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Couverture — Varennes. La mort de la royauté
Bibliographie

Varennes. La mort de la royauté

OZOUF Mona
Gallimard, 2005.
11 Fiches citant cet ouvrage
2005 Édition

Fiches citant cet ouvrage

11 fiches
Événement
1791
1791 — Second siège du journal "Le Mercure national" (de Louise de Kéralio)
p 163
Premier journal ayant prôné le républicanisme, le tutoiement et l'usage du terme citoyen ou citoyenne en place de monsieur et madame
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Événement
1789
1789 — Librairie de Louise de Kéralio/Premier Siège du journal "Le Mercure national" (chez les parents de Louise, au 2ème étage)
p 163
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Événement
1791
25 juin 1791
p 191
La Fayette vient accueillir la famille royale à son retour de Varennes. L'Assemblée, qui reste royaliste, va répandre la légende d'un enlèvement de la famille royale ; mystification qui va faire long feu et condamner Lou …

La Fayette vient accueillir la famille royale à son retour de Varennes. L'Assemblée, qui reste royaliste, va répandre la légende d'un enlèvement de la famille royale ; mystification qui va faire long feu et condamner Louis XVI parmi le peuple

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Événement
1790
novembre 1790 — Église du couvent des Cordeliers/Club des Cordeliers
p 236-237
Participation de François Robert au Club des Cordeliers ; un des premiers à prôner la République. Secrétaire de Danton, il sera compromis dans une affaire d'accaparement
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Événement
1790
janvier 1790 – 1791 — Imprimerie du Cercle social/Siège du journal "La Bouche de Fer"
p 237
Adresse du journal la Bouche de Fer de l'abbé Fauchet ; il sera le premier à se prononcer pour la République, le 21 juin 1791. Son titre vient d’une boîte à lettres figurant une gueule de lion, installée au siège du Cerc …

Adresse du journal la Bouche de Fer de l'abbé Fauchet ; il sera le premier à se prononcer pour la République, le 21 juin 1791. Son titre vient d’une boîte à lettres figurant une gueule de lion, installée au siège du Cercle social

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Événement
1791
juillet 1791
p 256
Fondation d'un journal et d'un club qui prônent le républicanisme. Il ne parut du journal que quatre numéros dont le premier publia une lettre de Thomas Paine aux Français
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Événement
1791
17 juillet 1791
p 278-287
Un dimanche de juillet 1791, des milliers de Parisiens signent sur l’autel de la patrie une pétition contre le roi fugitif. La garde nationale entre au Champ-de-Mars, drapeau rouge en tête, et ouvre le feu : la Révolutio …

Un dimanche de juillet 1791, des milliers de Parisiens signent sur l’autel de la patrie une pétition contre le roi fugitif. La garde nationale entre au Champ-de-Mars, drapeau rouge en tête, et ouvre le feu : la Révolution se déchire.

Le 21 juin 1791, Louis XVI, qui fuyait Paris avec sa famille, est arrêté à Varennes. Pour une partie de l’opinion, c’est un traître, un parjure : sur l’autel de la patrie du Champ-de-Mars, où l’on a célébré en 1790 la fête de la Fédération, on efface le mot « roi ». L’Assemblée constituante, qui veut sauver la monarchie constitutionnelle, préfère parler d’un « enlèvement », et le mot même de « république » est banni de ses débats. Elle suspend le roi, puis, le 16 juillet au soir, le met hors de cause : l’affaire de Varennes est close.

Dans les clubs, on réclame la déchéance. Le 15 juillet, le club des Cordeliers, radical et populaire, réunit trois à quatre mille personnes au Champ-de-Mars pour rédiger une pétition sur l’autel de la patrie ; le cortège qui la porte à l’Assemblée est dispersé par la cavalerie. Les Jacobins en préparent une autre, confiée entre autres à Danton et à Brissot ; Robespierre, qui craint qu’elle ne serve de prétexte à la répression, s’y oppose. Rendez-vous est pris pour le dimanche 17, en cortège pacifique : les appels demandent de ne prendre ni bâton ni couteau.

Le 17 au matin, la Commune de Paris interdit tout rassemblement et ordonne à La Fayette de proclamer la loi martiale. Les Jacobins retirent leur pétition, trop tard. Trouvant fermée la place de la Bastille, point de ralliement, les manifestants gagnent le Champ-de-Mars. Dans la matinée, la foule y découvre deux hommes cachés sous l’autel ; conduits au comité du Gros-Caillou, ils sont lynchés. Les pétitionnaires affluent pourtant : quelques centaines vers onze heures, plusieurs milliers l’après-midi, peut-être vingt mille. Des Cordeliers rédigent un nouveau texte, qui réclame un nouveau pouvoir constituant sans prononcer le mot de république ; six mille personnes le signent aussitôt. On danse autour de l’autel. Les envoyés de la municipalité constatent le calme de la foule.

Gravure : dans la fumée des coups de feu, la garde nationale tire sur la foule massée autour de l’autel de la patrie, au milieu du Champ-de-Mars

Mais l’Assemblée a invité la municipalité à rétablir l’ordre par tous les moyens. Vers quinze heures, des pierres sont lancées sur deux cavaliers de la garde nationale. À l’Hôtel de ville, le conseil municipal proclame la loi martiale. Le maire, l’astronome Jean-Sylvain Bailly, part à dix-huit heures trente avec un fort détachement, précédé du drapeau rouge, qui est alors celui de la loi martiale. Entouré de talus depuis la Fédération, le Champ-de-Mars forme une arène fermée. La garde y entre au pas de charge, tambours battants, sans faire les sommations légales. Un coup de feu part, on ne sait d’où ; la garde ouvre un feu nourri. La foule fuit vers la Seine, où l’attend la cavalerie, et vers l’École militaire, par où entre un second détachement. Il n’y aura pas de bilan officiel : dix morts selon la presse favorable à La Fayette, douze selon Bailly, quatre cents selon Marat ; la plupart des estimations parlent d’une cinquantaine.

Le soir même, le club des Cordeliers est fermé, des canons postés devant son entrée. On arrête des manifestants, des journalistes. Les Jacobins se déchirent : la plupart des députés les quittent pour le club des Feuillants. Pour les sans-culottes, le 17 juillet restera la « Saint-Barthélemy des patriotes ». En septembre, une même loi amnistie le roi, les pétitionnaires et les auteurs de la répression.

La Fayette quitte son commandement en octobre. Bailly, lui, n’est pas pardonné. Condamné par le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné en novembre 1793, au Champ-de-Mars, mais pas sur l’esplanade : on ne veut pas que son sang se mêle à celui des victimes de 1791, et l’échafaud est dressé dans le fossé qui entoure l’enceinte. Sous la pluie glacée, il tremble. « Tu trembles, Bailly ? », lui lance un spectateur. « Oui, mais c’est seulement de froid. » Une plaque, au 2 avenue de La Bourdonnais, marque l’emplacement de l’échafaud.

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