Fusillade de la rue de la Paix dans la journée du 22 mars, á deux heures de l'après midi, de Daniel Vierge, 1871
Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale.
Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand Hôtel, cocardes bleues à la boutonnière, ils convergent vers la place Vendôme au cri de : Vive l'ordre ! Vive la loi ! Sous la colonne, leur colonne — celle que Napoléon avait fait fondre avec le bronze des canons d'Austerlitz — ils entendent signifier au Comité central que Paris bourgeois existe encore.
Ils sont en majorité bonapartistes. L'ironie ne leur échappe peut-être pas, ou peut-être si : manifester pour l'ordre légal quatre jours après que Thiers a fui Paris en laissant la ville aux insurgés demande une certaine souplesse de conviction.
Jules Bergeret les attend. Commandant fédéré, il a déployé ses hommes autour de la place. La confrontation tourne à la fusillade — les gardes nationaux ouvrent le feu sur les manifestants qui s'enfuient. Le bilan est lourd : quinze morts et une dizaine de blessés parmi les manifestants, tous issus de l'aristocratie, de la finance et de la presse parisiennes.
C'est la première tentative organisée de la réaction parisienne contre le Comité central. Elle échoue, mais laisse des morts — ce qui radicalise les deux camps. Versailles en tirera argument. Dans six semaines, ce sera différent.
La colonne Vendôme, elle, sera abattue le 16 mai. Courbet en assumera la responsabilité, à ses dépens.