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11 novembre 1940
Événement

Le 11 novembre 1940, lycéens et étudiants défient l’occupant devant la tombe du Soldat inconnu

Place de l'Étoile
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Le cortège des élèves de l’Institut agronomique à l’angle de l’avenue George-V et des Champs-Élysées, le 11 novembre 1940 : la seule photographie connue de la manifestation (musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne). Auteur inconnu — musée de la Résistance nationale (CC0, Wikimedia Commons)

L’occupant a interdit de célébrer le 11 novembre. Des milliers de lycéens et d’étudiants montent quand même à l’Étoile, aux cris de « Vive de Gaulle ! ».

L’automne 1940 est celui de la défaite. Paris est occupé depuis juin, et le 24 octobre, à Montoire, la poignée de main entre Pétain et Hitler a scellé la collaboration. Pour bien des jeunes, quelle que soit leur sensibilité politique, c’est une désillusion. Au Quartier latin, on trace des « V » sur les murs, on crie « Vive de Gaulle » dans les couloirs du métro, on porte une petite croix de Lorraine au cou. Le commandement allemand prohibe toute commémoration de l’armistice de 1918, « souvenir insultant pour le Reich » ; Vichy s’incline et fait du 11 novembre un jour de travail ordinaire. Depuis Londres, sur la BBC, de Gaulle appelle au contraire les Français à célébrer l’anniversaire de la victoire.

Tract dactylographié appelant à manifester
Tract communiste contre l’arrestation du physicien Paul Langevin par la Gestapo, le 30 octobre 1940, qui appelle à manifester le 11 novembre (La Contemporaine) — Auteur inconnu — La Contemporaine (CC0, Wikimedia Commons)

Le 11 novembre 1940, dès 5 h 30, trois membres du réseau du musée de l’Homme déposent au pied de la statue de Clemenceau, au bas des Champs-Élysées, une gerbe accompagnée d’une carte de visite d’un mètre de long : « Le général de Gaulle à l’organisateur de la victoire ». Toute la journée, des Parisiens défilent devant la tombe du Soldat inconnu. À partir de seize heures, lycéens et étudiants convergent vers l’Étoile ; ceux de Janson-de-Sailly arrivent en cortège avec une gerbe de deux mètres en forme de croix de Lorraine. Ils sont bientôt trois à cinq mille sur la place et sur l’avenue. On chante « La Marseillaise », on crie « Vive la France ! » et surtout « Vive de Gaulle ! » ; quelques-uns brandissent deux cannes à pêche, deux « gaules ».

Vers dix-huit heures, sur ordre de la Kommandantur, la Wehrmacht intervient avec une grande violence. Des camions encerclent l’Étoile, des mitrailleuses sont mises en batterie, les soldats chargent à la baïonnette et à coups de crosse. Puis des coups de feu éclatent : « Trois fois j’ai entendu tirer des mitraillettes », note l’écrivain Jean Guéhenno. On relève une quinzaine de blessés, dont cinq graves. Plus de deux cents jeunes gens sont arrêtés et conduits à la Santé, au Cherche-Midi ou à Fresnes ; cent quarante-trois sont encore détenus le 17 novembre. Dès le 12, l’occupant a fait fermer tous les établissements d’enseignement supérieur de Paris.

Plaque de bronze scellée dans le sol
Sous l’Arc de triomphe, près de la tombe du Soldat inconnu, une autre plaque rend hommage « aux lycéens et étudiants de France qui défièrent l’armée d’occupation nazie le 11 novembre 1940 au péril de leur vie » — Tangopaso — domaine public (Wikimedia Commons)

C’est l’un des tout premiers actes publics de résistance en France occupée. Au 156, avenue des Champs-Élysées, à l’angle de la place de l’Étoile, une plaque inaugurée par le président René Coty le 11 novembre 1954 le rappelle : devant la tombe de l’Inconnu, « les étudiants de France, manifestant en masse, les premiers résistèrent à l’occupant ».

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.