix ans. Sa rupture avec elle en 1847 le laisse seul et sans force. En 1848, il donne son dernier concert public à Paris en février, quelques jours avant la révolution qui renverse Louis-Philippe. Il fuit ensuite les troubles vers Londres et l'Écosse, où le climat achève de le détruire.
L'année 1849 est celle de l'écrasement du printemps des peuples : la République romaine tombe sous les troupes françaises envoyées par Louis-Napoléon, la Hongrie de Kossuth est écrasée par les armées russes en août. Les Polonais de Paris, qui espéraient que 1848 leur rendrait leur pays, comprennent que rien ne viendra.
Ses funérailles ont lieu à la Madeleine le 30 octobre. On y joue le Requiem de Mozart, ce qui exige que les chanteuses soient dissimulées derrière un rideau noir, les femmes étant interdites de chœur dans cette église. Il est inhumé au Père-Lachaise. Son cœur, selon ses volontés, est retiré et transporté clandestinement à Varsovie par sa sœur, dans une urne. Il est scellé depuis dans un pilier de l'église Sainte-Croix.