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Couverture — Aux origines du socialisme moderne
Bibliographie

Aux origines du socialisme moderne

CORDILLOT Michel
Les Éditions de l'Atelier. Éditions Ouvrières, 2010.
43 Fiches citant cet ouvrage
2010 Édition

Fiches citant cet ouvrage

43 fiches
Événement
Événement
Événement
1863
27 septembre 1863 – 1868 — Demeure de Jean-Pierre Béluze/Siège de la Société du Crédit au Travail
p 20-21
Une banque qui prête aux ouvriers plutôt qu'aux propriétaires : l'idée paraît absurde en 1863, et c'est pourtant sur ce principe que naît le Crédit au Travail. Le problème est simple et ancien. Les ouvriers qui veulent s …

Une banque qui prête aux ouvriers plutôt qu'aux propriétaires : l'idée paraît absurde en 1863, et c'est pourtant sur ce principe que naît le Crédit au Travail.

Le problème est simple et ancien. Les ouvriers qui veulent s'associer en coopératives de production n'ont aucun accès au crédit. Les banques prêtent contre des garanties immobilières que les ouvriers ne possèdent pas. Sans capital de départ, l'association ouvrière reste un projet de papier. Les fouriéristes, héritiers de Charles Fourier, et les partisans de l'association ouvrière posent le problème depuis 1848 : il faut une banque du travail.

Jean-Pierre Béluze est le principal artisan de la réalisation. Ancien disciple d'Étienne Cabet, l'auteur du "Voyage en Icarie," il a épousé la fille de Cabet et connu l'échec de l'expérience icarienne en Amérique. Rentré en France, il travaille à des projets plus modestes et plus concrets. Autour de lui se rassemblent Arthur de Bonnard, Antoine Cohadon, Louis Kneip.

Le 27 septembre 1863, la Société du Crédit au Travail est fondée au 3 rue Baillet, dans le 1er arrondissement, au domicile de Béluze. C'est la première banque populaire mutuelle française : elle collecte l'épargne ouvrière et la prête aux associations coopératives de production et de consommation. Le principe est mutualiste : les sociétaires sont à la fois épargnants et emprunteurs, la banque leur appartient, ses bénéfices ne vont pas à des actionnaires extérieurs.

Le Crédit au Travail finance dans les années 1860 une série de coopératives ouvrières parisiennes, dans un contexte où le Second Empire, cherchant à se concilier le monde ouvrier, tolère et parfois encourage l'associationnisme. Il publie un journal, "L'Association," qui diffuse l'idée coopérative.

L'expérience prend fin en 1868. La banque fait faillite : les coopératives qu'elle finançait ne dégagent pas assez de rentabilité, et les mécanismes de garantie mutuelle ne suffisent pas à couvrir les pertes. Mais le principe de la banque coopérative ouvrière a été posé. Il sera repris par les banques populaires et le Crédit Coopératif, qui existent toujours.

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Événement
1865
8 janvier 1865 – 1868 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 20 & 23 & 86
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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1863
4 juin 1863 — Demeure d'Adolphe Clémence/Siège du journal "La Tribune ouvrière"
p 23
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1865
4 juin 1865 — Librairie des Sciences sociales
p 23
Librairie où l'on pouvait s'abonner à La Tribune ouvrière, revue de l'A.I.T.
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1871
1871 — Demeure de Jules Louis Andrieu (avant la Commune)
p 25
Chef des services administratifs de la Commune, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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1871
1871 — Demeure de Jules Louis Andrieu
p 25
Chef des services administratifs de la Commune, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
1871
28 mai 1871
p 30
On lui accorde une dernière faveur : épouser sa compagne, qui attend un enfant. Deux heures plus tard, il est fusillé. Tony Moilin a trente-neuf ans. Médecin, élève puis assistant de Claude Bernard, il s’est fait connaît …

On lui accorde une dernière faveur : épouser sa compagne, qui attend un enfant. Deux heures plus tard, il est fusillé.

Tony Moilin a trente-neuf ans. Médecin, élève puis assistant de Claude Bernard, il s’est fait connaître par son dévouement pendant l’épidémie de choléra de 1865 et par les soins qu’il donne aux pauvres dans des dispensaires de la rue de Rivoli et de la rue de Seine. Socialiste, nourri de Fourier, il a publié en 1869 une utopie, « Paris en l’an 2000 », où il imagine la capitale parcourue de rues-galeries. L’Empire l’a condamné en 1870 à cinq ans de prison dans l’affaire du « complot de Blois », sans doute montée par la police ; la chute de Napoléon III l’a libéré un mois plus tard. En janvier 1871, il signe l’Affiche rouge qui appelle à la Commune.

Pendant la Commune, il n’est pas élu au Conseil. Il sert comme chirurgien-major du 193e bataillon de la Garde nationale et fait office, quelques jours, de maire du 6e arrondissement. Cela suffit. Le 27 mai, alors que les derniers combats se livrent à Belleville, il est dénoncé, arrêté et condamné à mort le jour même par une cour martiale.

Le maire de l’arrondissement, Anne-Charles Hérisson, obtient pour lui une faveur. Le 28 mai au matin, Moilin épouse sa compagne, Lucie Marie Repiquet. Deux heures plus tard, il est fusillé dans le jardin du Luxembourg, devant le piédestal d’une statue de lion, à gauche de l’escalier qui descend vers l’allée de l’Observatoire. Malgré la promesse faite à sa veuve, son corps ne lui sera pas rendu : on le jette à la fosse commune, pour que sa tombe ne devienne pas un lieu de mémoire de la Commune.

Sa mort a frappé les contemporains, parce qu’elle punissait moins des actes qu’un homme et ses idées. Camille Pelletan lui consacre de longues pages dans « La Semaine de mai », son réquisitoire contre la répression versaillaise, et Eugène Pottier, l’auteur de « L’Internationale », cite son nom dans sa chanson « Elle n’est pas morte ! ».

Le Luxembourg n’en a pas fini avec les exécutions : le 4 juin encore, des fédérés sont fusillés au pied de la terrasse des Reines. Depuis 2003, une plaque apposée par le Sénat, qui siège dans le palais, rappelle leur mémoire.

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Événement
1867
juillet 1867 — École des filles du passage Raoul (mise à disposition par le maire du 11ème arrondissement)
p 60-6
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Événement
1869
janvier 1869 — Salle Molière
p 66-67
Discussion du texte constitutif de la Fédération parisienne des sociétés ouvrières, acte de naissance des syndicats ; statuts adoptés le 14 novembre 1869
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Événement
1869
14 novembre 1869 — Chambre fédérale des Sociétés ouvrières (dans une ancienne goguette, société chantante)
p 67-68
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1856
1856 — Demeure et atelier du père Reuss
p 76
Apprentissage de Rémy-Zéphirin Camélinat chez le père Reuss à son arrivée à Paris
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Événement
1856
1856 — Conservatoire des Arts et Métiers (École)
p 77
Camélinat suit les cours aux Arts et Métiers parallèlement à son apprentissage
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Événement
1856
1856 — École Turgot
p 77
Camélinat suit les cours de l'école Turgot parallèlement à son apprentissage
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Événement
Date imprécise — Atelier de Mr Levèque (fabricant de petits bronzes)
p 78
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Événement
Date imprécise — Buste de Charles Garnier à l'Opéra (palmes et aigles de bronze l'encadrant)
p 79
Avant la Commune, Charles Garnier confie la fabrication de décors de bronze pour l'Opéra à Zéphirin Camélinat, qui travaille alors pour l'entreprise Matifat puis pour le fondeur Bonnotte
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Événement
Date imprécise — Hôtel de la Païva
p 79
Rampe en bronze de l'Hôtel fabriquée par Zéphirin Camélinat, ouvrier bronzier
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Événement
1869
1869 — Statue des Quatre Continents (de Carpeaux, inaugurée en 1872)
p 80
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1864
17 février 1864
p 83
Publication du "Manifeste des soixante" ; texte énonçant les revendications politiques et sociales de la Classe ouvrière
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Événement
1864
février 1864
p 83-85
Rédaction du "Manifeste des Soixante" revendiquant le doit de réunions ouvrières ; Henri Lefort sert d'intermédiaire entre ouvriers et républicains bourgeois
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Événement
Événement
1871
1871 — Demeure de Félix Pyat
p 89
Demeure du journaliste Félix Pyat, membre de la Commune, personnage très controversé ; le "mauvais génie de la révolution du 18 mars" selon Benoît Malon, jugement repris par Marx
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Événement
1871
3 avril 1871 — Hôtel des Monnaies (dit "La Monnaie")
p 97-100
Camélinat est nommé par la Commune à la direction de la Monnaie
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Événement
1871
26 mai 1871 — Cachette de Lin Camélinat
p 102
Camélinat passe dire adieu à son frère le soir du 26 mai, avant de retourner au combat pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
26 mai 1871 — Chapelle des otages/Lieu de l'exécution des otages de la Commune
p 102
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Événement
1871
27 mai 1871
p 103
Camélinat se cache pendant 3 mois avant de s'enfuir en Angleterre le 4 septembre, avec un passeport fourni par un camarade bronzier
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Événement
1853
1853 — Demeure de Joseph Alexis Jaud
p 103
Demeure de Joseph Jaud, chef de la police du 11ème arrondissement pendant la Commune ; il cacha Camélinat en mai 1871. Il s'exila à la Nouvelle-Orléans
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Événement
1869
juillet 1869 — Demeure de Paul et Laura Lafargue
p 143
Marx fait un voyage clandestin de 6 jours à Paris chez sa fille et son gendre
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Événement
1871
23 mai 1871 — Église réformée des Batignolles/Cachette de Benoît Malon
p 162
Pendant la Semaine sanglante, Benoît Malon est caché grâce à Ferdinand Buisson et sa mère chez le concierge du Temple protestant, qui n'est alors qu'une simple chapelle en bois
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Événement
1863
1863 — Salon d'Hippolyte Carnot/Comité Carnot pour les législatives
p
Comité pour les élections de 1863 ; Charles Beslay exige une représentation ouvrière
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