Il a gagné Rocroi à vingt et un ans et assiégé Paris pour la régente. Le 18 janvier 1650, Mazarin fait arrêter le Grand Condé au Palais-Royal, avec son frère et leur beau-frère : la Fronde change de camp.
Louis XIV a onze ans. Depuis la mort de Louis XIII, en 1643, sa mère, Anne d’Autriche, gouverne en régente, secondée par le cardinal Mazarin, son principal ministre. Elle a quitté les appartements incommodes du Louvre pour le Palais-Cardinal, que Richelieu avait donné au roi en 1636 : c’est désormais le Palais-Royal. Depuis 1648, le royaume est en révolte. La guerre a fait flamber les impôts, le Parlement de Paris s’est dressé contre le ministre, la ville s’est couverte de barricades : c’est la Fronde. Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, la cour a quitté Paris pour Saint-Germain, et l’armée royale a mis le siège devant la capitale.

À la tête de cette armée, Louis de Bourbon, prince de Condé. En 1643, à vingt et un ans, il a écrasé les Espagnols à Rocroi ; il a remporté depuis toutes ses batailles. En face, le Parlement a nommé généralissime de la Fronde son propre frère cadet, le prince de Conti, tandis que leur beau-frère, le duc de Longueville, tentait de soulever la Normandie. L’appui de Condé à la régente permet la paix de Rueil, en mars 1649. Il entend en être payé : il réclame l’amirauté pour lui, les commandements de l’armée pour ses amis, une place au gouvernement. Mazarin, qu’il tient pour un usurpateur étranger et surnomme le « faquin écarlate », lui devient insupportable. À la fin de 1649, poussé par sa sœur, la duchesse de Longueville, il rallie à son tour la Fronde, qu’il dirige désormais avec Conti et Longueville. Le 11 décembre, des coups de feu sont tirés sur son carrosse ; une procédure est engagée contre le duc de Beaufort et le coadjuteur de Paris, Paul de Gondi, sans résultat.
Mazarin retourne alors les anciens ennemis contre le nouveau. En janvier 1650, par l’entremise de la duchesse de Chevreuse, des chefs de la vieille Fronde se rallient secrètement à la cour ; à Gondi, Mazarin a promis le chapeau de cardinal.

Le 18 janvier 1650, au Palais-Royal, Condé, Conti et Longueville sont arrêtés sur ordre de la régente et de son ministre, puis enfermés au château de Vincennes. La famille connaît cette prison : le père des deux princes, Henri II de Bourbon, prince de Condé, y avait été détenu pour s’être opposé au favori de Marie de Médicis — Longueville avait trempé dans ce complot —, et leur sœur y était née, en 1619.
C’est un coup de théâtre. La clientèle des princes se soulève, et leurs provinces avec elle : c’est le début de la Fronde des princes. La duchesse de Longueville échoue à soulever la Normandie, puis rejoint Turenne à Stenay, d’où elle négocie avec les Espagnols. Turenne songeant à marcher sur Vincennes, les prisonniers sont transférés le 29 août au château de Marcoussis, puis, en novembre, dans la citadelle du Havre. Au début de sa détention, Conti s’est volontairement blessé à la tête : on ne peut plus refuser aux princes des médecins et des chirurgiens, dont certains leur servent d’intermédiaires avec l’extérieur.
Mais Paris se retourne contre le cardinal. Le 30 janvier 1651, Gaston d’Orléans, l’oncle du roi, les anciens frondeurs et les partisans des princes signent un traité secret pour obtenir leur libération et le départ de Mazarin. Les deux Frondes s’unissent ; le 6 février, Mazarin s’enfuit de Paris. Au Palais-Royal, pour faire taire la rumeur d’une nouvelle fuite de la famille royale, on montre à la foule, dans la nuit du 9 au 10, le petit roi endormi : les émeutiers défilent des heures devant son lit. La Fronde marquera Louis XIV. Mazarin court au Havre libérer lui-même les princes, geste dont il espère tirer profit, puis se réfugie à Brühl, chez l’archevêque-électeur de Cologne. Le 16 février 1651, après treize mois de captivité, Condé, Conti et Longueville font à Paris un retour triomphal.
Le vainqueur de Rocroi prend alors la tête de la révolte, s’allie à l’Espagne, lève des troupes et marche sur Paris. Battu par Turenne, il quitte la capitale le 13 octobre 1652 pour se mettre au service du roi d’Espagne ; il ne rentrera en France que gracié par Louis XIV. Quant à Gondi, devenu cardinal de Retz, il est enfermé à son tour à Vincennes en décembre 1652.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.