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25 août 1944
Événement

Place de la République, la caserne du Prince-Eugène est le dernier bastion allemand à se rendre

Caserne Vérines — Caserne Heinrich Himmler (pendant l'Occupation nazie)
📍 12 place de la République anciennement : place du Château d'Eau
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La cour de la caserne Vérines, place de la République, aujourd’hui occupée par la Garde républicaine. Photo Philippe Boisseau — Archives Paris révolutionnaire

Le gouverneur allemand a capitulé dans l’après-midi. Place de la République, pourtant, on se bat encore : la caserne du Prince-Eugène ne se rend qu’à 19 h 25.

Le 25 août 1944, Paris vit sa dernière journée d’occupation. La 2e division blindée du général Leclerc est entrée dans la ville. À la préfecture de police, le gouverneur militaire du « Grand Paris », Dietrich von Choltitz, signe le cessez-le-feu avec Leclerc ; la capitulation est ensuite signée à la gare Montparnasse, avec le contreseing du colonel Rol, le chef des FFI de la région parisienne. Mais tous les soldats allemands n’obéissent pas. Des unités SS refusent la reddition et menacent même de fusiller les officiers de la Wehrmacht qui la leur ordonnent.

Place de la République, la caserne du Prince-Eugène est l’un de ces derniers réduits. Bâtie sous le Second Empire derrière ce qui était alors la place du Château-d’Eau, à l’emplacement de l’ancien Vauxhall d’été et du diorama où Daguerre avait perfectionné l’invention de Niépce, elle pouvait loger 3 200 hommes ; on l’avait conçue pour rassembler des troupes dispersées dans Paris, mais aussi pour encercler au besoin le faubourg Saint-Antoine. En mai 1871 déjà, les fédérés s’étaient retranchés derrière un réseau de barricades partant de ses murs ; Delescluze s’était fait tuer tout près, sur celle du Château-d’Eau. Sous l’Occupation, les Allemands y ont logé leurs propres troupes, et l’ont baptisée caserne Heinrich-Himmler. En août 1944, elle abrite des SS décidés à se battre.

Depuis le début de l’après-midi, résistants et soldats de la 2e DB en font le siège. Parmi les assaillants, les FFI-FTP de la compagnie Saint-Just. À 19 h 25, la garnison se rend : c’est le dernier bastion allemand de Paris à capituler. Le même soir, à l’Hôtel de Ville, le général de Gaulle prononce devant la foule le discours resté célèbre : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! »

En 1947, la caserne a pris le nom de Jean Vérines. Blessé deux fois pendant la Grande Guerre — il y a perdu l’usage de l’œil droit —, cet officier de gendarmerie commandait avant-guerre le 3e bataillon de la Garde républicaine de Paris. Il entre dans la Résistance dès août 1940, dans ce qui allait devenir, sous l’impulsion de Maurice Duclos, émissaire du général de Gaulle, le premier réseau de la France occupée : le réseau Saint-Jacques. Arrêté en octobre 1941 — dans cette caserne même —, il passe deux mois au secret à Fresnes, puis il est déporté en Allemagne. Condamné à mort en août 1943 par le Tribunal du peuple de Berlin, il est fusillé à Cologne le 20 octobre 1943.

La Garde républicaine occupe la caserne depuis 1947. Son entrée principale donne toujours sur la place de la République, face au monument à la République.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.

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