La Liberté guidant le peuple, peinture d'Eugène Delacroix (1830).
Musée du Louvre.
Le 26 juillet 1830, au matin, les Parisiens lurent les ordonnances de Charles X dans leurs journaux. Le soir, les journalistes avaient rédigé leur protestation. Le lendemain, les barricades se dressèrent.
Les ordonnances de Saint-Cloud, signées le 25 juillet par Charles X sur les conseils du ministre ultra-royaliste Jules de Polignac, suspendaient la liberté de la presse, dissolvaient la Chambre des députés avant même qu'elle ne siège, et réduisaient le droit de vote. C'était un coup de force contre la Charte de 1814.
Le 26 juillet, les rédacteurs des journaux d'opposition se réunirent à l'imprimerie du National, au 36 de la rue Saint-Marc. Adolphe Thiers — journaliste et historien de trente-deux ans, co-fondateur du National — était parmi les principaux rédacteurs d'une protestation qui déclarait les ordonnances illégales et relevait les citoyens de leur devoir d'obéissance. Quarante-trois journalistes signèrent. Au même moment, à l'Institut de France, le savant François Arago prenait la parole contre les ordonnances devant l'Académie.
Le lendemain, 27 juillet, les presses du National furent saisies par la police — mais le texte avait déjà circulé dans Paris. Des barricades apparurent dans les rues. Le 28, les combats s'intensifièrent. Le 29, les troupes royales se retirèrent. Ce furent les Trois Glorieuses. Charles X abdiqua le 2 août.
Adolphe Thiers, rédacteur de la protestation du 26 juillet 1830, devint quarante et un ans plus tard le premier président de la IIIe République — après avoir écrasé la Commune.