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28 septembre 1943
Événement

Les FTP-MOI abattent Julius Ritter, responsable SS du Service du travail obligatoire en France

Demeure du général nazi Julius Ritter/Attentat FTP-M.O.I.
Les FTP-MOI abattent Julius Ritter, responsable SS du Service du travail obligatoire en France
Julius Ritter, 1943.

Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois.

Julius Ritter est Standartenführer SS. Né en 1892 en Thuringe, il est depuis 1943 le représentant en France de Fritz Sauckel, plénipotentiaire général à la main-d'œuvre du Reich. Sa fonction est précise : organiser le Service du travail obligatoire, le STO, qui envoie de force les jeunes travailleurs français dans les usines allemandes. Des centaines de milliers d'hommes sont ainsi déportés au travail. Le STO est, avec les rafles antisémites, l'une des mesures les plus haïes de l'Occupation ; il alimente le maquis, où fuient ceux qui refusent de partir.

Ritter habite au 18 rue Pétrarque, dans le 16e arrondissement, quartier tranquille de la porte Dauphine. Ses horaires sont réguliers.

Le 28 septembre 1943, vers huit heures et demie du matin, une équipe des FTP-MOI l'attend devant son domicile. Ils sont quatre : Marcel Rajman, ouvrier tricoteur juif polonais de vingt et un ans ; Spartaco Fontanot, Italien de vingt et un ans, fils de réfugiés antifascistes ; Celestino Alfonso, Espagnol de vingt-sept ans, ancien des Brigades internationales ; Leo Kneler, Allemand antinazi. Quand Ritter sort, ils l'abattent.

L'effet à Berlin est immédiat. Himmler ordonne à Carl Oberg, chef de la police allemande en France, de liquider les "terroristes." Les exécutions d'otages, suspendues depuis l'automne 1942, reprennent : cinquante otages du camp de Romainville sont fusillés au Mont-Valérien le 2 octobre 1943.

La traque des FTP-MOI s'intensifie. Les Brigades spéciales de la police française de Vichy, qui filent les militants depuis des mois, opèrent une vague d'arrestations en novembre 1943. Missak Manouchian, Marcel Rajman, Spartaco Fontanot, Celestino Alfonso et dix-neuf autres sont arrêtés. Vingt-deux sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. Olga Bancic, seule femme du groupe, est décapitée à Stuttgart en mai. L'occupant en fait l'Affiche rouge, qui devait les déshonorer et les rendit immortels.