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11 septembre 1937
Événement

Le CSAR, la Cagoule, pose une bombe contre le Groupe des industries métallurgiques

Siège du Groupe des industries métallurgiques
Le CSAR, la Cagoule, pose une bombe contre le Groupe des industries métallurgiques
Eugène Deloncle, dirigeant de l'Osarn, photographié après son arrestation à Paris en novembre 1937.

Le fascisme a parfois besoin de se déguiser en communisme pour accomplir ses projets.

Le 11 septembre 1937, deux bombes explosent dans le quartier de l'Étoile. La première rue Boissière, au siège du Groupe des industries métallurgiques; la seconde rue de Presbourg, au siège de la Confédération générale du patronat français. Double attentat contre deux organisations patronales: absurde, en apparence. Car ce n'est pas la gauche qui frappe. C'est la Cagoule.

L'Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale, connue dans la presse sous le surnom de "Cagoule", est une organisation terroriste d'extrême droite fondée par Eugène Deloncle, ingénieur maritime passé par l'Action française. Elle regroupe des militaires, des industriels, des aristocrates, des nostalgiques du coup d'État et des admirateurs de Mussolini, qui la finance partiellement. Son programme: renverser le gouvernement de Front populaire, éliminer les communistes, instaurer un régime autoritaire.

La stratégie de ce 11 septembre est cynique et calculée. En bombardant à la fois les industries métallurgiques et le patronat, la Cagoule espère créer l'apparence d'une guerre civile imminente et pousser l'armée à intervenir pour "rétablir l'ordre". La culpabilité doit être attribuée aux communistes. Quand la police arrive sur les lieux du premier attentat, une deuxième charge explose: deux policiers sont tués. C'est une technique militaire.

Jean Filliol, dit "Fifi", est l'un des opérateurs. Le même Filliol avait, en juin 1937, assassiné les frères Rosselli, deux intellectuels antifascistes italiens réfugiés en France, dans un bois de Normandie, sur ordre probable de Mussolini. La Cagoule n'est pas seulement une organisation nationale: c'est aussi un instrument de la politique extérieure fasciste italienne sur le sol français.

La machination échoue. L'armée n'intervient pas; le gouvernement ne tombe pas. Mais la Cagoule continue : en novembre 1937, des stocks d'armes sont découverts dans des immeubles parisiens. Deloncle est arrêté. Plusieurs de ses lieutenants rejoindront la collaboration après 1940 : Pucheu deviendra ministre de l'Intérieur de Vichy et sera fusillé en 1944. D'autres, bizarrement, rejoindront la Résistance. Le procès de la Cagoule ne s'ouvrira qu'après la Libération.