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Couverture — Histoire de la révolution du 18 mars
Bibliographie

Histoire de la révolution du 18 mars

LANJALLEY Paul/CORRIEZ Paul
Librairie internationale, 1871.
1 Fiches citant cet ouvrage
1871 Édition

Fiches citant cet ouvrage

1 fiche
Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 13-14
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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