Le 11 novembre 1944, Paris célèbre l’armistice librement pour la première fois depuis 1939. Churchill descend les Champs-Élysées aux côtés de De Gaulle ; le Comité parisien de la Libération et le Parti communiste font défiler leurs foules.
Churchill et son ministre des Affaires étrangères, Anthony Eden, sont arrivés en avion le vendredi 10 au soir. Le lendemain, jour de l’armistice, Churchill et de Gaulle descendent ensemble l’avenue des Champs-Élysées pendant le défilé, au milieu d’une foule immense : jamais, écrit un journal néerlandais, on n’avait fait un tel accueil à un visiteur.

À l’Hôtel de Ville, Churchill est fait citoyen d’honneur de Paris. Le Comité parisien de la Libération, que préside le syndicaliste communiste André Tollet, lui offre le drapeau à croix gammée qui avait flotté sur l’Hôtel de Ville pendant l’occupation. Churchill parle aux Parisiens en français : la France, dit-il en substance, ne peut se permettre la discorde, et elle a la chance d’avoir un chef que personne ne conteste.
Le Comité parisien de la Libération, le Parti communiste et le Conseil national de la Résistance organisent ce jour-là, de l’Alma à la Concorde et à l’Étoile, un « gigantesque défilé », écrit Alain Rustenholz, « destiné à asseoir l’influence du PC à l’orée de la IVe République ». Les milices patriotiques, voulues par le parti et placées sous l’autorité des comités de libération, sont encore armées. Mais le 6 novembre, le gouvernement du général a gracié Maurice Thorez, condamné pour désertion en 1939 et réfugié à Moscou. Rentré à la fin du mois, le secrétaire général du parti fera dissoudre les milices patriotiques, à la demande de De Gaulle.
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