Ses soldats refusent de partir pour l’Orient et font de leur général un empereur. La scène se passe à Lutèce, où Julien aime passer l’hiver.
À l’été 355, Julien, neveu de Constantin, étudie la philosophie à Athènes. Quelques mois plus tard, son cousin l’empereur Constance II le rappelle à Milan, lui fait raser sa barbe de philosophe, l’habille d’un manteau militaire — il se trouve lui-même « l’aspect d’un soldat ridicule » — et, le 6 novembre, le fait César. Sa mission : la Gaule, où, sur le Rhin, Alamans et Francs passent la frontière presque à leur guise. Le jeune homme n’a jamais commandé ; en quelques campagnes, il repousse les envahisseurs, franchit le fleuve et impose des traités aux vaincus.
À partir de 357, il prend ses quartiers d’hiver à Lutèce, chef-lieu de la cité des Parisii. Depuis les invasions du IIIe siècle, la ville s’est repliée dans l’île de la Cité, ceinte d’un rempart. À la pointe occidentale de l’île, un vaste palatium d’environ un hectare abrite le tribunal du prétoire : c’est là que réside le César, sur le site de l’actuel Palais de justice. La Seine entoure l’île comme un fossé naturel, les légions s’y rassemblent, le Rhin n’est pas trop loin. Julien s’attache à la ville. Un hiver où le fleuve gèle, lui qui veut s’endurcir consent pour une fois à faire mettre un brasero dans sa chambre, et manque d’être asphyxié. Plus tard, dans le Misopogon, il évoquera sa « chère Lutèce » et ses eaux claires.
En 360, Constance II, qui a besoin de troupes sur le Danube et contre les Perses, et qui se méfie du prestige acquis par son cousin, lui réclame le meilleur de son armée : les auxiliaires palatins — Hérules, Bataves, Pétulants, Celtes — et trois cents hommes pris dans ses autres unités. Les chefs des Pétulants refusent d’obéir. À Lutèce, la mutinerie tourne à la proclamation : les soldats saluent Julien du titre d’Auguste, c’est-à-dire d’empereur. Il accepte, et se met ainsi dans la situation, fréquente dans l’Empire, de l’usurpateur.

Constance II ne l’entend pas ainsi : malgré les appels de Julien à négocier, il conduit des troupes vers l’Occident. La guerre civile n’aura pas lieu. L’empereur meurt en chemin, en novembre 361, et désigne sur son lit de mort ce cousin rebelle, dernier descendant de la dynastie. Seul maître de l’Empire, Julien promulgue un édit de tolérance qui abolit les mesures prises contre les cultes des anciens dieux, dont il est un fidèle : la tradition chrétienne le surnommera l’Apostat. Il meurt le 26 juin 363, en Perse, au cours de la grande expédition qu’il avait préparée depuis Antioche.
Le palatium de la Cité n’a pas disparu avec lui : Valentinien Ier y réside quelques années plus tard, puis les rois francs s’y installent, ponctuellement sous les Mérovingiens, pour de bon sous les Capétiens. Le palais des rois est devenu le Palais de justice. Et dans le 14e arrondissement, près des vestiges de l’aqueduc de Lutèce mis au jour en 1996, une rue de l’Empereur-Julien perpétue son souvenir.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.