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2–4
Place Saint Germain des Prés
Adresse

2–4 place Saint Germain des Prés

anciennement : 44 rue de Rennes
📍 2–4 place Saint Germain des Prés, 75006 Paris 📋 6 événements répertorié s 📅 1895 — 1968

Toponymie — place Saint-Germain des Prés

place Saint-Germain des Prés
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Événements à cette adresse

6 événements · 1895 — 1968
Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
Les GPA, branche paramilitaire de l'UJC (m-l), attaquent l'exposition d'extrême droite sur les crimes des "Vietcongs" (combattants du Viêt-Công)
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Personnage(s) : Roger Holeindre
2–4 place Saint Germain des Prés — 6e arr.
Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
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Personnage(s) : Arthur Koestler
2–4 place Saint Germain des Prés — 6e arr.
Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
Il avait quitté Berlin en 1933 avec ses manuscrits — ce 29 juin, il expliquait à Paris comment le fascisme gagnait à coups d'images. L'Hôtel de l'Industrie, au 4 de la place Saint-Germain-des-Prés, est le siège de la…

Il avait quitté Berlin en 1933 avec ses manuscrits — ce 29 juin, il expliquait à Paris comment le fascisme gagnait à coups d'images.

L'Hôtel de l'Industrie, au 4 de la place Saint-Germain-des-Prés, est le siège de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale — une institution fondée sous Napoléon, nichée depuis 1852 dans les anciennes dépendances de l'abbaye. Ce soir du 29 juin 1936, Walter Benjamin y prend la parole. Il est allemand, juif, marxiste, exilé à Paris depuis l'arrivée de Hitler au pouvoir. Il n'a pas de poste universitaire. Il subsiste de traductions et de bourses fragiles de l'Institut für Sozialforschung, l'École de Francfort, lui-même chassé d'Allemagne et provisoirement installé entre Genève et Paris.

Ce que Benjamin expose devant son auditoire est l'argument central de l'essai qu'il vient de publier en français dans la Zeitschrift für Sozialforschung : L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée. La thèse est précise. Le fascisme ne cache pas ses crimes derrière l'idéologie : il les présente comme un spectacle. Les meetings de Nuremberg, les défilés aux flambeaux, les films de Riefenstahl — tout cela est une mise en scène calculée qui substitue l'émotion esthétique à la pensée politique. La foule est transformée en public. La guerre devient le chef-d'œuvre absolu du régime : l'occasion de donner une forme sublime à la destruction de masse.

« Voilà où mène l'esthétisation de la politique, pratiquée par le fascisme », écrit Benjamin dans l'épilogue de l'essai. « Le communisme y répond par la politisation de l'art. »

La conférence a lieu vingt-cinq jours après la formation du gouvernement Léon Blum. Le Front Populaire vient de gagner les élections de mai ; la grande vague de grèves de juin s'achève à peine sur les accords Matignon. Les exilés antifascistes de Paris — Allemands, Autrichiens, Italiens — regardent avec espoir et inquiétude ce moment de bascule. Benjamin est parmi eux, au travail sur ce qui deviendra Les Passages parisiens, guettant depuis la Bibliothèque nationale les signes de ce que la modernité fait au temps et à la mémoire.

La réponse à l'esthétisation fasciste, dit-il, n'est pas une contre-esthétique : c'est la politisation. Rendre aux images leur dimension de lutte.

Le 26 septembre 1940, Walter Benjamin meurt à Port-Bou, à la frontière franco-espagnole. Les gardes de Franco venaient de lui refuser le passage vers l'Espagne. Il avait dans sa valise le manuscrit de ses Thèses sur le concept d'histoire. L'homme qui avait théorisé comment le fascisme transforme la politique en spectacle était mort, rattrapé par le spectacle.

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Personnage(s) : Walter Benjamin
2–4 place Saint Germain des Prés — 6e arr.
Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
Place Saint-Germain, 27 juin 1899 : Le Sillon convoque la jeunesse ouvrière Marc Sangnier, un polytechnicien de vingt-six ans voulait réconcilier les ouvriers et l'Église. La gauche marxiste le traitait d'hypocrite. La…

Place Saint-Germain, 27 juin 1899 : Le Sillon convoque la jeunesse ouvrière

Marc Sangnier, un polytechnicien de vingt-six ans voulait réconcilier les ouvriers et l'Église. La gauche marxiste le traitait d'hypocrite. La droite catholique le traitait de traître.

La Société d'encouragement à l'industrie nationale occupe le 2-4 place Saint-Germain-des-Prés depuis 1801, à deux pas de l'abbaye. Ce soir de 27 juin 1899, sa salle accueille une réunion des Cercles d'études sociales de la jeunesse ouvrière organisée par Le Sillon — un mouvement que Marc Sangnier anime depuis cinq ans autour d'un journal fondé au collège Stanislas.

Paris est alors en plein Dreyfus. Le gouvernement de Waldeck-Rousseau vient de se former pour défendre la République contre la coalition cléricale et militaire qui a fabriqué un innocent coupable. Dans ce contexte, un jeune catholique qui se dit républicain de gauche, voire d'extrême gauche, est une anomalie. Sangnier le sait, le revendique. Il a fait Polytechnique, il a sa licence en droit, et il veut organiser des ouvriers en cercles d'étude pour leur apprendre à « réaliser la démocratie républicaine ».

Le projet s'appuie sur l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII (1891), qui appelait les catholiques à prendre au sérieux la question sociale plutôt que de l'abandonner aux socialistes. Sangnier en tire une méthode : des réunions mixtes où des fils de notables et des ouvriers discutent ensemble, s'éduquent mutuellement, et — selon lui — surmontent la lutte des classes par le dialogue et la foi partagée.

La réunion du 27 juin 1899 marque un tournant : Le Sillon cesse d'être un cercle d'étudiants pour devenir un réseau national. En 1905, il comptera près de mille cercles représentés à son congrès.

L'Église finira par condamner le mouvement en 1910. Le pape Pie X, dans la lettre Notre charge apostolique, reproche au Sillon de prôner « le nivellement des classes » et la « triple émancipation politique, économique et intellectuelle » — formules que la curie juge dangereusement proches du socialisme. Sangnier se soumet et dissout le mouvement.

La gauche marxiste, elle, n'avait pas attendu Rome pour porter le même verdict, inversé : offrir aux ouvriers des cercles d'études catholiques plutôt que la conscience de classe, c'était substituer la solidarité confessionnelle à l'organisation politique. La salle de la place Saint-Germain-des-Prés accueillait une opération de récupération, pas d'émancipation. Les deux condamnations, l'une venue du Vatican, l'autre de Marx, disaient au fond la même chose : Le Sillon essayait de résoudre un conflit de classe par la pédagogie. Ça ne marche pas.

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Personnage(s) : Marc Sangnier
2–4 place Saint Germain des Prés — 6e arr.
Salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale
Le 22 mars 1895, dans la salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale, place Saint-Germain-des-Prés, Louis Lumière présente pour la première fois en public le cinématographe. Le film projeté dure cinquante…

Le 22 mars 1895, dans la salle de la Société d'encouragement à l'industrie nationale, place Saint-Germain-des-Prés, Louis Lumière présente pour la première fois en public le cinématographe. Le film projeté dure cinquante secondes : des ouvriers sortant de l'usine Lumière à Lyon. L'assistance est composée d'industriels et de savants. Personne ne paye.

C'est cette date que les historiens retiennent comme la première projection publique du cinéma — non la plus célèbre, qui est celle du 28 décembre 1895 au Grand Café boulevard des Capucines, première séance payante. Mais c'est ici, place Saint-Germain-des-Prés, que le public voit pour la première fois des images animées projetées sur un écran.

Louis et Auguste Lumière avaient déposé leur brevet le 13 février 1895. Leur invention se distinguait de celles qui l'avaient précédée — notamment le Kinetoscope d'Edison, qui ne permettait qu'une vision individuelle dans une boîte — par la projection collective sur grand écran. C'est ce détail qui fait du cinématographe non seulement un appareil de curiosité scientifique mais un art de la salle, un spectacle partagé.

Ce que l'assistance de mars 1895 ne pouvait pas savoir, c'est qu'elle assistait à la naissance d'un siècle. Dans les décennies suivantes, Paris deviendrait l'une des capitales mondiales du cinéma — Méliès à Montreuil, Pathé à Vincennes, les avant-gardes des années 1920. Tout commence ce soir-là, dans une salle de conférences du 6e arrondissement, avec des ouvriers qui sortent d'une usine.

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Personnage(s) : Auguste Lumière ·Louis Lumière
2–4 place Saint Germain des Prés — 6e arr.
Salle de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale (fondée en 1801)
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2–4 place Saint Germain des Prés — 6e arr.
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