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2 juin 1793
Événement

Sous la menace des canons d’Hanriot, la Convention livre les députés girondins

Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan) — Siège de la Convention
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« Journées des 31 mai, 1er et 2 juin 1793 » : les canons devant les Tuileries, où siège la Convention ; gravure de Pierre-Gabriel Berthault d’après Swebach-Desfontaines. Pierre-Gabriel Berthault d’après Swebach-Desfontaines — Archives Paris révolutionnaire

Quatre-vingt mille hommes en armes cernent les Tuileries. Quand les députés veulent sortir, les canons se tournent vers eux.

Au printemps 1793, la Convention se déchire. D’un côté, les Montagnards, soutenus par la Commune de Paris, les Jacobins et les sans-culottes des sections ; de l’autre, les Girondins, qui ont voulu en janvier soumettre le sort du roi à un appel au peuple et que Paris accuse de paralyser la Révolution. Le 15 avril, trente-cinq sections sur quarante-huit réclament l’exclusion de vingt-deux d’entre eux. Les Girondins répondent par une commission de douze membres chargée d’enquêter sur les menées de la Commune ; elle fait arrêter Hébert, le rédacteur du « Père Duchesne ». Le président de l’Assemblée, le girondin Isnard, va jusqu’à menacer Paris d’anéantissement si de nouvelles insurrections éclatent.

Une première insurrection, le 31 mai, n’obtient que la dissolution de la commission des Douze. Le dimanche 2 juin, le comité insurrectionnel recommence. Quatre-vingt mille gardes nationaux et citoyens en armes, commandés par François Hanriot, cernent les Tuileries, où la Convention siège depuis le 10 mai dans l’ancienne salle des Machines, et braquent leurs canons sur le palais. Une députation vient exiger l’arrestation immédiate des chefs girondins. Après un débat confus, les députés décident de sortir en corps, derrière leur président Hérault de Séchelles, pour forcer le passage. Hanriot leur répond d’un ordre bref : « Canonniers, à vos pièces ! » Les représentants du peuple regagnent leur salle.

Sur la proposition de Couthon, la Convention décrète alors l’arrestation, à leur domicile, de dix-neuf députés girondins — parmi eux Brissot, Vergniaud, Pétion, Buzot et Lanjuinais —, de dix membres de la commission des Douze, dont Kervélégan, Boilleau, Henry-Larivière et Rabaut-Saint-Étienne, et de deux ministres, Clavière et Lebrun-Tondu. Membre des Douze, Boyer-Fonfrède est excepté du décret à la demande de Legendre, pour s’être opposé à l’arrestation d’Hébert.

Mal gardés, plusieurs proscrits s’enfuient et vont soulever la Normandie, la Bretagne, le Sud-Ouest et le Midi : c’est l’insurrection fédéraliste. Soixante-quinze députés signent des protestations contre la journée. La répression frappe à l’automne : jugés par le Tribunal révolutionnaire, Brissot, Vergniaud et leurs compagnons sont guillotinés le 31 octobre 1793. Épargné en juin, Boyer-Fonfrède est du nombre.

Le palais des Tuileries a brûlé en mai 1871 et ses ruines ont été rasées en 1883. De la salle des Machines, qui occupait l’aile nord, il ne reste rien ; le pavillon de Marsan, lui, est toujours debout.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.