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8e arr.
Voie · 8e arrondissement

Rue du Rocher

De rue Pasquier, 43 et rue de Rome, 15. à place Prosper Goubaux, 1.
Quartier Europe · Longueur ≈ 805 m
≈ 805 m
Longueur
1
Quartier
I

Histoire de la rue

La rue du Rocher tient son nom du quartier de la Plaine Monceau, dont le sol rocheux et les carrières marquaient encore le paysage lorsque Paris commençait tout juste à grignoter ces terrains vagues au nord-ouest de la ville. Elle s'appelait auparavant rue d'Errancis — toponyme évocateur de ces espaces errants, indécis, à la lisière de l'urbain —, avant qu'une décision ministérielle du 5 août 1826 ne la réunisse à la rue du Rocher proprement dite et ne lui donne son nom définitif. Longue de plus de 800 mètres, elle traverse en diagonale le quartier de l'Europe, reliant la rue Pasquier à la place Prosper-Goubaux, croisant en chemin l'univers haussmannien des grandes artères rectilignes.

La rue a vu passer quelques figures saisissantes. Au n° 2, c'est — selon la tradition — Giacomo Casanova lui-même qui aurait logé lors d'un de ses séjours parisiens, en 1759 : l'aventurier vénitien, bibliothécaire à ses heures, arpentait alors les salons de la capitale avec l'aisance qu'on lui connaît. Quelques décennies plus tard, au tournant du Directoire, les n° 59–61 abritent l'hôtel de Joseph Bonaparte — futur roi de Naples puis d'Espagne — et de leur mère Maria-Lætizia, avant que la famille ne soit propulsée sur les trônes d'Europe. En 1821, c'est le peintre Pierre-Paul Prud'hon qui réside au n° 34, non loin de la fin d'une vie marquée par la grâce mélancolique de ses toiles.

En 1848, un club modéré s'installe au n° 6, reflet de l'effervescence politique qui agite alors Paris. Vingt ans plus tard, la rue abrite Édouard Houël au n° 43 — homme de lettres dont la plume hostile à la Commune le range du côté des virulents, comme son contemporain Gustave Flaubert. En 1871, la rue du Rocher est une rue de gens ordinaires engagés dans la tourmente : gardes nationaux, ouvriers, un journaliste — Odilon Delimal, Charles Jacquelin — disséminés du n° 17 au n° 85, tous pris dans le grand naufrage de la Semaine sanglante. Plus tard encore, au n° 56, le peintre Jules-Émile Saintin y établit son atelier (1877), et au n° 21 aurait demeuré l'une des modèles favorites d'Édouard Manet, immortalisée notamment dans La Prune. Enfin, c'est au n° 44 que s'éteignit en 1910 l'auteur de Poil de carotte et de L'Écornifleur, Jules Renard, discret jusqu'au bout dans cette rue que Paris a longtemps tenu pour ordinaire.

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II

Fiches

17 fiches · 16 adresses
2
2 rue du Rocher
Demeure de Giacomo Casanova de Seingalt
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6
6 rue du Rocher
Société des Travailleurs unis/Siège du journal "Le Travail"
1 fiche
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17
17 rue du Rocher
Demeure d'Augustin Denneville
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18
18 rue du Rocher
Demeure de Charles Légalité
1 fiche
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28
28 rue du Rocher
Demeure d'Antoine Repos
1 fiche
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34
34 rue du Rocher
Demeure de Pierre-Paul Prud'hon
1 fiche
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40
40 rue du Rocher
Demeure d'Alfred Charrier
1 fiche
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41
41 rue du Rocher
Demeure de Jean Audable
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59
59 rue du Rocher
Demeure d'Odilon Delimal
1 fiche
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85
85 rue du Rocher
Demeure de Charles Jacquelin
1 fiche
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III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution