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📖 Nouvelle Histoire de Paris. Paris sous les Premiers Bourbons POLLORGET René
Bibliographie

Nouvelle Histoire de Paris. Paris sous les Premiers Bourbons

POLLORGET René
Hachette, 1988.
25 Fiches citant cet ouvrage
1988 Édition

Fiches citant cet ouvrage

25 fiches
Événement
1594
22 mars 1594 — Porte Neuve
p 11-15
Il a fallu cinq ans de guerre, une conversion et un sacre à Chartres. Le 22 mars 1594, le gouverneur que la Ligue avait donné à Paris ouvre la ville au roi. Depuis l’assassinat d’Henri III, en 1589, Henri de Navarre est …

Il a fallu cinq ans de guerre, une conversion et un sacre à Chartres. Le 22 mars 1594, le gouverneur que la Ligue avait donné à Paris ouvre la ville au roi.

Depuis l’assassinat d’Henri III, en 1589, Henri de Navarre est roi de France. Mais il est protestant, et la Ligue catholique refuse de le reconnaître ; Paris est sa citadelle. En 1590, il assiège la ville et l’affame ; les Espagnols la ravitaillent, et l’approche des armées de Mayenne et du duc de Parme l’oblige à lever le siège. En janvier 1593, le duc de Mayenne, chef de la Ligue, réunit même des états généraux pour élire un autre roi. Henri IV, en politique, choisit d’abjurer : le 25 juillet 1593, en la basilique de Saint-Denis, il revient solennellement au catholicisme. Le mot « Paris vaut bien une messe », qu’on lui prête, n’est pas de lui ; le fond, lui, ne manque pas de sens. Reims étant aux mains de la Ligue, il est sacré le 27 février 1594 à Chartres.

Reste à entrer dans sa capitale. En janvier 1594, Mayenne en a confié le gouvernement à un fidèle, Charles de Cossé, comte de Brissac. L’homme connaît Paris : en 1588, lors de la journée des Barricades, c’est lui qui avait formé les premiers retranchements contre Henri III. Mais la Ligue s’essouffle, et Brissac a pour beau-frère un compagnon du roi, Saint-Luc, qui ménage sa réconciliation. Le roi, qui a besoin des ralliements, les achète : promesses et cadeaux aux villes et à leurs gouverneurs lui coûteront vingt-cinq millions de livres. Brissac, lui, recevra le bâton de maréchal de France, que Saint-Luc, à qui le roi le destinait, a demandé pour lui.

Vue coloriée : au bord de la Seine, une haute tour ronde et une porte dans le rempart ; des cavaliers et un cortège longent le quai

Le 22 mars 1594, Brissac remet la ville au roi. Près de la porte Neuve, ouverte au bord de la Seine, à côté de la tour du Bois, à l’extrémité ouest de l’enceinte, le prévôt des marchands, Jean Luillier, en fonction depuis 1592, lui présente les clés de Paris, entouré des échevins. Henri IV entre dans la ville et fait distribuer des billets qui annoncent son pardon royal. Il fera graver la scène de son vivant.

Tout n’est pas gagné pour autant. Les ligueurs les plus exaltés ne désarment pas : le 27 décembre 1594, Jean Châtel blesse le roi au visage, rue Saint-Honoré. Il faut attendre le 17 septembre 1595 pour que le pape Clément VIII accorde son absolution, et 1598 pour que l’édit de Nantes mette fin aux guerres de Religion. Mais l’entrée dans Paris a décidé du ralliement progressif de la noblesse et du reste du pays.

Tableau : Henri IV à cheval, tête nue, reçoit les clés de la ville au milieu d’une foule en liesse, devant une porte fortifiée

La porte Neuve a été détruite vers 1660 ou 1670. La scène, elle, est restée dans les mémoires : sous la Restauration, Louis XVIII commande au peintre François Gérard une Entrée d’Henri IV à Paris, qui triomphe au Salon de 1817 et rappelle que les Bourbons descendent du bon roi. On la voit aujourd’hui dans la galerie des Batailles du château de Versailles : le roi, tête nue, à cheval, y reçoit les clés du prévôt Luillier, sous les yeux de Sully, de Brissac et de Gabrielle d’Estrées, à un balcon.

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Événement
1190
1190 — Tour de Billi/Porte Barbelle ou Barbeel sur l'Yaue/Tour Barbeau/Enceinte de Philippe Auguste
p 20
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Événement
1356
1356 – 1650 — Porte St Martin/Enceinte de Charles V
p 21
Construction 2ème porte St Martin, faisant partie de l'enceinte de Charles V
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Événement
1356
1356 – 1670 — Porte St Denis/Bastide St Denis/Enceinte de Charles V
p 21
Construction de la 2ème porte St Denis, faisant partie de l'enceinte de Charles V
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Événement
1465
9 septembre 1465 — Porte St Antoine/Enceinte de Charles V
p 21
Négociation du roi avec la Ligue du bien public et les bourguignons
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Événement
1364
1364 – 1678 — Deuxième porte du Temple/Enceinte de Charles V
p 21
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Événement
1364
1364 – 1678 — Deuxième porte du Temple/Enceinte de Charles V
p 21
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Événement
1380
1380 – 1634 — Porte Montmartre/Enceinte de Charles V
p 21
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Événement
1380
1380 – 1636 — Porte St Honoré/Porte des Aveugles/Enceinte de Charles V
p 21
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Événement
1614
Événement
1617
24 avril 1617 — Cour carrée du Louvre (partie Sud-Est)/Pont-levis à l'entrée du vieux Louvre
p 206-207
Un roi de quinze ans fait tuer le favori de sa mère à l'entrée de son propre palais. Le peuple de Paris achèvera le travail. Le lundi 24 avril 1617, vers dix heures du matin, Concino Concini, marquis d'Ancre et maréchal …

Un roi de quinze ans fait tuer le favori de sa mère à l'entrée de son propre palais. Le peuple de Paris achèvera le travail.

Le lundi 24 avril 1617, vers dix heures du matin, Concino Concini, marquis d'Ancre et maréchal de France, franchit le pont-levis du Louvre par la porte sud-est. Il rentre d'une promenade et lit distraitement une lettre. Le baron de Vitry, Nicolas de L'Hospital, capitaine des gardes du corps, l'attend avec une poignée d'hommes. Il le saisit par le bras : « De par le roi, je vous arrête. » Concini porte la main à la garde de son épée. Trois coups de pistolet claquent. Le maréchal s'effondre sur le pont, la tête en sang.

Au premier étage du Louvre, Louis XIII attend. Il a quinze ans. Il a ordonné le coup. Quand on vient lui annoncer que Concini est mort, il s'écrie — selon la légende soigneusement construite — : « Grand merci à vous ! À cette heure, je suis roi. » Puis il se montre à la fenêtre, et les gardes crient : « Vive le roi ! »

Le Florentin Concini est un aventurier florentin arrivé en France dans les bagages de Marie de Médicis en 1600. Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, la régente en fait son homme de confiance. Les charges et les honneurs pleuvent : gouverneur de Normandie, puis de Picardie, marquis d'Ancre, maréchal de France en 1613 — sans avoir jamais commandé un régiment. Sa femme Leonora Galigaï, sœur de lait de la reine, exerce sur Marie de Médicis un ascendant que Paris attribue à la sorcellerie.

L'arrogance du favori exaspère la noblesse française. Les princes du sang se révoltent, négocient, se soumettent, se révoltent encore. Le jeune Louis XIII, tenu à l'écart du pouvoir par sa propre mère, ronge son frein. Autour de lui, un petit cercle de fidèles — Vitry, Déageant, le duc de Luynes — prépare le coup. Le roi donne l'ordre : arrêter Concini, et s'il résiste, le tuer. Personne ne doute de l'issue.

Louis XIII a quinze ans. En ordonnant la mort de Concini, il prend le pouvoir d'un coup, sans effusion de sang — du moins dans la cour du Louvre. Car dans les rues de Paris, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre et le peuple exulte. L'homme le plus haï de la capitale est mort. On tire des coups de feu en l'air, on allume des feux de joie. Le soir même, le corps est transporté en secret et enterré à la hâte dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Précaution inutile : dès le lendemain, la foule ira le déterrer.

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Événement
1630
10 novembre 1630 — Petit Luxembourg/Demeure du cardinal de Richelieu
p 210-211
« Si je n’avais pas négligé de fermer un verrou, le cardinal était perdu. » Marie de Médicis a oublié une porte : par elle, Richelieu revient au pouvoir, et c’est elle qui part en exil. En 1630, la France n’est pas encor …

« Si je n’avais pas négligé de fermer un verrou, le cardinal était perdu. » Marie de Médicis a oublié une porte : par elle, Richelieu revient au pouvoir, et c’est elle qui part en exil.

En 1630, la France n’est pas encore entrée dans la guerre de Trente Ans, mais le cardinal de Richelieu, principal ministre de Louis XIII, conseille de s’allier aux princes protestants d’Allemagne contre les Habsbourg catholiques, qui règnent sur l’Empire et sur l’Espagne. Cette politique révolte le parti des dévots, qui fait passer la foi avant la raison d’État. À sa tête : la reine mère, Marie de Médicis, et le garde des sceaux, Michel de Marillac. Marie avait fait entrer Richelieu au Conseil en 1624 ; elle ne lui pardonne pas ce qu’elle tient pour une trahison, et réclame son renvoi.

Le roi a failli mourir. À Lyon, en septembre, une dysenterie l’a mis si bas qu’on lui a donné l’extrême-onction le 27, jour de son anniversaire ; il en réchappe, et la cour rentre à Paris pour l’hiver. Marie de Médicis y habite le palais qu’elle s’est fait construire, le Luxembourg. Juste à côté, rue de Vaugirard, se trouve l’ancien hôtel des ducs de Piney, le Petit Luxembourg : elle l’a donné en 1627 au cardinal, alors son protégé.

Le samedi 9 novembre, au Luxembourg, Louis XIII annonce à sa mère qu’il garde son ministre. Elle entre dans une colère noire, accable d’injures la nièce du cardinal, Mme de Combalet, qui sort en larmes, et retire à Richelieu ses charges dans sa maison. Le roi quitte le palais sans un mot ni un regard pour le cardinal, qui se croit perdu et songe à se retirer à Brouage.

Le dimanche 10, Marie reprend l’offensive et exige que Marillac remplace Richelieu. Elle a fait fermer les portes pour empêcher le cardinal d’entrer. Mais un passage relie le Petit Luxembourg au palais : Richelieu surgit dans la salle, à la stupeur du roi et de sa mère. « Je gagerai que Leurs Majestés parlent de moi ? » La reine lui reproche son ingratitude et lui ordonne de ne plus jamais paraître devant elle. Le cardinal s’agenouille en larmes et baise le bas de sa robe. « Préférez-vous un laquais à votre propre mère ? », lance-t-elle à son fils. Louis XIII part pour son relais de chasse de Versailles sans un regard pour Richelieu, qui regagne le Petit Luxembourg et se prépare à sa disgrâce. Chez la reine mère, on se félicite déjà.

Le soir même, pourtant, le roi fait venir le cardinal à Versailles. Au cours d’un long entretien, il lui déclare : « Je suis plus attaché à mon État qu’à ma mère. » Il refuse sa démission et l’embrasse en le quittant. Le lundi 11, la foudre tombe sur les dévots : Michel de Marillac est arrêté et mourra en prison en 1632 ; son frère, le maréchal Louis de Marillac, sera exécuté la même année ; le maréchal de Bassompierre est enfermé à la Bastille jusqu’à la mort de Richelieu. Marie de Médicis, reléguée à Compiègne en février 1631, s’en échappe en juillet pour les Pays-Bas espagnols — son fils a fait retirer les gardes — et mourra en exil en 1642. Devant un tel retournement, le poète Guillaume Bautru s’écrie : « C’est la journée des Dupes ! »

Photographie : la cour d’un hôtel classique, avec un portail sculpté et deux ailes à hautes fenêtres

Richelieu léguera le Petit Luxembourg à sa nièce, Mme de Combalet, devenue duchesse d’Aiguillon. L’hôtel est depuis 1825 la résidence du président du Sénat.

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Événement
1630
10 novembre 1630 — Hôtel de Tournon/Hôtel du maréchal d'Ancre/Hôtel des Grands Ambassadeurs
p 210-211
Refuge et cachette de Louis XIII pendant la Journée des Dupes
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Événement
Événement
1648
26 août 1648 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
P 218-219
Un Te Deum pour une victoire, puis deux arrestations : il n’en faut pas plus pour que Paris se hérisse de barricades. Le 26 août 1648, Notre-Dame célèbre par un Te Deum la victoire remportée six jours plus tôt à Lens par …

Un Te Deum pour une victoire, puis deux arrestations : il n’en faut pas plus pour que Paris se hérisse de barricades.

Le 26 août 1648, Notre-Dame célèbre par un Te Deum la victoire remportée six jours plus tôt à Lens par le prince de Condé sur les Espagnols. La régente Anne d’Autriche et son ministre, le cardinal Mazarin, profitent de ce jour de fête pour frapper le parlement de Paris, qui leur tient tête depuis des mois. Deux conseillers sont arrêtés : René Potier de Blancmesnil et surtout Pierre Broussel, un magistrat de soixante-treize ans que sa lutte contre les nouvelles taxes a rendu très populaire. On l’appelle le « père du peuple ». Un troisième conseiller, Louis Charton, parvient à s’échapper.

La nouvelle se répand aussitôt. Des attroupements se forment, rue de l’Arbre-Sec d’abord ; on les disperse durement, le sang coule, et la colère gagne toute la ville. Les chaînes sont tendues en travers des rues, et de deux cents à plus de six cents barricades, ornées de drapeaux, se dressent aux cris de « Vive le Roi ! Point de Mazarin ! ». C’est au ministre qu’on en veut, pas au jeune Louis XIV.

Le parlement se rend en corps au Palais-Royal pour réclamer les prisonniers. Deux fois, la reine refuse avec aigreur. Sur le chemin du retour, les magistrats sont arrêtés à la barricade de la Croix du Trahoir, au carrefour de la rue de l’Arbre-Sec et de la rue Saint-Honoré. Un armurier du quartier, Raguenet, capitaine de la garde bourgeoise, saisit le premier président Mathieu Molé par le bras et lui appuie un pistolet sur le visage : « Tourne, traître, si tu ne veux être massacré toi et les tiens ; ramène-nous Broussel ! » Molé écarte l’arme sans se troubler et retourne au Palais-Royal à petits pas, sous les injures. Cette fois, la régente cède.

Paris ne désarme pas pour autant : il veut voir Broussel libre. Le vieux conseiller reparaît le lendemain matin, salué par des salves d’artillerie, et la foule le porte en triomphe jusqu’à sa maison. Le calme ne revient que le 29 août. La Fronde a commencé ; elle durera cinq ans.

Nommé prévôt des marchands par les Frondeurs en 1651, Broussel sera exclu de l’amnistie et mourra en exil. Alexandre Dumas a fait de son arrestation un épisode de « Vingt ans après », et le musée Carnavalet conserve son portrait en robe de conseiller, peint en 1653. Au carrefour de la Croix du Trahoir s’élève aujourd’hui la fontaine construite par Soufflot en 1776.

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Événement
1648
26 août 1648 — Carrefour de la Croix du Trahoir
P 218-219
Point de départ de la Fronde, suite à l'arrestation de Pierre Broussel et de René Potier de Blancmesnil. 600 barricades vont être dressées dans Paris
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Événement
1648
27 août 1648
P 218-219
Point de départ de la rébellion contre le pouvoir royal ; la Fronde. 1260 barricades sont élévées dans Paris
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Événement
1648
27 août 1648
P 218-219
Point de départ de la rébellion contre le pouvoir royal ; la Fronde. 1260 barricades sont élévées dans Paris
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Événement
1650
18 janvier 1650 — Palais Royal
p 221
Il a gagné Rocroi à vingt et un ans et assiégé Paris pour la régente. Le 18 janvier 1650, Mazarin fait arrêter le Grand Condé au Palais-Royal, avec son frère et leur beau-frère : la Fronde change de camp. Louis XIV a onz …

Il a gagné Rocroi à vingt et un ans et assiégé Paris pour la régente. Le 18 janvier 1650, Mazarin fait arrêter le Grand Condé au Palais-Royal, avec son frère et leur beau-frère : la Fronde change de camp.

Louis XIV a onze ans. Depuis la mort de Louis XIII, en 1643, sa mère, Anne d’Autriche, gouverne en régente, secondée par le cardinal Mazarin, son principal ministre. Elle a quitté les appartements incommodes du Louvre pour le Palais-Cardinal, que Richelieu avait donné au roi en 1636 : c’est désormais le Palais-Royal. Depuis 1648, le royaume est en révolte. La guerre a fait flamber les impôts, le Parlement de Paris s’est dressé contre le ministre, la ville s’est couverte de barricades : c’est la Fronde. Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, la cour a quitté Paris pour Saint-Germain, et l’armée royale a mis le siège devant la capitale.

Portrait peint : un homme aux longs cheveux bruns, en armure, une écharpe bleue sur l’épaule

À la tête de cette armée, Louis de Bourbon, prince de Condé. En 1643, à vingt et un ans, il a écrasé les Espagnols à Rocroi ; il a remporté depuis toutes ses batailles. En face, le Parlement a nommé généralissime de la Fronde son propre frère cadet, le prince de Conti, tandis que leur beau-frère, le duc de Longueville, tentait de soulever la Normandie. L’appui de Condé à la régente permet la paix de Rueil, en mars 1649. Il entend en être payé : il réclame l’amirauté pour lui, les commandements de l’armée pour ses amis, une place au gouvernement. Mazarin, qu’il tient pour un usurpateur étranger et surnomme le « faquin écarlate », lui devient insupportable. À la fin de 1649, poussé par sa sœur, la duchesse de Longueville, il rallie à son tour la Fronde, qu’il dirige désormais avec Conti et Longueville. Le 11 décembre, des coups de feu sont tirés sur son carrosse ; une procédure est engagée contre le duc de Beaufort et le coadjuteur de Paris, Paul de Gondi, sans résultat.

Mazarin retourne alors les anciens ennemis contre le nouveau. En janvier 1650, par l’entremise de la duchesse de Chevreuse, des chefs de la vieille Fronde se rallient secrètement à la cour ; à Gondi, Mazarin a promis le chapeau de cardinal.

Vue en couleurs : le palais et son grand jardin, bordé d’allées d’arbres, avec les toits de Paris à l’arrière-plan

Le 18 janvier 1650, au Palais-Royal, Condé, Conti et Longueville sont arrêtés sur ordre de la régente et de son ministre, puis enfermés au château de Vincennes. La famille connaît cette prison : le père des deux princes, Henri II de Bourbon, prince de Condé, y avait été détenu pour s’être opposé au favori de Marie de Médicis — Longueville avait trempé dans ce complot —, et leur sœur y était née, en 1619.

C’est un coup de théâtre. La clientèle des princes se soulève, et leurs provinces avec elle : c’est le début de la Fronde des princes. La duchesse de Longueville échoue à soulever la Normandie, puis rejoint Turenne à Stenay, d’où elle négocie avec les Espagnols. Turenne songeant à marcher sur Vincennes, les prisonniers sont transférés le 29 août au château de Marcoussis, puis, en novembre, dans la citadelle du Havre. Au début de sa détention, Conti s’est volontairement blessé à la tête : on ne peut plus refuser aux princes des médecins et des chirurgiens, dont certains leur servent d’intermédiaires avec l’extérieur.

Mais Paris se retourne contre le cardinal. Le 30 janvier 1651, Gaston d’Orléans, l’oncle du roi, les anciens frondeurs et les partisans des princes signent un traité secret pour obtenir leur libération et le départ de Mazarin. Les deux Frondes s’unissent ; le 6 février, Mazarin s’enfuit de Paris. Au Palais-Royal, pour faire taire la rumeur d’une nouvelle fuite de la famille royale, on montre à la foule, dans la nuit du 9 au 10, le petit roi endormi : les émeutiers défilent des heures devant son lit. La Fronde marquera Louis XIV. Mazarin court au Havre libérer lui-même les princes, geste dont il espère tirer profit, puis se réfugie à Brühl, chez l’archevêque-électeur de Cologne. Le 16 février 1651, après treize mois de captivité, Condé, Conti et Longueville font à Paris un retour triomphal.

Le vainqueur de Rocroi prend alors la tête de la révolte, s’allie à l’Espagne, lève des troupes et marche sur Paris. Battu par Turenne, il quitte la capitale le 13 octobre 1652 pour se mettre au service du roi d’Espagne ; il ne rentrera en France que gracié par Louis XIV. Quant à Gondi, devenu cardinal de Retz, il est enfermé à son tour à Vincennes en décembre 1652.

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Événement
1652
2 juillet 1652
p 223-224
Ce matin du 2 juillet 1652, le faubourg Saint-Antoine est une nasse. Le Grand Condé, prince du sang devenu chef de la Fronde des Princes, est cerné : devant lui, l'armée royale commandée par Turenne ; derrière lui, les p …

Ce matin du 2 juillet 1652, le faubourg Saint-Antoine est une nasse. Le Grand Condé, prince du sang devenu chef de la Fronde des Princes, est cerné : devant lui, l'armée royale commandée par Turenne ; derrière lui, les portes de Paris que le Parlement hésite à ouvrir. Entre les deux, les rues du faubourg et leurs artisans terrorisés — les faïenciers, les ébénistes, les fabricants de miroirs qui regardent par leurs volets les bataillons se positionner.

La bataille est féroce. En quelques heures, des milliers de morts jonchent le pavé. Condé tient, mais son armée saigne. La seule issue : entrer dans Paris. Mais Paris ne s'y résout pas.

C'est alors que Mademoiselle monte à la Bastille.

Anne Marie Louise d'Orléans, cousine de Louis XIV, la femme la plus riche de France — « la Grande Mademoiselle », comme on dit à la cour — gravit les tours de la forteresse qui domine la Porte Saint-Antoine et ordonne aux canonniers d'ouvrir le feu. Pas sur Condé. Sur Turenne. Sur l'armée du roi, son propre cousin.

Les canons tonnent. Turenne recule. Les portes s'ouvrent. Condé entre dans Paris, ses troupes en sang.

Quand Mazarin apprend la nouvelle, il aurait lâché sa formule : « Ce coup de canon a tué son mari. » Le mot fait mouche. Mademoiselle est l'héritière la plus convoitée d'Europe — on avait évoqué l'archiduc, le roi de Portugal, Louis XIV lui-même. Ce canon vient de fermer toutes ces portes.

La Fronde s'achève l'année suivante dans l'épuisement. Condé part servir l'Espagne. Mademoiselle, elle, est exilée dans ses terres de Saint-Fargeau. Elle ne rentrera à Paris qu'en 1657. Louis XIV ne lui pardonnera jamais tout à fait : quand elle obtiendra enfin, à quarante-trois ans, l'autorisation d'épouser le comte de Lauzun — officier brillant, noblesse mince —, le roi révoquera sa parole dix jours plus tard. Lauzun passera dix ans à Pignerol.

La forteresse du haut de laquelle elle avait décidé d'une bataille porterait encore longtemps le nom de « Bastille » avant de devenir autre chose, cent trente-sept ans plus tard, sous des mains infiniment moins aristocratiques.

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Événement
1652
4 juillet 1652 — Hôtel de Ville/Journée des Pailles
p 225
Le 4 juillet 1652, deux jours après que la Grande Mademoiselle a sauvé Condé en faisant tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales, les princes doivent consolider leur emprise sur Paris. L'armée de Condé est d …

Le 4 juillet 1652, deux jours après que la Grande Mademoiselle a sauvé Condé en faisant tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales, les princes doivent consolider leur emprise sur Paris. L'armée de Condé est dans la ville. Mais l'Hôtel de Ville résiste : les notables et officiers municipaux y tiennent séance et penchent de plus en plus vers une réconciliation avec le roi et Mazarin. Ils constituent un obstacle.

La solution est simple et brutale. On recrute des hommes — soldats déguisés en ouvriers, émeutiers à gage — et on les envoie assaillir l'Hôtel de Ville pendant que les notables y sont réunis. Pour éviter les méprises, chaque conjuré porte un signe de reconnaissance : une paille, glissée dans le chapeau ou les vêtements. D'où le nom que l'histoire retiendra.

L'assaut a lieu en début d'après-midi. La foule enfonce les portes. Les notables favorables à Mazarin sont massacrés dans les salles et les couloirs — une trentaine de morts. D'autres sont jetés par les fenêtres ou fuient sur les toits. Le bâtiment est partiellement incendié. Les archives brûlent.

Derrière l'opération : Condé, le duc de Beaufort — François de Vendôme, dit « le roi des Halles » pour sa popularité dans les quartiers populaires — et Gaston d'Orléans, frère du feu Louis XIII, qui approuve sans se compromettre. Le 6 juillet, Beaufort est nommé gouverneur de Paris. Condé impose une quasi-dictature.

Mais le massacre s'avère une faute politique. Paris, qui avait toléré la Fronde comme une aventure, ne tolère pas le carnage d'hommes de robe dans leur propre hôtel de ville. L'opinion se retourne. Les mois suivants, la lassitude et l'indignation rongent le soutien populaire aux princes.

En octobre 1652, Condé quitte Paris. La Fronde est finie. La monarchie absolue peut reprendre son cours — débarrassée, au passage, des derniers obstacles institutionnels que les notables massacrés incarnaient.

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Événement
1602
2 janvier 1602 – 1780
p 274-276
Construction de la pompe de la Samaritaine alimentant le palais du Louvre. Elle sera détruite en 1780
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