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2e arr.
Voie · 2e arrondissement

Rue de Gramont

De rue Saint-Augustin, 12. à boulevard des Italiens, 15.
Quartiers Gaillon · Vivienne · Longueur ≈ 264 m
≈ 264 m
Longueur
1765
Ouverte en
2
Quartiers
I

Histoire de la rue

La rue doit son nom à l'hôtel de Gramont qui occupait ces terrains avant qu'on y ouvre la voie par lettres patentes du 19 février 1726. Longtemps orthographiée « rue de Grammont », elle ne prend sa graphie actuelle qu'en 1930, par arrêté préfectoral — correction discrète pour une artère qui, en deux siècles et demi, a vu passer autant de destins que de révolutions.

Dès ses premières décennies, la rue manifeste un goût pour l'expérimentation. En 1779, au n° 1, Marin Kreefelt y installe le bureau de la première tentative de numérotation systématique des rues de Paris — ancêtre de tous nos numéros de porte. Trois ans plus tard, au n° 30 qui abritait l'ambassadeur de Russie, Beaumarchais fait lire clandestinement sa « Folle Journée » — ce qui deviendra Le Mariage de Figaro — dans un salon où la pièce est encore interdite. Selon Rochegude, l'immeuble des n°s 5 et 7 relevait quant à lui de l'hôtel de Villarceaux, puis de Bermond, de Croissy et de Pomponne ; le fermier général de La Hante y séjournait en 1770, et les Petites Affiches (créées en 1751) y trouvèrent domicile.

La rue au cœur de la tourmente révolutionnaire

C'est sous la Révolution que la rue de Grammont devient un véritable carrefour de l'histoire. Au n° 17, Louise de Kéralio et François Robert lancent le premier journal ouvertement républicain de Paris dès 1789. Au même moment, le n° 1 héberge le bureau des aides et gabelles, institution honnie qui n'attend plus que son abolition. Plus sombre : au n° 9, la banque anglaise de Walter Boyd fonctionne comme une officine de sabotage économique au service de la coalition — les scellés y sont posés en 1793, avant que François Chabot ne les fasse lever dans ce qui ressemble fort à une opération de corruption. Le n° 7 est lié à la scandaleuse liquidation de la Compagnie des Indes orientales, dans laquelle Fabre d'Églantine, Delaunay et Basire sont compromis. Au n° 29, Sophie Demailly tient quant à elle un salon dont les charmes servent, dit-on, les intérêts de l'Angleterre et des nations coalisées.

Après la tourmente, la rue retrouve une respiration plus bourgeoise. Le banquier Jacques Laffitte y réside au n° 27 sous l'Empire, Étienne Arago au n° 10 sous la monarchie de Juillet. En mars 1848, Karl Marx — fraîchement expulsé de Belgique — y fait une brève halte avec Jenny et leurs enfants avant de rejoindre d'autres quartiers. Côté littérature, Théophile Gautier y tient un pied-à-terre entre 1857 et 1858. La rue compte aussi, selon Rochegude, le chanteur Garât parmi ses locataires sous la Restauration — et une « Société fondée par des Ultras » au n° 13 en 1821, où Chateaubriand aurait accueilli le jeune Victor Hugo.

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II

Fiches

15 fiches · 11 adresses
1
1 rue de Gramont
Hôtel Manchester/Séjour de Karl Marx
3 fiches
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Le 5 mars 1848, tout juste expulsé de Belgique, Karl Marx arrive à Paris avec Jenny et leurs trois enfants. Invité par Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire, il est d
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Personnage(s) : Karl Marx
7
7 rue de Gramont
Siège de la Compagnie des Indes orientales
1 fiche
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_Un décret voté par la Convention, discrètement falsifié après le vote, transforme une liquidation d'État en pillage privé : plusieurs députés y gagnent une fortune et la guillotin
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9
9 rue de Gramont
Banque anglaise Boyd, Ker & Cie
2 fiches
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Les scellés sont mis sur la banque anglaise, officine de corruption et de sabotage de l'économie de la France révolutionnaire. Chabot fait lever ces scellés et procure un passeport
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Principal centre d'opérations financières téléguidées par l'Angleterre afin de saboter l'économie de la France révolutionnaire et de financer des opérations de déstabilisation poli
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10
10 rue de Gramont
Demeure d'Étienne Arago
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17
17 rue de Gramont
Librairie de Louise de Kéralio/Premier Siège du journal "Le Mercure national" (chez les parents de Louise, au 2ème étage)
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22
22 rue de Gramont
Demeure de Joseph-Victor Cortey
1 fiche
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Demeure du citoyen Cortey, Membre de la Section Le Peletier, un complice du baron de Batz dans les tentatives d'évasion de Louis XVI puis de Marie-Antoinette et de sa famille. Il s
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Personnage(s) : Joseph-Victor Cortey
27
27 rue de Gramont
Demeure de Jacques Laffitte
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29
29 ou 30 rue de Gramont
Demeure de Sophie Demailly
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Sophie Demailly tient un salon où se retrouve tout ce qui peut nuire à la jeune République au service de l'Angleterre et des autres nations coalisées contre la France révolutionnai
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30
30 rue de Gramont
Siège du journal "La France au Travail"/Siège du journal "La France socialiste"
2 fiches
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35
35 rue de Gramont
Demeure de Théophile Gautier
1 fiche
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Pied-à-terre parisien de Théophile Gautier, qui demeure alors 32 rue de Longchamp, à Neuilly
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Personnage(s) : Théophile Gautier
III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution