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Au 2–8 rue du Puits de l'Ermite, dans le 5e arrondissement, s'élevait la prison Sainte-Pélagie — et en son sein, ce lieu dans le lieu qu'on appelait le quartier des politiques, surnommé avec une pointe d'ironie le « pavillon des princes ». Car c'est là que la France incarcérait ses opposants, ses plumitifs trop libres, ses agitateurs et ses rêveurs dangereux. Un régime de détention singulièrement souple : dès 1828, sous la Restauration, le pamphlétaire Paul-Louis Courier, le chansonnier Pierre-Jean de Béranger et quelques autres y cohabitent dans une atmosphère presque mondaine, recevant des visites, écrivant, discutant.

À partir de 1831, la machine s'emballe. Sainte-Pélagie devient le purgatoire officiel de toute une génération de républicains et de socialistes. Louis-Auguste Blanqui y est transféré dès 1833, puis y revient entre 1860 et 1865 pour faire du prosélytisme politique auprès des jeunes détenus — Catulle Mendès, Gustave Tridon, Victor Jaclard sortent de ses leçons transformés. Prosper Enfantin, le « père » saint-simonien, y retrouve en 1832 la réclusion après la dispersion de sa communauté de Ménilmontant. Éliphas Lévi y croise Lamennais en 1841. François-Vincent Raspail, Pierre-Joseph Proudhon, Armand Barbès y font chacun leur séjour forcé.

Le 4 septembre 1870, les émeutiers enfoncent les portes et libèrent les prisonniers politiques — dont Auguste Vermorel et Jean-Baptiste Clément. En janvier 1871, la foule recommence. La prison ferme définitivement en 1895, après avoir abrité, entre tant d'autres, Jules Vallès et l'écrivain anarchiste Michel Zévaco.

Noms successifs du lieu
  • XVIIe siècle Fondation de la maison de refuge Sainte-Pélagie, destinée aux femmes repenties
  • 1790 Reconvertie en maison de détention sous la Révolution
  • 1828 Le quartier des politiques (« pavillon des princes ») accueille opposants et journalistes sous régime assoupli
  • 1831 — 1895 Prison politique par excellence : républicains, socialistes, anarchistes, communards y sont incarcérés
  • 1895 Fermeture de la prison ; les bâtiments sont progressivement démolis
  • Aujourd'hui Site occupé par la Mosquée de Paris et ses jardins
Toponymie — rue du Puits de l'Ermite
rue du Puits de l'Ermite
Voisinage d'un puits public ; Adam l'Hermite habitait la rue au XVIIe siècle.
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Événements à cette adresse
11 événements · 1828 — 1889
Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
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Personnage(s) : Michel Zévaco
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie (pavillon de la Presse)
Libération des prisonniers politiques de "Pélago", Ste Pélagie, par les émeutiers du 4 septembre
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2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
Le "père" Enfantin est enfermé à Ste Pélagie après la fermeture de la communauté de Ménilmontant
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Personnage(s) : Prosper Enfantin
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie (le "pavillon des princes")
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2–8 rue du Puits de l'Ermite — 5e arr.
Aujourd'hui

L'emplacement de Sainte-Pélagie a été profondément remanié au tournant du XXe siècle. La Grande Mosquée de Paris, inaugurée en 1926, s'est développée à proximité immédiate. Aucun vestige visible de la prison ne subsiste rue du Puits de l'Ermite : il ne reste que le nom de la voie, et la mémoire de ceux qui y ont souffert.

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