Dans un deux-pièces de l’avenue Debidour, dans le 19ᵉ arrondissement, France Bloch-Sérazin transforme en 1941–1942 un appartement ouvrier en véritable laboratoire clandestin du Parti communiste. Chimiste de formation, congédiée de son laboratoire en raison des lois antisémites de Vichy, elle met ses compétences au service de l’Organisation spéciale puis des FTP : fabrication de grenades, bombes artisanales, cordon Bickford, bouteilles incendiaires.
Le « labo de chimie du PCF » qu’elle dirige se niche dans la cuisine et la cave : flacons, acides, explosifs récupérés dans des carrières ou des dépôts, armes démontées qu’elle remet en état pour les groupes armés parisiens. Le résistant Théo Kroliczek raconte un appartement « méconnaissable », rempli de mitraillettes, dynamite, cheddite, où la « petite chimiste, toute frêle » prépare des armes destinées à frapper l’occupant.
De ce laboratoire sortent notamment des engins utilisés dans le XIVᵉ arrondissement contre des permanences fascistes, un barrage allemand avenue d’Orléans ou des hôtels réquisitionnés. Traquée par les Brigades spéciales, identifiée après l’arrestation d’Yves Kermen et filée pendant des semaines, France Bloch-Sérazin est finalement arrêtée le 16 mai 1942. Elle sera déportée « Nuit et Brouillard » et guillotinée à Hambourg le 12 février 1943.
Une plaque, apposée en 2008 par la Ville de Paris, rappelle aujourd’hui, avenue Debidour, l’existence de ce laboratoire où une jeune femme de 30 ans a fabriqué les premières armes de la Résistance communiste parisienne.
NB. La plaque est apposée au n. 1 de l'avenue Debidour. La plupart des sources note que l'appartement se situait au n. 5 de la même avenue.![[Plaque France Bloch-Sérazin|1 Debidour avenue, plaque France Bloch-Sérazin par Oxxo WM.jpeg]]
Plaque France Bloch-Sérazin au n. 1 avenue Debidour, Photo: Oxxo Wikimedia