🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
26 mai 1871
Événement

Rue d’Angoulême, des élus de la Commune tiennent la barricade jusqu’au bout

Rue d'Angoulême
Signaler une erreur

Belleville est le dernier refuge de la Commune. Rue d’Angoulême, ses élus se battent sur les barricades comme de simples gardes nationaux.

Le 26 mai 1871, la Commune n’est pas encore battue, mais elle n’a plus d’espoir. Depuis la veille, ses derniers dirigeants se sont repliés sur Belleville et Ménilmontant ; ses trois ou quatre mille combattants ne tiennent plus qu’un demi-cercle de l’Est parisien, du canal de l’Ourcq à la porte de Vincennes, le long du canal Saint-Martin et du boulevard Richard-Lenoir. La rue d’Angoulême — l’actuelle rue Jean-Pierre-Timbaud —, qui monte du boulevard du Temple vers Belleville, est l’un des verrous de cette ligne.

Sur ses barricades, des membres du Conseil de la Commune se battent comme de simples gardes nationaux. Il y a là Albert Theisz, ouvrier ciseleur sur bronze, qui a dirigé les Postes ; Frédéric Cournet, journaliste, ancien délégué à la Sûreté générale ; Jules Vallès, l’homme du « Cri du peuple » ; Eugène Varlin. Et Zéphirin Camélinat, ouvrier bronzier devenu directeur de la Monnaie, où il a fait frapper des pièces de cinq francs avec l’argenterie des palais impériaux ; il est porte-drapeau du 209e bataillon, qui défend la rue. Dans « L’Insurgé », Vallès raconte comment, après une nuit blanche, il redescend à l’aube vers Paris avec Cournet, Theisz et Camélinat : « La rue d’Angoulême tient encore. » Le 209e s’y défend « en désespéré ».

La répression versaillaise ne fait pas de quartier. Benoît Malon rapportera que dans cette rue, des enfants de huit à dix ans furent fusillés pour avoir aidé à construire une barricade ou refusé de dire où demeurait leur père. De son côté, la Commune agonisante cède à la vengeance : le 26 mai, rue Haxo, cinquante otages, prêtres, gendarmes et civils, sont exécutés, malgré l’opposition de Vallès, de Cournet et de Varlin.

Varlin sera fusillé le 28 mai à Montmartre. Les autres échappent à la répression : Vallès en se déguisant en infirmier, Theisz, Cournet et Camélinat en gagnant Londres. Ils ne rentreront qu’après l’amnistie de 1880.

La rue, elle, a changé de nom à la Libération, en 1944-1945, pour honorer Jean-Pierre Timbaud, fondeur et syndicaliste de la métallurgie, fusillé comme otage à Châteaubriant en octobre 1941. Au n° 94, la maison des métallos rappelle qu’elle fut longtemps le cœur du Paris ouvrier et syndical.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.