Le 22 mai au matin, Paris apprend que les Versaillais sont dans la ville. Rue Drouot, on relève la barricade en hâte.
Le dimanche 21 mai 1871, vers trois heures de l’après-midi, un agent versaillais monté sur le rempart du Point-du-Jour fait signe aux assiégeants : ce bastion n’est plus gardé. Deux heures plus tard, les premiers soldats entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Ce même après-midi, beaucoup de Parisiens assistent à un concert donné au jardin des Tuileries au profit des veuves et orphelins de la Garde nationale ; le soir, le délégué à la Guerre, Charles Delescluze, fait encore afficher que l’ennemi est repoussé.
Au matin du 22 mai, il faut se rendre à l’évidence. Réunis à neuf heures, les dirigeants de la Commune décident que chaque élu ira diriger la défense de son arrondissement : c’en est fini de toute lutte coordonnée. À midi, une proclamation de Delescluze appelle le peuple à la résistance. Paris se couvre de barricades, rue Auber et rue de la Chaussée-d’Antin, rue de Châteaudun et rue des Martyrs, devant la Trinité et Notre-Dame-de-Lorette. Leur nombre reste discuté : quatre à six cents selon certains auteurs, quelque neuf cents selon l’historien britannique Robert Tombs.
Dans le 9e arrondissement, à deux pas des Grands Boulevards et de la mairie, la barricade de la rue Drouot est reconstruite à la hâte. L’armée approche par l’ouest : le 22, elle enlève la caserne de la Pépinière, l’église Saint-Augustin et la gare Saint-Lazare ; le 23, elle occupe la place Saint-Georges et Notre-Dame-de-Lorette, et s’empare de la Concorde et de l’Opéra, tout proche. Les Versaillais ont pour eux le nombre et l’artillerie ; ils contournent les barricades quand ils le peuvent et les écrasent au canon dans les rues étroites du centre. Rue Drouot, les rangs des défenseurs s’éclaircissent d’heure en heure ; à la fin, ils ne sont plus que cinq. La barricade tombe le 24 mai, après de violents combats, le jour où l’armée prend la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, et où brûlent l’Hôtel de Ville et le Palais-Royal.
De ces barricades de 1871, il ne reste que des photographies et des récits : c’est par ceux de Lissagaray, de Benoît Malon ou de Camille Pelletan que l’on connaît l’histoire de celle-ci. Beaucoup de leurs défenseurs n’ont pas survécu à la défaite : dans les quartiers repris, les soldats ratissent les rues, arrêtent au moindre soupçon et fusillent sans jugement.
La rue Drouot, elle, est devenue celle des commissaires-priseurs. L’hôtel Drouot, ouvert en 1852, est l’une des plus grandes salles de ventes aux enchères du monde, et les marchands de timbres y tiennent boutique depuis la fin du XIXe siècle.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.