Le 6 février 1778, la France reconnaît officiellement l’indépendance des États‑Unis d’Amérique à l’hôtel de Coislin, au 4 place de la Concorde, à Paris. Dans ce bâtiment situé alors à l’extrémité occidentale de la place Louis‑XV, des représentants du roi Louis XVI et des envoyés du Congrès américain signent deux traités distincts. Le premier est un traité d’amitié et de commerce qui accorde aux États‑Unis le statut de nation indépendante dans les relations diplomatiques et économiques de la France. Le second est un traité d’alliance défensive qui prévoit une aide militaire française contre la Grande‑Bretagne, en cas de poursuite de la guerre.
Côté américain, la délégation comprend notamment Benjamin Franklin, figure de la Révolution américaine installée à Passy, ainsi que ses collègues envoyés en Europe. Côté français, le chancelier des affaires étrangères Charles Gravier de Vergennes supervise la politique du royaume, tandis que le diplomate Conrad Gérard appose sa signature au nom du roi. Ces accords marquent un tournant majeur dans la guerre d’indépendance : pour la première fois, une monarchie européenne s’engage formellement aux côtés des insurgés américains, leur fournissant reconnaissance diplomatique, subventions, matériel et, bientôt, troupes régulières et flotte de guerre.
L’hôtel de Coislin reste associé à ce moment fondateur des relations franco‑américaines. La décision de Louis XVI d’entrer dans cette alliance s’inscrit dans une logique de revanche stratégique contre la Grande‑Bretagne, mais elle ouvre aussi la voie à une circulation renforcée des idées politiques des Lumières, entre Paris et les futures États‑Unis.