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Couverture — L'Éducation sentimentale
Bibliographie

L'Éducation sentimentale

Folio classique, 2005.
23 Fiches citant cet ouvrage
2005 Édition

Fiches citant cet ouvrage

23 fiches
Événement
Date imprécise — Théâtre du Luxembourg
p 50 & 480
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Événement
Date imprécise — Théâtre du Luxembourg
p 50 & 480
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Événement
1816
Événement
1839
12 mai 1839 — Poste de la préfecture de police
p 181 & 487
Le poste de police est assailli lors de l'insurrection organisée par la Société des Saisons ; le lieutenant qui le commandait est tué
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Événement
1839
12 mai 1839 — Hôtel de Ville
p 181 & 487
Prise de l'Hôtel de Ville par les insurgés de la Société des Saisons, dont 200 à 300 étudiants
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Événement
1871
24 mai 1871 — Caserne d'Orsay (emplacement du musée d'Orsay)
p 250 & 490
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères (1820-1853)
p 313 & 494
Le sergent Giacomoni tire sur un manifestant qui voulait forcer le passage vers la Madeleine ; coup de feu qui déclenche la fusillade contre la foule, d'où la version officielle prétendra qu'il est parti
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Événement
1848
24 février 1848 — Palais des Tuileries
p 317
Le 24 février 1848, en début d’après‑midi, le Palais des Tuileries devient l’un des grands théâtres de la chute de la monarchie de Juillet. La veille au soir, la fusillade du boulevard des Capucines a transformé une cris …

Le 24 février 1848, en début d’après‑midi, le Palais des Tuileries devient l’un des grands théâtres de la chute de la monarchie de Juillet. La veille au soir, la fusillade du boulevard des Capucines a transformé une crise politique en véritable insurrection, et Louis‑Philippe, débordé, a abdiqué avant de fuir vers l’exil. Tandis que le pouvoir se déplace vers l’Hôtel de Ville, une foule composite – ouvriers, étudiants, gardes nationaux mêlés – se dirige vers la résidence royale, presque sans rencontrer de résistance : les troupes ont décroché, la garde nationale hésite ou fraternise, les domestiques sont livrés à eux‑mêmes.

L’« assaut » des Tuileries tient donc autant de la marche triomphale que de la prise symbolique. On franchit les grilles, on investit les salons, on s’assoit dans les fauteuils des rois, on ouvre les armoires, on se promène dans les appartements comme dans un musée soudain gratuit. Au centre de cette occupation, un geste concentre la charge politique du moment : le trône est renversé dans la salle du trône, son portrait est « fusillé », puis l’ensemble est emporté en cortège jusqu’à la Bastille pour y être brûlé au pied de la colonne de Juillet. La révolution ne se contente pas de chasser le roi ; elle s’en prend à ses symboles, comme pour fermer définitivement la parenthèse monarchique commencée en 1815.

Les récits et les images contemporains insistent sur cette tension : d’un côté, les élites conservatrices dénoncent un pillage, un déchaînement de vandalisme ; de l’autre, on voit une sorte d’iconoclasme ritualisé, encadré en partie par la garde nationale, où l’on vise moins les œuvres que les emblèmes du pouvoir. Le palais, promis quelques décennies plus tard à la démolition, devient pour quelques heures le décor d’un transfert de souveraineté : les insurgés arpentent les pièces, emportent drapeaux, lambeaux d’étoffes, fragments de décor comme autant de « morceaux » d’un pouvoir qui ne se veut plus royal mais populaire. Dans la cartographie de la journée du 24 février, la prise des Tuileries est ainsi l’un des moments charnières qui relient les barricades du matin à la proclamation de la République.![[Prise des Tuileries, anonyme, 1848, Carnavalet|Prise_des_Tuileries_par_le_peuple_parisien._(24_février_1848.), Carnavalet.jpeg]]

Prise des Tuileries, anonyme, 1848, Carnavalet

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Événement
1792
Événement
1848
23 février 1848 — École polytechnique/Poste de garde
p 364
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Événement
1848
juin 1848 — Souterrain des Tuileries/Terrasse du Bord de l'Eau
p 366
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Événement
1848
1848 — Hôtel de Poulpry/Comité de la rue de Poitiers (parti de "l'Ordre")
p 393 & 499
Rassemblement conservateur des orléanistes et légitimistes ; ils se rallieront à Louis-Napoléon Bonaparte, l'essentiel étant de "conserver"
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Événement
1830
Événement
1830
26 juillet 1830 — Imprimerie du journal “Le National”
p 480
Le 26 juillet 1830, au matin, les Parisiens lurent les ordonnances de Charles X dans leurs journaux. Le soir, les journalistes avaient rédigé leur protestation. Le lendemain, les barricades se dressèrent. Les ordonnances …

Le 26 juillet 1830, au matin, les Parisiens lurent les ordonnances de Charles X dans leurs journaux. Le soir, les journalistes avaient rédigé leur protestation. Le lendemain, les barricades se dressèrent.

Les ordonnances de Saint-Cloud, signées le 25 juillet par Charles X sur les conseils du ministre ultra-royaliste Jules de Polignac, suspendaient la liberté de la presse, dissolvaient la Chambre des députés avant même qu'elle ne siège, et réduisaient le droit de vote. C'était un coup de force contre la Charte de 1814.

Le 26 juillet, les rédacteurs des journaux d'opposition se réunirent à l'imprimerie du National, au 36 de la rue Saint-Marc. Adolphe Thiers — journaliste et historien de trente-deux ans, co-fondateur du National — était parmi les principaux rédacteurs d'une protestation qui déclarait les ordonnances illégales et relevait les citoyens de leur devoir d'obéissance. Quarante-trois journalistes signèrent. Au même moment, à l'Institut de France, le savant François Arago prenait la parole contre les ordonnances devant l'Académie.

Le lendemain, 27 juillet, les presses du National furent saisies par la police — mais le texte avait déjà circulé dans Paris. Des barricades apparurent dans les rues. Le 28, les combats s'intensifièrent. Le 29, les troupes royales se retirèrent. Ce furent les Trois Glorieuses. Charles X abdiqua le 2 août.

Adolphe Thiers, rédacteur de la protestation du 26 juillet 1830, devint quarante et un ans plus tard le premier président de la IIIe République — après avoir écrasé la Commune.

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Événement
1830
Événement
1836
Événement
1834
14 avril 1834 — Rue Transnonain
p 490
Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse. Dans la nuit du 13 au 14 …

Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 1834, Paris est quadrillé par 40 000 soldats. L'insurrection républicaine, partie de Lyon le 9, a gagné la capitale. Des barricades se dressent dans le quartier Sainte-Avoye, autour de la rue Beaubourg et du cloître Saint-Merri. Thiers, ministre de l'Intérieur, a donné des ordres clairs : écraser la révolte sans ménagement.

À l'aube du 14, les troupes du général Bugeaud investissent le quartier. Un coup de feu — on ne saura jamais d'où — aurait été tiré depuis le 12 rue Transnonain. C'est le prétexte. Les soldats enfoncent les portes et massacrent les habitants dans leurs lits. Douze morts, dont des femmes, un vieillard, un enfant. Aucun n'était armé.

L'affaire fait scandale, mais la répression continue. Thiers fait arrêter des milliers de républicains dans toute la France. Le procès monstre qui s'ensuit, devant la Chambre des pairs, tourne à la farce judiciaire.

C'est Honoré Daumier qui fixe la mémoire du massacre. Sa lithographie, publiée en juillet 1834, montre un homme en chemise étendu sur le dos, un enfant écrasé sous son corps, du sang sur les draps. L'image est d'une frontalité insoutenable. Le gouvernement fait saisir la pierre et traquer les épreuves. Trop tard : l'image est déjà entrée dans l'histoire. L'immeuble, lui, sera rasé par Haussmann. Mais au 79 rue Beaubourg, une inscription murale rappelle encore l'ancien nom de la rue.

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Événement
1839
12 mai 1839 — Quartier général de Blanqui/Société des Familles/Société des Saisons
p 490
Quartier général de Blanqui lors de l'insurrection de la Société des Saisons
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Événement
1839
12 mai 1839 — Quartier général de Blanqui/Société des Familles/Société des Saisons
p 490
Quartier général de Blanqui lors de l'insurrection de la Société des Saisons
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Événement
1848
24 février 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 495
Lamartine tergiverse entre la régence de la duchesse d'Orléans et la constitution d'un Gouvernement provisoire, mais se prononce finalement pour cette seconde solution
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Événement
1848
25 février 1848 — Hôtel de Ville
p 495
Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge. Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne dése …

Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne désemplit pas. La monarchie de Juillet vient de s’effondrer, les Tuileries ont été envahies, mais rien n’est encore réellement stabilisé : quelle forme de gouvernement ? Avec qui ? Au milieu du tumulte, entre délégations de quartiers, journalistes, ouvriers, étudiants et notables républicains, se fabrique, presque à voix haute, la future République.

Vers deux heures du matin, la décision tombe : la République est proclamée, et un Gouvernement provisoire est désigné. On y retrouve les grandes figures du moment – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Garnier‑Pagès, Marie, Crémieux, Louis Blanc, Flocon, Albert… – mélange de républicains « respectables », de tribuns plus radicaux et de représentants symboliques des classes populaires. L’Hôtel de Ville devient officiellement le centre du nouveau pouvoir, au nom du « peuple de Paris ».

C’est aussi à l’Hôtel de Ville, le 25 février, qu’a lieu l’un des épisodes les plus commentés de ces journées : la confrontation autour du drapeau. Une partie des insurgés, emmenés par des militants comme Raspail, réclame l’adoption du drapeau rouge, couleur des luttes ouvrières et de la révolution sociale. Lamartine, lui, se dresse pour défendre le tricolore, qu’il présente comme le drapeau de 1789, de 1830, de la nation tout entière, là où le rouge ne serait, selon lui, « que le drapeau d’une seule classe ». Sa longue harangue, très théâtrale, l’emporte : le drapeau tricolore est maintenu, avec l’ajout de quelques symboles (comme la cocarde rouge) pour tenter de calmer les ardeurs populaires.

Cet épisode condense toute l’ambiguïté de la révolution de Février. D’un côté, la République est arrachée par une insurrection où les ouvriers et les quartiers populaires ont joué un rôle décisif ; de l’autre, sa forme et ses symboles sont aussitôt encadrés par des républicains « modérés » qui veulent une République politique, mais surtout pas une République sociale. Entre la proclamation nocturne, les cris venus de la place et la voix de Lamartine au balcon, on sent déjà la tension qui conduira, quelques mois plus tard, aux affrontements de Juin 1848.

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