Ritratto di Jean-François Champollion le Jeune, 1824 - Accademia delle Scienze di Torino - Ritratti
Mort de Jean-François Champollion, déchiffreur des hiéroglyphes. C'est lui qui avait négocié l'acquisition de l'obélisque de Louqsor avec le pacha d'Égypte Mohamed Ali.
Jean‑François Champollion meurt le 4 mars 1832, à seulement 41 ans, dans l’appartement parisien où il vit depuis son retour d’Égypte. Épuisé par des années de travail acharné sur les textes, les voyages et les classes qu’il donne au Collège de France, il succombe à une attaque, laissant inachevés ses grands projets d’édition des inscriptions pharaoniques. Sa dépouille est portée au Père‑Lachaise, où un petit obélisque, dressé sur sa tombe, rappelle le lien intime qu’il a noué avec l’Égypte antique.
C’est Champollion qui a rendu les hiéroglyphes à la parole en établissant, à partir de la pierre de Rosette et d’autres inscriptions bilingues, que ce système mêle signes phonétiques et idéogrammes, et en reconstruisant progressivement l’alphabet des pharaons. Nommé en 1826 conservateur chargé des antiquités égyptiennes au Louvre, il utilise cette position pour enrichir massivement les collections françaises.
À ce titre, il joue un rôle décisif dans « l’affaire » de l’obélisque de Louxor. En 1829, alors qu’il parcourt la vallée du Nil à la tête d’une mission franco‑toscane, le vice‑roi d’Égypte Méhémet Ali propose de donner à la France des obélisques, d’abord ceux d’Alexandrie, puis ceux du temple d’Amon à Louxor, en signe de rapprochement diplomatique. Champollion insiste pour que l’on choisisse ceux de Louxor, mieux conservés et couverts d’inscriptions qu’il juge capitales pour la compréhension de l’histoire de Ramsès II.
De retour en France, il convainc le roi et ses ministres de saisir cette occasion, allant jusqu’à proposer que la France prenne à sa charge le coût considérable du transport afin de sécuriser le don. C’est encore lui qui, en 1829, donne sa préférence à l’obélisque le plus occidental, celui qu’on abattra et qui, après un voyage de près de sept ans à bord du navire Louxor, sera finalement dressé au centre de la place de la Concorde en 1836, quatre ans après la mort du « père » de l’égyptologie.