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26 août 1944
Événement

Hemingway remet des carabines américaines aux FTP venus occuper le Ritz

Hôtel Ritz
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L’hôtel Ritz, place Vendôme, en 2010. Gzen92, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

« Libérateur du Ritz » : la légende est belle, et Hemingway n’a rien fait pour la démentir.

Le 26 août 1944, Paris est libre depuis la veille. Des combattants des Francs-tireurs et partisans (FTP) viennent occuper l’hôtel Ritz, place Vendôme. Ils y trouvent un Américain bien connu : Ernest Hemingway. D’après le récit qu’en donne Albert Ouzoulias dans « Les Bataillons de la jeunesse », l’écrivain leur remet des carabines américaines.

Hemingway connaît Paris mieux que la plupart des soldats alliés. Au début des années 1920, jeune correspondant du « Toronto Star », il habitait avec sa femme Hadley au 74 de la rue du Cardinal-Lemoine, fréquentait la librairie Shakespeare and Company, Gertrude Stein, Ezra Pound et James Joyce — ce Paris qu’il racontera à la fin de sa vie dans « Paris est une fête ». Le Ritz faisait déjà partie de ses habitudes : le Café Parisien, le bar réservé aux hommes que l’hôtel avait ouvert en 1921, y accueillait Cole Porter, Scott Fitzgerald et lui.

Revenu en Europe en juin 1944 comme correspondant de guerre, il suit l’avance alliée à sa manière, en tenue mi-militaire, mi-civile. À Rambouillet, il prend la tête d’un petit groupe de résistants — ce que les conventions de Genève interdisent à un correspondant ; formellement accusé, il s’en tirera en affirmant s’être contenté de donner des conseils. Reçu par le général Leclerc, il lui réclame un blindé de reconnaissance, deux ou trois jeeps et une demi-douzaine d’hommes pour « libérer le bar du Ritz » ; le général l’éconduit en le traitant de clown. Hemingway est bien à Paris le 25 août, jour de la capitulation allemande. Mais qu’il soit entré le premier dans la ville, ou qu’il ait libéré le Ritz à lui seul, relève de la légende plus que de l’histoire.

Le palace sort de quatre années étranges. Parce que son fondateur, César Ritz, et sa femme étaient suisses, l’hôtel aurait été traité comme un « territoire neutre » : la Luftwaffe n’en réquisitionne qu’une partie et installe son quartier général côté rue Cambon, tandis que son chef, Hermann Göring, s’attribue la suite impériale. L’hôtel continue de recevoir des clients : des marchands d’art qui pillent des œuvres pour la collection de Göring, l’actrice Arletty avec son amant, un officier allemand, Coco Chanel avec le sien. Mais il cache aussi, dans des pièces secrètes ou des chambres de bonne, des aviateurs alliés, des fugitifs, des Juifs, des résistants. Blanche Auzello, Américaine juive et épouse du directeur, aide la Résistance ; la Gestapo l’arrête et la torture en juin 1944.

Photographie : Hemingway et Janet Flanner attablés en uniforme à une terrasse
Ernest Hemingway et la journaliste américaine Janet Flanner, en uniforme de correspondants de guerre, aux Deux Magots en 1944 — Auteur inconnu — domaine public (Wikimedia Commons)

Hemingway, lui, profite de ses premiers jours de liberté parisienne pour renouer avec ses amis d’avant-guerre : il assiste à une réunion organisée par Sylvia Beach et se réconcilie avec Gertrude Stein. Puis il repart vers le front, jusqu’aux combats de la forêt de Hürtgen.

Il restera un habitué du Ritz. Depuis 1994, l’ancien petit bar de l’hôtel porte son nom ; on raconte que le Bloody Mary y fut inventé pour lui, afin que sa femme, Mary Welsh, ne sente pas l’alcool dans son haleine.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.