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Couverture — Guide du Paris rebelle
Bibliographie

Guide du Paris rebelle

CHAO Ramon/RAMONET Ignacio
Plon, 2008.
Livre
261 Fiches citant cet ouvrage
2008 Édition

Fiches citant cet ouvrage

261 fiches
Événement
1588
12 mai 1588
p 7 & 103
Combats lors de la Journée des Barricades ; 1 200 barricades dressées, constituées entre autres de barriques qui donneront leur nom à ce type de construction
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Événement
1588
12 mai 1588
p 7 & 103
Combats lors de la Journée des Barricades ; 1 200 barricades dressées, constituées entre autres de barriques qui donneront leur nom à ce type de construction
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Événement
1358
22 février 1358 — Palais des rois capétiens/Palais de Justice/Conciergerie
p 8
« Sire, ne vous ébahissez pas des choses que vous allez voir » : le prévôt des marchands vient d’entrer dans la chambre du dauphin. Au début de 1358, le royaume est à la dérive. Le roi Jean le Bon est prisonnier des Angl …

« Sire, ne vous ébahissez pas des choses que vous allez voir » : le prévôt des marchands vient d’entrer dans la chambre du dauphin.

Au début de 1358, le royaume est à la dérive. Le roi Jean le Bon est prisonnier des Anglais depuis la défaite de Poitiers, et son fils, le dauphin Charles, gouverne à sa place, sans prestige ni expérience. Face à lui se dresse le prévôt des marchands de Paris, Étienne Marcel, qui veut une monarchie contrôlée par les états généraux : c’est l’objet de la grande ordonnance de 1357, dont le roi captif a interdit l’application. La nouvelle que Jean le Bon a accepté, par le premier traité de Londres, de céder la moitié du royaume à l’Angleterre achève d’échauffer les esprits.

Le 22 février, Marcel convoque trois mille Parisiens en armes. Aux abords du palais, la foule surprend Regnault d’Acy, l’un des négociateurs du traité : il se réfugie dans une pâtisserie, où on l’égorge. Puis elle envahit le palais de la Cité, la résidence du dauphin. Marcel, qui en connaît le chemin, monte avec ses partisans jusqu’à la chambre du prince. Deux fidèles se tiennent à ses côtés, le maréchal de Champagne Jean de Conflans et le maréchal de Normandie Robert de Clermont. Ils sont tués sous ses yeux ; leur sang éclabousse le dauphin, qui se croit perdu.

Vient alors le geste resté célèbre. Marcel oblige le prince à coiffer le chaperon rouge et bleu des émeutiers, aux couleurs de Paris, et prend pour lui le chapeau princier. L’humiliation est publique ; elle vaut aussi sauf-conduit, car sous ces couleurs le dauphin n’a plus rien à craindre de la foule. Sur la place de Grève, le prévôt justifie les meurtres : les maréchaux étaient des « traîtres du royaume ». Le dauphin doit ratifier la mort de ses conseillers et renouveler l’ordonnance de 1357.

En l’épargnant, Marcel croyait tenir un prince facile à manœuvrer : c’est une lourde erreur. Quelques semaines plus tard, le dauphin quitte Paris et entreprend d’en couper les accès. Le 31 juillet 1358, à la porte Saint-Antoine, Étienne Marcel est massacré par des Parisiens que Jean Maillart a rameutés pour le régent. Devenu Charles V, le dauphin n’oubliera pas cette journée : il fera élever la Bastille, qui protège l’hôtel Saint-Pol, sa résidence favorite, et couvre la route de Vincennes.

Du palais des rois capétiens subsistent la Conciergerie et la Sainte-Chapelle, enclavées dans le Palais de justice. Étienne Marcel a sa statue équestre au bord de la Seine, dans les jardins de l’Hôtel de Ville, depuis le 14 juillet 1888.

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Événement
1358
22 février 1358 — Statue d'Étienne Marcel
p 8
Révolte des bourgeois parisiens et des Jacques, révoltés ruraux ; la statue fut érigée en 1888, en protestation contre l'absence d'un maire pour Paris
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Événement
Événement
1922
1922 – 1924 — Atelier de l'imprimeur éventailliste Chambrelent
p 14
Chambrelent emploie 103 jeunes chinois à la fabrication de fleurs de lotus pour les USA ; dont un certain Deng Xiaoping, qui participe au mouvement Travail-Études
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Événement
1922
1922 — Raffinerie sucrière Say
p 14
Chou En Laï travaille chez Say avant son embauche chez Renault
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Événement
Événement
1922
1922 – 1924 — Hôtel Godefroy
p 14 &
Demeure de Zhou Enlaï, dit Chou En-Laï, durant son séjour à Paris ; il y aurait hébergé de temps en temps Deng Xiaoping
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Événement
1919
juillet 1919 – 1923 — Demeure de Nguyên Ai Quôc, futur Hô Chi Minh
p 14
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Événement
1925
30 mai 1925 — Légation de Chine à Paris
p 14
Occupation de la légation chinoise après le massacre de Shanghaï
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Événement
1907
22 juin 1907 — Siège du journal "Xin Shiji"
p 14
Journal anarchiste chinois qui donnera naissance au mouvement "Travail-études", auquel ont participé de futurs dirigeants de la Chine populaire
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Événement
1792
14 août 1792 — Ministère de la Justice/Demeure de Georges Jacques Danton
p 19
Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", fau …

Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", faute de mieux

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Événement
1793
20 janvier 1793
p 20
La dépouille de Lepeletier de Saint-Fargeau est exposée sur le piédestal de la statue de Louis XIV abattue ; la cérémonie est mise en scène par le peintre David
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Événement
1792
14 août 1792
p 20
La statue d'Henri IV est abattue pendant la Révolution ; elle sera réinstallée sous la Restauration ; le fondeur y aurait glissé des pamphlets bonapartistes et une statuette de Napoléon
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Événement
1818
1818 — Colonne Vendôme
p 20
Le drapeau blanc qui surmontait la colonne depuis la 1ère Restauration est remplacé par une fleur de lys
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Événement
1793
20 janvier 1793 — Hôtel de Chimay (appartenant à la famille Le Peletier)
p 20
Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau meurt ici, assassiné par Pâris pour avoir voté la mort de Louis XVI
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Événement
1833
28 juillet 1833 — Église St Louis des Invalides
p 20
Une statue de Napoléon en petit caporal est installée au sommet de la colonne Vendôme. Transférée par Napolon III au rond-point de la défense, elle se retrouvera jetée dans la Seine. Repêchée elle finira dans la cour des …

Une statue de Napoléon en petit caporal est installée au sommet de la colonne Vendôme. Transférée par Napolon III au rond-point de la défense, elle se retrouvera jetée dans la Seine. Repêchée elle finira dans la cour des Invalides

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Événement
1871
16 mai 1871 — Colonne Vendôme (érigée en 1810)
p 21-22
Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine. La colonne se dr …

Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine.

La colonne se dresse au centre de la place Vendôme, là où se trouvait la statue équestre de Louis XIV, abattue en 1792. Napoléon Ier l’a fait élever de 1806 à 1810 pour commémorer Austerlitz, à l’imitation de la colonne Trajane de Rome : quarante-quatre mètres de haut, un fût de pierre gainé de 425 plaques de bronze qui déroulent en spirale les batailles de la campagne. Le métal vient, dit-on, de 1 200 canons pris aux Russes et aux Autrichiens ; chiffre gonflé par la propagande, les historiens comptant environ 130 canons pris à Austerlitz. Au sommet, l’empereur en César. Descendue en 1814, la statue a été fondue ; Napoléon III en a fait replacer une copie en 1863.

Au lendemain du 4 septembre 1870, Gustave Courbet, chargé de veiller sur les musées pendant la guerre, propose au gouvernement de la Défense nationale de « déboulonner la colonne » et d’en récupérer le métal ; il la verrait bien relevée aux Invalides, coiffée d’un bonnet phrygien, en hommage à la République universelle. La demande reste sans suite.

La Commune va plus loin. Le 12 avril 1871, après un appel de Jules Vallès dans Le Cri du peuple, elle adopte la proposition de Félix Pyat : la colonne, « monument de barbarie », « symbole de force brute et de fausse gloire », « insulte permanente des vainqueurs aux vaincus », sera abattue, et non déboulonnée. Courbet, élu au conseil de la Commune le 16 avril seulement, n’a pas pris part au vote. Karl Marx l’avait prédit en 1852 : si le manteau impérial tombait un jour sur les épaules de Louis Bonaparte, la statue de Napoléon tomberait du haut de la colonne. La place Vendôme devient place Internationale. La chute, prévue pour le 5 mai, anniversaire de la mort de l’empereur, est repoussée à plusieurs reprises par la guerre contre Versailles.

Dessin aquarellé : sur la place Vendôme, une foule entoure le piédestal de la colonne, pavoisé de drapeaux rouges

Le 16 mai, la foule envahit la place. On a posé des câbles, et disposé des fascines pour amortir la chute ; l’ingénieur Iribe dirige l’opération, qui ne va pas sans difficultés. À 17 h 30, la colonne s’abat. Le photographe Bruno Braquehais, dont l’atelier du boulevard des Capucines est à deux pas, en fixe les préparatifs, puis l’empereur à terre ; des fédérés posent en groupe devant le monument. Le globe de la Victoire, qui datait de 1810, est perdu.

Photographie : une foule de gardes nationaux, de curieux et d’enfants pose, debout sur les débris de la colonne abattue

Ces images se retournent contre leurs modèles : après la Semaine sanglante, les autorités saisissent les photographies de la chute de la colonne pour identifier les communards. Courbet, qui a démissionné le 24 mai pour protester contre l’exécution de son ami Gustave Chaudey, est arrêté le 7 juin. On croit le reconnaître sur un cliché, sans certitude. Un conseil de guerre le condamne à six mois de prison pour avoir « provoqué comme membre de la Commune la destruction de la colonne ». « On ne s’oppose pas à deux millions d’individus », plaide-t-il ; c’est lui, assure-t-il, qui a fait poser les fascines pour limiter les dégâts.

En mai 1873, sous la présidence du maréchal de Mac Mahon, une loi met la reconstruction de la colonne à la charge du peintre : 323 091,68 francs. Ruiné, ses biens sous séquestre, ses toiles confisquées, Courbet passe en Suisse. Il meurt à La Tour-de-Peilz le 31 décembre 1877, à la veille de l’échéance de la première traite. La colonne, rebâtie de 1873 à 1875, a retrouvé son César.

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Événement
1871
12 avril 1871 — Barricade sous la Commune
p 21
Le 12 avril 1871, la Commune ordonne l'édification de dix-huit barricades fortifiées et armées de canons aux points stratégiques de Paris — Bastille, Hôtel de Ville, place de l'Opéra, avenue Foch, place Charles-de-Gaulle …

Le 12 avril 1871, la Commune ordonne l'édification de dix-huit barricades fortifiées et armées de canons aux points stratégiques de Paris — Bastille, Hôtel de Ville, place de l'Opéra, avenue Foch, place Charles-de-Gaulle, boulevard Beaumarchais, place Vendôme, rue de Rivoli, et une dizaine d'autres. La ville se prépare à l'assaut versaillais qu'elle sait inévitable depuis que Thiers a refusé toute négociation.

Ce même jour, Napoléon Gaillard est nommé colonel et reçoit les pleins pouvoirs pour organiser les barricades des 1er et 20e arrondissements. L'homme est cordonnier de métier — compagnon du Devoir sous le nom de "Nîmois le Loyal", inventeur breveté d'une forme anatomique de chaussure, militant de Belleville depuis les années 1848. Rien ne le prédestinait à devenir ingénieur militaire. Mais il conçoit les barricades autrement que ses prédécesseurs : non plus un simple amas de pavés perpendiculaire à la rue, facilement contournable, mais un système défensif en profondeur — fossé large, chemin couvert, double masse de terre compactée dans des sacs et des tonneaux, embrasures pour les canons, fortifications secondaires en retrait. Une barricade comme un fort en miniature.

Sa plus grande réalisation s'élève à l'angle de la rue de Rivoli et de la rue Saint-Florentin, sur près de deux étages, avec bastion, redan et courtine. On l'appelle aussitôt, avec une ironie qui dit l'admiration mêlée de moquerie, le "Château-Gaillard". C'est la seule des dix-huit barricades fortifiées que les troupes versaillaises ne parviendront pas à contourner lors de la Semaine sanglante. Toutes les autres seront débordées.

Les critiques ne manquent pas. Le directeur du Génie, Roselli-Mollet, lui reproche d'avoir fortifié des arrondissements peu menacés au détriment des points stratégiques réels — Trocadéro, Arc de Triomphe, butte Montmartre. Rossel, qui l'a nommé, balaie ces objections. Gaillard démissionne le 15 mai, contesté et épuisé, huit jours après Rossel lui-même.

Il fuira en Suisse lors de la Semaine sanglante, sera condamné par contumace à la déportation, finira concierge à Paris après l'amnistie de 1880. Une loge de concierge — voilà tout ce que la Commune avait rapporté au constructeur en chef des barricades.

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Événement
1849
17 octobre 1849 — Hôtel Baudard de Saint-James/Ambassade de Russie/Demeure de Frédéric Chopin
p 23
Il avait quitté Varsovie prise par les Russes en 1831 ; il meurt à Paris en 1849, l'année où l'Europe des peuples est écrasée une seconde fois. Frédéric Chopin meurt le 17 octobre 1849 au 12 place Vendôme, dans l'apparte …

Il avait quitté Varsovie prise par les Russes en 1831 ; il meurt à Paris en 1849, l'année où l'Europe des peuples est écrasée une seconde fois.

Frédéric Chopin meurt le 17 octobre 1849 au 12 place Vendôme, dans l'appartement que ses amis lui ont trouvé pour ses derniers mois. Il a trente-neuf ans. La tuberculose le mine depuis des années ; il ne peut plus jouer, plus enseigner, plus gagner sa vie. Sa sœur Ludwika est venue de Varsovie pour l'assister.

Il était arrivé à Paris en septembre 1831, à vingt et un ans, après la chute de Varsovie devant les armées du tsar. Il faisait partie de la Grande Émigration polonaise, ces milliers de patriotes qui ont fait de Paris la capitale de la Pologne en exil. Il n'est jamais retourné dans son pays.

Sa vie parisienne fut celle d'un musicien admiré des salons, professeur des filles de l'aristocratie, ami de Delacroix qui le peignit, compagnon de George Sand pendant dix ans. Sa rupture avec elle en 1847 le laisse seul et sans force. En 1848, il donne son dernier concert public à Paris en février, quelques jours avant la révolution qui renverse Louis-Philippe. Il fuit ensuite les troubles vers Londres et l'Écosse, où le climat achève de le détruire.

L'année 1849 est celle de l'écrasement du printemps des peuples : la République romaine tombe sous les troupes françaises envoyées par Louis-Napoléon, la Hongrie de Kossuth est écrasée par les armées russes en août. Les Polonais de Paris, qui espéraient que 1848 leur rendrait leur pays, comprennent que rien ne viendra.

Ses funérailles ont lieu à la Madeleine le 30 octobre. On y joue le Requiem de Mozart, ce qui exige que les chanteuses soient dissimulées derrière un rideau noir, les femmes étant interdites de chœur dans cette église. Il est inhumé au Père-Lachaise. Son cœur, selon ses volontés, est retiré et transporté clandestinement à Varsovie par sa sœur, dans une urne. Il est scellé depuis dans un pilier de l'église Sainte-Croix.

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Événement
1831
24 septembre 1831 – 1832 — Demeure de Frédéric Chopin
p 24
Il fuit Varsovie vaincue, il a vingt et un ans, et ce qu'il ne peut pas exprimer en gestes, il le met dans la musique : l'Étude révolutionnaire. Frédéric Chopin arrive à Paris à la fin de septembre 1831. Il a vingt et un …

Il fuit Varsovie vaincue, il a vingt et un ans, et ce qu'il ne peut pas exprimer en gestes, il le met dans la musique : l'Étude révolutionnaire.

Frédéric Chopin arrive à Paris à la fin de septembre 1831. Il a vingt et un ans. Il quitte les pays polonais depuis plusieurs mois, entamant un voyage vers l'Ouest prévu de longue date, mais que les événements ont rendu irréversible : le 8 septembre 1831, Varsovie est tombée aux mains des armées russes du tsar Nicolas Ier. L'insurrection polonaise, commencée en novembre 1830 avec l'espoir d'arracher à la Russie une constitution et une autonomie, est écrasée. Des milliers de patriotes polonais prennent la route de l'exil.

En apprenant la chute de Varsovie, Chopin compose à Stuttgart ce qui sera publié sous le numéro 12 de l'opus 10 : l'Étude en ut mineur, que la postérité nommera "l'Étude révolutionnaire." La main gauche y développe un mouvement de basse continue qui évoque les déferlements d'une armée ou d'une foule ; la main droite chante une mélodie d'une intensité brisée qui ressemble à un cri retenu. La pièce dure cinq minutes. Elle condense en cinq minutes tout ce que Chopin ne peut pas faire : se battre, retourner en Pologne, voir sa famille, tenir un sabre.

Il s'installe au 27 du boulevard Poissonnière, dans l'actuel 2e arrondissement, son premier domicile parisien. Le quartier est animé, bourgeois, commerçant. Paris accueille à cette époque une grande vague d'exilés polonais après l'écrasement de l'insurrection. Ce qu'on appelle la "Grande Émigration" rassemble, entre 1831 et 1832, plusieurs milliers de patriotes polonais qui trouvent refuge en France et forment à Paris l'un des foyers politiques et culturels les plus actifs d'Europe.

Chopin ne retournera jamais en Pologne. Il mourra à Paris en 1849, au 12 place Vendôme. Ses funérailles à la Madeleine rassemblent le tout-Paris musical et aristocratique. Son cœur, selon ses dernières volontés, sera renvoyé à Varsovie dans une urne transportée en secret. Il y est encore, inhumé dans la colonne de l'église Sainte-Croix.

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Événement
1812
23 octobre 1812 — Quartier général de l'état-major
p 25
Arrestation du général Malet par Doucet et Laborde lors de sa tentative de prise du pouvoir
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Demeure du général Hulin
p 25
Le général Hulin est blessé à la mâchoire en déjouant la tentative de putsch du général Malet
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Événement
1848
23 février 1848 — Mairie de l'ex 4ème arrondissement
p 26
Les corps des victimes de la fusillade du boulevard des Capucines sont amenés ici lors du déclenchement de la Révolution de Février 1848
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Événement
1792
1792 — Demeure de Claire Lacombe et de Justine Thibaut
p 27-28
Demeure de la révolutionnaire féministe Claire Lacombe, proche des Enragés, fondatrice de la Société des républicaines révolutionnaires, qui intégrera le club des Jacobins le 2 septembre 1793
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Événement
1768
3 avril 1768
p 28-30
Le dimanche de Pâques 3 avril 1768, Donatien Alphonse François, marquis de Sade, rencontre Rose Keller place des Victoires. Elle est veuve, sans ressources, elle mendie ou, selon certains, elle se prostitue. Il lui propo …

Le dimanche de Pâques 3 avril 1768, Donatien Alphonse François, marquis de Sade, rencontre Rose Keller place des Victoires. Elle est veuve, sans ressources, elle mendie ou, selon certains, elle se prostitue. Il lui propose du travail chez lui. Elle accepte.

Sade l'emmène à son pavillon d'Arcueil, dans ce qui est alors la campagne au sud de Paris. Ce qui se passe ensuite fait l'objet de versions contradictoires — les siennes et celle de Rose Keller — mais les faits établis sont suffisamment graves : il la séquestre, la fouette, pratique sur elle des sévices dont elle garde des marques visibles. Elle finit par s'enfuir par une fenêtre, alerte les autorités. Sade est arrêté.

L'affaire fait scandale — moins par sa nature que par l'identité de son auteur. Sade a vingt-sept ans, il est marié, militaire, issu d'une famille de haute noblesse provençale. Sa belle-famille, les Montreuil, intervient pour limiter les dégâts. Rose Keller est indemnisée et retire sa plainte. Sade est emprisonné quelques semaines à Saumur puis libéré.

C'est le premier épisode d'une longue série judiciaire qui jalonnera sa vie. Il passera en tout une trentaine d'années emprisonné — à Vincennes, à la Bastille, à Charenton — moins pour ses actes que pour ses écrits, et pour la gêne que sa personne causait à l'ordre moral de plusieurs régimes successifs.

Rose Keller disparaît de l'histoire après cette affaire. Sade, lui, y entre définitivement.

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Événement
1774
28 décembre 1774 – 1778 — Demeure de Jean-Jacques Rousseau
p 32
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Événement
1789
22 juillet 1789 — Lanterne du coin du roi/Lanterne de la Grève/Épicerie Delanoué
p 33
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
p 33
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1789
22 juillet 1789
p 33
Le 22 juillet 1789, à la lanterne de la place de Grève, la Révolution découvrit ce qu'elle était capable de faire de ses propres mains. Joseph Foullon de Doué avait soixante-quatorze ans et toute une vie de mépris derriè …

Le 22 juillet 1789, à la lanterne de la place de Grève, la Révolution découvrit ce qu'elle était capable de faire de ses propres mains.

Joseph Foullon de Doué avait soixante-quatorze ans et toute une vie de mépris derrière lui. Ancien intendant, brièvement contrôleur général des finances après le renvoi de Necker le 11 juillet, il passait à Paris pour l'homme qui avait dit, en parlant du peuple affamé : « Qu'il mange du foin. » La phrase était peut-être apocryphe. En juillet 1789, elle était vraie.

Foullon avait tenté de fuir, feint sa propre mort. Il fut reconnu, arrêté, traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville. La foule ne laissa pas le temps à personne de le juger. On le pendit à la lanterne du coin de la place de Grève. Quand le corps tomba — la corde avait cassé plusieurs fois — on lui coupa la tête et on l'embrocha sur une pique avec une botte de foin dans la bouche.

Louis Bénigne François Bertier de Sauvigny, intendant de Paris et gendre de Foullon, avait été arrêté à Compiègne et conduit vers la capitale sous escorte. Au 129 de la rue Saint-Martin, près de la fontaine Maubuée, la foule lui présenta la tête de son beau-père. Il pâlit. Il fut ensuite conduit à l'Hôtel de Ville et massacré à son tour devant l'entrée.

C'était huit jours après la prise de la Bastille. La Révolution avait conquis une forteresse royale ; elle venait d'inventer autre chose — une forme de justice populaire expéditive qui n'avait besoin ni de tribunal ni de loi. La lanterne de la place de Grève entra dans la chanson révolutionnaire : Ah ça ira, ça ira, ça ira / Les aristocrates à la lanterne.

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Événement
1789
1789 – 1914 — Café Corrazza (de 1887)/Quartier général des Jacobins puis des Enragés/Bal du Pince-cul
p 33
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Événement
1762
1762 – 1821 — Premier Café de la Régence (fondé en 1681, rendez-vous des joueurs d'échecs)
p 34
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Événement
1830
25 février 1830 — Café de Chartres
p 34
Le 25 février 1830, au café de Chartres, sous les arcades du Palais-Royal, une bande de jeunes exaltés sabre le champagne : ce sont les « gilets rouges », la petite armée romantique qui vient de mener la fameuse « batail …

Le 25 février 1830, au café de Chartres, sous les arcades du Palais-Royal, une bande de jeunes exaltés sabre le champagne : ce sont les « gilets rouges », la petite armée romantique qui vient de mener la fameuse « bataille d’Hernani ». La veille, à la Comédie-Française, la première de la pièce de Victor Hugo a tourné à l’affrontement avec les classiques : huées, bravos, codes bousculés, tirades applaudies ou conspuées. Dans la salle, Théophile Gautier et ses camarades se sont fait remarquer par leur tenue provocatrice – gilets écarlates, cheveux longs, attitudes dandy – comme pour mettre en scène, jusque dans les costumes, la rupture avec le vieux théâtre.

Au café, on refait la soirée, on s’enflamme, on s’embrasse presque. Hernani n’est pas seulement une pièce : c’est le manifeste d’une génération qui veut briser les règles de la tragédie, mêler sublime et grotesque, faire entrer le peuple, la passion et le « désordre » de l’histoire sur scène. Les gilets rouges se vivent comme l’avant‑garde de ce renouveau. Autour de Hugo et de Gautier, on jure de tenir bon face aux cabales, de revenir soir après soir, d’applaudir, de couvrir les sifflets.

Cette victoire est encore fragile – la bataille d’Hernani durera plusieurs représentations – mais le café de Chartres devient ce soir‑là un petit quartier général de la révolution romantique. On y retrouve les ingrédients qui feront la légende : la fraternité de jeunesse, la pose un peu théâtrale, l’ivresse d’avoir « fait trembler » la Comédie-Française. Quelques mois plus tard, la révolution de Juillet balaiera Charles X ; pour l’heure, c’est le vieux code classique qui vacille. À la Bastille, on ne renverse pas encore de trône : ce sont les alexandrins bien rangés qui vacillent, sous les rires et les toasts des gilets rouges.

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Événement
1750
1750 – 1852 — Premier Café de la Régence (situé sur l'itinéraire des charrettes vers l'échafaud)
p 34
Mise au point de l'édition de l'Encyclopédie avec les imprimeurs Le Breton et Briasson
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Événement
1622
15 janvier 1622 — Pavillon des singes/Maison natale de Molière
p 36-37
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Événement
1382
1er mars 1382 — Halles de Paris
p 37-38
Début de la révolte des Maillotins, suite à une altercation entre une marchande de cresson et un fermier de l'impôt ; la répression de cette émeute entraînera une perte de pouvoir pour la Prévôté de l'eau
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Événement
1673
21 février 1673 — Cimetière St Joseph
p 37
Dans la nuit du 21 février 1673, Paris accompagne Molière à sa dernière demeure… à reculons. Mort le 17, le comédien a aussitôt posé un problème au clergé : acteur, donc réputé pécheur public, il n’a pas reçu les sacreme …

Dans la nuit du 21 février 1673, Paris accompagne Molière à sa dernière demeure… à reculons. Mort le 17, le comédien a aussitôt posé un problème au clergé : acteur, donc réputé pécheur public, il n’a pas reçu les sacrements dans les formes. Le curé refuse d’abord la sépulture chrétienne. Armande, sa veuve, multiplie démarches et supplications, et l’archevêque finit par accepter un compromis : Molière sera enterré, mais de nuit, sans pompe, au cimetière Saint‑Joseph, près de sa maison.

La scène principale de ce 21 février, c’est donc ce convoi réduit, presque à la sauvette, pour l’un des plus grands auteurs du royaume. Quelques proches, quelques torches, une cérémonie minimale : on rit de Molière dans tout Paris, mais on hésite encore à lui ouvrir les portes du cimetière comme à n’importe quel bon chrétien. L’humiliation frappe les esprits : la gloire littéraire ne protège pas de la méfiance des dévots.

La leçon n’échappe pas à Jean de La Fontaine. Ami de Molière, lui aussi réputé peu fervent, volontiers libertin, il comprend qu’un écrivain peut finir discuté jusqu’au bord de la fosse. Dans les jours qui suivent, il se rapproche de l’Église, accepte direction de conscience et gestes de pénitence : une manière de s’assurer, le moment venu, des obsèques moins problématiques que celles de son ami.

Ainsi, autour de ce 21 février 1673, deux destins se croisent : Molière, emportant avec lui l’image de l’artiste en marge, et La Fontaine, qui choisit de composer avec l’ordre religieux. Au Grand Siècle, on peut se moquer des hommes… mais il vaut mieux éviter de mourir en querelle ouverte avec le curé.

Lettre manuscrite au Père Boyvin concernant l'enterrement nocturne de Molière

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Événement
Date imprécise — Restaurant Libertad
p 38-40
Restaurant tenu par l'anarchiste et pédagogue espagnol Francisco Ferrer, qui sera exécuté en Espagne sous l'accusation fallacieuse d'être l'instigateur de l'insurrection de Barcelone, la "Semaine tragique" de 1909
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Événement
1909
13 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Première manifestation pour Francisco Ferrer
p 39-40
Un pédagogue libertaire est fusillé à Barcelone au petit matin ; le soir même, l'Europe entière descend dans la rue, et Paris manque de tuer le préfet de police. Francisco Ferrer i Guàrdia est un pédagogue catalan. En 19 …

Un pédagogue libertaire est fusillé à Barcelone au petit matin ; le soir même, l'Europe entière descend dans la rue, et Paris manque de tuer le préfet de police.

Francisco Ferrer i Guàrdia est un pédagogue catalan. En 1901, il a fondé à Barcelone l'Escuela Moderna, école laïque, mixte, sans notes ni punitions, sans religion, où l'on enseigne les sciences et la raison aux enfants d'ouvriers. Le modèle essaime : des dizaines d'écoles rationalistes s'ouvrent en Catalogne. L'Église et la bourgeoisie espagnoles y voient un foyer de subversion.

En juillet 1909, Barcelone se soulève. La Semaine tragique éclate contre l'envoi de conscrits au Maroc : grève générale, barricades, couvents incendiés. La répression fait plus d'une centaine de morts. Le gouvernement Maura cherche un responsable intellectuel. Ferrer, qui n'a pris aucune part à l'insurrection, est arrêté, jugé par un conseil de guerre sur un dossier vide, condamné à mort.

Il est fusillé le 13 octobre 1909 à l'aube, dans les fossés de Montjuich. Il refuse le bandeau et le prêtre. La nouvelle déclenche la plus grande vague de protestation internationale de l'avant-guerre. Des manifestations éclatent à Rome, Bruxelles, Londres, Buenos Aires, Milan. Des ambassades espagnoles sont assiégées.

À Paris, le cortège se forme devant l'ambassade d'Espagne, 34 boulevard de Courcelles dans le 17e arrondissement. Quarante mille personnes selon les organisateurs. En tête marchent Édouard Vaillant, ancien membre de la Commune, Jean Jaurès, Marcel Sembat, Charles Albert. Parmi les manifestants se trouvent des exilés russes, dont Lénine et Nadejda Kroupskaïa, alors réfugiés à Paris. La police charge. Un coup de feu tiré en direction du préfet Lépine le manque et tue un gardien de la paix à bicyclette nommé Dufresne. Les affrontements durent plusieurs jours.

Une statue de Ferrer sera élevée à Bruxelles. Son nom reste attaché à la pédagogie libertaire, dont se réclameront Freinet et une part de l'éducation nouvelle.

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Événement
1909
17 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Seconde manifestation pour Francisco Ferrer
p 39-40
Seconde manifestation de protestation contre l'exécution de Francisco Ferrer en Espagne, très encadrée par la police ; 500 000 personne y participent, dont Jean Jaurès
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Événement
1848
1848 — Café Momus
p 41-42
Rencontres des artistes des Scènes de la vie de bohème de Murger
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Événement
1834
10 avril 1834
p 41-42
Réunions politiques clandestines outrepassant l'interdiction de rassembler plus de 21 personnes ; peut-être l'origine de l'expression "22, v'la les flics !"
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Événement
1578
31 mai 1578
p 46
Construction du premier pont de Paris sans maisons ; Henri III pose la première pierre alors qu'il est en deuil de deux de ses mignons, tués en duel ; il sera inauguré en 1603 par Henri IV
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Événement
1818
1818
p 46
Statue fondue avec le bronze de celle de Napoléon, retirée de la colonne Vendôme. Le fondeur aurait placé une statuette de Napoléon à l'intérieur. Le cheval était un de ceux de la porte de Brandebourg volés par Bonaparte …

Statue fondue avec le bronze de celle de Napoléon, retirée de la colonne Vendôme. Le fondeur aurait placé une statuette de Napoléon à l'intérieur. Le cheval était un de ceux de la porte de Brandebourg volés par Bonaparte en 1808

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Événement
1796
8 mai 1796 — Cachette de Gracchus Babeuf (chez le tailleur Tissot et sous ce faux nom)
p 51-52
Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltr …

Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltration de Grisel, un indicateur

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Événement
Événement
1874
1874 — Café Tortoni
p 52-54
Café fréquenté par le révolutionnaire cubain José Marti lors de son séjour à Paris, au cours duquel il rencontre Auguste Vacquerie et Victor Hugo
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Événement
Date imprécise — Bordel de la rue d'Amboise
p 54-55
Maison close où Vincent van Gogh venait admirer les dessins laissés par Toulouse-Lautrec, qui était un client assidu de la chambre rouge, au 1er étage
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Événement
1806
1806 — Demeure de Simón Bolivar
p 55
Demeure de Simón Bolivar, "Libertador" d'une partie de l'Amérique dite Latine ; il est vrai que les "indiens" y étaient déjà beaucoup moins nombreux qu'à l'arrivée de Cortès...
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Événement
1871
1871 — Demeure et atelier d'Eugène Pottier/Chambre syndicale des dessinateurs artistes industriels
p 56-58
Atelier de l'auteur de l'Internationale, membre du Comité central de la Garde nationale, puis de la Commune ; c'est aussi le siège de la Chambre syndicale des dessinateurs artistes industriels. Eugène Pottier meurt ici l …

Atelier de l'auteur de l'Internationale, membre du Comité central de la Garde nationale, puis de la Commune ; c'est aussi le siège de la Chambre syndicale des dessinateurs artistes industriels. Eugène Pottier meurt ici le 6 novembre 1887

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Événement
1860
1860 – 1861 — Demeure d'Émile Zola
p 59
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Événement
1865
janvier 1865 – 1866 — Demeure d'Émile Zola
p 59
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Événement
1862
1862 — Demeure d'Émile Zola
p 59
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Événement
1864
1864 – 1865 — Demeure d'Émile Zola (avec sa mère)
p 59
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Événement
1863
mars 1863 – 1864 — Demeure d'Émile Zola
p 59
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Événement
1840
2 avril 1840 — Maison natale d'Émile Zola
p 59
Émile Zola naît le 2 avril 1840 au 10 rue Saint-Joseph, au quatrième étage, dans un quartier de petits commerçants et d'artisans du 2e arrondissement. Son père, Francesco Zola, est un ingénieur d'origine vénitienne qui m …

Émile Zola naît le 2 avril 1840 au 10 rue Saint-Joseph, au quatrième étage, dans un quartier de petits commerçants et d'artisans du 2e arrondissement. Son père, Francesco Zola, est un ingénieur d'origine vénitienne qui mourra trois ans plus tard en laissant la famille dans une situation précaire. Sa mère, Émilie Aubert, est française. Il a le double sang de l'observateur — étranger et natif à la fois.

Il grandit à Aix-en-Provence, revient à Paris à dix-huit ans, y connaît la misère, les greniers froids, la faim. Il entre chez Hachette comme employé, commence à écrire. En 1871, il est journaliste pendant la Commune, témoin des barricades et du feu. Ce Paris-là — ses chantiers haussmanniens, ses marchés, ses mines, ses cafés, ses bouges, ses grands magasins — il en fait la matière de vingt romans.

Les Rougon-Macquart, cette fresque en vingt volumes sur "l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire", est une entreprise sans précédent dans la littérature française : cartographier la société entière, des mines du Nord aux Halles de Paris, du monde paysan aux coulisses de la Bourse, en suivant les ramifications d'une hérédité à travers les classes sociales. Germinal, Nana, L'Assommoir, Au Bonheur des Dames — Paris est à la fois décor et personnage.

En 1898, il publie J'Accuse dans L'Aurore — lettre ouverte au président de la République pour défendre Dreyfus. Il risque sa liberté. Il choisit quand même.

Plaque apposée sur la maison natale d'Émile Zola (1840-1902) au n° 10 de la rue Saint-Joseph, Mu - Wikimedia

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Événement
1781
1781 – 1786 — Demeure de Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre
p 59
Rédaction des "Études de la Nature", et du début de "Paul et Virginie"
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Événement
Événement
1902
29 septembre 1902 — Demeure d'Émile Zola (à partir de septembre 1889)
p 61
Une cheminée bouchée, un homme mort dans son lit, une femme qui survit : quatre ans après avoir sauvé Dreyfus, Zola meurt d'un accident que personne n'a jamais pu vraiment expliquer. Émile Zola meurt dans la nuit du 28 a …

Une cheminée bouchée, un homme mort dans son lit, une femme qui survit : quatre ans après avoir sauvé Dreyfus, Zola meurt d'un accident que personne n'a jamais pu vraiment expliquer.

Émile Zola meurt dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902 au 21 bis de la rue de Bruxelles, dans le 9e arrondissement, où il vit depuis 1889. Il a soixante-deux ans. La cause officielle est l'asphyxie par oxyde de carbone : le conduit de la cheminée de la chambre était obstrué. Sa femme Alexandrine, dans le même lit, survit de justesse.

L'enquête conclut à l'accident. Les experts vérifient la cheminée et constatent l'obstruction. Ils ne parviennent pas à expliquer comment elle s'est produite. Des expériences sont conduites avec des cobayes, qui ne meurent pas. Le doute s'installe immédiatement.

Zola était devenu, quatre ans plus tôt, l'homme le plus haï de France par les milieux nationalistes et antisémites. Le 13 janvier 1898, il avait publié dans L'Aurore une lettre ouverte au président Félix Faure : "J'accuse." Le texte, écrit en une nuit, accusait nommément les officiers de l'état-major d'avoir sciemment condamné un innocent, le capitaine Dreyfus, et couvert le vrai coupable. Il valut à Zola un procès, une condamnation, un exil en Angleterre. Il fit basculer l'Affaire : la révision devint inévitable, et Dreyfus sera réhabilité en 1906.

Les nationalistes ne le lui pardonnèrent jamais. Sa maison fut menacée, ses livres brûlés, sa personne insultée quotidiennement dans la presse de droite. En 1953, cinquante et un ans après sa mort, le journal Libération publia le témoignage recueilli auprès d'un fumiste parisien nommé Henri Buronfosse, militant d'extrême droite, qui aurait avoué avant de mourir avoir bouché la cheminée de Zola par vengeance politique. Le témoignage est indirect et n'a jamais pu être vérifié. Il n'a jamais été réfuté non plus.

Ses obsèques ont lieu au cimetière de Montmartre. Anatole France prononce l'éloge funèbre : "Il fut un moment de la conscience humaine." Dreyfus, encore officiellement coupable, y assiste. Zola sera transféré au Panthéon en 1908 ; le jour de la cérémonie, un journaliste nationaliste tirera deux coups de revolver sur Dreyfus, le blessant au bras.

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Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
p 62
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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Événement
1757
Événement
1619
1619 — Maison natale de Cyrano de Bergerac
p 65
Cyrano de Bergerac, le personnage réel, écrivain "libertin" au sens noble du terme c'est-à-dire "libre-penseur", philosophe humaniste qui fréquentait le cercle de Gassendi
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Événement
1654
1654 — Hôtel d'Arpajon
p 66
Accident, peut-être provoqué, qui va être fatal au Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand ; une poutre lui tombe sur la tête d'une fenêtre de l'Hôtel d'Arpajon où il travaille au service du duc En 1654, Hercule Savinien Cyr …

Accident, peut-être provoqué, qui va être fatal au Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand ; une poutre lui tombe sur la tête d'une fenêtre de l'Hôtel d'Arpajon où il travaille au service du duc

En 1654, Hercule Savinien Cyrano de Bergerac, écrivain et bretteur français, subit un accident alors qu’il était au service du duc d’Arpajon, à l’adresse actuelle du 58 rue Charlot à Paris. Selon plusieurs sources, une poutre tomba sur sa tête depuis une fenêtre de l’Hôtel d’Arpajon, événement parfois décrit comme accidentel, parfois comme potentiellement provoqué. Cet incident lui causa de graves blessures. Cyrano mourut plus d’un an plus tard, le 28 juillet 1655, à l’âge de 36 ans, chez son cousin à Sannois. Les circonstances exactes de l’accident et de sa mort restent débattues : certains évoquent un simple accident, d’autres la possibilité d’un attentat ou d’une maladie. L’événement a été repris et romancé par Edmond Rostand dans sa pièce « Cyrano de Bergerac », mais les faits historiques restent incertains quant à l’intentionnalité de l’accident.

Sources

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Événement
1857
16 juillet 1857 — Hôtel de la Haye/Demeure de Pierre-Jean de Béranger
p 72
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Événement
1780
19 août 1780 — Maison natale de Pierre-Jean de Béranger
p 72
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Événement
1357
7 juillet 1357 – 1533
p 77-78
Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison. Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridicti …

Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison.

Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridiction municipale dans la Maison aux Piliers, sur la place de Grève. Le bâtiment doit son nom à ses arcades au rez-de-chaussée. Il devient la première Maison Commune de Paris — ancêtre direct de ce qui sera l'Hôtel de Ville.

L'acte est banal en apparence. Il ne l'est pas. Depuis le milieu du XIIIe siècle, le prévôt des marchands siégeait au parloir aux bourgeois — un bâtiment discret, dont les pouvoirs restaient strictement encadrés par la couronne. En acquérant la Maison aux Piliers au nom de la municipalité, Marcel transforme une institution de commodité en une institution de pouvoir, enracinée dans la pierre, au cœur de la ville.

Paris en juillet 1357 est une ville en crise. Le roi Jean II le Bon, capturé par les Anglais à la bataille de Poitiers en septembre 1356, est prisonnier à Londres. La rançon — quatre millions d'écus — exige des impôts massifs. Les grandes compagnies de mercenaires démobilisés pillent les campagnes. Le dauphin Charles, dix-huit ans, assure une régence fragile. C'est dans ce vide politique qu'Étienne Marcel a trouvé sa place.

Prévôt des marchands depuis 1354, drapier de son état, Marcel n'est pas un révolutionnaire au sens moderne. Il cherche à instaurer une monarchie contrôlée — un régime où les états généraux superviseraient les finances royales, nommeraient et révoqueraient les conseillers du roi. En mars 1357, il obtient la promulgation de la Grande Ordonnance, vaste plan de réforme administrative. L'installation dans la Maison aux Piliers, quatre mois plus tard, est son acte institutionnel le plus durable.

La place de Grève n'est pas un lieu quelconque : c'est là que la Seine dépose ses sables, là que les bateliers et les journaliers s'assemblent chaque matin pour offrir leurs bras, là que le bois et le blé arrivent dans Paris. C'est le poumon économique de la ville. Marcel le sait.

Sa chute est à la hauteur de son ambition. Le 22 février 1358, ses hommes assassinent deux maréchaux devant le dauphin, le couvrent de leur sang et lui font coiffer le chaperon rouge et bleu des couleurs de Paris. L'affrontement avec la couronne devient inévitable. Marcel s'allie successivement à la Jacquerie paysanne, à Charles de Navarre et aux mercenaires anglais — perdant chaque fois une partie de la rue parisienne. Le 31 juillet 1358, l'échevin Jean Maillard rassemble les bourgeois contre lui. Étienne Marcel est massacré à la porte Saint-Antoine, ses clefs en main.

La Maison aux Piliers lui survit cent soixante-seize ans. Elle tombe en ruines au XVIe siècle. En 1529, François Ier accepte de la remplacer par un palais municipal de style Renaissance, dessiné par l'architecte italien Boccador. La première pierre est posée en 1533. C'est ce bâtiment — agrandi, remanié, incendié par la Commune en 1871 et reconstruit sous la IIIe République — qui occupe aujourd'hui la même place de Grève, rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville.

Charles V, traumatisé par la journée du 22 février 1358 au cours de laquelle Marcel l'avait couvert du sang de ses conseillers, fit ériger la Bastille pour couvrir la porte Saint-Antoine — exactement là où Marcel avait été tué — et s'assurer une retraite vers Vincennes en cas de nouvelle insurrection parisienne.

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Événement
1310
1er juin 1310
p 78
Une femme a écrit un livre sur l’amour de Dieu, en français, et continue de le faire lire malgré l’interdiction. L’Inquisition la condamne : elle est brûlée en place de Grève, avec son livre. On ne sait presque rien de M …

Une femme a écrit un livre sur l’amour de Dieu, en français, et continue de le faire lire malgré l’interdiction. L’Inquisition la condamne : elle est brûlée en place de Grève, avec son livre.

On ne sait presque rien de Marguerite Porete, sinon son livre et son procès. Elle est née vers 1250 dans le comté de Hainaut, probablement à Valenciennes ; même son nom est incertain : les actes l’appellent « Marguerite dite Porete », d’un mot qui désigne un petit oignon. Elle appartient au mouvement des béguines, très vivant en Flandre : des femmes pieuses qui se vouent à Dieu et aux bonnes œuvres, sans forcément vivre en communauté ni obéir à une règle. Elle-même se dit « béguine errante ».

Elle a écrit, en langue d’oïl et non en latin, un livre dont le titre résume la pensée : Le Miroir des simples âmes anéanties et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour. Il présente l’amour de l’âme touchée par Dieu et fait dialoguer, en allégories, l’Amour et la Raison. Ses adversaires y voient une démarche qui se passe de l’Église comme institution, relativise les sacrements et rejette la morale.

Une première fois, l’évêque de Cambrai fait brûler un exemplaire du livre sur la place d’Armes de Valenciennes et le déclare hérétique. Marguerite continue pourtant de le faire circuler. L’évêque de Châlons, où elle réside sans doute alors, la dénonce à l’inquisiteur du royaume de France, le dominicain Guillaume de Paris. Celui-ci consulte l’université de Paris : une commission de théologiens examine une quinzaine d’extraits du livre ; des canonistes se prononcent sur le comportement de l’accusée, qui doit être jugée relapse, pour avoir bravé la première condamnation. Réunissant les deux avis, l’inquisiteur condamne à la fois le livre et son autrice, et la livre au bras séculier.

Le 1er juin 1310, elle est brûlée vive en place de Grève, au pied de la croix dressée sur huit marches devant la Maison aux Piliers, que la municipalité achètera en 1357 et où s’élève aujourd’hui l’Hôtel de Ville. Son livre brûle avec elle. Les Grandes Chroniques de France rapportent la mort de cette « béguine clergesse », qui « avoit trespassée et transcendée l’escripture devine » et avait tenu, sur le sacrement de l’autel, des paroles « contraires et préjudiciables ». Elles viennent de raconter le supplice des Templiers brûlés « vers le moulin saint Antoine » : la même année, le roi et l’Inquisition font taire ceux qu’ils jugent hérétiques.

Avec elle s’ouvre la longue liste des exécutions de la place de Grève, qui verra mourir, au fil des siècles, Anne du Bourg, la Brinvilliers, la Voisin, Cartouche, Ravaillac ou Damiens.

Manuscrit ouvert : deux pages d’écriture gothique, avec des notes dans la marge

Sa condamnation nourrit, en 1312, un canon du concile de Vienne contre l’« hérésie du Libre-Esprit », dont les historiens ont montré qu’elle n’existait guère que dans l’esprit de ceux qui la condamnaient. Et le livre survit : on le lit en latin, en italien, en moyen anglais, et, en français, dans une copie du milieu du XVe siècle ; trois pages du texte original ont été retrouvées récemment dans un manuscrit de Valenciennes. Maître Eckhart l’a peut-être connu. En 2024, le Conseil de Paris a donné le nom de Marguerite Porete à une place du 4e arrondissement, à quelques pas de l’ancienne Grève.

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Événement
1792
9 août 1792 — Hôtel de Ville
p 78
À minuit, le tocsin sonne. Avant de marcher sur le roi, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville. L’été 1792 est brûlant. La patrie a été déclarée en danger, les fédérés des départements affluent à Paris — cinq cents Marse …

À minuit, le tocsin sonne. Avant de marcher sur le roi, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville.

L’été 1792 est brûlant. La patrie a été déclarée en danger, les fédérés des départements affluent à Paris — cinq cents Marseillais parmi eux —, et les clubs réclament ouvertement la déchéance de Louis XVI. Le 9 août, la section des Quinze-Vingts, au faubourg Saint-Antoine, lance un ultimatum : si le roi n’est pas détrôné le jour même, elle sonnera le tocsin à minuit et attaquera les Tuileries. Quarante-sept sections sur quarante-huit se rangent derrière elle.

À minuit, le tocsin sonne. Dans la nuit, les commissaires des sections s’installent à l’Hôtel de Ville, en chassent la municipalité légale et forment une Commune insurrectionnelle. Elle se donne pour président Sulpice Huguenin, une figure du faubourg Saint-Antoine. Le maire, Jérôme Pétion, que le roi avait fait venir aux Tuileries, est ramené à l’Hôtel de Ville et placé sous la garde de trois cents hommes : il ne peut plus ni aider le roi ni gêner l’insurrection.

Reste l’homme qui peut tout faire échouer : le marquis de Mandat, commandant de la Garde nationale, chargé de défendre le château. Il a posté les Suisses dans les cours, des gardes nationaux dans le jardin, et placé des canons au Pont-Neuf et à l’arcade Saint-Jean, derrière l’Hôtel de Ville, pour barrer la route aux faubourgs. Sur le conseil de Danton, la nouvelle Commune le convoque. C’est un piège : ignorant que le pouvoir a changé de mains, Mandat obéit. On l’arrête, on l’accuse d’avoir autorisé la troupe à tirer sur le peuple, on l’envoie à la prison de l’Abbaye. Il n’y arrivera pas : à peine sorti de l’Hôtel de Ville, sur la place de Grève, il est abattu par la foule. La Commune confie aussitôt la Garde nationale au brasseur Santerre, et Manuel fait replier les canonniers du Pont-Neuf. La route des Tuileries est ouverte.

Au matin du 10 août, deux colonnes marchent sur les Tuileries : quinze mille hommes du faubourg Saint-Antoine par la rive droite, cinq mille du faubourg Saint-Marceau par la rive gauche. En avant-garde, les fédérés marseillais et bretons braquent leurs canons sur le château depuis le Carrousel. Privés de chef, beaucoup de gardes nationaux censés défendre le roi fraternisent avec les assaillants ; il ne reste guère que les quelque neuf cents Gardes suisses et une poignée de gentilshommes. « Sire, Votre Majesté n’a pas cinq minutes à perdre », presse Roederer au nom du département : la famille royale traverse le jardin et va se réfugier à l’Assemblée, où elle passe la journée dans la loge du greffier.

Au château, le feu éclate sans qu’on sache qui a tiré le premier. Les Suisses ont d’abord l’avantage, et les Marseillais et les Brestois perdent beaucoup des leurs. Puis arrive un billet du roi — il est conservé — qui leur ordonne de cesser le feu et de se retirer : en pleine bataille, l’ordre les condamne. Pris à revers, taillés en pièces dans le jardin, pourchassés dans le palais, environ trois cents d’entre eux sont tués ; les insurgés comptent, eux aussi, quelque trois cents victimes. L’Assemblée suspend le roi et convoque une Convention, et la Commune fait enfermer Louis XVI et les siens à la tour du Temple.

Pendant six semaines, jusqu’à la première séance de la Convention, le 21 septembre, la Commune insurrectionnelle sera le vrai pouvoir de Paris. C’est sous son règne qu’éclatent les massacres de Septembre.

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Événement
1871
28 mars 1871
p 79
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1944
24 août 1944
p 80
Arrivée des premiers éléments de la 2ème DB de Leclerc entrés dans Paris, composés entre autres de 130 Républicains espagnols, équipés de 3 half-tracks nommés Guadalajara, Teruel et Guernica
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Événement
1817
1817 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe d'Héloïse et Abélard
p 85-86
Héloïse et Abélard sont transférés dans un but "publicitaire" pour le cimetière ; l'abbesse du Paraclet avait fait séparer les ossements des amants en 1630
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Événement
1950
9 avril 1950 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
p 86-87
Michel Mourre, membre du groupe lettriste, annonce en chaire au cours de la messe de Pâques, que "Dieu est mort" ; scandale
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Événement
1977
1977 — Alliance française
p 91-93
Le futur sous-commandant Marcos vient à Paris étudier le français, mais s'intéresse déjà surtout à la politique
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Événement
1885
1885 – 1886 — Hôtel du Brésil/Demeure de Sigmund Freud
p 93
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Événement
1885
1885 — Hôtel de la Paix/Demeure de Sigmund Freud
p 93
Premier séjour de Sigmund Freud à Paris, venu suivre les cours du professeur Charcot
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Événement
1978
Événement
1957
1957 — Café L'Estrapade
p 98-101
Quartier général de Guy Debord ; lieu de rencontres des Situationnistes
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Événement
1588
12 mai 1588
p 101-103
Repère de la Ligue où se déroulent de violents combats lors de la Journée des Barricades ; peut-être la première apparition de cette "spécialité" très parisienne
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Événement
1588
12 mai 1588 — Carrefour St Séverin/Journée des Barricades
p 103
Des chaînes tendues en travers des rues, des tonneaux remplis de terre : ce jour-là, Paris invente la barricade. Au printemps 1588, la huitième guerre de Religion déchire le royaume. Le roi Henri III n’a pas d’enfant, et …

Des chaînes tendues en travers des rues, des tonneaux remplis de terre : ce jour-là, Paris invente la barricade.

Au printemps 1588, la huitième guerre de Religion déchire le royaume. Le roi Henri III n’a pas d’enfant, et son héritier est un protestant, Henri de Navarre. Paris, ardemment catholique, se range derrière le chef de la Sainte Ligue, Henri de Guise, et derrière le « Conseil des Seize », qui tient les quartiers. Le 9 mai, bravant l’interdiction du roi, Guise entre dans la ville et se présente au Louvre. Henri III, qui craint pour sa vie, fait venir des Gardes suisses et des Gardes françaises. C’est violer un privilège de la ville : aucune troupe étrangère ne doit y séjourner.

Le matin du 12 mai, les soldats entrent par la porte Saint-Honoré et vont occuper, tambour battant, le cimetière des Innocents, la place de Grève, le Marché-Neuf, le Petit-Pont et le pont Saint-Michel. Les Parisiens ferment boutique et courent aux armes. La rive gauche s’embrase la première : autour du carrefour Saint-Séverin et de la place Maubert, que tiennent les écoliers et les bateliers, on tend les chaînes en travers des rues et l’on bouche les passages avec des poutres et des tonneaux remplis de terre et de fumier. Ces barriques donnent son nom à la journée. Paris n’avait jamais rien vu de tel ; on compte bientôt quelque 1 200 barricades, et le mot entre dans la langue.

Les troupes royales se retrouvent prises au piège entre les ponts, incapables du moindre mouvement ; une soixantaine de soldats sont tués. Guise a attendu son heure. Quand l’émeute a triomphé, il sort de son hôtel à cheval, une simple baguette à la main, apaise la foule comme par magie et fait reconduire les Gardes au Louvre, en rangs rompus, tête nue et armes renversées.

Humilié, le roi quitte secrètement sa capitale dès le lendemain par la porte Neuve ; il n’y rentrera plus. Maître de Paris, Guise lui impose l’édit d’Union, par lequel le roi s’engage à ne conclure aucune paix avec les hérétiques, et se fait nommer lieutenant général du royaume. La revanche d’Henri III sera sanglante : le 23 décembre suivant, il fait assassiner le duc de Guise au château de Blois.

Le mot, lui, fera fortune. Paris dressera encore des barricades pendant la Fronde en 1648, puis en 1830, en 1848 et en 1871, et jusqu’au Quartier latin de mai 1968, à quelques rues du carrefour Saint-Séverin.

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Événement
1432
1432 – 1450 — Église St Benoît le Bétourné/Maison d'enfance de François Villon
p 104
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Événement
Événement
1871
26 mai 1871 — Caves du théâtre de Cluny/Cachette d'André Gill et d'Ernest Pichio
p 110-111
André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où …

André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où il mourra

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Événement
1358
21 juillet 1358
p 111-113
La rue des Anglais, dans le 5e arrondissement, porte le nom des mercenaires qui y cantonnaient — et qui n'y furent plus les bienvenus à partir du 21 juillet 1358. Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris depuis 1354 …

La rue des Anglais, dans le 5e arrondissement, porte le nom des mercenaires qui y cantonnaient — et qui n'y furent plus les bienvenus à partir du 21 juillet 1358.

Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris depuis 1354, menait depuis deux ans l'une des grandes rébellions bourgeoises du Moyen Âge. Appuyé sur les États généraux et sur les corporations, il avait tenu tête au dauphin Charles pendant que le roi Jean II était prisonnier des Anglais depuis la défaite de Poitiers. Mais en cherchant des alliés contre le pouvoir royal, Marcel avait pris un risque fatal : ouvrir les portes de Paris aux mercenaires de Charles le Mauvais, roi de Navarre, dont beaucoup venaient d'outre-Manche. Des soldats étrangers campaient dans les rues.

Le 21 juillet 1358, dans le quartier de la rive gauche, une rixe éclata entre des Parisiens et ces soldats de passage. Elle dégénéra en émeutes. Plusieurs mercenaires furent massacrés. La population — qui avait longtemps soutenu Marcel contre le dauphin — commençait à se retourner contre lui. L'alliance avec l'étranger avait tout renversé.

Marcel fut assassiné dix jours plus tard, dans la nuit du 31 juillet 1358, près de la porte Saint-Antoine, par un groupe de Parisiens conduits par Jean Maillart. Le dauphin Charles entra dans Paris.

La IIIe République fit d'Étienne Marcel un héros de la liberté communale : une statue de Louis-Joseph Daumas fut inaugurée devant l'Hôtel de Ville en 1882. La rue des Anglais, elle, garde le souvenir ambigu de ceux qui contribuèrent à le perdre.

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Événement
1358
31 juillet 1358 — Bastide St Antoine/Chastel St Antoine/Enceinte de Charles V
p 112
La version officielle dit qu'il livrait Paris à Charles de Navarre. Jean Maillart l'aurait surpris et tué pour sauver la ville. Mais Maillart était un fidèle du Régent, et la chronique a toujours été du côté des vainqueu …

La version officielle dit qu'il livrait Paris à Charles de Navarre. Jean Maillart l'aurait surpris et tué pour sauver la ville. Mais Maillart était un fidèle du Régent, et la chronique a toujours été du côté des vainqueurs.

Étienne Marcel était prévôt des marchands de Paris depuis 1355. Dans une France désorganisée par la capture du roi Jean II à Poitiers (1356) et la dévastation des campagnes par les routiers anglais, il avait fait de Paris le centre d'une résistance inattendue : non pas contre les Anglais, mais contre la royauté elle-même. En alliance avec les États généraux, il avait arraché la Grande Ordonnance de mars 1357, qui imposait au Régent un véritable contrôle de ses comptes. Le Régent, le futur Charles V, n'oublierait pas.

La Jacquerie de mai-juin 1358 avait finalement tourné contre Marcel. Les paysans révoltés furent massacrés ; Marcel se retrouva isolé à Paris, sans alliés extérieurs. Pour tenir tête au Régent, il se rapprocha de Charles de Navarre, dit le Mauvais, rival déclaré de la couronne. Alliance risquée, mal assurée.

Dans la nuit du 31 juillet 1358, Marcel fut tué à la porte Saint-Antoine par Jean Maillart, riche marchand parisien, et ses compagnons, Philippe Giffart et Simon Le Paonnier. La version que les chroniqueurs royaux allèrent ensuite imposer est la suivante : Marcel avait conduit un groupe jusqu'à la porte Saint-Denis, puis jusqu'à la porte Saint-Antoine, pour remettre les clefs de la ville aux soldats de Charles de Navarre ; Maillart l'aurait surpris en flagrant délit de trahison et tué pour défendre Paris.

Cette version repose presque entièrement sur des sources rédigées après coup, par des auteurs acquis à la cause royale. Ce que les faits établissent sans ambiguïté : Jean Maillart, partisan résolu du Régent, était prêt à agir ce soir-là. Marcel fut tué. Le Régent entra dans Paris le lendemain.

Trois semaines plus tard, Charles de Navarre signa la paix avec le Régent. La trahison qu'on prêtait à Marcel n'avait donc servi qu'à lui nuire, à lui seul.

Le Régent devint Charles V, dit le Sage. Étienne Marcel entra dans l'histoire comme un traître au service d'un étranger. Il avait porté toute sa vie les couleurs de la prévôté : le rouge et le bleu. Paris les porte encore.

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Événement
1956
19 septembre 1956 — La Sorbonne (amphithéâtre Descartes)/Congrès des écrivains et artistes noirs
p 113-115
Dans l'amphithéâtre Descartes, une centaine d'intellectuels noirs se retrouvent pour la première fois à débattre de ce que la colonisation a fait à leurs cultures, et de ce qu'il faudra faire pour les libérer. C'est Alio …

Dans l'amphithéâtre Descartes, une centaine d'intellectuels noirs se retrouvent pour la première fois à débattre de ce que la colonisation a fait à leurs cultures, et de ce qu'il faudra faire pour les libérer.

C'est Alioune Diop, Sénégalais établi à Paris, qui en est l'organisateur. Fondateur en 1947 de la revue Présence africaine, il a réuni autour de lui depuis presque dix ans les intellectuels noirs d'Afrique, des Antilles et des États-Unis que Paris accueille ou attire. L'idée du congrès est simple dans sa formulation, immense dans ses implications : réunir pour la première fois, en un même lieu, les représentants de la pensée noire mondiale, pour débattre de "la crise de la culture négro-africaine." L'affiche est signée Picasso. L'amphithéâtre Descartes de la Sorbonne est le lieu retenu.

Du 19 au 22 septembre 1956, une centaine de participants s'y retrouvent. Aimé Césaire vient de la Martinique, fort de son Discours sur le colonialisme publié cinq ans plus tôt. Richard Wright représente la diaspora afro-américaine. Léopold Sédar Senghor expose la négritude comme affirmation culturelle et esthétique. Édouard Glissant est là, jeune Martiniquais dont la pensée de la relation est encore en formation. Sont présents également René Depestre, Frantz Fanon, Abdoulaye Wade, Mario de Andrade, Marcelino Dos Santos.

La confrontation la plus significative oppose Fanon à Senghor. Fanon, qui soigne les soldats algériens à l'hôpital de Blida depuis deux ans, présente une intervention sur "Racisme et culture." Sa thèse est tranchante : il n'existe pas de culture nationale noire susceptible de se reconstruire en dehors de la lutte de libération nationale. La culture ne se régénère pas dans les salons littéraires, dans les revues parisiennes, dans les colloques académiques. Elle renaît dans la résistance armée, dans la rupture avec l'ordre colonial. Cette position diverge nettement de la négritude de Senghor, qui cherche à valoriser les cultures africaines dans leur spécificité propre, sans la médiation d'une rupture révolutionnaire.

Ce débat est l'un des moments fondateurs de la pensée décoloniale du XXe siècle. Il anticipe les fractures qui diviseront les mouvements d'indépendance africains dans les années 1960 : entre ceux qui négocient l'indépendance formelle en préservant les liens économiques avec les anciennes métropoles, et ceux qui posent la rupture radicale comme seule condition de la liberté réelle.

Nous sommes en septembre 1956. La guerre d'Algérie dure depuis deux ans. Budapest est à six semaines de la répression soviétique. Le monde se divise et se cherche. Dans l'amphithéâtre Descartes, une centaine d'hommes et de femmes débattent, pour la première fois ensemble, de ce que signifie être libre.

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Événement
Date imprécise — Demeure d'Élie, Élisée et Paul Reclus
p 122-124
Les trois frères reçoivent Courbet, Nadar, Proudhon, Michelet, Bakounine...
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Événement
Événement
Date imprécise — Maison mère des Spiritains/Demeure de Jacques Gaillot
p 129-130
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Événement
1922
9 janvier 1922 – 1923 — Demeure d'Ernest Hemingway
p 130
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Événement
Événement
1923
1923 – 1925 — Demeure d'Ernest Hemingway
p 131
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Événement
1921
Événement
1903
Événement
1921
1921 – 1941 — Librairie Shakespeare & Co (Shakespeare and Company)
p 132 & 159
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Événement
Événement
1920
1920 — Restaurant Michaud/Comptoir des Saints Pères
p 132 & 181
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Événement
1920
1920 — Restaurant Michaud/Comptoir des Saints Pères
p 132 & 181
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Événement
1897
1897 — Hôtel du Rocher de Bazancourt/Demeure d'Alfred Jarry
p 137-139
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Événement
1907
1er novembre 1907 — Hôpital de la Charité/Hospice de l'Unité
p 139
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Événement
1793
6 août 1793 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés
p 141
Elle avait écrit que la femme a le droit de monter à l'échafaud et devrait également avoir le droit de monter à la tribune. Le Tribunal révolutionnaire s'apprêtait à lui donner, sur le premier point, pleinement satisfact …

Elle avait écrit que la femme a le droit de monter à l'échafaud et devrait également avoir le droit de monter à la tribune. Le Tribunal révolutionnaire s'apprêtait à lui donner, sur le premier point, pleinement satisfaction.

Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, était née en 1748 à Montauban. Elle était venue à Paris, avait fréquenté les salons, écrit des pièces de théâtre, et en 1791 avait rédigé la "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" : un texte qui reprenait article par article la Déclaration de 1789 pour en souligner l'exclusion systématique des femmes. Elle l'avait dédiée à Marie-Antoinette, ce qui était déjà suspect.

En juillet 1793, elle fit placarder dans Paris un texte intitulé "Les trois urnes, ou le salut de la patrie", dans lequel elle proposait que les Français votent entre trois formes de gouvernement : la République, un régime fédéral, ou la monarchie constitutionnelle. C'était inacceptable pour les Montagnards au pouvoir. Le jour même, le 20 juillet, elle fut arrêtée.

Le 6 août 1793, elle fut déférée au Tribunal révolutionnaire et emprisonnée à l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au 135-137 du boulevard Saint-Germain, dans le 6e arrondissement. Elle contracta une infection dans les conditions de détention et fut transférée à l'infirmerie de la Petite-Force.

Le 3 novembre 1793, elle fut jugée, condamnée et guillotinée place de la Révolution. Elle avait quarante-cinq ans.

La phrase sur l'échafaud et la tribune est tirée de sa Déclaration de 1791. Elle n'y voyait pas une prophétie mais une évidence : qui peut mourir pour la cité peut aussi parler en son nom. La Révolution lui donna l'échafaud. La tribune attendit.

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Événement
Date imprécise — Café La Rhumerie Martiniquaise
p 141
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Événement
1921
1921 – 1926 — Cité d'artistes/Atelier de Joan Miró
p 142
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Événement
1933
septembre 1933 – 1934 — Demeure d'Antonin Artaud
p 142
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Événement
Événement
1684
1684 — Café Procope ("Au Saint Suaire de Turin")/Jeu de boules de Malus
p 143-144
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Événement
1792
1792 — Café Procope/Jeu de boules de Malus
p 144
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Événement
1793
1793 — Café Procope (table de Voltaire)
p 144
Les cendres de Voltaire sont exposées sur sa table au café Procope lors de leur transfert au Panthéon ; cette table aurait été cassée par Hébert ; mais on lui prête des violences qui n'étaient pourtant chez lui, semble-t …

Les cendres de Voltaire sont exposées sur sa table au café Procope lors de leur transfert au Panthéon ; cette table aurait été cassée par Hébert ; mais on lui prête des violences qui n'étaient pourtant chez lui, semble-t-il, que verbales

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Événement
1934
1934 – 1944 — Demeure de Robert Desnos
p 144-145
Poète et Résistant, mort du typhus suite à sa déportation au camp de Térézin, en 1945
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Événement
1871
23 mai 1871
p 145
Centre de résistance Rive Gauche pendant la Semaine sanglante. Il sera contourné par les troupes versaillaises et pris à revers le 24 mai
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Événement
1862
1862 — Demeure d'Eugène Varlin/Siège des Marmites (fondées en 1864)
p 145
Demeure d'Eugène Varlin membre de la Commune et de l'A.I.T. ; premier siège social de l'association "la Marmite", qui comptera jusqu'à 8 000 adhérents
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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
p 146
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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Événement
1851
1851 — Café Belge
p 147
Café fréquenté par la "Bohèmes" et les grisettes, où fut lancée la tradition parisienne de la "soupe à l'oignon"
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Événement
1954
1954 — Café Le Chat Noir
p 148
Boris Vian écrit "le Déserteur" assis au café ; la version originale se termine par "dites à vos gendarmes, que je possède une arme, et que je sais tirer", mais Mouloudji lui fera modifier pour la version plus pacifiste …

Boris Vian écrit "le Déserteur" assis au café ; la version originale se termine par "dites à vos gendarmes, que je possède une arme, et que je sais tirer", mais Mouloudji lui fera modifier pour la version plus pacifiste que nous connaissons

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Événement
1948
février 1948 — Le Club Saint-Germain/Club de Jazz
p 148
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Événement
1954
7 mai 1954 — Cabaret-théâtre Les Trois Baudets
p 148
Mouloudji crée "le Déserteur" de Boris Vian, composé à l'occasion de la chute de Diên Biên Phu ; il lui fait modifier les paroles, l'original affirmant : "dites à vos gendarmes, que je possède une arme, et que je sais ti …

Mouloudji crée "le Déserteur" de Boris Vian, composé à l'occasion de la chute de Diên Biên Phu ; il lui fait modifier les paroles, l'original affirmant : "dites à vos gendarmes, que je possède une arme, et que je sais tirer"

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Événement
1789
12 septembre 1789 – 1793 — Imprimerie de Marat/Imprimerie du journal "Le Publiciste parisien"/Imprimerie du journal "L'Ami du Peuple"
p 153
Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre …

Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre initial: "Le Publiciste parisien", qui deviendra dès le quatrième numéro "L'Ami du Peuple, ou le Publiciste parisien". Ce titre sera celui du journal jusqu'à la mort de Marat, le 13 juillet 1793.

Marat a quarante-six ans. Médecin de formation, physicien contesté dont les théories sur la lumière ont été rejetées par l'Académie des sciences, pamphlétaire depuis les années 1770, il entre dans la Révolution avec la conviction que la trahison et la corruption sont au coeur du système: la Cour, les parlements, les ministres, les généraux, les aristocrates déguisés en patriotes. Son journal sera l'organe de cette conviction.

"L'Ami du Peuple" paraît en moyenne cinq fois par semaine, à deux mille exemplaires. Il est lu à voix haute dans les carrefours, les cafés, les assemblées de section. Marat dénonce, nomme, accuse: Lafayette qui surveille le roi sous prétexte de le protéger; les Girondins qui modèrent la Révolution quand elle devrait s'accélérer; les spéculateurs qui profitent de la pénurie de pain. Il exige des têtes, au sens littéral: il fixe des chiffres, propose des listes, et ses lecteurs le croient.

Il est forcé de fuir à plusieurs reprises pour échapper aux mandats d'arrêt: en Angleterre en 1790, dans les égouts et les caves de Paris dont il ressort la santé brisée. Sa dermatite chronique, aggravée par des années de clandestinité dans des endroits humides, le ronge. À la fin de sa vie, il travaille dans son bain.

Un détail: le futur maréchal d'Empire Guillaume Brune travaille à l'imprimerie de la cour du Commerce Saint-André au moment de la fondation du journal. Il y est typographe. Le même atelier abrite l'imprimerie de Marat et le début de carrière d'un futur maréchal: la Révolution a ses coïncidences.

Marat est assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, dans sa baignoire, au 30 rue des Cordeliers. "L'Ami du Peuple" cesse le jour de sa mort. Il avait publié son journal pendant près de quatre ans, sans interruption ou presque.

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Événement
1792
23 mars 1792 — Hôpital de la Salpêtrière (dans la cour)
p 154
Au 230-232, rue de Rivoli (Ier arr.), dans la Salle du Manège des Tuileries, l'Assemblée législative vient d'approuver une invention qui va devenir le symbole de la Révolution. Reste à la tester. Le 20 mars 1792, après d …

Au 230-232, rue de Rivoli (Ier arr.), dans la Salle du Manège des Tuileries, l'Assemblée législative vient d'approuver une invention qui va devenir le symbole de la Révolution. Reste à la tester.

Le 20 mars 1792, après des mois de débats, l'Assemblée vote l'adoption d'une nouvelle machine à exécuter. L'idée remonte à 1789, quand le docteur Joseph-Ignace Guillotin, médecin et député du Tiers état, plaide devant la Constituante pour une réforme radicale des supplices. Son argument tient en quelques mots : l'égalité devant la mort. Jusque-là, les nobles avaient droit à la décollation par l'épée, les roturiers finissaient pendus ou roués — selon leur rang, leur mort était lente, rapide, humiliante ou honorable. La Révolution exige un seul régime pour tous.

Les débats sont vifs. Certains députés trouvent la mécanisation de la mort obscène. D'autres y voient au contraire un progrès humanitaire : une exécution instantanée, sans souffrance prolongée. C'est finalement le médecin Antoine Louis, secrétaire de l'Académie de chirurgie, qui conçoit l'engin dans ses détails techniques — lame oblique, couteau glissant entre deux montants, mouton de plomb pour l'impact. On l'appelle d'abord « louisette » en son honneur, avant que le nom de Guillotin ne l'emporte malgré ses protestations.

Restent les essais pratiques. Le 17 avril 1792, dans la cour de l'hôpital de Bicêtre, au sud de Paris, la machine est mise à l'épreuve sur trois cadavres, en présence du bourreau Charles-Henri Sanson, d'Antoine Louis, de Cabanis et de Guillotin lui-même. Les lames obliques fonctionnent parfaitement. Huit jours plus tard, place de Grève, Nicolas Pelletier inaugure l'ère nouvelle.

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Événement
1539
1539 — Maison du Cheval d'Étain/Demeure de Clément Marot
p 155
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Événement
Événement
1750
1750 – 1752 — Demeure de Giacomo Casanova de Seingalt
p 155
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Événement
1642
1642 — Séminaire St Sulpice
p 156
Emmanuel-Joseph Sieyès, futur abbé et figure majeure de la Révolution française, a effectué ses études ecclésiastiques au séminaire Saint-Sulpice à Paris, situé 9 place Saint-Sulpice. Fondé en 1641 et transféré à Paris e …

Emmanuel-Joseph Sieyès, futur abbé et figure majeure de la Révolution française, a effectué ses études ecclésiastiques au séminaire Saint-Sulpice à Paris, situé 9 place Saint-Sulpice. Fondé en 1641 et transféré à Paris en 1642, ce séminaire était alors un centre important de formation du clergé, réputé pour son ouverture aux idées nouvelles et son exigence intellectuelle. Sieyès y acquiert une solide culture théologique et s’initie aux courants de pensée des Lumières, ce qui influencera profondément sa future action politique. Charles-Maurice de Talleyrand, autre personnalité marquante de l’époque, a également été formé à Saint-Sulpice. Le séminaire a ainsi vu passer plusieurs élèves qui joueront un rôle déterminant dans les bouleversements politiques de la fin du XVIIIe siècle. L’établissement, par la qualité de son enseignement et son environnement intellectuel, a contribué à former des esprits critiques et ambitieux, dont certains, comme Sieyès et Talleyrand, se distingueront par leur capacité à saisir les opportunités offertes par les mutations révolutionnaires.

Sources

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Événement
1951
1951 — Librairie Shakespeare & Co (Shakespeare and Company)
p 159
Librairie anglo-saxonne tenue par le petit-fils du poète américain Walt Whitman
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Événement
1871
22 février 1871 — Siège du journal "Le Cri du Peuple"
p 161
Le 22 février 1871, en plein Paris assiégé, paraît le premier numéro du Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Le titre est un programme : faire entendre la voix des petits, des « sans-grade », des ouvriers et employ …

Le 22 février 1871, en plein Paris assiégé, paraît le premier numéro du Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Le titre est un programme : faire entendre la voix des petits, des « sans-grade », des ouvriers et employés que la guerre, le siège et la misère ont jetés dans la rue. Vallès, déjà connu pour ses prises de position contre l’Empire, entend donner à ces colères un organe politique régulier.

Autour de lui se rassemble une équipe où se croisent militants et écrivains : Casimir Bouis, Jean‑Baptiste Clément, Pierre Denis, la romancière André Léo, Henri Bauër, bientôt aussi Gustave Courbet qui apporte sa notoriété d’artiste engagé. Tous partagent l’idée que la République ne peut se limiter à un changement de régime : elle doit devenir sociale, égalitaire, et respecter Paris, que Thiers et l’Assemblée de Bordeaux traitent comme une ville vaincue à mater.

Le journal atteint rapidement des tirages considérables, jusqu’à 100 000 exemplaires, avec 82 numéros publiés durant la séquence qui mène à la Commune puis l’accompagne. C’est à la fois un organe d’information, un lieu de polémique et une caisse de résonance des clubs, des comités d’arrondissement, de la Garde nationale.

En donnant ce titre, Le Cri du Peuple, Vallès sait qu’il s’inscrit dans une histoire longue : celle d’un Paris où, lorsque les institutions ferment la porte, la presse radicale ouvre une fenêtre. Quelques semaines plus tard, ce « cri » trouvera son prolongement sur les barricades de la Commune.

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Événement
1870
1870 — Demeure de Jules Vallès/Cachette d'Émile Oudet
p 161
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Événement
1861
1861 — Café Le Madrid
p 161
Rencontres d'hommes politiques journalistes et artistes ; portraits sur les murs
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Événement
1871
1871 — Demeure de François Roubaud/Cachette de Jules Vallès
p 162
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Événement
Événement
Événement
1885
14 février 1885 — Séjour de Jules Vallès
p 162
Jules Vallès meurt le 14 février 1885 dans un appartement du 77 boulevard Saint‑Michel, à Paris, épuisé par le diabète. Il est hébergé là par le docteur Guébhard et sa famille, qui l’entourent dans ses derniers mois, ent …

Jules Vallès meurt le 14 février 1885 dans un appartement du 77 boulevard Saint‑Michel, à Paris, épuisé par le diabète. Il est hébergé là par le docteur Guébhard et sa famille, qui l’entourent dans ses derniers mois, entre soins et solidarité militante. Loin du fracas de la Commune et des tribunaux militaires, la fin de ce combattant de 1871 se joue dans un cadre presque domestique, marqué par la présence discrète de proches et d’alliés politiques.

Au moment de sa mort, Vallès a repris depuis plusieurs années son activité de journaliste et d’écrivain : il a publié sa grande trilogie autobiographique et relancé Le Cri du Peuple, redevenu un point de repère pour une gauche radicale encore marquée par la défaite de la Commune mais à nouveau présente dans l’espace public. Son état de santé, en revanche, ne cesse de se dégrader, jusqu’à cette dernière crise de février 1885.

La nouvelle de sa disparition se répand vite. Le 16 février, ses obsèques rassemblent des dizaines de milliers de personnes, anciens communards, militants socialistes, simples lecteurs, dans un cortège qui va jusqu’au Père-Lachaise. Entre l’appartement du docteur Guébhard et l’ultime montée vers le cimetière, c’est toute une mémoire des combats communards et ouvriers du XIXᵉ siècle qui se donne rendez-vous autour de celui qui avait choisi pour devise : « Je ne renie rien. »

Plaque de la demeure où mourut Jules Vallès, Photo: Mu, Wikimedia

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Événement
1861
1861 – 1868 — Bureaux du journal "Le Hanneton" (journal satirique)
p 162
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Événement
1888
Événement
Événement
1889
25 avril 1889 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
p 165
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Événement
1972
8 novembre 1972 — Bureau de Gisèle Halimi/Siège de "Choisir - la cause des femmes"
p 169-170
Préparation du "Procès de Bobigny", une des étapes décisives de la dépénalisation de l'IVG
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Événement
1830
29 juillet 1830 — Caserne de Babylone/Caserne de gardes-françaises
p 173
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Événement
1856
17 février 1856 — Demeure d'Heinrich Heine
p 174
Mort du poète socialiste allemand Heinrich Heine ; il s'était lié d'amitié avec Karl Marx. Le 17 février 1856, Heinrich Heine s’éteint à Paris, au 3 avenue Matignon, après près de huit années passées presque entièrement …

Mort du poète socialiste allemand Heinrich Heine ; il s'était lié d'amitié avec Karl Marx.

Le 17 février 1856, Heinrich Heine s’éteint à Paris, au 3 avenue Matignon, après près de huit années passées presque entièrement dans ce qu’il appelait ironiquement sa « tombe de matelas ». Installé dans la capitale française depuis 1831, l’écrivain allemand y vivait en exil, fuyant la censure et la répression politique en Prusse, mais refusant de renoncer à l’allemand, sa langue d’écriture et de combat.

Poète lyrique célébré pour le Livre des chants, journaliste mordant, Heine s’était rapproché dans les années 1840 des milieux socialistes et démocrates, jusqu’à compter parmi ses relations Karl Marx, avec lequel il partageait une critique acerbe de l’absolutisme, de la censure et de l’hypocrisie bourgeoise. Sans être marxiste au sens strict, il nourrissait un socialisme teinté d’ironie romantique, oscillant entre aspiration à l’émancipation et lucidité désabusée sur les violences révolutionnaires.

À Paris, son appartement de l’avenue Matignon est à la fois un lieu de retraite et un observatoire du siècle. Cloué au lit par une maladie chronique – longtemps attribuée à la syphilis, aujourd’hui plutôt à une affection neurologique ou à un empoisonnement au plomb –, Heine continue d’écrire presque jusqu’au bout : poèmes du Romanzero, proses de Lutèce, où il analyse avec une acuité mordante la société française, la question sociale et l’Europe des révolutions.

Sa mort, à 58 ans, clôt un itinéraire de passeur entre deux mondes : juif allemand baptisé, romantique devenu satiriste, exilé allemand célébré à Paris, socialiste ironique ami de Marx mais méfiant devant les dogmes. Inhumé au cimetière de Montmartre, Heine laisse une œuvre qui continue de nourrir à la fois la mémoire littéraire et la tradition socialiste européenne.

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Événement
1848
mars 1848 — Demeure de Karl Marx
p 175
En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 1 …

En mars 1848, à l’invitation de Ferdinand Flocon, Karl Marx revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 10 rue Commines. La Ligue des Communistes, fondée en 1847 à Londres, est la première organisation politique marxiste, regroupant des exilés allemands et des militants socialistes, dont Friedrich Engels, Ferdinand Freiligrath et Flocon. Marx et Engels y jouent un rôle central, rédigeant notamment le Manifeste du Parti communiste à la demande de la Ligue. L’installation du siège à Paris intervient dans le contexte des révolutions européennes de 1848, alors que la Ligue cherche à coordonner l’action révolutionnaire des ouvriers allemands et à diffuser ses idées. Ce lieu devient un centre d’activité politique et de rédaction, avant que la répression ne contraigne Marx et ses proches à quitter la France quelques mois plus tard.

Sources

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Événement
1849
3 juin 1849 — Demeure de Karl Marx (dans un hôtel, accompagné de sa famille ; 2 pièces louées au nom de Ramboz)
p 176
Karl Marx, revenu à Paris sous le nom de Meyen, y reste clandestinement malgré une assignation à résidence dans le Morbihan ; il partira finalement pour Londres le 24 août
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Événement
1838
10 septembre 1838 — Demeure de Flora Tristan
p 177
Elle sera victime d'une tentative d'assassinat par son mari pour ses opinions. Il n'est pas facile de penser librement quand on ne peut pas divorcer. Flora Tristan a trente-cinq ans en ce mois de septembre 1838. Née en 1 …

Elle sera victime d'une tentative d'assassinat par son mari pour ses opinions. Il n'est pas facile de penser librement quand on ne peut pas divorcer.

Flora Tristan a trente-cinq ans en ce mois de septembre 1838. Née en 1803 à Paris d'un père péruvien de la noblesse et d'une mère française, elle a grandi dans la misère après la mort de son père, sans héritage possible: ses parents n'étaient pas légalement mariés selon les lois françaises. Contrainte au travail dès l'adolescence, elle entre comme apprentie lithographe chez André Chazal, qu'elle épouse en 1821. Le mariage tourne vite à l'oppression; elle le quitte en 1825, emportant ses enfants. En France, sous la Monarchie de Juillet, une femme séparée n'a pas le droit de divorcer.

Au 100 bis rue du Bac, dans le 7e arrondissement, elle tient un salon politique où se retrouvent des républicains, des saint-simoniens, des socialistes utopiques, des étrangers en exil. La discussion porte sur la condition des femmes, sur les droits des travailleurs, sur l'organisation sociale. Flora Tristan est en train de publier "Pérégrinations d'une Paria" (1838), récit de son voyage au Pérou pour réclamer son héritage paternel : un livre qui lie le sort des femmes à celui des colonisés et des prolétaires, et qui est déjà, en germe, le programme de "L'Union ouvrière" de 1843.

Le lendemain du 10 septembre, son mari Chazal la retrouve dans la rue et lui tire dessus au revolver. La balle reste dans son corps; elle survit. Chazal est condamné aux travaux forcés. Le procès fait scandale: pour la première fois, un tribunal reconnaît publiquement la légitimité d'une femme à fuir un mari violent.

Flora Tristan meurt en 1844, à quarante et un ans, épuisée par une tournée de France pour promouvoir "L'Union ouvrière". Elle n'aura pas vu le mouvement ouvrier naître ni la révolution de 1848. Mais Marx lira son livre; et la formule finale du Manifeste communiste de 1848, "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!", est une reformulation directe de son appel de 1843. Sa petite-fille, Aline Gauguin, sera la mère de Paul Gauguin.

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Événement
1852
6 février 1852 — Demeure de Pauline Roland
p 179-180
Arrestation de Paulin Roland, qui sera condamnée à 10 ans de "transportation" en Algérie ; elle refuse de signer un recours en grâce contre repentir
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Événement
1936
1936 – 1955 — Grenier des Augustins/Atelier de Pablo Ruiz Picasso
p 179-152
Picasso occupe cet atelier, à la suite de Jean-Louis Barrault, pendant toute la période de la guerre ; il y peint Guernica ; il doit incliner sa toile, le plafond n'étant pas assez haut
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Événement
Événement
Événement
1913
29 mai 1913 — Théâtre des Champs-Élysées
p 187-188
Création par les Ballets Russes du "Sacre du Printemps", qui va scandaliser l'auditoire et provoquer la faillite du théâtre récemment inauguré le 30 mars 1913. Il ne se redressera qu'en 1920. Un des 1ers représentants du …

Création par les Ballets Russes du "Sacre du Printemps", qui va scandaliser l'auditoire et provoquer la faillite du théâtre récemment inauguré le 30 mars 1913. Il ne se redressera qu'en 1920. Un des 1ers représentants du style Art déco

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Événement
1925
septembre 1925 — Théâtre des Champs-Élysées
p 188
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Événement
1894
12 février 1894 — Hôtel Terminus (de 1889)/Attentat anarchiste
p 190-191
L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'È …

L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'Ère des attentats (1892-1894), il est connu pour être l'un des premiers attentats de terrorisme de masse et modernes de l'histoire et pour la déclaration que fait Henry lors de son procès, considérée comme un élément fondateur de cette forme de terrorisme.

À la suite du vote des lois scélérates, la répression de janvier et février 1894 et l'exécution d'Auguste Vaillant sans qu'il soit gracié par Sadi Carnot, ce dernier devient un ennemi symbolique de l'ensemble du mouvement anarchiste, qui voit en lui le principal responsable des persécutions les touchant.

Le 12 février 1894, vers neuf heures du soir, Émile Henry, un jeune homme de 21 ans, entre dans le café de l’hôtel Terminus, tout près de la gare Saint-Lazare. Il porte dans la poche de son pardessus une bombe à main. L’établissement est plein : on y dîne, on y boit, on écoute l’orchestre, on profite de la chaleur et de la lumière avant de reprendre un train ou de rentrer chez soi.

Henry a renoncé à s’en prendre au président de la République, Sadi Carnot, l'Élysée est trop bien gardé, et a choisi ce lieu précisément parce qu’il y a du monde. Il allume la mèche avec son cigare, lance la bombe vers les musiciens et sort aussitôt. L’explosion fracasse glaces et boiseries, renverse les tables, blesse une quinzaine de personnes et en tue une. Dans la panique, un garçon de café et des passants se lancent à sa poursuite ; il tire au revolver, mais il est rapidement maîtrisé et arrêté non loin de là.

L’attentat du café Terminus s’inscrit dans ce que la presse appellera l’« ère des attentats », une vague d’actions violentes menées par des anarchistes contre une société jugée corrompue et inégalitaire. Lors de son procès, Émile Henry revendique pleinement son geste, visant non plus des responsables identifiés, mais la foule elle‑même, symbole à ses yeux d’un ordre social à abattre. Cet épisode marque l’un des premiers attentats de masse de l’histoire contemporaine et frappe durablement les esprits par son caractère froidement indiscriminé.

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Événement
Événement
1874
15 avril 1874 — Atelier et galerie de Nadar/Premier Salon Impressionniste
p 196
Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en …

Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en train de changer l'histoire de l'art.

L'idée germe depuis des mois. Puisque le jury du Salon refuse systématiquement leurs œuvres — trop esquissées, trop lumineuses, trop libres —, Monet, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, Cézanne, Berthe Morisot et leurs amis décident d'exposer par leurs propres moyens. Ils fondent la « Société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs et graveurs » et trouvent un lieu : le vaste atelier de Nadar, au deuxième étage du 35 boulevard des Capucines, avec ses grandes baies vitrées inondées de lumière. L'emplacement est idéal — en plein cœur du Paris des grands boulevards.

Le 15 avril 1874, l'exposition ouvre ses portes. Cent soixante-cinq œuvres de trente artistes tapissent les murs. On y trouve des paysages vibrants, des scènes de la vie moderne, des jeux de lumière sur l'eau et les feuillages. Parmi elles, un petit tableau de Claude Monet : une vue du port du Havre dans la brume matinale, intitulée Impression, soleil levant.

C'est ce titre qui met le feu aux poudres. Le 25 avril, le critique Louis Leroy publie dans Le Charivari un compte rendu assassin : « Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... » Le mot est lâché. Par dérision, Leroy baptise ces peintres « impressionnistes ». Le public rit. La critique académique se déchaîne. Les toiles sont jugées inachevées, les couleurs criardes, la technique bâclée.

Les artistes, eux, relèvent le gant. Ils adoptent le nom qu'on voulait leur jeter à la figure. L'impressionnisme est né — dans un atelier de photographe, au-dessus du boulevard, un jour d'avril.

Première Exposition 1874, 35 Boulevard des Capucines Catalogue, BnF

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Événement
1892
Événement
1798
1798 – 1894 — Café Tortoni (de 1822, "l'annexe de la Bourse")
p 204
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Événement
1798
1798 – 1894 — Café Tortoni (de 1822, "l'annexe de la Bourse")
p 204
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Événement
1858
14 janvier 1858 — Salle Le Peletier/Opéra Le Peletier/Opéra de Paris
p 205-206
Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoqu …

Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoque rien ?

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Événement
1799
8 novembre 1799 — Hôtel Chantereine/Hôtel Bonaparte/Demeure de Joséphine de Beauharnais
p 206
Bonaparte convoque, le 17 brumaire au matin, les généraux et les adjudants de 48 sections à sa résidence de la rue Chantereine pour s'assurer de leur fidélité, en prévision du coup d'état du 18 brumaire
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Événement
1792
1792 — Hôtel Chantereine/Demeure de François-Joseph Talma et Julie Careau
p 206-208
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Événement
1791
1791 — Hôtel Chantereine/Demeure de François-Joseph Talma et de Julie Careau
p 206
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Événement
1883
15 juin 1883 — Hôtel de Paris/Demeure de José Rizal (pendant 2 mois)
p 208-210
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Événement
1870
24 novembre 1870 — Demeure de Lautréamont
p 210-211
Mort d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont, auteur des "Chants de Maldoror", à 24 ans
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Événement
1867
1867 — Demeure de Lautréamont
p 211
Chambre d'hôtel d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont, auteur des "Chants de Maldoror", mort à 24 ans
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Événement
1869
octobre 1869 – 1870 — Demeure de Lautréamont
p 211
Demeure d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont ; pseudonyme inspiré par Latréaumont, personnage de roman, lui-même inspiré d'un personnage réel qui tenta de renverser Louis XIV
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Événement
1916
1916 – 1933 — Demeure de Vicente Huidobro
p 214-216
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Événement
1917
14 août 1917 — Siège du journal "Le Bonnet rouge"
p 220-221
Almereyda était un anagramme : "y a de la merde". C'était aussi le nom d'un héros orphelin de roman-feuilleton qu'il avait lu adolescent. Il mourut seul à trente-quatre ans dans la cellule 14 de l'infirmerie de Fresnes. …

Almereyda était un anagramme : "y a de la merde". C'était aussi le nom d'un héros orphelin de roman-feuilleton qu'il avait lu adolescent. Il mourut seul à trente-quatre ans dans la cellule 14 de l'infirmerie de Fresnes. D'une prison l'autre.

Eugène Bonaventure Vigo était né à Béziers en 1883, fils illégitime reconnu par son père qui mourut deux ans après. Abandonné à ses grands-parents, puis à sa mère internée dans un asile où elle finit par mourir, il apprit la photographie avec son beau-père avant de monter à Paris à douze ans, chercher un emploi et des camarades.

À dix-sept ans, accusé à tort de complicité dans un vol, il fit deux mois à la Petite Roquette, la prison pour mineurs de la rue de la Roquette : coups, privations, humiliations, le régime intégral. À sa sortie, il fabriqua une bombe et la déposa devant la porte du juge qui l'avait condamné. Elle n'explosa pas.

En janvier 1901, il commença à écrire dans Le Libertaire sous le nom de Miguel Almereyda, orphelin malheureux d'un feuilleton qu'il avait lu en prison. Anarchiste, polémiste, plusieurs fois condamné pour délits de presse, soutenu par Séverine, par Jaurès, par une génération militante, il fonda avec Gustave Hervé "La Guerre sociale" puis, après leur rupture, le "Bonnet rouge", journal populaire d'inspiration antimilitariste dont les bureaux occupaient le 12 rue Drouot dans le 9e arrondissement.

Au printemps 1917, l'affaire Bolo-Pacha et l'affaire Caillaux révélèrent que des fonds allemands avaient circulé dans des réseaux pacifistes français. Le Bonnet rouge fut compromis. Almereyda, malade, fatigué, abandonné par beaucoup d'anciens amis, fut arrêté le 6 août 1917. Emprisonné à la Santé, transféré à l'infirmerie de Fresnes, il mourut dans la nuit du 13 au 14 août, dans la cellule 14. Suicide, selon la version officielle. Assassinat, selon d'autres : il connaissait des noms, des montants, des intermédiaires qui avaient intérêt à son silence. La biographe Anne Steiner conclut : "Il faut se résigner à ne jamais savoir ce qui s'est exactement passé la nuit du 13 au 14 août entre les quatre murs de la cellule 14 de l'infirmerie de la prison de Fresnes."

Il avait trente-quatre ans. Son fils Jean avait douze ans. Il deviendrait cinéaste : "Zéro de conduite" (1933), "L'Atalante" (1934). Il mourut de tuberculose à vingt-neuf ans, en 1934. Il n'avait jamais cessé de chercher, à travers ses films, à rendre hommage au père.

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Événement
1946
1946 – 1950 — Demeure d'Enrique Lister
p 230
Demeure d'Enrique Lister, fondateur du "Cinquième régiment" pendant la guerre d'Espagne, dirigeant du parti communiste espagnol clandestin en France, devenu dissident
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Événement
Événement
1818
1818 — Collège Charlemagne/Lycée Charlemagne (actuel)
p 239
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Événement
1839
12 mai 1839 — Barricade rue Montorgueil/Barricade en 1839
p 240
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Événement
1839
12 mai 1839 — Barricade rue St Magloire/Barricade en 1839
p 240
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Événement
1839
12 mai 1839 — Barricade rue St Magloire/Barricade en 1839
p 240
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Événement
1839
Événement
1831
1831 — Prison de la Force/Grande Force
p 240
Louis-Auguste Blanqui est incarcéré à la prison de la Force pendant 3 semaines, suite aux émeutes du 14 février
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Événement
1839
12 mai 1839 — Barricades rue Planche-Mibray/Barricade en 1839
p 240
Premières barricades dressées lors de l'insurrection de la Société des Saisons
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Événement
1839
12 mai 1839 — Barricade rue St Martin (dite barricade St Merry)/Barricade en 1839
p 240
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Événement
1870
14 août 1870 — Caserne des pompiers de La Villette
p 242
Les blanquistes tentent, avec 60 hommes, de s'emparer sans préparation de la caserne de pompiers de La Villette, pensant y trouver des armes ; le coup échoue, Eudes et Brideau sont arrêtés
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Événement
1870
12 janvier 1870 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Victor Noir
p 242
Journaliste à La Marseillaise d'Henri Rochefort, Yvan Salmon, dit Victor Noir, est abattu le 10 janvier 1870 par le prince Pierre Bonaparte, cousin de l'empereur, qui sera acquitté. Une foule immense — de 100 000 à 200 0 …

Journaliste à La Marseillaise d'Henri Rochefort, Yvan Salmon, dit Victor Noir, est abattu le 10 janvier 1870 par le prince Pierre Bonaparte, cousin de l'empereur, qui sera acquitté. Une foule immense — de 100 000 à 200 000 personnes selon les sources — suit ses funérailles, qui manquent de tourner à l'insurrection et annoncent la chute de l'Empire. Transféré au Père-Lachaise en 1891, il repose sous un gisant de bronze de Jules Dalou, objet d'une curieuse superstition.

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Événement
1881
1er janvier 1881 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe d'Auguste Blanqui
p 243
Théoricien socialiste, inspirateur de nombreux communards — Eudes, Ferré, Rigault, Mortier —, Auguste Blanqui a passé plus de quarante ans de sa vie en prison ou en résidence surveillée, d'où son surnom de « l'Enfermé ». …

Théoricien socialiste, inspirateur de nombreux communards — Eudes, Ferré, Rigault, Mortier —, Auguste Blanqui a passé plus de quarante ans de sa vie en prison ou en résidence surveillée, d'où son surnom de « l'Enfermé ». Arrêté la veille du 18 mars 1871, il ne connaît la Commune que du fond de sa cellule. Libéré en 1879, il meurt à Paris le 1er janvier 1881 ; 100 000 personnes suivent ses obsèques. Son gisant de bronze est l'œuvre de Jules Dalou.

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Événement
1986
15 avril 1986 — Jack's Hôtel/Demeure de Jean Genet
p 248
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Événement
1871
1871 – 1872 — Remise des Petites voitures (immeuble habité par les cochers)/Demeure d'Arthur Rimbaud
p 255
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Événement
1871
1871 – 1872 — Remise des Petites voitures (immeuble habité par les cochers)/Demeure d'Arthur Rimbaud
p 255
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Événement
1871
10 septembre 1871 — Demeure de Paul Verlaine (hébergé par ses beaux-parents Mauté)
p 256
Il y a des rendez-vous manqués qui comptent davantage que ceux qu'on n'a pas ratés. Verlaine et Charles Cros sont sur le quai de la gare de l'Est, en ce matin du 10 septembre 1871. Ils attendent Arthur Rimbaud, seize ans …

Il y a des rendez-vous manqués qui comptent davantage que ceux qu'on n'a pas ratés.

Verlaine et Charles Cros sont sur le quai de la gare de l'Est, en ce matin du 10 septembre 1871. Ils attendent Arthur Rimbaud, seize ans, que Verlaine a invité à Paris après avoir reçu quelques poèmes dont "Le Bateau ivre". Le train de Charleville arrive, les voyageurs descendent. Rimbaud n'est pas parmi eux: il a pris un autre convoi, ou ils l'ont simplement manqué dans la foule. Verlaine et Cros rentrent bredouilles.

Rimbaud, lui, est allé directement au 14 rue Nicolet, dans le quartier de Clignancourt. C'est là que Verlaine vit provisoirement chez ses beaux-parents, la famille Mauté de Fleurville, avec sa jeune femme Mathilde, enceinte de leur premier enfant. Rimbaud sonne à la porte. On lui ouvre. Il a seize ans, un aspect fruste, des vêtements de province; et dans sa poche, "Le Bateau ivre", qu'il récitera ce soir-là dans le salon de la famille Mauté.

La Commune vient d'être massacrée. Verlaine, qui avait travaillé brièvement pour le gouvernement communard, se fait discret. Rimbaud, lui, a vécu le siège depuis Charleville, à distance et dans une fureur d'adolescent. "Paris se repeuple", écrit-il dans un poème de juillet 1871 qui décrit le retour des bourgeois dans une ville encore fumante. Pour ces deux hommes qui arrivent de bords différents du gouffre de 1871, la poésie est le seul territoire où la défaite n'a pas encore de nom.

Ce soir du 10 septembre, Verlaine comprend qu'il a affaire à quelqu'un d'exceptionnel. Il sera bientôt évident que cet adolescent va briser tout ce qu'il touche: la vie de Verlaine, son mariage, sa réputation, sa paix. Et lui donner, en échange, les vers des "Illuminations".

Mathilde Mauté accueille Rimbaud avec méfiance. Elle aura raison. En deux ans, les deux poètes forgeront une révolution poétique, fuiront à Bruxelles, se blesseront, se perdront. Le coup de revolver de Bruxelles (juillet 1873) mettra fin à tout. Rimbaud, à dix-neuf ans, cessera d'écrire de la poésie pour toujours.

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Événement
1871
octobre 1871 — Atelier de Charles Cros
p 256
Charles Cros héberge Arthur Rimbaud, chassé de chez les beaux-parents de Verlaine ; en guise de remerciement, le génial pervers déchire ses poèmes
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Événement
1872
juin 1872 — Hôtel de Cluny/Demeure d'Arthur Rimbaud
p 256
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Événement
1871
30 septembre 1871 — Restaurant des "Dîners des vilains bonshommes"
p 256
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Événement
1920
mai 1920 — Prison de la Santé (son préau est transformé en forum politique)
p 258-259
Incarcération pour "complot contre la sûreté de l'État" de militants du Comité de la Troisième Internationale. Ce qui fait qu'il ne seront pas présents au Congrès de Tours. Le préau de la Santé est transformé en forum po …

Incarcération pour "complot contre la sûreté de l'État" de militants du Comité de la Troisième Internationale. Ce qui fait qu'il ne seront pas présents au Congrès de Tours. Le préau de la Santé est transformé en forum politique

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Événement
1914
novembre 1914 – 1933 — Hôtel d'Odessa/Séjour de Léon Trotsky
p 260
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Événement
1916
septembre 1916 — Demeure de Léon Trotsky (chez Léon Rouser, journaliste russe vivant en Suisse)
p 262
Arrestation de Trotski, reconduit à la frontière espagnole d'Irun, accompagné d'un rapport de police chargé
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Événement
1895
18 mars 1895 – 1896 — Demeure de Rosa Luxemburg (jusqu'en juillet 1896)
p 262
Du 18 mars 1895 au mois de juillet 1896, au 7 avenue Reille à Paris, Rosa Luxemburg, figure du mouvement ouvrier européen, séjourne dans la capitale pour faire imprimer le journal clandestin « La Cause ouvrière » et trav …

Du 18 mars 1895 au mois de juillet 1896, au 7 avenue Reille à Paris, Rosa Luxemburg, figure du mouvement ouvrier européen, séjourne dans la capitale pour faire imprimer le journal clandestin « La Cause ouvrière » et travailler à sa thèse de doctorat. Elle est accompagnée de Cezaryna Wanda Wojnarowska, militante engagée dans la cause socialiste. À cette époque, Paris constitue un centre d’activité intellectuelle et politique pour de nombreux exilés d’Europe centrale et orientale. Luxemburg, fondatrice des partis socio-démocrates de Pologne et de Lituanie, utilise les ressources parisiennes pour contourner la censure tsariste et diffuser ses idées auprès des ouvriers polonais. L’impression de « La Cause ouvrière » à Paris permet la circulation de textes interdits dans l’Empire russe, contribuant à la structuration du mouvement socialiste en Pologne. Le choix du 7 avenue Reille s’explique par la présence d’un réseau d’exilés et de soutiens logistiques, facilitant l’organisation de ces activités militantes.

Avenue Rueille 7, Archives Paris Révo

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Événement
1894
mars 1894 – 1896 — Demeure de la famille Warszawski/Séjour de Rosa Luxemburg
p 263
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Événement
1894
mars 1894 – 1896 — Bibliothèque polonaise
p 263
Entre 1894 et 1896, Rosa Luxemburg, engagée dans le mouvement socialiste polonais et éxilée depuis 1889, séjourne à Paris pour préparer sa thèse de doctorat. Elle fréquente la bibliothèque polonaise située au 6 quai d’Or …

Entre 1894 et 1896, Rosa Luxemburg, engagée dans le mouvement socialiste polonais et éxilée depuis 1889, séjourne à Paris pour préparer sa thèse de doctorat. Elle fréquente la bibliothèque polonaise située au 6 quai d’Orléans, sur l’île Saint-Louis. Ce lieu, fondé en 1838, est un centre culturel et scientifique important pour la diaspora polonaise à Paris, rassemblant des ouvrages rares et des archives historiques. La bibliothèque offre à Rosa Luxemburg un environnement propice à la recherche, loin de la surveillance des autorités russes qui répriment les activités politiques en Pologne.

La thèse de doctorat de Rosa Luxemburg, intitulée « Die industrielle Entwicklung Polens » (Le développement industriel de la Pologne), soutenue à Zurich en 1897, explore l’évolution de l’économie polonaise sous la domination russe depuis 1820. Luxemburg analyse en détail la croissance de l’industrie polonaise, montrant comment celle-ci devient progressivement intégrée et dépendante de l’économie du vaste Empire russe, ce qui rend selon elle illusoire l’idée d’une indépendance nationale polonaise réalisable sous le capitalisme.

​Son étude, empirique et rigoureusement documentée, démontre que les structures économiques polonaises sont trop imbriquées à celles de la Russie pour permettre une séparation viable. Luxemburg s’oppose ainsi aux courants socialistes favorables à l’indépendance polonaise, prônant plutôt l’union des ouvriers polonais et russes pour une lutte commune contre l’absolutisme tsariste et en faveur d’une démocratie républicaine. Cette thèse marque un jalon dans la pensée marxiste, reliant analyse économique et question nationale, et anticipe certains débats futurs sur l’impérialisme et l’autodétermination des peuples.

La Bibliothèque polonaise de Paris, 6 Quai d'Orléans, Eugène Atget, 1907

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Événement
1904
9 décembre 1904 — Salle Pignarre
p 265
Conférences de Lénine sur la situation du Parti Social-démocrate de Russie, le POSDR
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Événement
1905
mai 1905 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 265
Lénine, de passage à Paris au retour du 3ème congrès du POSDR, fait visiter le Mur des Fédérés à plusieurs délégués qui l'accompagnaient
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Événement
1902
25 juin 1902 — Séjour de Lénine et Nadejda Kroupskaïa (chez un camarade du groupe de l'Iskra)
p 266
Il arrive de Londres sous un faux nom, dort chez un camarade du cinquième arrondissement, et repart avant que quiconque ait remarqué sa présence : le premier séjour parisien de Lénine est très bref. En juin 1902, Vladimi …

Il arrive de Londres sous un faux nom, dort chez un camarade du cinquième arrondissement, et repart avant que quiconque ait remarqué sa présence : le premier séjour parisien de Lénine est très bref.

En juin 1902, Vladimir Ilitch Oulianov n'est encore qu'un pseudonyme parmi d'autres dans la nébuleuse des exilés russes. Il a trente-deux ans. Depuis avril, il vit à Londres avec Nadejda Kroupskaïa, dans un logement modeste de Clerkenwell, à deux pas de l'imprimerie où se fabrique l'Iskra — l'Étincelle —, le journal clandestin du Parti ouvrier social-démocrate de Russie. C'est le journal qui structure le réseau, relie les cercles dispersés de Munich à Genève, de Londres à Paris. Et c'est à Paris qu'il fait un saut en juin.

Un camarade du groupe de l'Iskra l'héberge au 3 rue de l'Estrapade, dans le cinquième arrondissement, à cinq minutes de la Sorbonne. La rue est tranquille, à l'ombre du Panthéon — le genre d'adresse où un révolutionnaire russe passe inaperçu parmi les étudiants et les petits employés du Quartier latin.

Lénine est venu donner une conférence. Il en donnera d'autres à Paris en 1902 et 1903, sous le pseudonyme de « M. Illine » — des cours sur la question agraire en Russie à l'École pratique des Hautes Études, des interventions devant le groupe parisien de l'Iskra. Trotsky, qui vient de s'évader de Sibérie et a rejoint Lénine à Londres quelques mois plus tôt, assiste à certaines d'entre elles.

Ce premier séjour est bref. Lénine ne s'installera véritablement à Paris qu'en décembre 1908, pour près de quatre ans, de la rue Beaunier à la rue Marie-Rose, dans le quatorzième arrondissement. En juin 1902, Paris est une escale  du circuit des révolutionnaires russes en Europe : Munich, Londres, Genève, Paris, et retour.

Que faire ?, le texte qui pose les bases de la conception léniniste du parti — un noyau de révolutionnaires professionnels, une organisation centralisée, un journal comme outil d'organisation —, a été publié trois mois plus tôt. Le camarade de la rue de l'Estrapade qui ouvre sa porte fait partie de cette architecture : un maillon du réseau que l'Iskra tisse d'un bout à l'autre du continent, et dont Paris est l'un des nœuds les plus actifs.

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Événement
1908
1908 — Imprimerie du journal "Le Social-démocrate"/Imprimerie du journal "Proletari"
p 266
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Événement
1908
décembre 1908 – 1909 — Demeure de Lénine (jusqu'à juillet 1909, avec sa sœur Marie et la mère de Nadejda Kroupskaïa)
p 267
Demeure de Vladimir Ilitch Oulianov, alias Lénine, à son arrivée à Paris ; Martov est un familier. L'appartement, qui se trouvait au 2ème étage, a été détruit, l'immeuble ayant été rehaussé
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Événement
1909
13 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Première manifestation pour Francisco Ferrer
p 267
Manifestation violente à laquelle participent Lénine et Nadejda Constantinovna Kroupskaïa ; 1 policier tué
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Événement
1895
juin 1895 — Musée Carnavalet
p 269
Lénine étudie l'histoire de la Révolution française au musée Carnavalet lors de son premier séjour en France
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Événement
1895
juin 1895
p 269
Lénine étudie l'histoire de la Révolution française au musée de la Révolution de 1848 lors de son premier séjour en France
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Événement
Événement
1841
1841 – 1847 — Maison de Balzac/Demeure d'Honoré de Balzac/Musée Balzac
p 279-280
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Événement
1894
Événement
1997
16 avril 1997 — Demeure de Roland Topor
p 280
Mort de Roland Topor, illustrateur, dessinateur, peintre, écrivain, poète, metteur en scène, chansonnier, acteur et cinéaste
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Événement
1921
juillet 1921 – 1923 — Demeure de Nguyên Ai Quôc, futur Hô Chi Minh
p 289
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Événement
1923
1923 — Demeure d'Hô Chi Minh/Second Siège de la revue "Le Paria"
p 289
Le Paria devient la "Tribune du prolétariat colonial" de 1924 à 1926
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Événement
1871
11 avril 1871 — Mairie du 10ème arrondissement/Siège de l'Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés
p 296
Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent …

Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent, un par arrondissement, reliés à un comité central. C'est la première organisation féminine de masse de l'histoire française.

À sa tête, deux femmes que tout semble opposer. Nathalie Le Mel est bretonne, ouvrière relieuse, militante de l'Internationale depuis des années, proche d'Eugène Varlin — une femme du peuple enracinée dans le mouvement ouvrier parisien. Élisabeth Dmitrieff a vingt ans, elle est russe, aristocrate, a contracté un mariage blanc pour pouvoir voyager librement, a rencontré Marx à Londres en 1870 et est arrivée à Paris en mars 1871 envoyée par l'Internationale. Leurs parcours divergent, leur engagement converge : toutes deux voient dans la Commune une occasion unique d'arracher aux femmes une place dans la révolution, pas seulement comme soignantes mais comme combattantes et comme forces politiques.

Ensemble elles signent l'adresse aux citoyennes, publiée dans le Journal Officiel du 14 avril et dans Le Cri du peuple du 16 avril. L'Union ne se limite pas aux ambulances que son nom évoque. Ses statuts, publiés dans La Sociale du 20 avril, prévoient des comités d'arrondissement chargés de recenser les citoyennes prêtes à servir aux ambulances, aux fourneaux — et aux barricades. Elle formule des revendications sociales concrètes : égalité de salaire entre hommes et femmes, réorganisation du travail en coopératives ouvrières, prise en charge des enfants.

Autour d'elles gravitent Blanche Lefebvre, Anna Jaclard, André Léo, Sophie Graix, Adélaïde Valentin — une constellation de femmes aux origines diverses, ouvrières et intellectuelles, françaises et étrangères, unies par la conviction que la question sociale et la question des femmes sont indissociables.

La Semaine sanglante met fin à leurs activités. Le Mel sera déportée en Nouvelle-Calédonie. Dmitrieff parviendra à fuir et disparaîtra en Russie. Leur organisation, éphémère, reste un moment fondateur de l'histoire du féminisme socialiste.

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Événement
1892
Événement
1941
février 1941 – 1944 — Demeure de Louis-Ferdinand Destouches dit Céline
p 300
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Événement
1917
18 mai 1917 — Théâtre du Châtelet
p 303-304
Première de "Parade", ballet de Léonide Massine sur un poème de Jean Cocteau ; Apollinaire, qui rédige le programme, invente à cette occasion le néologisme "surréalisme"
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Événement
1911
1911 — Salle Garrigues/Réunions anarchistes/Siège du journal "L'Anarchie"
p 307-308
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Événement
1778
1778 – 1848 — Établissement de combats d'animaux
p 314
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Événement
1780
3 mars 1780 – 1810 — Auberge de l'Étoile/Cimetière israélite
p 315-316
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Événement
Événement
1871
1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 324-330
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Événement
1836
20 juin 1836 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe d'Emmanuel-Joseph Sieyès
p 325
Prêtre devenu en 1789 l'homme de Qu'est-ce que le tiers état ?, député à la Constituante et régicide à la Convention, l'abbé Sieyès entre au Directoire en 1799 et prépare avec Bonaparte le coup d'État du 18 Brumaire, qui …

Prêtre devenu en 1789 l'homme de Qu'est-ce que le tiers état ?, député à la Constituante et régicide à la Convention, l'abbé Sieyès entre au Directoire en 1799 et prépare avec Bonaparte le coup d'État du 18 Brumaire, qui fait de lui un consul provisoire. Exilé comme régicide en 1816, il rentre en 1830. Il meurt à Paris le 20 juin 1836, à 88 ans, et il est inhumé civilement deux jours plus tard au Père-Lachaise, dans une chapelle de la 30e division.

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Événement
1814
26 mars 1814 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Joseph Ignace Guillotin
p 325
Médecin, député du tiers état de Paris, Joseph-Ignace Guillotin propose le 20 juin 1789 de se réunir au Jeu de paume. Le 1er décembre 1789, au nom de l’égalité devant la peine, il demande que la décapitation soit le seul …

Médecin, député du tiers état de Paris, Joseph-Ignace Guillotin propose le 20 juin 1789 de se réunir au Jeu de paume. Le 1er décembre 1789, au nom de l’égalité devant la peine, il demande que la décapitation soit le seul supplice et qu’une machine remplace la main du bourreau : il y voit même un pas vers l’abolition. Mise au point en 1792 par le chirurgien Antoine Louis, la machine prend pourtant son nom, contre sa volonté ; il l’appellera « la tache involontaire de [sa] vie ». Il meurt chez lui, rue Saint-Honoré, le 26 mars 1814, à 75 ans, et non guillotiné comme le veut une légende. Inhumé au Père-Lachaise dans une concession temporaire, il n’a plus de tombe : elle a disparu depuis longtemps de l’actuelle 8e division.

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Événement
1814
30 mars 1814 — Cimetière du Père Lachaise
p 327
Cimetière transformé en camp retranché par les élèves de l'École polytechnique et ceux de l'École d'Alfort ; il faudra deux divisions russes pour le prendre
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