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Couverture — La Commune de Paris
Bibliographie

La Commune de Paris

SERMAN William
Fayard, 1999.
Livre
455 Fiches citant cet ouvrage
1999 Édition

Fiches citant cet ouvrage

455 fiches
Événement
1868
janvier 1868 — Second Siège de la Société civile de consommation "La Ménagère"/Coopérative ouvrière/Les Marmites
p 44
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Événement
1864
1864 — Premier Siège de la Société civile de consommation "La Ménagère"/Les Marmites
p 44
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Événement
1868
octobre 1868 — Premier restaurant coopératif "la Marmite"
p 44
Première implantation des Marmites, restaurants coopératifs offrant repas et débats ; l'association est affiliée à l'A.I.T.
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Événement
Date imprécise — Restaurant coopératif "la Marmite"
p 44
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Événement
Date imprécise — Restaurant coopératif "la Marmite"
p 44
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Événement
Date imprécise — Restaurant coopératif "la Marmite"
p 44
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Événement
1864
17 février 1864
p 52
Publication du "Manifeste des soixante" ; texte énonçant les revendications politiques et sociales de la Classe ouvrière
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Événement
1867
1867 — École des filles du passage Raoul/Siège de la Commission dite du passage Raoul
p 59
Constitution d'une "Commission ouvrière" à l'occasion de l'Exposition universelle 1867, appelée le "Parlement ouvrier", qui lance un appel à la formation de chambres syndicales
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Événement
1870
18 avril 1870 — Salle de la Marseillaise/Fédération parisienne de l'A.I.T.
p 60-61
Mille deux cents délégués ouvriers dans une salle de La Villette, un an jour pour jour avant que Paris ne se soulève. Le 19 avril 1870, dans la salle de la Marseillaise au 51 avenue de Flandre, à La Villette, plus de mil …

Mille deux cents délégués ouvriers dans une salle de La Villette, un an jour pour jour avant que Paris ne se soulève.

Le 19 avril 1870, dans la salle de la Marseillaise au 51 avenue de Flandre, à La Villette, plus de mille deux cents délégués des sections parisiennes de l'Association Internationale des Travailleurs se réunissent pour fonder leur fédération. L'Internationale existe depuis six ans — Marx l'a fondée à Londres en septembre 1864, au St Martin's Hall. Mais en France, elle est restée un archipel de sections locales, souvent isolées les unes des autres, infiltrées par la police impériale, poursuivies par les tribunaux. Ce 19 avril, les sections se fédèrent. Paris cesse d'être un terrain d'implantation et devient une force organisée.

La séance est présidée par Eugène Varlin, relieur de métier, trente et un ans, secrétaire correspondant de la section française de l'AIT. Varlin est l'homme-clé du mouvement ouvrier parisien : organisateur des grèves, fondateur de coopératives de consommation, partisan du collectivisme contre les mutuellistes proudhoniens qui ont longtemps dominé les sections françaises. Autour de lui dans la salle, une assemblée qui ressemble au futur état-major de la Commune : Benoît Malon, teinturier ; Zéphirin Camélinat, ouvrier bronzier qui deviendra directeur de la Monnaie ; Édouard Vaillant, ingénieur, futur membre du Comité de Salut public ; Jules Vallès, le journaliste qui fondera Le Cri du peuple ; Antoine Bourdon ; Camille Langevin. Et Eugène Pottier, ouvrier dessinateur sur étoffe — l'homme qui, un an plus tard, pendant la Semaine sanglante, écrira les paroles de L'Internationale.

Les délégués adoptent les statuts de la Fédération parisienne et élisent Edmond Mégy, ouvrier mécanicien, comme président honoraire — un geste symbolique, Mégy étant alors en prison pour avoir tiré sur un policier venu l'arrêter. La Fédération lance dans la foulée une campagne anti-plébiscitaire : Napoléon III prépare un plébiscite pour mai, destiné à légitimer ses réformes libérales. L'AIT appelle au boycott. Le mot d'ordre est clair : pas de participation au jeu politique de l'Empire.

Le bureau permanent de la Fédération s'installe au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage — une adresse qui deviendra, dans les mois suivants, le centre névralgique du mouvement ouvrier parisien. C'est de là que partiront les appels à la grève, les manifestes contre la guerre, et finalement les premiers mots d'ordre de l'insurrection de mars 1871.

Ce qui frappe, rétrospectivement, c'est la densité de futurs communards dans cette salle de La Villette. Presque tous les noms qui figureront sur les affiches de la Commune, sur les actes d'accusation des conseils de guerre, ou sur les murs du Père-Lachaise sont là le 19 avril 1870. Varlin sera massacré par la foule versaillaise le 28 mai 1871, traîné dans les rues de Montmartre. Pottier se cachera pendant neuf ans, ses paroles mises en musique par Pierre Degeyter en 1888. Vaillant s'exilera à Londres, où il fréquentera Marx et Engels. Malon fondera la Revue socialiste.

Marx, depuis Londres, suit de près la constitution de cette fédération. Pour lui, c'est la preuve que l'Internationale prend racine dans la classe ouvrière française — au-delà des cercles proudhoniens qu'il combat depuis des années. L'organisation de classe, et non la conspiration blanquiste ni le mutuellisme petit-bourgeois, est enfin en marche à Paris. La suite — la guerre, le siège, la Commune — montrera à la fois la force et les limites de cette organisation.

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Événement
1870
19 avril 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 60-61
Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien. C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanen …

Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien.

C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanent de la Fédération parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs, au lendemain de sa fondation en avril 1870 à la salle de la Marseillaise. L'adresse est modeste — un immeuble du quartier des Enfants-Rouges, à deux pas de la place de la République. Mais pendant les dix-huit mois qui suivent, elle devient le centre névralgique du mouvement ouvrier parisien.

Les statuts adoptés par les quelque 1 200 délégués prévoient un Conseil fédéral composé de représentants de chaque section, proportionnellement au nombre d'adhérents. C'est là que siège ce conseil. C'est là que se coordonnent les grèves, que se rédigent les manifestes, que se prennent les décisions. Eugène Varlin en est l'âme — mais il n'est pas seul. Les noms qui figurent parmi les délégués fondateurs donnent le vertige quand on sait ce qui suit : Jules Vallès, Benoît Malon, Zéphirin Camélinat, Édouard Vaillant, Eugène Pottier, Camille Langevin, Antoine Bourdon. Un état-major ouvrier qui, un an plus tard, se retrouvera presque au complet dans les organes de la Commune.

L'été 1870 accélère tout. Quand la guerre contre la Prusse se profile, c'est rue de la Corderie que la section parisienne de l'AIT rédige son manifeste contre la guerre — un texte internationaliste qui appelle les ouvriers français et allemands à refuser de s'entre-tuer pour leurs gouvernements respectifs. Après Sedan et la chute de l'Empire en septembre, c'est encore rue de la Corderie que se coordonne l'opposition ouvrière au Gouvernement de la Défense nationale. Et quand Paris se soulève le 18 mars 1871, la Fédération parisienne de l'AIT est l'une des structures qui fournissent à la Commune ses cadres, ses réseaux, et une partie de son programme social — abolition du travail de nuit des boulangers, remise des loyers, ateliers coopératifs.

La rue de la Corderie a été partiellement absorbée par les remaniements urbanistiques du quartier. Mais l'adresse reste inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier comme le lieu où, pour la première fois, les sections parisiennes de l'Internationale ont fonctionné comme une organisation permanente — et non plus comme un réseau clandestin harcelé par la police impériale.

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Événement
1860
1860 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
p 75
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Événement
1868
1er novembre 1868 — Cimetière Montmartre/Tombe d'Alphonse Baudin
p 75
Cérémonie sur la tombe du député Alphonse Baudin ; ses organisateurs sont arrêtés
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Événement
1868
14 novembre 1868 — Palais de justice
p 75
Procès des organisateurs de l'hommage à Alphonse Baudin au cimetière Montmartre du 1er novembre
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Événement
1861
1861 — Café Le Madrid
p 75
Rencontres d'hommes politiques journalistes et artistes ; portraits sur les murs
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Événement
Événement
1822
21 septembre 1822
p 82
Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui. Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raou …

Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui.

Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raoulx et Charles Goubin. Vingt à vingt-six ans. Sergents dans le 45e régiment d'infanterie de ligne, cantonné à La Rochelle en janvier 1822. Dans le secret de leur caserne, ils ont fondé une "vente" de la Charbonnerie, société secrète d'inspiration jacobine qui milite contre la Restauration. Leur rêve : renverser le régime de Louis XVIII, rétablir les libertés de 1789.

Le complot est éventé. Le procès se tient du 21 août au 5 septembre 1822. Les quatre sergents refusent de trahir leurs complices, dont plusieurs siégeront un jour dans les rangs du libéralisme et du républicanisme français. Ils sont condamnés à mort. La cour royale rejette le pourvoi en cassation.

Le 21 septembre 1822, à l'aube, ils sont conduits en place de Grève, devant l'Hôtel de Ville. La foule est dense. La guillotine fonctionne. Bories, le premier, embrasse ses camarades avant de monter à l'échafaud. Les témoins rapportent qu'ils gardent une dignité calme, comme des hommes qui savent pourquoi ils meurent.

Dans cette foule se trouve un lycéen de dix-sept ans, Louis-Auguste Blanqui, fils d'un ancien fonctionnaire de la République. Il a suivi le procès dans les journaux ; il est venu voir mourir ces hommes. Selon son biographe, il repart de la place de Grève avec une résolution qui ne le quittera plus jamais : venger les martyrs de la liberté. Dès 1823, il adhère à la Charbonnerie. Il passera la majeure partie de sa vie en prison pour activité révolutionnaire, au total plus de trente-trois ans de détention.

L'émeute éclate au moment de l'exécution. Des étudiants, des ouvriers, des républicains tentent de s'interposer. La garde les disperse. L'Europe libérale pleure les Quatre Sergents. Un monument leur est dédié au cimetière du Montparnasse. Les générations suivantes de républicains sauront leurs noms. Ce sont les martyrs qui forment les révolutionnaires.

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Événement
1839
12 mai 1839 — Hôtel de Ville
p 82
Quelques centaines de conjurés contre la monarchie de Juillet : le coup a été préparé comme une horloge, il est brisé en deux jours. Sous Louis-Philippe, la république se prépare dans l’ombre. Depuis le début des années …

Quelques centaines de conjurés contre la monarchie de Juillet : le coup a été préparé comme une horloge, il est brisé en deux jours.

Sous Louis-Philippe, la république se prépare dans l’ombre. Depuis le début des années 1830, les sociétés secrètes se succèdent à Paris, filles des carbonari et du vieux Buonarroti, l’ancien compagnon de Babeuf, dont le jeune Auguste Blanqui a subi l’influence. Chaque fois la police les démantèle, chaque fois elles renaissent sous un autre nom. En 1836, la découverte d’une fabrique de poudre rue de l’Oursine a valu la prison à Blanqui et à Armand Barbès, les chefs de la Société des familles. Libérés par l’amnistie de 1837, ils fondent avec Martin Bernard la Société des saisons.

Elle s’organise comme un calendrier : des « semaines » de six hommes et un chef, quatre semaines font un « mois », trois mois une « saison », quatre saisons une « année ». Elle compte quelque mille cinq cents membres, recrutés bien plus dans le monde ouvrier que les sociétés qui l’ont précédée. Son but : renverser le roi et instaurer une république sociale.

Blanqui a préparé le coup. Barbès a d’abord refusé d’y participer, avant de céder quand Blanqui l’a traité de lâche. Le dimanche 12 mai 1839, à deux heures de l’après-midi, les insurgés passent à l’action entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin. Quelque quatre cents hommes s’emparent du Palais de justice, échouent devant la préfecture de police, puis occupent un moment l’Hôtel de Ville, où Barbès lit une proclamation. Sa phraséologie néo-jacobine effraie les modérés, et Paris ne suit pas : préparée dans le plus grand secret, l’opération n’a aucune base populaire. L’armée et la Garde nationale la brisent ; le 13 mai, tout est fini. On compte 77 morts et au moins 51 blessés chez les insurgés, 28 morts et 62 blessés chez les militaires. L’historien Georges Duveau parlera d’une « farce tragique et absurde ».

La répression est à la mesure de la peur. Près de sept cents personnes sont interpellées, et les meneurs jugés par la Cour des pairs. Barbès, blessé et arrêté le jour même, est condamné à mort ; sa sœur obtient du roi la commutation de sa peine, après l’intervention de Victor Hugo, qui adresse à Louis-Philippe un quatrain pour implorer sa clémence. Blanqui, caché cinq mois, est pris en octobre, condamné à mort à son tour en janvier 1840 et gracié. Devant leurs juges, les trois chefs refusent de répondre. Ils se retrouvent dans la prison d’État du Mont-Saint-Michel.

L’échec les brouille pour longtemps. En mars 1848, un document publié par Taschereau accuse un chef des Saisons d’avoir livré à la police, après son arrestation, les secrets de la conspiration de 1839 ; tout désigne Blanqui, qui dément avec vigueur. Barbès sera jusqu’au bout son accusateur le plus acharné. Libérés par la révolution de 1848, les deux hommes se retrouvent dans des camps opposés : Barbès fonde le club de la Révolution pour faire pièce à la Société républicaine centrale de Blanqui.

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Événement
1849
13 juin 1849
p 85
Militants républicains arrêtés lors d'une manifestation ; Karl Marx est exilé
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Événement
1870
11 février 1870 — Demeure d'Edmond Mégy
p 89
Arrestation d'Edmond Mégy, ouvrier mécanicien, suite aux évènements de février 1870 ; il tue un inspecteur de police
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Événement
1865
15 janvier 1865 — Salle du Casino Cadet
p 93-97
Conférence de Jules Vallès sur Balzac ; il est renvoyé de son poste à la mairie de Vaugirard pour avoir critiqué l'Empire
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Événement
1869
19 décembre 1869 — Siège du journal "La Marseillaise"
p 93
Création de La Marseillaise, journal républicain Le 19 décembre 1869 paraît le premier numéro de La Marseillaise, quotidien républicain et satirique opposé au Second Empire. Henri Rochefort en est le rédacteur en chef. J …

Création de La Marseillaise, journal républicain

Le 19 décembre 1869 paraît le premier numéro de La Marseillaise, quotidien républicain et satirique opposé au Second Empire. Henri Rochefort en est le rédacteur en chef. Jean-Baptiste Millière assure le rôle de directeur-gérant. Le journal coûte 15 centimes et compte quatre pages. Il succède à La Lanterne, publication précédente d'Henri Rochefort arrêtée après 77 numéros.

La rédaction inclut Charles Habeneck comme secrétaire de rédaction. Parmi les collaborateurs figurent Prosper-Olivier Lissagaray, Paul Lafargue, Victor Noir, Gustave Flourens, Paschal Grousset, Eugène Varlin et Jenny Marx. Le numéro 1 contient une chronique de Paris par Henri Rochefort, des nouvelles politiques par Charles Habeneck, une lettre de Raspail et des articles de Germain Casse et Arthur Arnould.

La Marseillaise critique Napoléon III et le pouvoir impérial. Elle défend une république inspirée des États-Unis et s'oppose à la colonisation en Algérie. Le journal soutient les catégories sociales défavorisées et relaie les luttes ouvrières, comme les grèves au Creusot.

Le 10 janvier 1870, Victor Noir, collaborateur, est tué par le prince Pierre Bonaparte. Le journal publie un article d'Henri Rochefort encadré de noir. Le 11 janvier 1870, Henri Rochefort et les rédacteurs sont arrêtés. La Marseillaise paraît jusqu'au 24 juillet 1870, avec des interruptions en février et de mai à juillet.

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Événement
Événement
1869
20 février 1869 — Bal de la Belle Moissonneuse (28 réunions)
p 93-97
Première de 28 réunions politiques publiques à la fin du Second Empire ; 800 à 1 000 personnes. Le 20 février 1869, dans la salle du bal de la Belle Moissonneuse, s’ouvre l’une de ces expériences politiques qui annoncent …

Première de 28 réunions politiques publiques à la fin du Second Empire ; 800 à 1 000 personnes.

Le 20 février 1869, dans la salle du bal de la Belle Moissonneuse, s’ouvre l’une de ces expériences politiques qui annoncent la fin du Second Empire. Ce soir‑là se tient la première d’une série de vingt‑huit réunions publiques, autorisées mais étroitement surveillées, où l’opposition vient éprouver les limites de la libéralisation impériale.

La salle, habituellement vouée aux bals et aux fêtes populaires, accueille entre 800 et 1 000 personnes : ouvriers, employés, petits bourgeois, étudiants, militants républicains ou socialistes curieux d’entendre, pour une fois, des discours politiques tenus hors des cercles fermés. On y débat du suffrage universel, des libertés publiques, de la responsabilité ministérielle, mais aussi – déjà – de la question sociale, des salaires, du droit d’association.

Le régime d’« Empire libéral » mis en place par Napoléon III croyait pouvoir canaliser ces réunions en les encadrant par la police, les commissaires, la censure a posteriori. En pratique, ces soirées transforment un bal de quartier en véritable école politique populaire, où l’on apprend à prendre la parole, à voter des motions, à interpeller les notables.

De février 1869 à la veille de la guerre, la Belle Moissonneuse devient ainsi un baromètre de la montée des oppositions. Ce qui s’y joue dépasse le seul sort du régime : c’est la légitimation d’un nouvel acteur, le public urbain politisé, qui se prépare – sans encore le savoir – aux batailles électorales de 1869, puis aux journées de 1870‑1871 et, pour une partie de ces mêmes milieux, à l’aventure de la Commune de Paris.

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Événement
1870
Événement
1870
1870 — Café-concert du Progrès (2 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Café-concert de la Gaîté (2 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Théâtre du Prince impérial (9 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle de la Réunion/Salle Lévis (4 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
Événement
1870
1870 — Locaux du Grand Orient de France (7 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — École de Médecine/Club de l'École de Médecine
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle du Pré aux Clercs (40 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salon de Paris/Bal de la Folie Méricourt (5 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Collège de France/Club du Collège de France
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle du Concert (café-chantant, 15 réunions)/Club de la Revendication/Club du passage du Génie
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle Valentino (6 réunions)/Club de la Délivrance
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Bal des Folies Belleville (124 réunions)
p 93-97
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Événement
Événement
Événement
1870
1870 — Bal du Jardin de Paris (30 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Théâtre des Folies Marigny/Théâtre Marigny
p 93-97
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Événement
1870
Événement
1870
Événement
1870
1870 — Salle de bal des Mille et Un Jeux (ex Grand Théâtre Parisien d'Alexandre Dumas, 5 réunions)/Club du Faubourg St Antoine
p 93-97
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Événement
1870
Événement
1870
1870 — Salle de la Jeune Gaule (35 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Passage de l'Opéra/Galerie du Baromètre/Salle Beethoven (2 réunions)/Théâtre Faure-Nicolaï (ex salle de l'école de musique)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Bal du Grand salon Poissonnière (8 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle de la Révolution (café-concert, 17 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Café-concert Trousseau (4 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
Événement
Événement
Événement
1870
1870 — Théâtre de la Porte St Martin/Club de la Porte St Martin (modéré)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle des Conférences (25 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle du Bal Robert (26 réunions)/Club de la Vengeance/Club Robert
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Alcazar d'Hiver (26 réunions)/Club de la Résistance
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Grand Pavillon de Ménilmontant (5 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle de la Marseillaise/Club de la Marseillaise (12 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
Événement
1870
1870 — Salle de la Réunion (8 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
Événement
1870
1870 — Folies Bergère (10 réunions)/Club des Folies Bergère (club modéré)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall, 20 réunions)
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Salle de la Redoute (58 réunions)/Club Central Républicain
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Club démocratique des Batignolles
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Bal de la Chaumière (8 réunions)
p 93-97
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Événement
1869
1869 — Cabaret Au Vieux Chêne (13 réunions)/Enseigne remarquable
p 93-97
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Événement
1870
Événement
1870
1870 — Élysée Montmartre/Club de la Révolution
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Coopérative des Maçons et Tailleurs de pierre
p 93-97
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Événement
1870
1870 — Cirque d'Été/Cirque National/Cirque de l'Impératrice
p 93-97
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Événement
1870
Événement
Événement
1870
1870 — Bal de la Reine Blanche/Club de la Reine Blanche
p 93-97
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Événement
1871
1871 — Salle du Bal Favié/Folies de Belleville/Palais du Travail/Club Favié
p 94 & 155
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Événement
1869
12 mai 1869 — Théâtre du Châtelet/Place du Châtelet
p 99-100
Plusieurs milliers de manifestants sont venus perturber un meeting d'Émile Ollivier
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Événement
1869
7 octobre 1869 — Bal des Folies Belleville (ancien bal Dénoyez)
p 100
Une réunion publique interrompue par les agents, et le quartier entier se soulève pendant cinq jours : Belleville apprend en 1869 ce qu'elle refera en 1871. L'Empire vacille. Les élections législatives de mai-juin 1869 o …

Une réunion publique interrompue par les agents, et le quartier entier se soulève pendant cinq jours : Belleville apprend en 1869 ce qu'elle refera en 1871.

L'Empire vacille. Les élections législatives de mai-juin 1869 ont été un désastre pour Napoléon III : l'opposition républicaine progresse partout, et à Paris elle triomphe. Henri Rochefort, journaliste satirique, fondateur de La Lanterne dont chaque numéro tourne l'Empire en dérision, a été élu député de la première circonscription de Paris lors d'une élection partielle en novembre 1869. Son comité électoral tient des réunions publiques dans les quartiers populaires.

Belleville est le cœur du Paris rouge. Annexée à la capitale en 1860, peuplée d'ouvriers chassés du centre par les travaux d'Haussmann, elle vote massivement à gauche et elle a envoyé Gambetta à la Chambre sur un programme radical. Ses bals, ses cafés, ses salles de réunion forment le tissu d'une sociabilité politique que la préfecture surveille de près.

Le 7 octobre 1869, le Comité Rochefort tient réunion au bal des Folies Belleville, 13 rue de Belleville, ancien bal Dénoyez. La police intervient brutalement et disperse l'assemblée. Le quartier réagit immédiatement. Les affrontements durent plusieurs jours. Le 10 octobre, le bilan atteint cinq cents blessés.

Gustave Flourens est de ces journées. Fils d'un savant, professeur destitué du Collège de France pour ses cours jugés subversifs, il est l'un des révolutionnaires les plus flamboyants et les plus imprévisibles de sa génération : il a combattu pour l'indépendance crétoise, il combattra pour la Commune, il sera tué en avril 1871 à Rueil, sabré par un gendarme. Gabriel Ranvier, décorateur sur porcelaine, futur membre de la Commune, est également actif dans ces comités.

Les autorités impériales voient dans ces bagarres un simple trouble à l'ordre public. Elles se trompent d'échelle. Ce qui se joue à Belleville en octobre 1869 est l'apprentissage collectif d'une population qui découvre qu'elle peut tenir la rue contre la police. Dix-sept mois plus tard, le 18 mars 1871, ce même quartier fournira une part décisive des forces de la Commune.

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Événement
1870
7 février 1870 — Salle de la Marseillaise
p 100
L'arrestation de Rochefort alors qu'il se rendait à une réunion dans la salle de la Marseillaise provoque une émeute à Belleville et sur les Boulevards Le 7 février 1870, Henri Rochefort, journaliste et député de la Sein …

L'arrestation de Rochefort alors qu'il se rendait à une réunion dans la salle de la Marseillaise provoque une émeute à Belleville et sur les Boulevards

Le 7 février 1870, Henri Rochefort, journaliste et député de la Seine, est arrêté sur ordre du gouvernement impérial. Figure centrale de l’opposition à Napoléon III, directeur du journal La Marseillaise, il paye le prix de ses attaques répétées contre le régime et de son rôle dans la mobilisation autour de l’affaire Victor Noir. Son arrestation, perçue comme une provocation politique, met immédiatement le feu aux poudres dans les milieux républicains et populaires parisiens, en particulier dans l’Est de la capitale. À Belleville, la nouvelle déclenche la réunion explosive de la salle de la Marseillaise et l’initiative de Gustave Flourens, qui tente de transformer l’indignation en insurrection, avec commissaire « pris » en otage symbolique et barricades improvisées.

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Événement
1870
7 février 1870
p 100-101
Le 7 février 1870, Belleville bouillonne. À la salle de la Marseillaise, 51 rue de Flandre, une foule compacte assiste à un meeting du club, trois semaines à peine après les obsèques de Victor Noir. L’ambiance est électr …

Le 7 février 1870, Belleville bouillonne. À la salle de la Marseillaise, 51 rue de Flandre, une foule compacte assiste à un meeting du club, trois semaines à peine après les obsèques de Victor Noir. L’ambiance est électrique, résolument pré‑révolutionnaire. La salle porte le nom du journal de Rochefort et Millière, La Marseillaise, qui est devenu le principal porte‑voix de l’opposition radicale à l’Empire.

Sous le Second Empire, une réunion publique n’existe qu’avec la présence d’un commissaire, chargé d’écouter et, si besoin, d’interdire. Ce soir‑là, c’est le commissaire Barlet. Il entend Millière déclarer que l’Empereur est un cadavre. Pour la police, la limite est franchie : Barlet dissout la réunion. La nouvelle de l’arrestation de Rochefort met la salle en fureur.

Gustave Flourens est là. Il sort revolver et épée, déclare le commissaire « son prisonnier » et en profite pour proclamer la République. Le petit groupe sort de la salle, traverse Belleville, descend vers le canal par la rue du Faubourg‑du‑Temple. À l’initiative de Flourens on dresse une barricade : deux omnibus, des pavés, la grille d’une boutique. On relâche le commissaire, mais le ton est donné : Belleville a, pour quelques heures, repris le vieux langage des barricades.

L’officier de paix Justin Lombard arrive ensuite avec ses hommes. Il découvre trois barricades successives, dont une qu’il juge « formidable ». Les défenseurs finissent par se disperser sous les charges à l’épée et aux casse‑têtes, laissant de nombreux blessés, y compris Lombard lui‑même, officiellement frappé d’un coup de baïonnette. La nuit se conclut par des rafles et l’arrestation de tout le personnel de La Marseillaise : au total 300 personnes sont arrêtées. Flourens, Dereure et quelques autres soixante-dix  prévenus sont inculpés de complot séditieux. Leur procès s'ouvre à Blois qu'en juillet. C’est un coup de semonce avant la grande rupture de 1871.

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Événement
1870
14 août 1870 — Caserne des pompiers de La Villette
p 108
Les blanquistes tentent, avec 60 hommes, de s'emparer sans préparation de la caserne de pompiers de La Villette, pensant y trouver des armes ; le coup échoue, Eudes et Brideau sont arrêtés
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Événement
Événement
1870
4 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Chambre fédérale des Sociétés ouvrières
p 113
Rédaction par l'A.I.T. d'une adresse au peuple allemand l'invitant à la paix
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Événement
Événement
1870
5 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Comité central des Vingt arrondissements
p 115 & 117
Création du Comité central provisoire, qui devint le Comité central républicain des Vingt arrondissements, représentant les Comités de vigilance ; émanations de l'A.I.T.
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Événement
1870
15 septembre 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 117
Avant que Paris capitule ou résiste, la Corderie donne à la révolution à venir son premier nom. Sedan est tombé le 2 septembre 1870. Napoléon III, fait prisonnier avec son armée, a laissé la France sans gouvernement. Le …

Avant que Paris capitule ou résiste, la Corderie donne à la révolution à venir son premier nom.

Sedan est tombé le 2 septembre 1870. Napoléon III, fait prisonnier avec son armée, a laissé la France sans gouvernement. Le 4 septembre, la foule envahit le Corps législatif et proclame la République au balcon de l'Hôtel de Ville. Un Gouvernement de la Défense nationale s'installe, composé de républicains bourgeois : Gambetta, Jules Favre, Jules Ferry, Jules Simon. Pas un ouvrier. Pas un socialiste.

La section parisienne de l'Association internationale des travailleurs siège depuis 1869 au 14 de la rue de la Corderie, dans le Temple (3e arrondissement), dans des locaux partagés avec la Fédération des sections parisiennes. C'est là qu'Eugène Varlin, relieur, et ses camarades ont construit patiemment l'organisation ouvrière la plus solide de la capitale. Dès les premiers jours de septembre, les militants de l'Internationale et les comités républicains populaires se fédèrent en un Comité central républicain des Vingt arrondissements, qui tient ses séances à la Corderie.

Le 15 septembre, le Comité publie et fait placarder dans Paris sa première proclamation, que les contemporains appellent aussitôt la "première affiche rouge." Les signataires sont nombreux : Jules Vallès, Benoît Malon, Charles Longuet, Gustave Lefrançais, Gabriel Ranvier, Jean-Baptiste Millière, Louis Pindy, Jean-Baptiste Gaillard, Charbonneau. Tous seront, cinq mois plus tard, membres ou alliés de la Commune de Paris.

Le texte est sans équivoque. Il exige la guerre totale contre la Prusse, la levée en masse, la mobilisation des départements, la réquisition des subsistances. Surtout, il formule pour la première fois publiquement l'exigence politique centrale : "Faites place au peuple, à la Commune." Cette phrase est un programme. La Commune n'est pas encore, mais elle a son nom, sa revendication, son lieu d'émission : le 14 de la rue de la Corderie, dans ce 3e arrondissement ouvrier que les vagues haussmanniennes ont épargné.

Le gouvernement de la Défense nationale, qui négocie en secret et capitulera le 28 janvier 1871, ignore la proclamation. Les semaines suivantes montrent que la contradiction entre les intérêts de la bourgeoisie républicaine et ceux des travailleurs parisiens ne peut être différée indéfiniment. La Commune naîtra au printemps 1871 de cette tension que la première affiche rouge a su nommer avec une clarté que l'histoire a pleinement confirmée : ce papier collé sur les murs un 15 septembre est le premier document programmatique de ce que Marx appellera, l'année suivante, "la forme politique enfin trouvée."

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Événement
1870
4 septembre 1870 — Docks de la Librairie/Siège du journal "Le Combat"
p 119
Premier numéro du journal "Le Combat" créé par Félix Pyat de retour d'exil à Londres où il avait appelé à l'assassinat de Napoléon III, mettant l'A.I.T. en difficulté
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Événement
1870
1870 — Salle de l'École de droit/Club démocratique-socialiste du 5ème arrondissement
p 135
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Événement
1870
novembre 1870
p 145
Ouverture d'un marché spécialisé pour les rats (50 à 75 centimes)
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Événement
1870
1870 — Élysée Montmartre/Club de la Révolution
p 154
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Événement
1870
7 décembre 1870 — Salle de la Redoute
p 157
Club central du Comité républicain socialiste des 20 arrondissements de Paris ; tentative de fédération des clubs parisiens dans un Comité central de la fédération de la Garde nationale
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Événement
1870
27 novembre 1870 — École Turgot/Club de la Solidarité
p 157
Club de la Solidarité ; lié à la Ligue républicaine de Défense nationale à outrance ; lance un appel au concours des inventeurs pour la défense nationale
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Événement
1871
6 janvier 1871 — Comité central révolutionnaire de la Corderie
p 160-161
Publication de la "seconde affiche rouge", portée par 140 signataires, réclamant la Commune et la poursuite de la guerre
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Événement
1871
22 janvier 1871
p 167-169
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
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Événement
1871
22 janvier 1871 — Café du Gaz/Café de la Garde nationale
p 168
Quartier général de Blanqui lors de la tentative du 22 janvier, qui verra la mort de Théodore Sapia ; Blanqui devra fuir une nouvelle fois
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Événement
1871
22 janvier 1871 — Demeure de Paul Lefèbvre-Roncier
p 168
Paris a faim, Paris a froid, et le gouvernement veut capituler. Le 22 janvier 1871, Delescluze et ses amis guettent le soulèvement depuis la rue de Rivoli. Depuis quatre mois, les Prussiens assiègent Paris. Le 19 janvier …

Paris a faim, Paris a froid, et le gouvernement veut capituler. Le 22 janvier 1871, Delescluze et ses amis guettent le soulèvement depuis la rue de Rivoli.

Depuis quatre mois, les Prussiens assiègent Paris. Le 19 janvier 1871, une dernière grande sortie, lancée vers Buzenval et Montretout, tourne au désastre : plus de quatre mille morts, dont un tiers de gardes nationaux, c’est-à-dire de simples Parisiens. Pour beaucoup, le gouvernement de la Défense nationale du général Trochu ne cherche plus qu’à capituler. Le 21, des délégués de la Garde nationale, des clubs et des comités de vigilance décident de manifester le lendemain devant l’Hôtel de Ville, où siège le gouvernement. Le même jour, une petite troupe va délivrer Gustave Flourens, enfermé à la prison Mazas.

Le 22 janvier, Charles Delescluze installe son quartier général et son poste d’observation au 60, rue de Rivoli, chez Paul Lefèbvre-Roncier, à deux pas de l’Hôtel de Ville. Le vieux journaliste a soixante et un ans ; il a connu sous l’Empire la prison, puis la déportation à Cayenne. Le 6 janvier, il a démissionné de la mairie du 19e arrondissement en appelant à « la lutte armée contre les capitulards ». Autour de lui se retrouvent des républicains qui feront la Commune : Arthur Arnould, Eugène Protot, Eugène Razoua, Frédéric Cournet, les frères Edmond et Léonce Levraud.

Sur la place, la foule est d’abord clairsemée ; une délégation est reçue par l’adjoint au maire, Gustave Chaudey. Vers trois heures, des gardes nationaux arrivent, conduits par Duval, Rigault et Sapia. Un coup de feu part, tiré par un provocateur. Les gardes mobiles bretons postés dans l’Hôtel de Ville ouvrent le feu sur la foule, et des gardes nationaux ripostent. On relève cinq morts et quelques dizaines de blessés parmi les manifestants. C’est ce jour-là que Louise Michel prend les armes pour la première fois.

Le soir, l’insurrection a échoué. Le gouvernement fait arrêter quatre-vingt-trois meneurs, Delescluze parmi eux ; les clubs sont interdits, et des journaux suspendus, dont « Le Réveil », le sien. Les mains libres, Jules Favre ouvre dès le lendemain les négociations avec les Allemands. L’armistice est signé le 26 janvier.

Deux mois plus tard naît la Commune. Élu à son Conseil, Delescluze en devient le délégué à la Guerre. Le 25 mai, pendant la Semaine sanglante, désespéré, il ne fait rien pour éviter la mort sur la barricade du Château-d’Eau. Gustave Chaudey, lui, sera exécuté par les communards pendant ces mêmes journées.

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Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
p 180
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

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Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
p 180-181
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
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Événement
1871
27 février 1871
p 180
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
Événement
1871
6 février 1871 — Cirque d'Hiver/Fédération des Gardes nationales de la Seine
p 184
Assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale, concurrent du Comité des Vingt arrondissements. Il rassemble des délégués du 59ème régiment et des 57ème, 88ème, 96ème, 193ème et 253èmes bataillons. …

Assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale, concurrent du Comité des Vingt arrondissements. Il rassemble des délégués du 59ème régiment et des 57ème, 88ème, 96ème, 193ème et 253èmes bataillons.

Le 6 février 1871, en pleine tourmente de l’après-guerre franco-prussienne et alors que Paris est encore sous le choc du siège et de l’armistice, une assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale se tient au Cirque d’Hiver, rue Amelot. Cette réunion illustre la profonde recomposition politique et militaire à l’œuvre dans la capitale, quelques semaines avant l’insurrection du 18 mars et la proclamation de la Commune.

Le Comité central provisoire se pose alors en concurrent direct du Comité des Vingt arrondissements, structure plus modérée qui cherche à encadrer politiquement la Garde nationale. À l’inverse, le Comité central incarne une dynamique plus radicale, fondée sur l’élection des officiers, l’autonomie des bataillons et une méfiance croissante envers le gouvernement issu de l’Assemblée nationale de Bordeaux, dominée par les conservateurs et les monarchistes.

L’assemblée réunit des délégués du 59ᵉ régiment, ainsi que des 57ᵉ, 88ᵉ, 96ᵉ, 193ᵉ et 253ᵉ bataillons, témoignant de l’ancrage populaire et territorial de la Garde nationale dans les quartiers de l’Est parisien, notamment à Folie-Méricourt, haut lieu du républicanisme social. Ces bataillons, composés en grande partie d’ouvriers et d’artisans, revendiquent le droit de défendre Paris, mais aussi de peser sur son avenir politique.

Cette assemblée marque une étape décisive : la Garde nationale cesse d’être seulement une force armée citoyenne pour devenir un acteur politique collectif, organisé, conscient de sa légitimité et prêt à s’opposer frontalement au pouvoir central. Rue Amelot, au Cirque d’Hiver, se dessinent déjà les lignes de fracture qui mèneront, un mois plus tard, à la Commune de Paris.

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Événement
1871
17 mars 1871 — École dite de la rue Basfroi/Comité central de la Garde nationale (siège pendant la Commune)
p 198
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Événement
1871
6 mars 1871 — Comité central de la Garde nationale (siège provisoire)
p 198
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Événement
1871
18 mars 1871 — Salle de la Marseillaise
p 200
Tentative d'enlèvement des canons entreposés dans l'enceinte de la salle, avec 6 000 hommes de la division Faron. Ceux-ci fraternisent avec la foule et livrent leurs armes
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Événement
1871
18 mars 1871
p 205-206
Le général Susbielle fait charger la foule par les gendarmes à cheval ; la troupe fraternise, le capitaine Saint-James est abattu
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Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 207-208
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 207-208
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Église St Marcel de la Maison Blanche/Chapelle Bréa
p 208-209
Chanzy, amené à la chapelle Bréa, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet
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Événement
1871
19 mars 1871 — Gare d'Orléans/Gare d'Austerlitz
p 208
Chanzy est arrêté avec ses officiers et le député Turquet en débarquant du train à la gare d'Orléans
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Événement
1871
19 mars 1871 — Ancienne mairie du 13ème arrondissement (dans un ancien pavillon d'octroi)
p 208-209
Le général Chanzy, retenu à la mairie du 13ème, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet. Alfred Chanzy est l'un des rares généraux français à s'être distingué dans la guerre contre la Prusse, à la tête de l'armée de l …

Le général Chanzy, retenu à la mairie du 13ème, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet.

Alfred Chanzy est l'un des rares généraux français à s'être distingué dans la guerre contre la Prusse, à la tête de l'armée de la Loire. Ce 19 mars, il arrive à la gare d'Orléans en provenance de province — et tombe directement entre les mains des fédérés du 13e arrondissement. La veille, Lecomte et Clément-Thomas ont été fusillés à Montmartre. La journée est électrique.

On l'amène à l'ancienne mairie place d'Italie, un ancien pavillon d'octroi reconverti. Émile Duval, ouvrier fondeur devenu commandant militaire de la Commune, est là. Pour lui, un général versaillais arrêté le lendemain du 18 mars n'a pas vocation à repartir vivant. La foule rassemblée devant la mairie partage cet avis.

C'est Léo Meilliet qui s'interpose. Jeune avocat républicain, maire du 13e, il n'est pas encore membre de la Commune — il le deviendra. Mais ce jour-là, il fait barrage entre Chanzy et ceux qui réclament sa tête. Il argumente, il s'impose, il prend physiquement en charge le prisonnier. Sérizier, commandant des bataillons fédérés locaux, finit par obtempérer.

Chanzy sera transféré à la prison de la Santé, puis relâché. Il survivra à la Commune, commandera des troupes en Algérie, sera ambassadeur en Russie. Duval, lui, sera fusillé par les versaillais le 4 avril 1871, après la sortie ratée sur Châtillon.

Ce que Meilliet avait sauvé ce jour-là, Versailles n'en tiendra aucun compte.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Hôtel de Rohan/Imprimerie nationale
p 209
Pindy et Debock s'emparent de l'imprimerie nationale avec le 86ème bataillon de la Garde nationale ; Louis Debock en prend la direction
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Événement
1871
18 mars 1871
p 209-211
Prise de l'Hôtel de Ville par des bataillons bellevillois de la Garde nationale, commandés par Émile Eudes. Le Comité central de la Garde nationale s'y installe dans la soirée. Jules ferry s'enfuit au dernier moment
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Événement
1871
18 mars 1871 — Appartement de Guillaume Calmon
p 211
Les ministres qui ont fui le ministère des Affaires étrangères où ils ont failli se faire prendre, se réunissent une dernière fois à Paris le soir du 18 mars, avant de filer à Versailles
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Événement
1871
19 mars 1871 — Mairie du 3ème arrondissement
p 215
Réunion de maires et de députés de Paris à qui Versailles a délégué l'administration provisoire de Paris ; ils décident d'envoyer une délégation au Comité central de la Garde nationale. Les blanquistes veulent les faire …

Réunion de maires et de députés de Paris à qui Versailles a délégué l'administration provisoire de Paris ; ils décident d'envoyer une délégation au Comité central de la Garde nationale. Les blanquistes veulent les faire arrêter

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Événement
1871
19 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 231
Négociations entre la Commune et les élus parisiens après l'échec de l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
22 mars 1871
p 238
Manifestation d'un millier de soi-disant "Amis de l'ordre" contre la Commune
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Événement
1871
22 mars 1871
p 238
Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale. Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand …

Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale.

Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand Hôtel, cocardes bleues à la boutonnière, ils convergent vers la place Vendôme au cri de : Vive l'ordre ! Vive la loi ! Sous la colonne, leur colonne — celle que Napoléon avait fait fondre avec le bronze des canons d'Austerlitz — ils entendent signifier au Comité central que Paris bourgeois existe encore.

Ils sont en majorité bonapartistes. L'ironie ne leur échappe peut-être pas, ou peut-être si : manifester pour l'ordre légal quatre jours après que Thiers a fui Paris en laissant la ville aux insurgés demande une certaine souplesse de conviction.

Jules Bergeret les attend. Commandant fédéré, il a déployé ses hommes autour de la place. La confrontation tourne à la fusillade — les gardes nationaux ouvrent le feu sur les manifestants qui s'enfuient. Le bilan est lourd : quinze morts et une dizaine de blessés parmi les manifestants, tous issus de l'aristocratie, de la finance et de la presse parisiennes.

C'est la première tentative organisée de la réaction parisienne contre le Comité central. Elle échoue, mais laisse des morts — ce qui radicalise les deux camps. Versailles en tirera argument. Dans six semaines, ce sera différent.

La colonne Vendôme, elle, sera abattue le 16 mai. Courbet en assumera la responsabilité, à ses dépens.

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Événement
1871
Événement
Événement
1871
22 mars 1871 — Grand Hôtel
p 240
QG de l'amiral Saisset contre le Comité central de la Garde nationale
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Événement
1871
24 mars 1871 — Mairie du 1er arrondissement
p 241
Négociations pour les élections de la Commune ; la mairie, aux mains des opposants à la Commune, sera reprise par Brunel
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Événement
1871
24 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 241
Négociations pour les élections de la Commune ; un certain nombre de maires refusent de signer la convention électorale
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Événement
1871
mai 1871 — Siège de l'Assistance Publique/Comité central des Vingt arrondissements
p 285
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Événement
Événement
1871
1871 — Caserne du Prince Eugène/Caserne de la garde républicaine
p 286
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Événement
1871
11 avril 1871 — Mairie du 10ème arrondissement/Siège de l'Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés
p 288-289
Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent …

Le 11 avril 1871, à la mairie du 10e arrondissement, rue du Faubourg-Saint-Martin, des citoyennes se réunissent pour fonder l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Vingt comités s'organisent, un par arrondissement, reliés à un comité central. C'est la première organisation féminine de masse de l'histoire française.

À sa tête, deux femmes que tout semble opposer. Nathalie Le Mel est bretonne, ouvrière relieuse, militante de l'Internationale depuis des années, proche d'Eugène Varlin — une femme du peuple enracinée dans le mouvement ouvrier parisien. Élisabeth Dmitrieff a vingt ans, elle est russe, aristocrate, a contracté un mariage blanc pour pouvoir voyager librement, a rencontré Marx à Londres en 1870 et est arrivée à Paris en mars 1871 envoyée par l'Internationale. Leurs parcours divergent, leur engagement converge : toutes deux voient dans la Commune une occasion unique d'arracher aux femmes une place dans la révolution, pas seulement comme soignantes mais comme combattantes et comme forces politiques.

Ensemble elles signent l'adresse aux citoyennes, publiée dans le Journal Officiel du 14 avril et dans Le Cri du peuple du 16 avril. L'Union ne se limite pas aux ambulances que son nom évoque. Ses statuts, publiés dans La Sociale du 20 avril, prévoient des comités d'arrondissement chargés de recenser les citoyennes prêtes à servir aux ambulances, aux fourneaux — et aux barricades. Elle formule des revendications sociales concrètes : égalité de salaire entre hommes et femmes, réorganisation du travail en coopératives ouvrières, prise en charge des enfants.

Autour d'elles gravitent Blanche Lefebvre, Anna Jaclard, André Léo, Sophie Graix, Adélaïde Valentin — une constellation de femmes aux origines diverses, ouvrières et intellectuelles, françaises et étrangères, unies par la conviction que la question sociale et la question des femmes sont indissociables.

La Semaine sanglante met fin à leurs activités. Le Mel sera déportée en Nouvelle-Calédonie. Dmitrieff parviendra à fuir et disparaîtra en Russie. Leur organisation, éphémère, reste un moment fondateur de l'histoire du féminisme socialiste.

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Événement
1870
1870 — Comité des Femmes de la rue d'Arras
p 289
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Événement
Événement
1871
29 avril 1871 — Église St Germain l'Auxerrois/Club Germain l'Auxerrois/Club des Libres Penseurs/Club de femmes
p 291
Club de femmes pendant la Commune de 1871, animé par Lodoïska Kawecka. Une cantinière des "Vengeurs de Paris VIII" propose de voter en faveur du divorce
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Événement
1871
1871 — Siège de la Société l'Éducation nouvelle
p 291
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Événement
1871
1871 — Siège de l'Association La Commune sociale de Paris
p 291
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Événement
1871
11 mai 1871 — Église St Bernard de La Chapelle/Club Bernard/Club de la Révolution
p 292-293
Club blanquiste réunissant 3 000 membres pendant la Commune ; il tint ses assises le 21 floréal an 79
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Événement
1871
3 mai 1871 — Ancienne église St Michel des Batignolles (de 1857)/Club Michel/Club de la Révolution Sociale
p 292-293
Club de la Révolution pendant la Commune, tenu par les Internationaux du 17ème arrondissement
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Événement
1871
1871 — Église Notre-Dame de la Croix
p 292-294
Club Notre-Dame de la Croix ; révolutionnaire et essentiellement féminin, pendant la Commune
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Événement
1871
5 mai 1871 — Église St Eustache/Club central de Paris/Club Eustache/Comité central des Vingt arrondissements
p 292-293
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Événement
1871
1871 — Salle de la Marseillaise/Club de la Marseillaise
p 292-293
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Événement
1871
1871 — Seconde église St Jacques-St Christophe de La Villette/Club Christophe/Comité de vigilance de La Villette
p 292-293
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Événement
1871
1871 — École de Médecine/Club de l'École de Médecine
p 292-293
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Événement
1871
1871 — École de Droit/Club de la Révolution
p 292-293
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Événement
1871
1871 — Collège de France/Club du Collège de France
p 292-293
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Événement
1871
1871 — Église St Séverin/Réunions du Club de l'église Séverin
p 292-293
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Événement
1871
6 avril 1871 — Église St Sulpice/Club de la Victoire/Club Sulpice/Club du 6ème arrondissement
p 292-293
Club révolutionnaire pendant la Commune ; les offices étaient maintenus le matin
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Événement
1871
1871 — Salle du Casino Cadet/Club des Amis du Peuple
p 292-293
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Événement
1871
17 mai 1871 — Église St Paul-St Louis/Club Paul-Louis
p 292-293
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Événement
1871
6 mai 1871 — Église St Nicolas des Champs/Club Nicolas des Champs (qui édite le "Bulletin communal", organe des clubs)
p 292-293
Club révolutionnaire qui œuvre pour une tentative de fédération pendant la Commune
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Événement
Événement
1871
1871 — Salle Molière/Club Molière
p 292-293
Une des 11 organisations qui adhèrent à la Fédération des clubs sous la Commune ; constituée par des radicaux démocrates socialistes, dits "Démoc-socs"
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Événement
1871
1871 — Église St Lambert de Vaugirard/Club Lambert/Club des Femmes patriotes
p 294 & 304
Club révolutionnaire pendant la Commune ; très antireligieux et essentiellement féminin
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Événement
1871
4 mai 1871 — Église Ste Marguerite/Club des Prolétaires
p 295
Club de Ste Marguerite, qui devient "Club du Prolétaire" après le 4 mai ; il publie 4 numéros du journal "Le Prolétaire" à partir du 10 mai
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Événement
1871
10 mai 1871 — Siège du journal "Le Prolétaire"
p 295
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Événement
1871
23 avril 1871 — Siège du journal "L'Ami du Peuple" d'Auguste Vermorel
p 296
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Événement
Événement
1871
2 avril 1871 — Siège du journal "L'Affranchi" (avec l'équipe de La Marseillaise)
p 296
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Événement
1871
1871 — Siège du journal "La Mère Duchêne" (dépôt)
p 296
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Événement
1871
21 avril 1871 — Siège du journal "Le Fils du père Duchêne illustré"/Imprimerie Serrière
p 296
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Événement
1871
20 mars 1871 — Siège du "Journal officiel" (rédaction et imprimerie)
p 296
Le Journal officiel, créé le 1er janvier 1869, est investi le 19 mars par trois bataillons de Fédérés et devient le Journal officiel de la Commune. deux éditions paraîssent quotidiennement. Il continue parallèlement à êt …

Le Journal officiel, créé le 1er janvier 1869, est investi le 19 mars par trois bataillons de Fédérés et devient le Journal officiel de la Commune. deux éditions paraîssent quotidiennement. Il continue parallèlement à être publié par Versailles

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Événement
1871
17 mai 1871 — Siège du journal "Le Tribun du Peuple"
p 296
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Événement
Événement
1871
1871 — Église de la Ste Trinité/Club de la Délivrance
p 300-301
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Événement
1871
22 février 1871 — Siège du journal "Le Cri du Peuple"
p 307
Le 22 février 1871, en plein Paris assiégé, paraît le premier numéro du Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Le titre est un programme : faire entendre la voix des petits, des « sans-grade », des ouvriers et employ …

Le 22 février 1871, en plein Paris assiégé, paraît le premier numéro du Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès. Le titre est un programme : faire entendre la voix des petits, des « sans-grade », des ouvriers et employés que la guerre, le siège et la misère ont jetés dans la rue. Vallès, déjà connu pour ses prises de position contre l’Empire, entend donner à ces colères un organe politique régulier.

Autour de lui se rassemble une équipe où se croisent militants et écrivains : Casimir Bouis, Jean‑Baptiste Clément, Pierre Denis, la romancière André Léo, Henri Bauër, bientôt aussi Gustave Courbet qui apporte sa notoriété d’artiste engagé. Tous partagent l’idée que la République ne peut se limiter à un changement de régime : elle doit devenir sociale, égalitaire, et respecter Paris, que Thiers et l’Assemblée de Bordeaux traitent comme une ville vaincue à mater.

Le journal atteint rapidement des tirages considérables, jusqu’à 100 000 exemplaires, avec 82 numéros publiés durant la séquence qui mène à la Commune puis l’accompagne. C’est à la fois un organe d’information, un lieu de polémique et une caisse de résonance des clubs, des comités d’arrondissement, de la Garde nationale.

En donnant ce titre, Le Cri du Peuple, Vallès sait qu’il s’inscrit dans une histoire longue : celle d’un Paris où, lorsque les institutions ferment la porte, la presse radicale ouvre une fenêtre. Quelques semaines plus tard, ce « cri » trouvera son prolongement sur les barricades de la Commune.

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Événement
1871
11 mars 1871 — Imprimerie Chevallier/Imprimerie du journal "Le Cri du Peuple"
p 307
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Événement
Événement
1871
1871 — Église St Jacques du Haut-Pas/Club Jacques du Haut-Pas
p 309
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Événement
1871
20 mai 1871 — Théâtre Lyrique/Théâtre des Nations
p 317 & 319
Reddition de comptes des membres de la Commune devant l'Assemblée des électeurs du 4ème arrondissement, sur les 22 démissions survenues suite à la création du Comité de Salut public
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Événement
1871
Événement
1871
5 mai 1871 — Siège du journal « La France »
p 321
Journal concerné : « La France ». Ses bureaux étaient au 10 rue du Fbg Montmartre, d'après l'annuaire Didot-Bottin de 1870.
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Événement
1871
11 mai 1871 — Siège du journal "Le Moniteur universel"
p 321
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Événement
1871
18 mai 1871 — Siège de la revue "La Revue des Deux Mondes"
p 321
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Événement
1871
5 mai 1871
p 321
Journal concerné : « Le Petit moniteur ». L'adresse de son siège reste à préciser.
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Événement
1871
21 avril 1871 — Siège du journal « L'Opinion nationale »
p 321
Journal concerné : « L'Opinion nationale ». Ses bureaux étaient au 5 rue Coq Héron, d'après l'annuaire Didot-Bottin de 1870.
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Événement
1871
18 mai 1871 — Siège du journal "L'Avenir national"
p 321
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Événement
1871
5 avril 1871 — Siège du journal "Les Débats"
p 321
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Événement
1871
21 avril 1871 — Siège du journal « Le Bien public » (adresse de 1874)
p 321
Journal concerné : « Le Bien public ». En 1874, ses bureaux étaient au 5 rue Coq Héron, d'après l'annuaire Didot-Bottin de cette année-là ; l'adresse de 1871 n'est pas attestée.
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Événement
1871
5 avril 1871 — Siège du journal « Paris-Journal »
p 321
Journal concerné : « Paris Journal ». Ses bureaux étaient au 2 rue Favart, d'après l'annuaire Didot-Bottin de 1872.
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Événement
Événement
1871
19 avril 1871 — Siège du journal "La Cloche"
p 321
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Événement
1871
5 mai 1871 — Siège du journal "Le Temps"
p 321
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Événement
1871
19 avril 1871 — Siège du journal "Le Soir", manipulé par le chef de la police prussienne
p 321
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Événement
1871
5 mai 1871 — Siège du journal "Le Petit journal"
p 321
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Événement
1871
11 mai 1871 — Siège du journal « L'Univers » (adresse de 1874)
p 321
Journal concerné : « L'Univers ». En 1874, ses bureaux étaient au 10 rue des Saints-Pères, d'après l'annuaire Didot-Bottin de cette année-là ; l'adresse de 1871 n'est pas attestée.
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Événement
1871
18 mai 1871 — Siège du journal « L'Écho de Paris »
p 321
Journal concerné : « L'Écho de Paris ». Ses bureaux étaient au 2 rue Saint Martin, d'après l'annuaire Didot-Bottin de 1870.
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Événement
1871
11 mai 1871
p 321
Journal concerné : « L'Étoile ». L'adresse de son siège reste à préciser.
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Événement
1871
5 avril 1871 — Siège du journal « Le Constitutionnel »
p 321
Journal concerné : « Le Constitutionnel ». Ses bureaux étaient au 10 rue de Valois, d'après l'annuaire Didot-Bottin de 1870.
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Événement
1871
Événement
1871
18 avril 1871 — Siège du journal « Le Français »
p 321
Journal concerné : « Le Français ». Ses bureaux étaient au 20 rue Bergère, d'après l'annuaire Didot-Bottin de 1870.
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Événement
1871
18 avril 1871 — Siège du journal « Le Pays »
p 321
Journal concerné : « Le Pays ». Ses bureaux étaient au 19 rue des Bons Enfants, d'après l'annuaire Didot-Bottin de 1870.
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Événement
1871
18 avril 1871
p 321
Journal concerné : « Le Peuple français ». L'adresse de son siège reste à préciser.
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Événement
1871
18 avril 1871 — Siège du journal « Le Monde »
p 321
Journal concerné : le premier « Le Monde ». Ses bureaux étaient au 13 rue de Grenelle, d'après l'annuaire Didot-Bottin de 1870.
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Événement
1871
18 avril 1871 — Siège du journal "La Liberté"
p 321
Le 18 avril 1871, cinq journaux hostiles à la Commune cessent de paraître. Personne ne leur a encore donné l'ordre. Depuis le 18 mars, la Commune n'a pas touché à la presse. C'est l'un de ses principes les plus affirmés …

Le 18 avril 1871, cinq journaux hostiles à la Commune cessent de paraître. Personne ne leur a encore donné l'ordre.

Depuis le 18 mars, la Commune n'a pas touché à la presse. C'est l'un de ses principes les plus affirmés — et l'un de ses paradoxes les plus aigus. Tandis que les troupes versaillaises bombardent les forts du sud de Paris et que Thiers refuse toute négociation, une dizaine de journaux parisiens continuent de publier des éditoriaux qui appellent les soldats de Versailles « nos troupes », qualifient les Communards de brigands, et relaient jour après jour la propagande de l'Assemblée réfugiée à Versailles. La Commune les laisse faire. Un mois entier.

Le 18 avril, Raoul Rigault monte à la tribune du Conseil de la Commune. Il a vingt-quatre ans, il est délégué à la Sûreté générale depuis le 29 mars, et sa patience — s'il en a jamais eu — est épuisée. Il lit à haute voix des passages extraits du Bien public et de La Cloche, où les troupes versaillaises sont explicitement soutenues. Il pose la question : peut-on tolérer, en pleine guerre civile, des journaux qui servent ouvertement les intérêts de l'armée ennemie ?

Le débat est vif. Jules Vallès, fondateur du Cri du peuple, défend une position radicale mais logique : ou l'on supprime tous les journaux hostiles, ou l'on n'en supprime aucun — la liberté ne se découpe pas. La Commune, ce jour-là, ne vote pas de décret de suppression. Elle se contente de reconnaître, pour la première fois, que la liberté de la presse a une limite : celle de la survie de la Commune elle-même.

Mais le signal est compris. Le jour même, cinq journaux cessent volontairement de paraître. La Liberté, dont le siège est ici, au 8 rue Bergère dans le 9e arrondissement. Le Français. Le Pays. Le Monde — le premier journal à porter ce nom, bien avant celui que l'on connaît. Le Peuple français. Aucun décret ne les vise encore. Ils se sabordent d'eux-mêmes — par calcul (ne pas offrir de prétexte à une saisie), par prudence (Rigault n'est pas un homme dont on teste la patience deux fois), ou peut-être par une forme de protestation silencieuse : cesser de paraître pour mieux dénoncer l'arbitraire annoncé.

Les décrets formels de suppression ne viendront que plus tard — le 5 mai pour le Petit Journal, Le Temps, La France et d'autres ; le 11 mai pour le Moniteur universel et L'Univers. Mais le 18 avril est le jour charnière : celui où la Commune admet, à contrecœur, que la guerre civile et la liberté de la presse ne font pas bon ménage.

Marx, dans La Guerre civile en France, saluera de nombreuses mesures de la Commune — mais pointera aussi, implicitement, ses hésitations fatales. La question de la presse en est une : un mois de tolérance envers des journaux qui coordonnaient ouvertement le moral versaillais, avant un demi-geste le 18 avril et des décrets tardifs en mai. La tradition de la gauche communiste y verra l'un des signes de la faiblesse constitutive de la Commune : un excès de respect pour la légalité bourgeoise au moment même où cette légalité servait d'arme à l'ennemi.

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Événement
1871
11 mai 1871 — Siège du journal "L'Anonyme"
p 321
Le journal l'Anonyme fut interdit pendant la Commune de 1871 ; il en était paru 2 numéros
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Événement
1871
2 avril 1871 — Siège du Comité central de la Garde nationale
p 327-328
Premier transfert du siège du Comité central de la Garde nationale depuis l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
mai 1871 — Cachette de Francis Jourde
p 333
Arrestation de François ou Francis Jourde, délégué aux Finances de la Commune. Il sera condamné à mort à deux reprises avant d'être finalement déporté en Kanaky d'où il s'évadera
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Événement
Événement
1871
Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 333
Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais …

Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais sans doute à tort

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Événement
1880
1880 — Demeure d'Albert Theisz (ouvrier ciseleur sur bronze, mort le 10 janvier 1881)
p 333
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Événement
1871
1871 — Demeure et atelier d'Albert Theisz
p 333
Demeure d'Albert Theisz, membre de la Commune, nommé par elle directeur des Postes, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Alfred-Édouard Billioray
p 333
Demeure d'Alfred-Édouard Billioray, membre de la Commune, délégué aux Services publics puis aux Finances. Vote pour le Comité de Salut public. Arrêté, il s'évade mais est repris. Déporté en Nouvelle Calédonie où il meurt
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Événement
Événement
1870
1870 — Demeure d'Augustin Avrial et de Louise Talbot
p 333-342
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Émile Clément
p 333
Demeure d'Émile Clément, membre de la Commune ; délégué aux Subsistances. Il sera arrêté par le Comité de Salut public pour avoir eu une attitude ambiguë sous l'Empire
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Événement
1871
Événement
1862
Événement
1871
1871 — Demeure de François-Charles Ostyn
p 333-342
Demeure de François-Charles Ostyn, membre de la Commune, délégué aux Services publics, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
Événement
1885
1885 — Demeure de Jean Baptiste Clément
p 333
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Événement
1868
1868 — Demeure de Léo Fränkel
p 333
Demeure de Léo Fränkel, internationaliste hongrois, membre de l'Association Internationale des Travailleurs, vote dans un premier temps pour le Comité de Salut public, mais signe finalement le Manifeste de la minorité
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Événement
1871
1871 — Demeure de Paul Philémon Rastoul
p 333
Demeure de Paul Rastoul, membre de la Commune, délégué aux Services publics, vote contre le Comité de Salut public. Il mourra noyé en 1875, en tentant de s'évader de Nouvelle Calédonie
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Événement
1871
1871 — Demeure de Raoul Urbain
p 333
Demeure de Raoul Urbain ; il va être à l'origine de l'application du décret des otages, manipulé par Barral de Montaud, un agent provocateur de Versailles
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Événement
1870
1870 — Demeure de Jules Vallès/Cachette d'Émile Oudet
p 333
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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 333
Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix. Quand Arnold procla …

Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix.

Quand Arnold proclame les noms des élus ce soir-là, les 38 membres du nouveau Comité central n'ont rien des chefs politiques habituels. Pas de tribuns connus, pas de notables. Ce sont des délégués issus des conseils de légion et des bataillons de chaque arrondissement — deux par arrondissement, plus un chef de bataillon par légion.

Leurs noms parlent peu à l'opinion : Assi, mécanicien à Creusot, Varlin, relieur, Maljournal, Clémence, Demeule, Géresme, Bouit. Sur les 38, une quinzaine appartiennent à l'Internationale ouvrière ou aux chambres syndicales. Quelques blanquistes. Des hommes qui ont fait leur apprentissage dans les réunions de bataillons pendant le siège, pas dans les cercles républicains bourgeois. C'est précisément ce qui les distingue de tous les comités révolutionnaires qui ont précédé.

Sur la question du commandement militaire, l'assemblée est unanime — à une voix près : elle refuse d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers, et proclame Garibaldi général en chef. Le héros de l'unité italienne déclinera le poste, mais le geste compte : le Comité central ne reconnaît d'autorité qu'à ses propres élus.

Trois jours plus tard, après l'insurrection du 18 mars, ces 38 inconnus se retrouveront à l'Hôtel de Ville, à gouverner Paris. Ils convoqueront les élections de la Commune, lèveront l'état de siège, rétabliront la liberté de la presse, suspendront les expulsions. Leur légitimité : le suffrage des bataillons populaires de Paris.

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Événement
1871
mars 1871 — Ministère de la Justice/Siège de la Délégation à la Justice
p 333
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Événement
1871
18 mars 1871 — Hôtel de Ville (salle St Jean)
p 333
Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet. Vers vingt-trois heures, J …

Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet.

Vers vingt-trois heures, Jules Ferry abandonne l'Hôtel de Ville. Le bâtiment, déserté par le dernier représentant du gouvernement légal à Paris, est aussitôt investi par les fédérés. Au fronton, le drapeau rouge remplace le tricolore.

Dans la salle Saint-Jean, le Comité central de la Garde nationale prend ses quartiers. Brunel, Moreau, Varlin, Bergeret, Eudes, Duval, Rigault, Jourde — les hommes qui ont suivi la journée depuis Montmartre se retrouvent là, face à une responsabilité qu'aucun n'avait tout à fait anticipée. Paris est à eux. Versailles est en fuite.

Quelqu'un évoque une marche immédiate sur Versailles. L'idée est là, brûlante, logique même : Thiers n'a pas encore reconstitué ses forces, la route est ouverte. Mais le Comité hésite. Il n'a pas de mandat pour gouverner la France — seulement pour défendre la Garde nationale parisienne. Il annonce des élections municipales et s'en tient là.

Ce scrupule de légitimité, que ses adversaires interpréteront comme une faiblesse fatale, dit quelque chose d'essentiel sur ces hommes : révolutionnaires, oui, mais républicains d'abord.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Demeure de Léo Meilliet
p 333
Léo Meilliet héberge et abrite le général Chanzy pour le soustraire à la foule
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Événement
1871
1871 — Demeure de Jules Martelet
p 333
Membre de la Commune élu par le 14ème arrondissement, délégué aux Services publics ; réfugié en Suisse, en Belgique puis aux USA
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Événement
1871
1871 — Banque de France
p 333
Plœuc permet à Charles Beslay de s'enfuir en Suisse en l'y conduisant personnellement avec l'accord au moins tacite de Thiers ; renvoi d'ascenseur pour son attitude vis à vis de la Banque de France pendant la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Siège de l'état-major général de la Garde nationale
p 333
Prise du quartier général de l'état-major de la Garde nationale par 4 bataillons des Batignolles et de Montmartre réunissant 2 000 hommes ; Bergeret y installe sont propre état-major
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Événement
1871
28 mars 1871
p 333
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1893
13 septembre 1893 — Cimetière du Père Lachaise/Sépulture de Benoît Malon
p 333
Ouvrier teinturier devenu militant de l'Internationale, Benoît Malon est élu de la Commune ; exilé, il publie dès 1871 La Troisième Défaite du prolétariat français, puis fonde en 1885 La Revue socialiste. Il meurt à Asni …

Ouvrier teinturier devenu militant de l'Internationale, Benoît Malon est élu de la Commune ; exilé, il publie dès 1871 La Troisième Défaite du prolétariat français, puis fonde en 1885 La Revue socialiste. Il meurt à Asnières le 13 septembre 1893. Dix mille personnes accompagnent son corps au Père-Lachaise, dans la 76e division. En 1913, un monument destiné à recevoir ses cendres est élevé face au Mur des Fédérés, et Jean Jaurès y prend la parole.

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Événement
1900
17 juillet 1900 — Cimetière du Père Lachaise/Sépulture de Simon Dereure
p 333
Ouvrier cordonnier et membre de l’Internationale, Simon Dereure est maire adjoint du 18e arrondissement auprès de Clemenceau pendant le siège ; élu à la Commune, il vote pour le Comité de salut public, se bat sur les bar …

Ouvrier cordonnier et membre de l’Internationale, Simon Dereure est maire adjoint du 18e arrondissement auprès de Clemenceau pendant le siège ; élu à la Commune, il vote pour le Comité de salut public, se bat sur les barricades, puis s’exile en Suisse et à New York, condamné à mort par contumace. Revenu en 1880, militant du Parti ouvrier, il meurt à Paris le 18 juillet 1900, à 61 ans, « de privations et de misères » selon un orateur de ses obsèques. Incinéré au Père-Lachaise le 20, il a reposé au columbarium (87e division), case 1262, où ses amis du Parti ouvrier français posent une plaque en 1901 ; ses cendres en ont depuis été relevées.

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Événement
Événement
1894
1894 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe d'Henri Mortier
p 333
Blanquiste, membre du Comité central de la Garde nationale, Henri Mortier est élu de la Commune pour le XIe arrondissement. Condamné à mort par contumace, il s'exile et ne rentre qu'après l'amnistie. Mort en 1894, il rep …

Blanquiste, membre du Comité central de la Garde nationale, Henri Mortier est élu de la Commune pour le XIe arrondissement. Condamné à mort par contumace, il s'exile et ne rentre qu'après l'amnistie. Mort en 1894, il repose parmi les tombes de militants alignées face au Mur des Fédérés ; un médaillon de bronze orne sa tombe.

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Événement
1885
23 mai 1885 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Frédéric Cournet
p 333
Employé des chemins de fer et blanquiste, Frédéric Cournet commande un bataillon de la Garde nationale après la chute de l'Empire. Élu député en février 1871, il démissionne pour siéger à la Commune, aux commissions de l …

Employé des chemins de fer et blanquiste, Frédéric Cournet commande un bataillon de la Garde nationale après la chute de l'Empire. Élu député en février 1871, il démissionne pour siéger à la Commune, aux commissions de la Sûreté générale et de la Guerre, et s'oppose à l'exécution des otages. Exilé à Londres, il meurt à Paris le 23 mai 1885 ; des heurts avec la police marquent ses obsèques. Son buste de bronze est l'œuvre de Marguerite Syamour.

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Événement
1909
1909 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Paschal Grousset
p 333
Journaliste, rédacteur en chef de La Marseillaise de Rochefort, Paschal Grousset est élu de la Commune pour le XVIIIe arrondissement, délégué aux Relations extérieures et membre de la Commission exécutive. Déporté en Nou …

Journaliste, rédacteur en chef de La Marseillaise de Rochefort, Paschal Grousset est élu de la Commune pour le XVIIIe arrondissement, délégué aux Relations extérieures et membre de la Commission exécutive. Déporté en Nouvelle-Calédonie, il s'évade le 21 mars 1874 avec Rochefort et Jourde. Revenu après l'amnistie, romancier et traducteur, député socialiste de la Seine de 1893 à sa mort, il meurt à Paris le 9 avril 1909.

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Événement
1900
6 février 1900 — Cimetière Montparnasse/Tombe de Pierre Lavroff
p 333
Philosophe et mathématicien russe évadé de déportation, Pierre Lavrov arrive à Paris en 1870 et vit la Commune de l'intérieur, membre de la section des Ternes de l'Internationale ; elle l'envoie à Londres auprès de Marx, …

Philosophe et mathématicien russe évadé de déportation, Pierre Lavrov arrive à Paris en 1870 et vit la Commune de l'intérieur, membre de la section des Ternes de l'Internationale ; elle l'envoie à Londres auprès de Marx, et il organise à l'étranger des meetings de soutien. Figure de l'émigration révolutionnaire russe, il participe en 1889 à la fondation de la Deuxième Internationale et meurt à Paris le 6 février 1900. Un bloc de pierre brute marque sa tombe.

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Événement
1871
24 mai 1871 — Cimetière Montmartre/Tombe de Raoul Rigault (disparue)
p 333
Blanquiste condamné dix fois sous le Second Empire, Raoul Rigault est placé à la tête de la préfecture de police le 20 mars 1871, puis devient procureur de la Commune. Il fait arrêter des otages, dont l’archevêque Darboy …

Blanquiste condamné dix fois sous le Second Empire, Raoul Rigault est placé à la tête de la préfecture de police le 20 mars 1871, puis devient procureur de la Commune. Il fait arrêter des otages, dont l’archevêque Darboy. Le 23 mai, au début de la Semaine sanglante, il fait fusiller à Sainte-Pélagie l’avocat Gustave Chaudey, qui l’avait autrefois défendu et qu’il accuse d’avoir fait tirer sur les insurgés le 22 janvier, avec trois gendarmes ; le lendemain, selon le Maitron, il charge Genton d’exécuter l’archevêque et quatre otages. Le 24 mai, il est fusillé sans procès rue Gay-Lussac sur l’ordre d’un sergent versaillais ; il a 24 ans. Son corps, laissé plusieurs heures sur place, est rendu à son frère ; il aurait été inhumé au cimetière de Montmartre, où sa tombe n’a pas été retrouvée.

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Événement
1902
1902 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Raoul Urbain
p 333
Instituteur en Normandie puis à Paris, Raoul Urbain s'engage dans la Garde nationale pendant le Siège et s'active dès le 18 mars. Élu de la Commune pour le VIIe arrondissement, il est délégué à l'Enseignement. Condamné a …

Instituteur en Normandie puis à Paris, Raoul Urbain s'engage dans la Garde nationale pendant le Siège et s'active dès le 18 mars. Élu de la Commune pour le VIIe arrondissement, il est délégué à l'Enseignement. Condamné aux travaux forcés et déporté en Nouvelle-Calédonie, il rentre après l'amnistie et se consacre au mouvement coopératif. Il meurt à Paris le 4 mars 1902 ; son effigie en bronze orne sa tombe.

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Événement
1893
13 septembre 1893 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Benoît Malon
p 333
Benoît Malon est mort le 13 août 1893, à cinquante-deux ans, épuisé et malade, à Asnières. Ouvrier teinturier né dans le Forez en 1841, il avait appris à lire seul, s'était instruit en autodidacte, avait adhéré à la Prem …

Benoît Malon est mort le 13 août 1893, à cinquante-deux ans, épuisé et malade, à Asnières. Ouvrier teinturier né dans le Forez en 1841, il avait appris à lire seul, s'était instruit en autodidacte, avait adhéré à la Première Internationale et s'était battu pendant la Commune en défendant le 17e arrondissement. Condamné après la Semaine sanglante, il avait été déporté en Nouvelle-Calédonie. Il revenait en France avec l'amnistie de 1880.

Le 13 septembre 1893, un mois après sa mort, ses cendres sont transférées au cimetière du Père-Lachaise, dans la 76e division, face au mur des Fédérés. L'emplacement est chargé de sens: c'est là que, le 28 mai 1871, les derniers combattants de la Commune ont été fusillés au pied du mur du cimetière. C'est là que, depuis 1880, le mouvement ouvrier parisien vient se recueillir chaque année, le dernier dimanche de mai. Enterrer Malon face à ce mur, c'est une déclaration.

Malon avait fondé en 1885 la "Revue socialiste", journal de réflexion politique et sociale qui accueillit des textes de Jaurès, de Vandervelde, et joua un rôle important dans l'élaboration du socialisme républicain français. Il était l'auteur d'une "Histoire du socialisme" en plusieurs volumes, et d'un livre fondamental sur la Commune: "La Troisième défaite du prolétariat français" (1871), qui analysait les causes de l'échec avec une lucidité que peu d'acteurs de l'événement avaient montrée à chaud.

Sa pensée était celle d'un socialisme intégral, qui voulait dépasser la question de la propriété pour transformer l'ensemble des rapports humains: économiques, moraux, culturels. Il était en correspondance avec Marx, qui reconnaissait la valeur de son travail tout en critiquant son penchant pour le socialisme éthique.

Face au mur des Fédérés, Malon est en bonne compagnie: Varlin, Vallès et des dizaines d'autres communards ont leurs tombes ou leurs plaques dans les environs. La 76e division est le quartier de la mémoire rouge de Paris. Chaque dernier dimanche de mai, on s'y rassemble encore.

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Événement
1871
12 mai 1871 — Banque de France
p 351
Charles Beslay et Francis Jourde empêchent l'occupation de la Banque de France
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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 362-363
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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 362-363
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Événement
1871
12 mai 1871 — Mont de Piété (41 928 articles : 323 407 F)
p 362-363
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Événement
1871
11 mai 1871 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
p 365-366
La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rem …

La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rembouré 3

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Événement
1871
15 mai 1871 — Ministère des Travaux publics
p 366-368
Constitution d'une Commission d'enquête, constituée par 11 syndicats et l'Union des femmes, sur les ateliers abandonnés
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Événement
1871
1871 — Palais du Louvre (salle du Trône)
p 376
Un atelier de transformation des fusils dans la salle du Trône, et un de rayage des canons dans la grande galerie des tableaux, fonctionnent dans le palais du Louvre pendant la Commune. Les délégués à la direction en son …

Un atelier de transformation des fusils dans la salle du Trône, et un de rayage des canons dans la grande galerie des tableaux, fonctionnent dans le palais du Louvre pendant la Commune. Les délégués à la direction en sont élus

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Événement
1870
6 septembre 1870 — Palais du Louvre
p 380
Quand les canons prussiens tonnent à l'horizon, on découvre soudain que les tableaux ont une patrie. Deux jours séparent la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, de cette assemblée d'artistes réunis en urge …

Quand les canons prussiens tonnent à l'horizon, on découvre soudain que les tableaux ont une patrie.

Deux jours séparent la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, de cette assemblée d'artistes réunis en urgence au Palais du Louvre. Paris sait que les armées de Guillaume Ier approchent: le siège est imminent. Dans l'agitation du gouvernement de la Défense nationale, qu'occupent les appels aux armes et la réorganisation de l'État, personne n'a encore pensé aux musées ni aux collections nationales. C'est Gustave Courbet qui comble ce vide.

Courbet a cinquante et un ans. Réaliste intransigeant, fils de paysan franc-comtois, bête noire de l'Académie et de l'Empire pendant vingt ans, il voit dans la chute de Napoléon III une libération autant qu'un avertissement: la jeune République peut périr faute de savoir ce qu'elle défend. Le 6 septembre, devant ses pairs réunis en assemblée au Louvre, il propose la création d'une Commission de protection du patrimoine des musées parisiens et en accepte la présidence. Autour de lui figurent Daumier, Bracquemond, Feyen-Perrin, Geoffroy-Dechaume, Ottin père: l'art indépendant, celui qui n'avait pas attendu les commandes officielles, prend la garde du trésor national.

La Commission travaille sans éclat. Elle réorganise la surveillance des galeries, obtient que des gardes permanents soient postés dans les espaces les plus exposés, supervise l'emballage des oeuvres fragiles, inventorie les dépôts provinciaux. Pendant le siège, du 19 septembre 1870 au 28 janvier 1871, les obus prussiens frappent les faubourgs du sud; les Véronèse, les antiques du département des sculptures, les milliers de dessins et d'estampes traversent l'hiver intacts. La Commission est maintenue sans interruption sous la Commune.

Courbet, élu à l'assemblée communale, prend la présidence de la Fédération des artistes de Paris le 13 avril 1871. Il défend les collections contre les ventes précipitées comme contre les destructions idéologiques. Sur la colonne Vendôme, monument impérial qu'il juge une insulte aux peuples écrasés par les guerres de Bonaparte, il préconise le démontage et le transfert au musée des Arts et Métiers. La colonne est abattue le 16 mai 1871, sans ordre précis de sa part.

La défaite de la Commune lui coûte tout. Incarcéré à Sainte-Pélagie puis interné à Versailles, condamné à financer la reconstruction de la colonne, ruiné, il s'exile en Suisse en juillet 1873. Il meurt à La Tour-de-Peilz, sur le lac Léman, le 31 décembre 1877, à cinquante-huit ans. Le Louvre, qu'il avait gardé sous les obus, ne lui ouvre ses cartels qu'un siècle après sa mort.

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Événement
1871
10 avril 1871 — École de Médecine
p 381-382
Première assemblée d'un mouvement inédit — les peintres, sculpteurs et graveurs de Paris prennent en main l'organisation de leur propre monde. Quatre jours plus tôt, Gustave Courbet avait publié dans le Journal officiel …

Première assemblée d'un mouvement inédit — les peintres, sculpteurs et graveurs de Paris prennent en main l'organisation de leur propre monde.

Quatre jours plus tôt, Gustave Courbet avait publié dans le Journal officiel de la Commune un appel lyrique aux artistes — un texte qui les conviait à se mettre au service de la Révolution et, surtout, à s'organiser eux-mêmes, hors de toute tutelle étatique. Ce 10 avril 1871, quatre cents d'entre eux répondent présents dans l'amphithéâtre de l'École de Médecine.

On discute, on débat. Une seconde réunion aura lieu le 13 avril au même endroit — la scène qu'immortalisera un dessin conservé aujourd'hui à Carnavalet. Le 14, la Fédération des artistes de Paris se constitue officiellement. Le principe retenu est démocratique jusqu'au bout : aucun membre nommé d'en haut, un comité de direction de quarante-sept membres, élu au suffrage universel par l'ensemble des artistes adhérents. L'élection est fixée au 17 avril, et se tiendra au Louvre — dans la salle des Antiques du musée que la Fédération entend précisément rouvrir.

La mission est ambitieuse. La Fédération publiera une déclaration appelant à l'organisation libre des arts, sans hiérarchie académique : commandes ouvertes à tous, musées rouverts au public, et même la diffusion de l'art hors des cercles parisiens — affiches dans les mairies de village, reproductions accessibles, ce que la déclaration appelle le « luxe communal ». L'Officiel des Arts paraîtra quelques numéros.

Dans le futur Comité siégeront côte à côte des noms célèbres et des artisans du dimanche — Courbet, Corot, Daumier, Manet, Millet, Dalou, André Gill, Pottier, Oudinot. C'est là l'originalité du projet : rompre avec le système des Prix de Rome et des commandes d'État qui faisait de l'art une affaire de notables.

La Fédération fonctionnera jusqu'à la Semaine sanglante. Courbet sera arrêté le 7 juin, jugé responsable de la colonne Vendôme, condamné et finalement ruiné. L'idée d'une organisation autonome des artistes, elle, survivra.

Réunion de la Fédération des artistes 13 avril 1871, amphithéâtre de l'École de Médecine, Carnavalet

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Événement
1871
17 avril 1871 — Musée du Louvre
p 382-383
Première assemblée de la Fédération des Artistes favorables à la Commune
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Événement
1871
16 avril 1871 — Alcazar d'Hiver
p 383-384
On imagine mal, aujourd'hui, un bataillon composé d'acteurs de boulevard, de chansonniers, d'artistes lyriques et de souffleurs. C'est pourtant ce que la Commune va mettre sur pied, entre deux réunions d'avril, à l'ombre …

On imagine mal, aujourd'hui, un bataillon composé d'acteurs de boulevard, de chansonniers, d'artistes lyriques et de souffleurs. C'est pourtant ce que la Commune va mettre sur pied, entre deux réunions d'avril, à l'ombre des lustres de l'Alcazar.

Il ne faut pas confondre. Trois jours plus tôt, Gustave Courbet a rassemblé les peintres, sculpteurs et graveurs dans l'amphithéâtre de l'École de médecine : c'est la Fédération des artistes, celle de la peinture. Ce 16 avril, c'est l'autre monde qui se lève — celui du spectacle. Musiciens de fosse, chanteurs de café-concert, comédiens de l'Ambigu, auteurs dramatiques à gages. William Serman, dans La Commune de Paris, signale deux assemblées à quarante-huit heures d'écart, les 16 et 18 avril, qui forment ensemble la Fédération artistique. L'objet est double : constituer une corporation — mutuelle, entraide, défense des cachets — et lever un bataillon spécifique de la Garde nationale.

La seconde réunion, le 18, se tient à l'Alcazar, le café-concert du 10 rue du Faubourg-Poissonnière. Le directeur des lieux, Goubert, est partie prenante. Saint-Aubin, artiste de l'Ambigu, préside. Le secrétariat échoit à Paul Burani, auteur dramatique de vingt-six ans, futur parolier de Paulus et d'Yvette Guilbert. À ses côtés, on reconnaît Jules Pacra — chanteur, typographe, l'une des figures populaires du Quartier Latin — et l'artiste lyrique J. Arnaud. Pour la partie militaire, Monplot est désigné commandant.

Qu'on ne s'y trompe pas : ces hommes ne jouent pas à la révolution. Pendant les sept semaines qui suivent, ils donnent au Grand-Hôtel des concerts au profit des blessés, montent des spectacles patriotiques, tiennent les barricades quand vient la Semaine sanglante. L'Alcazar fermera ses portes en juin, rouvrira l'année suivante comme si rien ne s'était passé. Plusieurs fédérés artistiques, dont Burani, échapperont de justesse à la répression — pour signer, dans les décennies qui suivent, quelques-unes des chansons qui feront fredonner Paris.

Annonce de la réunion des artistes en vue de la formation de la Fédération artistique, JO du 16 avril 1871, BnF

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Événement
1871
12 mai 1871 — Première école professionnelle pour jeunes filles
p 388-389
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Événement
1871
6 mai 1871 — Première école professionnelle pour garçons
p 389
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Événement
1871
5 mai 1871 — Chapelle expiatoire
p 395
Décret de la Commune, daté du 16 floréal an 79, ordonnant de raser la Chapelle expiatoire ; il ne sera jamais appliqué, seules les chaînes qui l'entouraient seront supprimées
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Événement
1871
27 avril 1871 — Chapelle Bréa/Salle de Juin (pendant la Commune)
p 395
Meilliet propose de raser la chapelle Bréa, symbole de la répression de juin 1848, Arnould et Clément sont contre ; le décret voté ne fut jamais exécuté
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Événement
1871
13 mai 1871 — Église St Honoré d'Eylau
p 396
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Événement
1871
13 mai 1871 — Église Notre-Dame de Lorette
p 396
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Événement
1871
Événement
1871
1871 — Église St Pierre de Montmartre/Atelier de confection militaire
p 396
Sous la Commue, l'église est transformée en atelier de confection militaire où travaillent 50 femmes, puis en magasin de munitions ; elle abrite aussi une école professionnelle de jeunes filles
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Événement
1871
10 mai 1871 — Palais des Tuileries/Salle des maréchaux
p 398
Arrestation durant 3 jours de Victor Schœlcher, libéré par Raoul Rigault
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Événement
1871
6 avril 1871 — Librairie Lachâtre/Ligue d'Union républicaine pour les droits de Paris (où se recueillent les adhésions)
p 439
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Événement
1871
24 avril 1871 — Théâtre du Châtelet
p 443
À la délégation maçonnique qui lui reproche de « sacrifier Paris », Thiers rétorque sèchement : « Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. » Le 24 avril 1871, le th …

À la délégation maçonnique qui lui reproche de « sacrifier Paris », Thiers rétorque sèchement : « Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. »

Le 24 avril 1871, le théâtre du Châtelet, place du Châtelet dans le 1er arrondissement, accueille une foule inhabituelle. Des centaines de francs-maçons et de curieux se pressent dans la grande salle. Les délégués rentrés de Versailles le jour même doivent rendre compte de leur mission. Le résultat tient en un mot : échec.

Depuis le 8 avril, les loges parisiennes travaillent à la conciliation. Au nom de « l'humanité, de la fraternité et de la Patrie désolée », elles tentent d'obtenir un cessez-le-feu entre la Commune et Versailles. L'initiative est partie de la loge des Disciples du Progrès, qui a rédigé un manifeste approuvé par les Conseils de l'Ordre présents dans la capitale. Les francs-maçons se voient en médiateurs naturels : des frères siègent des deux côtés, à l'Hôtel de Ville comme à l'Assemblée nationale. C'est un réseau transversal, habitué à parler aux pouvoirs.

Le 22 avril, une délégation maçonnique se rend à Versailles avec les représentants des municipalités de Sceaux et de Saint-Denis, ceux de l'Union républicaine et des loges. Ils demandent au moins une trêve, le temps de soustraire les populations suburbaines aux bombardements. Thiers accorde une suspension d'armes le 25, dans le secteur de Neuilly — le temps d'évacuer les habitants, avant que le canon ne reprenne. Quant aux droits de Paris, aux libertés municipales, à toute négociation de fond — c'est non. Thiers ne veut rien céder. La loi municipale du 14 avril, que les maçons considèrent comme une provocation, restera en vigueur. Et lorsque les délégués lui reprochent de se conduire comme s'il était « résolu à sacrifier Paris », le chef du gouvernement lâche sa phrase terrible : « Il y aura quelques maisons de trouées, quelques personnes de tuées, mais force restera à la loi. »

C'est cette réponse que les délégués rapportent au Châtelet, le 24. L'exposé déchaîne la colère de l'assistance. Une vive discussion s'engage. Les uns proposent de prendre les armes sur-le-champ et de rejoindre le camp des communeux, où de nombreux frères combattent déjà. Les autres, attachés aux principes humanitaires de l'Ordre, veulent persévérer dans la voie pacifique — organiser une pression de l'opinion grâce aux frères de province, ou monter une grande démonstration où tous les maçons, bannières en tête, iraient s'interposer entre les combattants.

L'assemblée ne tranche pas ce soir-là. Elle se retrouvera au même endroit le 26, pour voter une résolution menaçante : si Versailles ne prend pas sous quarante-huit heures des mesures de pacification, les bannières seront plantées sur les remparts. Le 29 avril, six mille frères de cinquante-cinq loges défileront jusqu'à la Porte Maillot et planteront leurs étendards sur les fortifications. Le soir même, les obus versaillais trouent les bannières. De médiateurs, les francs-maçons deviennent combattants.

La scène du Châtelet est un de ces moments où l'on voit basculer les esprits. La médiation supposait un interlocuteur prêt au compromis. Thiers, lui, est « résolu » — le mot est le sien — à écraser la Commune par la force. Marx le notera dans La Guerre civile en France : Versailles n'a jamais voulu négocier, parce que négocier aurait impliqué de reconnaître Paris comme sujet politique. La brutalité du refus ne laisse aux maçons que deux options : se taire ou se battre. En quelques jours, la plupart choisiront la seconde.

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Événement
1871
26 avril 1871 — Hôtel de Ville
p 444
Déclaration de soutien des francs-maçons à la Commune par une députation de 2 000 membres. Vallès offre son écharpe à la délégation, qui reçoit également un drapeau rouge
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Événement
1871
26 avril 1871 — Théâtre du Châtelet
p 444
Nouvelle réunion des francs-maçons, qui cette fois appelle à soutenir la Commune
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Événement
1908
16 août 1908 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Walery Antoni Wróblewski
p 470
Il refusa le commandement en chef de la Commune mourante, et se battit jusqu'à la fin dans les rangs comme simple soldat. Walery Antoni Wróblewski naît le 27 décembre 1836 dans le gouvernement de Grodno, alors sous domin …

Il refusa le commandement en chef de la Commune mourante, et se battit jusqu'à la fin dans les rangs comme simple soldat.

Walery Antoni Wróblewski naît le 27 décembre 1836 dans le gouvernement de Grodno, alors sous domination russe. Issu de la petite noblesse polonaise, il fait ses études à l'Institut des Eaux et Forêts de Saint-Pétersbourg, mais c'est la politique qui l'absorbe. En 1863, il prend part à l'insurrection de Janvier : le soulèvement national polonais contre le tsar Alexandre II. Blessé, condamné par contumace, il s'exile à Paris en 1864.

Il vit là de petits travaux, touche à l'agitation socialiste, fréquente les milieux de l'émigration polonaise et internationale. Paris, en 1871, lui donne une occasion inattendue. Le 18 mars, quand la Commune s'empare de la capitale, Wróblewski s'engage aussitôt. Nommé général fédéré, il reçoit le commandement du secteur sud de Paris. Sous ses ordres, le 101e bataillon, composé d'ouvriers des 5e et 13e arrondissements, tient ses positions.

Les 24 et 25 mai 1871, lors de la Semaine sanglante, les troupes versaillaises convergent vers la Butte aux Cailles. Wróblewski organise la défense du plateau et résiste victorieusement à l'avancée ennemie pendant deux jours, alors que le reste de Paris tombe quartier par quartier. Lorsque la situation devient intenable et que les officiers supérieurs de la Commune sont morts ou hors de combat, on lui propose le commandement en chef de ce qui reste de l'armée communarde. Il refuse : il n'y a plus, dit-il, assez d'hommes capables de combattre de manière disciplinée. Il finit la Semaine sanglante à fusil dans les mains, aux côtés des derniers combattants.

Exilé à Londres, Wróblewski rejoint le Conseil général de l'Association internationale des travailleurs : la Première Internationale, celle de Marx. Les deux hommes se fréquentent ; Marx tient Wróblewski en haute estime, voyant en lui l'incarnation vivante du lien entre la lutte nationale polonaise et la cause internationale du prolétariat. Marx avait lui-même suivi avec passion la défense de la Butte aux Cailles.

Après l'amnistie de 1880, Wróblewski rentre en France. Il vit difficilement, dans l'oubli relatif que l'histoire réserve aux vaincus. Il meurt en août 1908. Le mouvement ouvrier ne l'a pas oublié : il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 16 août, dans la 76e division, face au Mur des Fédérés, là où reposent les figures de la Commune et où le 1er mai les cortèges viennent encore déposer des gerbes.

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Événement
1891
1891 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe d'Auguste Okolowicz
p 470
Ancien militaire en Pologne et chanteur, Auguste Okolowicz — dont quatre frères combattent aussi pour la Commune — commande un bataillon fédéré puis entre à l'état-major de Dombrowski ; c'est lui qui aurait placé un drap …

Ancien militaire en Pologne et chanteur, Auguste Okolowicz — dont quatre frères combattent aussi pour la Commune — commande un bataillon fédéré puis entre à l'état-major de Dombrowski ; c'est lui qui aurait placé un drapeau rouge dans les mains du Génie de la Bastille en mars 1871. Blessé, nommé général, pris pendant la Semaine sanglante, il s'évade de Satory en septembre. Exilé en Belgique, il rentre en 1879, dirige une fabrique de porcelaine et meurt en 1891 à Couilly-Pont-aux-Dames.

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Événement
1871
16 mai 1871 — Colonne Vendôme (érigée en 1810)
p 471
Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine. La colonne se dr …

Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine.

La colonne se dresse au centre de la place Vendôme, là où se trouvait la statue équestre de Louis XIV, abattue en 1792. Napoléon Ier l’a fait élever de 1806 à 1810 pour commémorer Austerlitz, à l’imitation de la colonne Trajane de Rome : quarante-quatre mètres de haut, un fût de pierre gainé de 425 plaques de bronze qui déroulent en spirale les batailles de la campagne. Le métal vient, dit-on, de 1 200 canons pris aux Russes et aux Autrichiens ; chiffre gonflé par la propagande, les historiens comptant environ 130 canons pris à Austerlitz. Au sommet, l’empereur en César. Descendue en 1814, la statue a été fondue ; Napoléon III en a fait replacer une copie en 1863.

Au lendemain du 4 septembre 1870, Gustave Courbet, chargé de veiller sur les musées pendant la guerre, propose au gouvernement de la Défense nationale de « déboulonner la colonne » et d’en récupérer le métal ; il la verrait bien relevée aux Invalides, coiffée d’un bonnet phrygien, en hommage à la République universelle. La demande reste sans suite.

La Commune va plus loin. Le 12 avril 1871, après un appel de Jules Vallès dans Le Cri du peuple, elle adopte la proposition de Félix Pyat : la colonne, « monument de barbarie », « symbole de force brute et de fausse gloire », « insulte permanente des vainqueurs aux vaincus », sera abattue, et non déboulonnée. Courbet, élu au conseil de la Commune le 16 avril seulement, n’a pas pris part au vote. Karl Marx l’avait prédit en 1852 : si le manteau impérial tombait un jour sur les épaules de Louis Bonaparte, la statue de Napoléon tomberait du haut de la colonne. La place Vendôme devient place Internationale. La chute, prévue pour le 5 mai, anniversaire de la mort de l’empereur, est repoussée à plusieurs reprises par la guerre contre Versailles.

Dessin aquarellé : sur la place Vendôme, une foule entoure le piédestal de la colonne, pavoisé de drapeaux rouges

Le 16 mai, la foule envahit la place. On a posé des câbles, et disposé des fascines pour amortir la chute ; l’ingénieur Iribe dirige l’opération, qui ne va pas sans difficultés. À 17 h 30, la colonne s’abat. Le photographe Bruno Braquehais, dont l’atelier du boulevard des Capucines est à deux pas, en fixe les préparatifs, puis l’empereur à terre ; des fédérés posent en groupe devant le monument. Le globe de la Victoire, qui datait de 1810, est perdu.

Photographie : une foule de gardes nationaux, de curieux et d’enfants pose, debout sur les débris de la colonne abattue

Ces images se retournent contre leurs modèles : après la Semaine sanglante, les autorités saisissent les photographies de la chute de la colonne pour identifier les communards. Courbet, qui a démissionné le 24 mai pour protester contre l’exécution de son ami Gustave Chaudey, est arrêté le 7 juin. On croit le reconnaître sur un cliché, sans certitude. Un conseil de guerre le condamne à six mois de prison pour avoir « provoqué comme membre de la Commune la destruction de la colonne ». « On ne s’oppose pas à deux millions d’individus », plaide-t-il ; c’est lui, assure-t-il, qui a fait poser les fascines pour limiter les dégâts.

En mai 1873, sous la présidence du maréchal de Mac Mahon, une loi met la reconstruction de la colonne à la charge du peintre : 323 091,68 francs. Ruiné, ses biens sous séquestre, ses toiles confisquées, Courbet passe en Suisse. Il meurt à La Tour-de-Peilz le 31 décembre 1877, à la veille de l’échéance de la première traite. La colonne, rebâtie de 1873 à 1875, a retrouvé son César.

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Événement
1871
Événement
1870
1870
p 476
Position du plus gros canon français du siège, appelé "la Joséphine", portant à 9 000 m
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Événement
1871
16 avril 1871 — Prison militaire du Cherche-Midi/Cour martiale de la Commune
p 480
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Événement
1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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Événement
1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871 — Barricade sous la Commune
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871 — Barricade sous la Commune/Barricade dite de la rue de la Paix
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871 — Barricade sous la Commune
p 484
Le 12 avril 1871, la Commune ordonne l'édification de dix-huit barricades fortifiées et armées de canons aux points stratégiques de Paris — Bastille, Hôtel de Ville, place de l'Opéra, avenue Foch, place Charles-de-Gaulle …

Le 12 avril 1871, la Commune ordonne l'édification de dix-huit barricades fortifiées et armées de canons aux points stratégiques de Paris — Bastille, Hôtel de Ville, place de l'Opéra, avenue Foch, place Charles-de-Gaulle, boulevard Beaumarchais, place Vendôme, rue de Rivoli, et une dizaine d'autres. La ville se prépare à l'assaut versaillais qu'elle sait inévitable depuis que Thiers a refusé toute négociation.

Ce même jour, Napoléon Gaillard est nommé colonel et reçoit les pleins pouvoirs pour organiser les barricades des 1er et 20e arrondissements. L'homme est cordonnier de métier — compagnon du Devoir sous le nom de "Nîmois le Loyal", inventeur breveté d'une forme anatomique de chaussure, militant de Belleville depuis les années 1848. Rien ne le prédestinait à devenir ingénieur militaire. Mais il conçoit les barricades autrement que ses prédécesseurs : non plus un simple amas de pavés perpendiculaire à la rue, facilement contournable, mais un système défensif en profondeur — fossé large, chemin couvert, double masse de terre compactée dans des sacs et des tonneaux, embrasures pour les canons, fortifications secondaires en retrait. Une barricade comme un fort en miniature.

Sa plus grande réalisation s'élève à l'angle de la rue de Rivoli et de la rue Saint-Florentin, sur près de deux étages, avec bastion, redan et courtine. On l'appelle aussitôt, avec une ironie qui dit l'admiration mêlée de moquerie, le "Château-Gaillard". C'est la seule des dix-huit barricades fortifiées que les troupes versaillaises ne parviendront pas à contourner lors de la Semaine sanglante. Toutes les autres seront débordées.

Les critiques ne manquent pas. Le directeur du Génie, Roselli-Mollet, lui reproche d'avoir fortifié des arrondissements peu menacés au détriment des points stratégiques réels — Trocadéro, Arc de Triomphe, butte Montmartre. Rossel, qui l'a nommé, balaie ces objections. Gaillard démissionne le 15 mai, contesté et épuisé, huit jours après Rossel lui-même.

Il fuira en Suisse lors de la Semaine sanglante, sera condamné par contumace à la déportation, finira concierge à Paris après l'amnistie de 1880. Une loge de concierge — voilà tout ce que la Commune avait rapporté au constructeur en chef des barricades.

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Événement
1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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Événement
1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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Événement
1871
12 avril 1871 — Barricade sous la Commune
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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1871
12 avril 1871
p 484
Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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Événement
Événement
1871
17 mai 1871
p 490
Explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp suite à un sabotage des agents versaillais restés à Paris ; elle fait une quarantaine de victimes. La Commune adopte leurs familles
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1871
21 mai 1871 — Palais des Tuileries
p 491
Aux Tuileries, Agar récite Victor Hugo et la Bordas chante « La Canaille ». À l’autre bout de Paris, les Versaillais franchissent les remparts. Depuis que la Commune est maîtresse des Tuileries, l’ancien palais impérial …

Aux Tuileries, Agar récite Victor Hugo et la Bordas chante « La Canaille ». À l’autre bout de Paris, les Versaillais franchissent les remparts.

Depuis que la Commune est maîtresse des Tuileries, l’ancien palais impérial s’est ouvert au peuple. On y donne des fêtes et des concerts, dans le salon des Maréchaux comme au jardin, au profit des blessés de la Garde nationale, des veuves et des orphelins des fédérés. La Fédération des artistes du spectacle, qui veut rendre du travail aux chanteurs et aux comédiens, participe activement à leur organisation. Le 6 mai, le 10 mai, le 18 mai, où l’on donne trois concerts à la suite, la foule se presse dans les salons de l’Empereur déchu.

Le dimanche 21 mai 1871, un dernier grand concert est donné, au jardin cette fois, au profit des veuves et des orphelins. Deux vedettes de la Commune sont à l’affiche. La tragédienne Agar, de la Comédie-Française, lit des passages des « Châtiments », le réquisitoire en vers de Victor Hugo contre Napoléon III ; le 6 mai déjà, elle était venue réciter « La Marseillaise » aux Tuileries. La chanteuse Rosa Bordas, « la Bordas », qui s’est fait connaître au Grand Concert parisien et au théâtre du Châtelet, entre en scène vêtue d’un péplos blanc, enveloppée dans un grand drapeau rouge, et chante « La Canaille », la chanson des pauvres qui revendiquent fièrement le nom qu’on leur jette au visage.

Au même moment, vers trois heures, un agent versaillais fait signe aux assiégeants depuis le rempart du Point-du-Jour : le bastion n’est plus gardé. Deux heures plus tard, les premiers soldats entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Au jardin, on écoute la musique en tâchant d’oublier la canonnade ; personne ne sait encore rien ; le soir, le délégué à la Guerre, Delescluze, fait même afficher que l’ennemi est repoussé. C’est le premier jour de la Semaine sanglante.

Deux jours plus tard, le 23 mai, les communards Bergeret, Bénot et Boudin font entrer dans la cour des fourgons de poudre, de pétrole et de goudron, et mettent le feu au palais. Les Tuileries brûlent jusqu’au 26 mai ; leurs ruines seront rasées en 1883.

Les artistes paient le prix de leur engagement. On fait de ces soirées un crime à Agar, qui se défend simplement : elle est, dit-elle, « partout où je puis être en aide aux malheureux ». Elle doit quitter la Comédie-Française en 1872 ; il lui faudra six ans d’ostracisme avant d’y être rappelée. La Bordas tombe dans l’oubli ; quand elle remonte sur scène, trois ans plus tard, la presse conservatrice l’éreinte.

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Événement
1871
21 mai 1871
p 491
Les versaillais entrent dans Paris grâce aux signaux que leur fait l'ingénieur civil Ducâtel, un mouchard envoyé par le général Douay, leur indiquant l'absence de gardes sur les fortifications
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Événement
Événement
1871
22 mai 1871 — État-major des troupes versaillaises
p 492 & 495
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 494-496
Prise par les troupes versaillaises du général Clinchant de la barricade de la place Clichy, tenue par des Fédérés des Batignolles, équipée de 8 canons et 2 mitrailleuses
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade St Laurent)
p 495
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Événement
1871
23 mai 1871 — Église St Pierre du Petit Montrouge/Ambulance pendant la Commune
p 495
Siège du Club Montrougien, ambulance et poste de guet pendant la Commune ; un canon avait été hissé dans le clocher ; il s'y déroula de violents combats pendant la Semaine sanglante ; 37 Fédérés furent fusillés sous le p …

Siège du Club Montrougien, ambulance et poste de guet pendant la Commune ; un canon avait été hissé dans le clocher ; il s'y déroula de violents combats pendant la Semaine sanglante ; 37 Fédérés furent fusillés sous le porche

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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 496 & 501
Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent a …

Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent au combat

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Événement
1871
23 mai 1871
p 496 & 501
Centre de résistance Rive Gauche pendant la Semaine sanglante. Il sera contourné par les troupes versaillaises et pris à revers le 24 mai
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Événement
1871
Événement
1871
Événement
Événement
1871
Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade sous la Commune
p 501
Plus importante barricade de Paris pendant la Commune contournée par les versaillais
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 503
Incendie de l'Hôtel de Ville à l'initiative de Jean-Louis Pindy (Pendy). Il y aura 238 bâtiments incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante
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1871
24 mai 1871 — Ancienne préfecture de police
p 503
Incendie de la préfecture de police. Elle déménagera dans la caserne de la Cité. 238 bâtiments sont incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante, dont certains par leur propriétaire, pour toucher les primes d'a …

Incendie de la préfecture de police. Elle déménagera dans la caserne de la Cité. 238 bâtiments sont incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante, dont certains par leur propriétaire, pour toucher les primes d'assurance

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Événement
1871
25 mai 1871 — Grenier d'abondance/Grenier de Réserve
p 503
Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versa …

Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versailles

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Événement
1871
24 mai 1871 — Palais Royal
p 503
Dans la nuit du 23 au 24 mai, trois foyers s’allument au Palais-Royal. Au matin, des voisins et des ouvriers de la Banque de France font la chaîne. Depuis le 21 mai 1871, l’armée versaillaise reconquiert Paris rue par ru …

Dans la nuit du 23 au 24 mai, trois foyers s’allument au Palais-Royal. Au matin, des voisins et des ouvriers de la Banque de France font la chaîne.

Depuis le 21 mai 1871, l’armée versaillaise reconquiert Paris rue par rue. Pour ralentir son avance, les communards commencent, le 23, à livrer au feu les grands bâtiments du pouvoir : les Tuileries, où l’on a disposé des barils de poudre au pied de l’escalier d’honneur, le palais de la Légion d’honneur, le palais d’Orsay. Ces brasiers tiennent à la fois, écrivent les historiens, de la stratégie du désespoir, d’un acte d’appropriation et de purification, et d’une sorte de fête apocalyptique ; dans une Commune en pleine déliquescence, bien des décisions relèvent d’initiatives locales.

Le Palais-Royal est l’un de ces symboles. Ancien Palais-Cardinal de Richelieu, résidence des Orléans, il était sous le Second Empire à la disposition de l’ancien roi Jérôme, l’oncle de Napoléon III. Après de violents combats dans le quartier, trois foyers y sont allumés dans la nuit du 23 au 24 mai, sur ordre du Comité de salut public ; Victor Bénot, qui a déjà mis le feu aux Tuileries, y joue un rôle majeur. Le même jour brûlent l’Hôtel de Ville, le Palais de justice, la Préfecture de police et des maisons des rues Saint-Honoré, de Rivoli et Royale.

Au Palais-Royal pourtant, le feu est maîtrisé dès le lendemain matin, grâce à quelques habitants du quartier et à une trentaine d’ouvriers de la Banque de France voisine. Seuls l’aile droite de la cour d’entrée et les étages du bâtiment central sont gravement endommagés ; le mobilier et les objets d’art souffrent bien moins qu’en 1848.

Selon l’historien Jean-Claude Caron, entre 216 et 238 bâtiments parisiens ont été détruits ou endommagés par le feu pendant la Semaine sanglante ; les derniers foyers ne sont éteints que le 2 juin. Pour les Versaillais, ces incendies prouvent la barbarie des communards, et surtout des communardes : c’est le mythe des « pétroleuses ». Paris y perd aussi une partie de sa mémoire, avec les archives parties en fumée : les deux collections de l’état civil parisien antérieur à 1860 disparaissent, l’une à l’Hôtel de Ville, l’autre au Palais de justice.

Le Palais-Royal, lui, est restauré à l’identique de 1872 à 1874. Il accueille alors le Conseil d’État, chassé du palais d’Orsay en ruine : il y siège toujours, aux côtés du Conseil constitutionnel et du ministère de la Culture.

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Événement
1871
25 mai 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 505
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1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (une des trois défendant le Panthéon)/Lieu de massacre de Communards
p 505
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (une des trois défendant le Panthéon)/Lieu de massacre de Communards
p 505
Violents combats pour défendre le Panthéon ; la barricade est contournée par les versaillais ; 400 Fédérés faits prisonniers sont fusillés après les combats
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Événement
1871
25 mai 1871 — Parc à canons du Marché St Martin
p 507
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Événement
1871
25 mai 1871 — Parc à canons du Marché St Martin
p 507
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite des Magasins Réunis)
p 507
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Événement
Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 507
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 508
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Événement
1871
26 mai 1871 — Embarcadère de Bel-Air/Viaduc ferroviaire de la Bastille
p 508
Les troupes versaillaises de la brigade Derroja prennent la Bastille à revers par le viaduc du Bel-Air
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 511
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 511
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 511
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 511
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Événement
1871
24 mai 1871
p 513
Arrestation et exécution du capitaine de Beaufort par le 66ème bataillon de la Garde nationale ; Delescluze intervient en vain
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Événement
1871
24 mai 1871 — Poste du 66ème bataillon de la Garde nationale
p 513-514
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Événement
1871
23 mai 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 513
Exécution de Gustave Chaudey, tenu responsable de la mort de Théodore Sapia lors de la tuerie du 22 janvier. Trois gendarmes sont fusillés en même temps que lui
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Événement
1871
26 mai 1871 — Chapelle des otages/Lieu de l'exécution des otages de la Commune
p 515-516
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Événement
1871
Événement
Événement
1871
26 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite de la rue des Partants)
p 515
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Événement
1871
26 mai 1871 — Mur des otages
p 515-516
Mur contre lequel furent fusillés les 50 otages de la rue Haxo ; massacre auquel tentèrent de s'opposer les membres de la Commune présents
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Événement
1871
27 mai 1871 — Prison de la Petite Roquette
p 516
Quatre otages, dont Mgr Surat, sont fusillés devant la prison de la Petite Roquette
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel Gay-Lussac/Demeure de Raoul Rigault
p 517-518
Arrestation de Raoul Rigault, Blanquiste, procureur de la Commune, à son domicile
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Événement
1871
22 mai 1871 — Caserne de Babylone/Lieu de massacre de Communards
p 517
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade Royer-Collard)
p 517-518
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Événement
1871
23 mai 1871 — Caveaux de l'église de la Madeleine/Lieu de massacre de Communards
p 517
Massacre de 300 Communards qui s'étaient réfugiés dans l'église de la Madeleine pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
24 mai 1871
p 517
Massacre de tous les défenseurs de la barricade ; 700 communards seront fusillés dans le secteur
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Événement
1871
25 mai 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs/Lieu de massacre de Communards
p 518
Massacre de combattants de la Commune blessés, attachés aux grilles de la Bourse. Furent fusillés ici un homme qu'on prit pour Gustave Lefrançais et un autre pour Auguste Serraillier
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Événement
1871
23 mai 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers/Lieu de massacre de Communards
p 518 & 522
Là où la Commune a commencé, les vainqueurs choisissent le lieu de leur vengeance : le mur du jardin de la rue des Rosiers. Montmartre, le 18 mars 1871. À l’aube, les soldats de Thiers sont venus reprendre les canons de …

Là où la Commune a commencé, les vainqueurs choisissent le lieu de leur vengeance : le mur du jardin de la rue des Rosiers.

Montmartre, le 18 mars 1871. À l’aube, les soldats de Thiers sont venus reprendre les canons de la Garde nationale parqués sur la Butte ; la foule s’y oppose, la troupe fraternise, et deux généraux, Claude Lecomte et Clément-Thomas, sont tués dans un jardin de la rue des Rosiers. La version officielle parle d’une exécution ; pour des historiens comme William Serman ou pour Lissagaray, c’est la foule qui les a abattus. Le gouvernement quitte Paris pour Versailles ; la Commune est née de cette journée.

Deux mois plus tard, le 21 mai, l’armée versaillaise entre dans Paris. Le 23 mai, elle concentre son effort sur Montmartre en contournant les barricades et les batteries tournées vers le sud. La Butte tombe presque sans combat, tant ses défenseurs sont désorganisés. La répression commence aussitôt. Les prisonniers sont conduits rue des Rosiers, devant le mur même où les deux généraux étaient tombés, et fusillés à genoux : quarante-deux hommes, trois femmes et quatre enfants. L’une des femmes exhorte ses compagnons à mourir debout.

Le même jour, rue Myrha, le général de la Commune Jarosław Dąbrowski est mortellement blessé. Dans l’après-midi, les Versaillais descendent de la Butte pour enlever les barricades des places Clichy, Blanche et Pigalle, défendues par une centaine de femmes, dont Louise Michel et Élisabeth Dmitrieff. Au même moment, les premiers grands incendies s’allument au centre de Paris.

Cinq jours plus tard, le 28 mai, les combats cessent. Eugène Varlin, l’un des chefs de la Commune, est reconnu et dénoncé par un prêtre rue Lafayette. On le conduit à Montmartre, rue des Rosiers, où il est fusillé à son tour.

Le nom de la rue n’a pas survécu. Réunie à la rue de la Fontenelle en 1868, elle devient en 1885 la rue de La Barre, puis en 1907 la rue du Chevalier-de-La-Barre : les anticléricaux de la IIIe République ont choisi le nom de ce jeune homme torturé et exécuté pour blasphème en 1766, alors que s’élevait au sommet de la Butte la basilique du Sacré-Cœur. Le jardin des fusillés se trouvait à la hauteur de l’actuel n° 36.

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Événement
1871
Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 518
Un enfant pris sur la barricade demande à porter sa montre à sa mère et revient se faire fusiller. Épisode sans doute situé ici par erreur par Guy de La Batut
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Événement
1871
24 mai 1871 — Séminaire St Sulpice (transformé en ambulance)/Lieu de massacre de Communards
p 519
Massacre dans leur lit d'une soixantaine de Communards blessés, et assassinat du docteur Faneau qui s'y opposait. Selon une autre version, il s'agissait du docteur Fano, jeune médecin espagnol
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Événement
1871
28 mai 1871
p 519
Onze fédérés sont fusillés sur ordre de Galliffet, simplement parce que leurs cheveux blancs indiquaient qu'ils avaient connu Juin 1848
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Événement
1871
27 mai 1871 — Demeure de Jules Antoine Moilin
p 520
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Événement
1871
28 mai 1871
p 520-521
Exécution d'Eugène Varlin, ouvrier relieur, fondateur de l'A.I.T. ; l'assassin Sicre vole sa montre pour s'en faire un trophée. Plusieurs personnes avaient déjà été exécutées à sa place par confudion
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Événement
1871
25 mai 1871 — Chevet de l'église des Petits Pères
p 520-521
Exécution de Jacques Durand, membre de la Commune et de l'A.I.T. ; et non pas à l'École militaire comme il est affirmé parfois. Il fut malgré tout condamné à la peine de mort par contumace en janvier 1873
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Événement
1871
26 mai 1871 — Marches du Panthéon
p 520
Exécution de Jean-Baptiste Millière avocat, journaliste et député de la Seine, n'ayant pas paticipé aux combats de la Commune, il est faussement accusé d'avoir tiré à trois reprises sur des soldats
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Événement
1871
28 mai 1871
p 520
On lui accorde une dernière faveur : épouser sa compagne, qui attend un enfant. Deux heures plus tard, il est fusillé. Tony Moilin a trente-neuf ans. Médecin, élève puis assistant de Claude Bernard, il s’est fait connaît …

On lui accorde une dernière faveur : épouser sa compagne, qui attend un enfant. Deux heures plus tard, il est fusillé.

Tony Moilin a trente-neuf ans. Médecin, élève puis assistant de Claude Bernard, il s’est fait connaître par son dévouement pendant l’épidémie de choléra de 1865 et par les soins qu’il donne aux pauvres dans des dispensaires de la rue de Rivoli et de la rue de Seine. Socialiste, nourri de Fourier, il a publié en 1869 une utopie, « Paris en l’an 2000 », où il imagine la capitale parcourue de rues-galeries. L’Empire l’a condamné en 1870 à cinq ans de prison dans l’affaire du « complot de Blois », sans doute montée par la police ; la chute de Napoléon III l’a libéré un mois plus tard. En janvier 1871, il signe l’Affiche rouge qui appelle à la Commune.

Pendant la Commune, il n’est pas élu au Conseil. Il sert comme chirurgien-major du 193e bataillon de la Garde nationale et fait office, quelques jours, de maire du 6e arrondissement. Cela suffit. Le 27 mai, alors que les derniers combats se livrent à Belleville, il est dénoncé, arrêté et condamné à mort le jour même par une cour martiale.

Le maire de l’arrondissement, Anne-Charles Hérisson, obtient pour lui une faveur. Le 28 mai au matin, Moilin épouse sa compagne, Lucie Marie Repiquet. Deux heures plus tard, il est fusillé dans le jardin du Luxembourg, devant le piédestal d’une statue de lion, à gauche de l’escalier qui descend vers l’allée de l’Observatoire. Malgré la promesse faite à sa veuve, son corps ne lui sera pas rendu : on le jette à la fosse commune, pour que sa tombe ne devienne pas un lieu de mémoire de la Commune.

Sa mort a frappé les contemporains, parce qu’elle punissait moins des actes qu’un homme et ses idées. Camille Pelletan lui consacre de longues pages dans « La Semaine de mai », son réquisitoire contre la répression versaillaise, et Eugène Pottier, l’auteur de « L’Internationale », cite son nom dans sa chanson « Elle n’est pas morte ! ».

Le Luxembourg n’en a pas fini avec les exécutions : le 4 juin encore, des fédérés sont fusillés au pied de la terrasse des Reines. Depuis 2003, une plaque apposée par le Sénat, qui siège dans le palais, rappelle leur mémoire.

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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
p 520-521
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
p 521 & 522
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1871
28 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 521-523
Cour martiale installée dans la prison de la Roquette pendant la Semaine sanglante ; entre 2 et 3 000 Fédérés pris dans le secteur du Père Lachaise y sont massacrés, dont certains à la mitrailleuse
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Événement
1871
25 mai 1871 — Palais du Luxembourg/Cour prévôtale
p 521-522
Cour martiale installée dans une salle du rez-de-chaussée du Palais du Luxembourg. Maxime Vuillaume est sauvé par un officier qu'il connaissait
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Événement
1871
24 mai 1871 — Gare du Nord/Cour prévôtale
p 521
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Événement
1871
23 mai 1871 — Théâtre du Châtelet/Cour prévôtale (dans le foyer, au 1er étage du Théâtre)
p 521
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervis …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervise

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Événement
1871
23 mai 1871 — Hôtel de Rothelin-Charolais/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 521
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante. En tout : 36 309 procès, 23 exécutions, 251 travaux forcés, 1169 enceinte fortifiée, 3417 déportations simples, 1247 réclusions perpétuelles, 3359 prison simple, 3313 …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante. En tout : 36 309 procès, 23 exécutions, 251 travaux forcés, 1169 enceinte fortifiée, 3417 déportations simples, 1247 réclusions perpétuelles, 3359 prison simple, 3313 contumace

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Événement
1871
23 mai 1871 — Collège de France/Cour prévôtale
p 521
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Événement
1871
26 mai 1871 — Prison de Mazas/Lieu de massacre de Communards
p 522
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Événement
1871
Événement
1871
30 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés/Lieu de massacre de Communards
p 522-523
Au pied du mur d’enceinte, où 147 fédérés sont fusillés le 28 mai 1871, la fosse reçoit ensuite des centaines d’autres corps, fusillés sur place ou amenés à pleines charretées, entassés sur trois rangs. Maxime Du Camp, h …

Au pied du mur d’enceinte, où 147 fédérés sont fusillés le 28 mai 1871, la fosse reçoit ensuite des centaines d’autres corps, fusillés sur place ou amenés à pleines charretées, entassés sur trois rangs. Maxime Du Camp, hostile à la Commune, décrit 148 insurgés de Mazas fusillés par escouades de dix : « Ils se prirent par la main et crièrent : Vive la Commune ! avant de mourir. » Un témoin cité par Pelletan entend des exécutions à la mitrailleuse chaque matin jusqu’au 7 juin ; Du Camp le nie, et ne compte que 878 corps, contre au moins 1 800 pour Pelletan ; l’historienne Danielle Tartakowsky en situe quelque 900 dans les fosses. Un arrêté du 8 juin 1871 y interdit croix et couronnes ; en 1883, on veut lotir le terrain ; en 1907 seulement, la Ville l’affecte à perpétuité aux fédérés.

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Événement
1871
24 mai 1871
p 522
Massacre de combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante, sur la terrasse du Bord de l'Eau
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Événement
1871
27 mai 1871 — Parc des Buttes Chaumont/Lieu de massacre de Communards
p 522
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Les exécutions ont lieu à la mitrailleuse
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Événement
1871
23 mai 1871 — Caserne Dupleix/Lieu de massacre de Communards
p 522
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Ils étaient interrogés par une cour prévôtale improvisée
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Événement
1871
24 mai 1871 — Lieu de massacre de Communards
p 522
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
25 mai 1871
p 522
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
p 522
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Un groupe de trente femmes sont fusillées
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Événement
1871
23 mai 1871 — Cimetière Montparnasse/Lieu de massacre de Communards
p 522
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
Événement
1880
20 juin 1880 — Mairie du 20ème arrondissement (à partir de 1875)
p 529
Premier membre de la Commune élu au conseil municipal ; avant-même l'amnistie qui n'est prononcée que le 21
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Événement
1872
7 avril 1872 — Cercle catholique d'ouvriers
p 549
Cercle créé par Albert de Mun après la Commune, afin de tenter de ramener la classe ouvrière dans le "droit chemin"
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Événement
1938
mai 1938 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 552
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Événement
1888
5 août 1888 — Salle Favié/Folies de Belleville
p 566
Il avait pris la parole à la salle Favié pour dire honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi... Il tomba. C'était sa dernière tribune. Émile Eudes était né en 1843 à Roncey dans la Manche. Il avait fait d …

Il avait pris la parole à la salle Favié pour dire honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi... Il tomba. C'était sa dernière tribune.

Émile Eudes était né en 1843 à Roncey dans la Manche. Il avait fait des études de pharmacie à Paris et s'était entièrement consacré à la politique blanquiste, ce courant révolutionnaire qui voyait dans l'insurrection armée et organisée le seul chemin vers l'émancipation ouvrière.

Pendant la Commune de Paris, il avait joué un rôle militaire décisif. Dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, avec Ranvier, il commandait les bataillons de Belleville qui rejoignirent ceux de Montmartre pour s'emparer de l'Hôtel de Ville et y hisser le drapeau rouge. Il fut l'un des généraux de la Commune.

Après la Semaine sanglante, l'exil, la condamnation à mort par contumace, puis la déportation, l'amnistie de 1880 lui permit de rentrer en France. Il fut l'un des fondateurs du Comité révolutionnaire central en 1881, aux côtés d'Édouard Vaillant et d'Ernest Granger, pour perpétuer l'héritage de Blanqui.

Le 5 août 1888, lors d'une réunion des blanquistes à la salle Favié, au 13 rue de Belleville dans le 19e arrondissement, il prit la parole. Il dit : "honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi..." et s'effondra. Il était mort à quarante-quatre ans, à la tribune de Belleville, le quartier qui avait été le sien depuis toujours.

Auguste Blanqui était mort en 1881, quelques semaines après avoir été libéré de prison. Eudes mourut en plein discours, sept ans plus tard, dans la même salle où il avait appris la politique de la révolte. Il ne finit pas sa phrase.

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Événement
Date imprécise — Demeure d'Henri de Rochefort
p 566
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Événement
1871
1871 — Hôtel de Salm/Hôtel de la Légion d'honneur/Quartier général d'Émile Eudes
p 566
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Événement
1871
5 janvier 1871
p 576
Premier obus prussien tombé sur Paris pendant le siège ; lieu cité en concurrence avec la rue Le Marois. Il en tombera environ 7 000 pendant le siège, de 200 à 500 par jour
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Événement
1871
5 janvier 1871
p 576
Une fillette est la première victime du bombardement de Paris par les prussiens. Ils feront une centaine de morts et 400 blessés et provoqueront des dégâts sur un millier de maisons
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Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 577
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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Événement
1870
31 octobre 1870 — Caserne Lobau/Souterrain de l'Hôtel de Ville
136-140
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
136-140
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. B …

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

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