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📚 Grand dictionnaire universel du XIXe siècle LAROUSSE Pierre
Note éditoriale
15 tomes (1866-1876) et deux suppléments (1878 et 1890) ; l'article consulté est porté par le champ page de chaque citation.

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Fiches citant cette encyclopédie

5 fiches
Événement
1636
1er novembre 1636 — Maison des chanoinesses/Maison natale de Nicolas Boileau Despréaux
t3, art. « Chanson »
Il naît, dit la tradition, dans la chambre d’où étaient sorties quarante ans plus tôt les chansons de la Satyre Ménippée. Pour un satiriste, on ne pouvait rêver meilleur berceau. Nicolas Boileau naît le 1er novembre 1636 …

Il naît, dit la tradition, dans la chambre d’où étaient sorties quarante ans plus tôt les chansons de la Satyre Ménippée. Pour un satiriste, on ne pouvait rêver meilleur berceau.

Nicolas Boileau naît le 1er novembre 1636 dans l’île de la Cité, à l’ombre du Palais. Son père, Gilles Boileau, est greffier de la Grand’Chambre du Parlement ; Nicolas est le quinzième de ses seize enfants, dans une famille de cette petite bourgeoisie de robe qui vit des procès des autres.

La tradition, rapportée par le Grand Larousse, le fait naître dans l’ancienne maison du chanoine Jacques Gillot, conseiller au Parlement, rue de Jérusalem, à deux pas du quai des Orfèvres. C’est là qu’en 1593 et 1594 Gillot et ses amis, Pierre Pithou, Jean Passerat, Nicolas Rapin, Florent Chrestien, avaient composé contre la Ligue les pamphlets et les chansons de la Satyre Ménippée : des bourgeois lettrés, fidèles au roi, qui ridiculisaient les prédicateurs et les chefs ligueurs et à qui, dit le Larousse, Henri IV dut en partie de retrouver les portes de Paris.

Paris rendra au nouveau-né ce qu’il lui doit de sujets. En 1660, à vingt-quatre ans, Boileau écrit sa sixième satire, « Les embarras de Paris » : les chats de gouttière qui l’empêchent de dormir, le serrurier « qu’éveillera bientôt l’ardente soif du gain », les carrosses bloqués par un troupeau de bœufs, qui « au milieu de la paix font voir les barricades », et les voleurs qui prennent la ville dès que le Marché-Neuf, entre le pont Saint-Michel et le Petit-Pont, à quelques rues de sa maison natale, s’endort. La leçon n’a pas pris une ride : « Ce n’est qu’à prix d’argent qu’on dort en cette ville », car « Paris est pour un riche un pays de cocagne ». Le poète, qui jure n’avoir « ni feu ni lieu », vit alors d’une rente de 1 500 livres.

Photographie ancienne : à l'entrée d'une rue étroite, une maison de pierre à étage en angle, des palissades et des chantiers autour

Vieux, il revient dans la cour du Palais, dans la maison de Gillot. En 1701, la famille d’un notaire devenu payeur à la Chambre des comptes s’installe en face ; le fils a sept ans et s’appelle Arouet. Devenu Voltaire, il écrira à Boileau : « Dans la cour du palais je naquis ton voisin ». C’est faux, il est né sur la paroisse Saint-André-des-Arts. Sa mère, qui avait connu le voisin, le résumait mieux : « un bon livre et un sot homme ».

La rue de Jérusalem n’existe plus. Le quartier des robins est devenu celui de la police : l’hôtel des premiers présidents du Parlement, qu’elle desservait, abrite la préfecture de police de 1816 jusqu’à son incendie, le 24 mai 1871, et la rue disparaît en 1883 sous l’agrandissement du Palais de justice. Son entrée se trouvait à l’actuel 38 quai des Orfèvres.

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Événement
1868
2 novembre 1868 — Cimetière Montmartre/Première tombe d'Alphonse Baudin (1857-1872)
t16 (supplément 1) p 308-309, art. « Baudin (procès de la souscription) »
Les républicains venaient honorer le martyr du coup d’État, mais aucun ne savait plus où il reposait. Un gardien leur a montré la tombe ; le gouvernement de Napoléon III s’est chargé de la publicité. Le 3 décembre 1851, …

Les républicains venaient honorer le martyr du coup d’État, mais aucun ne savait plus où il reposait. Un gardien leur a montré la tombe ; le gouvernement de Napoléon III s’est chargé de la publicité.

Le 3 décembre 1851, au lendemain du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, une quinzaine de représentants du peuple tentent de soulever le faubourg Saint-Antoine. Une barricade de charrettes et de fiacres renversés barre le carrefour des rues Sainte-Marguerite (aujourd’hui rue Trousseau) et de Cotte. Des ouvriers en blouse lancent aux députés : « Vous croyez qu’on va se faire tuer pour vous conserver vos vingt-cinq francs par jour ? » Ils se souviennent de juin 1848, quand la République a fait écraser l’insurrection ouvrière dans ce même quartier. Alphonse Baudin, médecin, élu de l’Ain en 1849 sur les bancs de la Montagne, monte sur la barricade, un drapeau à la main : « Restez là un instant et vous allez voir comment on meurt pour vingt-cinq francs ! » La troupe tire ; il tombe, la tête traversée de balles. Deux jours plus tard, on l’enterre discrètement au cimetière Montmartre, sous la garde de la troupe.

Dix-sept ans passent. L’Empire s’est fait libéral, la presse respire un peu. Le 29 octobre 1868, Le Réveil, le journal de Charles Delescluze, dément le bruit que les cimetières seraient fermés le 2 novembre, jour des Morts : on ne peut empêcher un peuple, écrit Charles Quentin, d’honorer ceux qui, « comme Baudin, sont tombés martyrs en défendant la loi ».

Le 2 novembre, la foule monte au cimetière Montmartre saluer, comme chaque année, la tombe de Godefroy Cavaignac. Quelqu’un prononce le nom de Baudin ; on veut s’y rendre, mais personne ne sait où il est. Un gardien les conduit à une concession de la 25e division, avenue du Tunnel, et arrache de ses mains les herbes qui cachent le nom sur la pierre. Deux ou trois cents personnes se pressent bientôt autour de la tombe. Quentin parle ; un inconnu promet une vengeance « éclatante » et se présente : « je me nomme Peuple et Jeunesse ». Puis le fils d’un cordonnier blanquiste de Belleville, Gustave Gaillard, appuyé sur son père Napoléon, lit des vers et lance : « Il faudra revenir ici le 3 décembre ! »

Le lendemain, Delescluze et L’Avenir national ouvrent une souscription pour élever un monument à Baudin. Victor Hugo, Louis Blanc, Edgar Quinet, Jules Favre souscrivent ; même Berryer, le vieux légitimiste, envoie son offrande depuis son lit de mort. Selon Émile Ollivier, la souscription s’essoufflait déjà quand le gouvernement décide de la poursuivre, au nom de la loi de sûreté générale de 1858 : il en fait un triomphe.

Gravure : Gambetta, debout à la barre, le bras tendu, plaide devant le tribunal ; autour de lui les avocats et les prévenus

Le 14 novembre, devant la sixième chambre du tribunal correctionnel, un avocat de trente ans défend Delescluze : Léon Gambetta. Le président tente de le calmer, le procureur de l’interrompre ; il les couvre tous deux. « Paris est soumis, affichait-on, quand Paris était assassiné, mitraillé ! » Et, pour finir : « Depuis dix-sept ans, vous qui êtes les maîtres de la France, vous n’avez jamais osé célébrer le 2 décembre comme un anniversaire national ; eh bien ! cet anniversaire, c’est nous qui le prenons. » Delescluze est condamné à six mois de prison et à l’amende, les Gaillard à 500 et 150 francs, le fils à un mois de prison en plus. La plaidoirie, elle, est reproduite partout.

Ollivier, futur chef du gouvernement de l’Empire, en a tiré une remarque amère : les négociants de la rue du Sentier, qui n’auraient pas confié à Gambetta le moindre de leurs procès, le jugèrent soudain « apte à gérer les intérêts de la France ». L’affaire ne fait pas qu’une carrière. Trois ans plus tard, pendant la Commune, Napoléon Gaillard dresse place de la Concorde la barricade que Paris appelle le « Château Gaillard », et Delescluze meurt, le 25 mai 1871, sur la barricade du Château-d’Eau.

Photographie : le gisant de bronze d'Alphonse Baudin, couché sur un tombeau de pierre orné d'une palme, au cimetière Montmartre

Baudin, lui, a eu son monument. Le 3 décembre 1872, on inaugure dans la 27e division du cimetière Montmartre le gisant d’Aimé Millet : le député en redingote, le front troué d’une balle, « mort en défendant le Droit et la Loi ». Depuis le transfert de ses restes au Panthéon, en 1889, la tombe est vide.

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Événement
1868
14 novembre 1868 — Palais de justice
t16 (supplément 1) p 308-309, art. « Baudin (procès de la souscription) »
Le 14 novembre 1868, à la sixième chambre du tribunal correctionnel, l’avocat de Delescluze transforme une affaire de souscription en procès du 2 Décembre. Le jugement tombe le jour même. Ils sont huit prévenus. Delesclu …

Le 14 novembre 1868, à la sixième chambre du tribunal correctionnel, l’avocat de Delescluze transforme une affaire de souscription en procès du 2 Décembre. Le jugement tombe le jour même.

Ils sont huit prévenus. Delescluze, du Réveil ; Charles Quentin ; Peyrat, de L’Avenir national ; Challemel-Lacour, de la Revue politique ; les deux Gaillard, le cordonnier de Belleville et son fils ; Abel Peyrouton ; le gérant de La Tribune, jugé par défaut parce que son avocat, Jules Favre, plaide ce jour-là à Nîmes. On les poursuit pour « manœuvres à l’intérieur » : ils ont honoré la tombe de Baudin et ouvert une souscription pour lui élever un monument. La veille, Crémieux a plaidé. Le 14, c’est Emmanuel Arago, puis Gambetta, trente ans, inconnu. « Où étaient, le 2 décembre, M. Thiers, M. de Rémusat, M. Dupont de l’Eure, tous les honnêtes gens ? À Mazas ! à Vincennes ! » Le président essaie l’ironie : « Me Gambetta, mesurez vos forces, vous n’irez pas jusqu’au bout. » Il va jusqu’au bout. Delescluze prend six mois de prison et 2 000 francs d’amende, les autres des amendes. L’affaire entière, de la tombe retrouvée au cimetière Montmartre jusqu’au monument, est racontée au 2 novembre.

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Événement
1793
7 novembre 1793 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention (salle des Machines)
art. « Convention nationale »
Il avait été le premier évêque de France à jurer fidélité à la Constitution civile du clergé. Le 7 novembre 1793, à la tribune de la Convention, il dépose sa croix et son anneau et coiffe le bonnet rouge. Cinq mois plus …

Il avait été le premier évêque de France à jurer fidélité à la Constitution civile du clergé. Le 7 novembre 1793, à la tribune de la Convention, il dépose sa croix et son anneau et coiffe le bonnet rouge. Cinq mois plus tard, il monte sur l’échafaud, confessé par lettre.

Jean-Baptiste Gobel n’a rien d’un jeune exalté. Né à Thann, en Alsace, en 1727, évêque auxiliaire de Bâle sous le titre d’évêque de Lydda, il est élu en 1789 député du clergé aux États généraux, où il rédige avec Castellane l’article de la Déclaration des droits sur la liberté d’opinion. Le 3 janvier 1791, il est le premier évêque à prêter serment à la Constitution civile du clergé. Les électeurs de Paris le choisissent pour évêque ; huit évêques, dont Talleyrand, le sacrent le 27 mars 1791. Les gravures vendues alors portent sous son portrait : « Vox populi, vox Dei ». Michelet le range parmi les « prêtres philosophes », moralistes qui acceptaient le christianisme « comme véhicule de morale ».

Gravure satirique : une procession d’ecclésiastiques au long nez, menée par un évêque mitré, se dirige vers une église ; un diable porte une bière

Deux ans plus tard, la Révolution ne demande plus des prêtres constitutionnels, mais plus de prêtres du tout. À l’automne 1793, la Commune de Paris mène la déchristianisation : son procureur, Chaumette, et son substitut, Hébert, en sont les meneurs, avec Anacharsis Cloots, le baron prussien qui se veut « orateur du genre humain ». Chaque soir, raconte Michelet, Cloots et Chaumette viennent chez Gobel lui montrer que son christianisme philosophique est devenu inutile. Le 16 brumaire an II (6 novembre), la Convention laisse aux communes le soin de régler les affaires du culte. Le soir même, Gobel cède ; son conseil épiscopal l’approuve par quatorze voix contre trois.

Le lendemain, 17 brumaire, la séance s’ouvre aux Tuileries, dans l’ancienne salle des Machines, par la lettre d’un prêtre marié qui traite ses confrères de charlatans et réclame une pension : une lettre « habilement combinée », juge Michelet, par les comités de gouvernement, hostiles à l’initiative de la Commune, pour avilir d’avance la démission de l’évêque. Gobel entre alors, précédé du maire Pache, de Chaumette et de Momoro, suivi de onze de ses vicaires. Toujours attaché, dit-il, « aux principes éternels de l’égalité, de la morale », il renonce à exercer « les fonctions de ministre du culte catholique ». Il dépose sa croix et son anneau, coiffe le bonnet rouge qu’on lui tend et reçoit l’accolade du président, Moyse Bayle. Il quitte la prêtrise, non sa foi : il « n’abjura aucune doctrine », note Michelet. D’autres députés ecclésiastiques le suivent à la tribune ; Thomas Lindet, évêque de l’Eure, avertit : « Ce n’est pas tout de détruire, il faut remplacer. » Sieyès déclare n’avoir plus d’autre culte que celui de la liberté et de l’égalité. En fin de séance, l’abbé Grégoire, évêque de Blois, tient tête à la Montagne : « Je suis évêque, je reste évêque. »

Gravure : dans le chœur de Notre-Dame, sur une montagne surmontée d’un temple « À la philosophie », une femme figurant la Liberté reçoit l’hommage de jeunes filles en blanc

En quelques jours, plusieurs évêques et un grand nombre de prêtres déposent leurs titres ; à Bourges, on brûle les lettres de prêtrise sur un bûcher, et les patriotes, qui sont pauvres, donnent du linge et leurs boucles de souliers en argent. Le soir même du 17, Chaumette demande que la fête de la Raison, prévue au cirque du Palais-Royal, se tienne à Notre-Dame, la cathédrale de Gobel : elle y a lieu le 20 brumaire (10 novembre). Partout, dans les classes gouvernantes, note Kropotkine, ce fut « une explosion de haines contre la République ». Robespierre, qui veut un culte de l’Être suprême, ne dit à Cloots qu’un mot : « Vous vouliez nous gagner la Belgique catholique, et vous la mettez contre nous ! »

Gobel paie au printemps. Après la chute des hébertistes, il est jugé avec Chaumette et guillotiné le 24 germinal an II (13 avril 1794), le même jour que Lucile Desmoulins et la veuve d’Hébert. De la Conciergerie, il avait fait passer sa confession écrite à son ancien vicaire, l’abbé Lothringer, en le priant de l’absoudre au passage, à la sortie de la prison. Il signait « évêque de Lydda ». Lothringer est le prêtre qui avait confessé Philippe-Égalité, le 6 novembre.

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Événement
1799
6 novembre 1799 — Église St Sulpice/Temple de la Victoire
art. « Bonaparte »
Sept cent cinquante convives, et presque pas un mot. Le 6 novembre 1799, dans l’église Saint-Sulpice devenue temple de la Victoire, les députés offrent un banquet au général revenu d’Égypte. Trois jours plus tard, ses gr …

Sept cent cinquante convives, et presque pas un mot. Le 6 novembre 1799, dans l’église Saint-Sulpice devenue temple de la Victoire, les députés offrent un banquet au général revenu d’Égypte. Trois jours plus tard, ses grenadiers dispersent une partie d’entre eux.

Bonaparte a quitté son armée d’Égypte à la fin d’août 1799. Le 9 octobre, il débarque près de Fréjus en échappant à la quarantaine, traverse une France qui l’acclame et arrive à Paris le 16. Le jour même, il rend visite au président du Directoire, Louis-Jérôme Gohier, qu’il connaît bien. L’un des cinq directeurs, Sieyès, cherche « un sabre » pour réviser la Constitution ; il avait pensé à Joubert, tué en Italie, et au général Moreau. Ce sera Bonaparte. Le 23 octobre, son frère Lucien, qui n’a pas vingt-cinq ans, est élu président du Conseil des Cinq-Cents. Des brochures présentent le général comme l’homme de la paix ; les fournisseurs aux armées, « l’aristocratie financière du temps » selon le Grand Larousse, lui auraient avancé deux millions.

Peinture : portrait de Louis-Jérôme Gohier, vieil homme aux cheveux blancs, cravate blanche et habit sombre, dans un cadre ovale doré

Le 15 brumaire an VIII (6 novembre), de nombreux députés des deux Conseils offrent par souscription un banquet à Bonaparte et à Moreau. Le cadre est l’église Saint-Sulpice, que l’administration de la Seine a rebaptisée temple de la Victoire en octobre 1798, et où les théophilanthropes, adeptes d’un culte déiste, ont tenu leurs séances. On a dressé dans la nef de longues tables, sous des trophées de drapeaux. Les convives sont environ sept cent cinquante, Gohier préside. Tous ont entendu parler d’une conspiration, presque aucun ne sait rien de précis : ils s’observent, gênés, silencieux. Le président du Directoire, note le Larousse, est « seul calme et rayonnant ». Les Jacobins Briot et Destrem sont venus ; les généraux Jourdan et Augereau se sont abstenus. Autour des mêmes tables, on trouve les vainqueurs et les vaincus de Brumaire.

Bonaparte se méfie. Il a fait apporter dans sa voiture, raconte son aide de camp Lavallette, un pain et une demi-bouteille de vin. Il porte un toast « à l’union de tous les Français », glisse aux députés qui comptent quelques mots flatteurs et se retire de bonne heure.

Peinture en trompe-l’œil : profil de Bonaparte en bas-relief blanc, en habit brodé, au-dessus de l’inscription « Buonaparte »

L’argent n’est pas loin de la table. La grande affaire du moment est l’emprunt forcé et progressif voté en messidor sur les fortunes : des soixante-dix millions demandés, à peine plus de dix sont rentrés, et le 7 novembre un député réclame aux Cinq-Cents la fin de la progressivité. Le Consulat n’aura pas besoin de débat : la suppression de l’emprunt forcé progressif figure parmi ses toutes premières mesures financières.

Le soir du banquet, le dramaturge Arnault vient régler les derniers détails chez Bonaparte, rue de la Victoire. L’affaire, prévue pour le 16, est remise au 18 : « Ces imbéciles du conseil des Anciens n’ont-ils pas des scrupules ! ils m’ont demandé vingt-quatre heures. » Le 18 brumaire, les Anciens transfèrent les Conseils à Saint-Cloud ; Moreau accepte de garder le Directoire au Luxembourg, et Gohier, qui refuse de démissionner, y reste consigné sous la surveillance du général qu’il avait fêté trois jours plus tôt. Le 19, les grenadiers chassent les Cinq-Cents de l’orangerie de Saint-Cloud.

Moreau, compromis dans un complot royaliste en 1804, s’exilera et mourra en 1813 dans les rangs des coalisés, à Dresde. Saint-Sulpice redevient une paroisse en 1802.

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