Demeure de l'Abbé Grégoire, un des artisans de l'abolition de l'esclavage, que Napoléon 1er s'empressera de rétablir

Hôtel de Polignac/Demeure de l'abbé Grégoire

Portrait de l'abbé Grégoire par Pierre Joseph Célestin François (1800), musée Lorrain, Nancy. Crédit : Wikipédia.

Le 4 février 1794, la Convention nationale proclame l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises, un décret arraché par l'abbé Henri Grégoire, l'un de ses principaux artisans. Membre et président de la Société des Amis des Noirs, Grégoire plaide depuis 1789 pour les droits des gens de couleur et contre la traite négrière, obtenant en décembre 1789 l'admission des sang-mêlés à la représentation nationale.

Cette demeure située au 88 rue Bonaparte, dans le 6e arrondissement, est associée à l'abbé Grégoire, prêtre et député lorrain qui résida dans ce quartier central pendant la Révolution. Figure du Serment du Jeu de Paume en 1789 et président de l'Assemblée constituante en 1790, il y mena ses combats pour l'égalité des droits, l'abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 et la régénération des Juifs, couronnée par un essai primé en 1788.

Napoléon Ier rétablit l'esclavage en 1802, mesure à laquelle Grégoire s'oppose fermement, soutenant Toussaint Louverture et la jeune république d'Haïti. Il contribue aussi à la création de l'Institut de France et du Conservatoire national des arts et métiers.

Aujourd'hui, ce lieu rappelle l'engagement humaniste de Grégoire pour la liberté et l'instruction publique, au cœur du Paris révolutionnaire.

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