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📖 Éléments pour une Histoire de la Commune dans le XIIIème CONTE Gérard
Bibliographie

Éléments pour une Histoire de la Commune dans le XIIIème

CONTE Gérard
Éditions de la Butte aux Cailles, 1981.
44 Fiches citant cet ouvrage
1981 Édition

Fiches citant cet ouvrage

44 fiches
Événement
1848
mars 1848 — Auberge de la Maison Blanche/Club de la Réforme
p 12
Club modéré fondé pendant la Révolution de 1848 ; l'auberge a donné son nom au quartier
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Événement
1832
1832 — Maison du bourreau (de couleur rouge)
p 14
Maison hébergeant le bourreau de Paris lors des exécutions de la barrière St Jacques
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Événement
1869
20 février 1869 — Bal de la Belle Moissonneuse (28 réunions)
p 14-15
Première de 28 réunions politiques publiques à la fin du Second Empire ; 800 à 1 000 personnes. Le 20 février 1869, dans la salle du bal de la Belle Moissonneuse, s’ouvre l’une de ces expériences politiques qui annoncent …

Première de 28 réunions politiques publiques à la fin du Second Empire ; 800 à 1 000 personnes.

Le 20 février 1869, dans la salle du bal de la Belle Moissonneuse, s’ouvre l’une de ces expériences politiques qui annoncent la fin du Second Empire. Ce soir‑là se tient la première d’une série de vingt‑huit réunions publiques, autorisées mais étroitement surveillées, où l’opposition vient éprouver les limites de la libéralisation impériale.

La salle, habituellement vouée aux bals et aux fêtes populaires, accueille entre 800 et 1 000 personnes : ouvriers, employés, petits bourgeois, étudiants, militants républicains ou socialistes curieux d’entendre, pour une fois, des discours politiques tenus hors des cercles fermés. On y débat du suffrage universel, des libertés publiques, de la responsabilité ministérielle, mais aussi – déjà – de la question sociale, des salaires, du droit d’association.

Le régime d’« Empire libéral » mis en place par Napoléon III croyait pouvoir canaliser ces réunions en les encadrant par la police, les commissaires, la censure a posteriori. En pratique, ces soirées transforment un bal de quartier en véritable école politique populaire, où l’on apprend à prendre la parole, à voter des motions, à interpeller les notables.

De février 1869 à la veille de la guerre, la Belle Moissonneuse devient ainsi un baromètre de la montée des oppositions. Ce qui s’y joue dépasse le seul sort du régime : c’est la légitimation d’un nouvel acteur, le public urbain politisé, qui se prépare – sans encore le savoir – aux batailles électorales de 1869, puis aux journées de 1870‑1871 et, pour une partie de ces mêmes milieux, à l’aventure de la Commune de Paris.

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Événement
1869
20 mars 1869 — Salle de la Fraternité (un simple hangar)
p 15
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Événement
1848
25 juin 1848 — Bal de la Belle Moissonneuse (corps de garde des Insurgés de Juin 1848)
p 15
Le général Bréa est pris en otage par les insurgés et exécuté ; Daix et Lahr seront guillotinés
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Événement
Événement
Événement
1871
Événement
1871
1871 — Siège de l'état-major du 9ème secteur de la Garde nationale
p 16+3
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Événement
1871
19 mars 1871 — Église St Marcel de la Maison Blanche/Chapelle Bréa
p 19
Chanzy, amené à la chapelle Bréa, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Ancienne mairie du 13ème arrondissement (dans un ancien pavillon d'octroi)
p 25 & 27
La mairie du 13ème est investie par les soldats du 101ème bataillon de la Garde nationale à l'annonce des tractations de Thiers avec Bismarck ; le drapeau rouge est hissé sur le bâtiment
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Événement
1871
6 février 1871 — Cirque d'Hiver/Fédération des Gardes nationales de la Seine
p 38
Assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale, concurrent du Comité des Vingt arrondissements. Il rassemble des délégués du 59ème régiment et des 57ème, 88ème, 96ème, 193ème et 253èmes bataillons. …

Assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale, concurrent du Comité des Vingt arrondissements. Il rassemble des délégués du 59ème régiment et des 57ème, 88ème, 96ème, 193ème et 253èmes bataillons.

Le 6 février 1871, en pleine tourmente de l’après-guerre franco-prussienne et alors que Paris est encore sous le choc du siège et de l’armistice, une assemblée générale du Comité central provisoire de la Garde nationale se tient au Cirque d’Hiver, rue Amelot. Cette réunion illustre la profonde recomposition politique et militaire à l’œuvre dans la capitale, quelques semaines avant l’insurrection du 18 mars et la proclamation de la Commune.

Le Comité central provisoire se pose alors en concurrent direct du Comité des Vingt arrondissements, structure plus modérée qui cherche à encadrer politiquement la Garde nationale. À l’inverse, le Comité central incarne une dynamique plus radicale, fondée sur l’élection des officiers, l’autonomie des bataillons et une méfiance croissante envers le gouvernement issu de l’Assemblée nationale de Bordeaux, dominée par les conservateurs et les monarchistes.

L’assemblée réunit des délégués du 59ᵉ régiment, ainsi que des 57ᵉ, 88ᵉ, 96ᵉ, 193ᵉ et 253ᵉ bataillons, témoignant de l’ancrage populaire et territorial de la Garde nationale dans les quartiers de l’Est parisien, notamment à Folie-Méricourt, haut lieu du républicanisme social. Ces bataillons, composés en grande partie d’ouvriers et d’artisans, revendiquent le droit de défendre Paris, mais aussi de peser sur son avenir politique.

Cette assemblée marque une étape décisive : la Garde nationale cesse d’être seulement une force armée citoyenne pour devenir un acteur politique collectif, organisé, conscient de sa légitimité et prêt à s’opposer frontalement au pouvoir central. Rue Amelot, au Cirque d’Hiver, se dessinent déjà les lignes de fracture qui mèneront, un mois plus tard, à la Commune de Paris.

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Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
p 38
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

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Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 38
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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Événement
1871
3 mars 1871 — Manufacture des Gobelins
p 39-40
Les gardes nationaux dissidents des 101, 102, 104 et 184ème bataillons s'emparent de plus d'un million de cartouches entreposées dans la manufacture des Gobelins depuis le siège
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Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
p 39
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
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Événement
1871
4 mars 1871 — Poste de commandement d'Émile Duval (deux semaines avant le 18 mars)
p 40
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Événement
1871
5 mars 1871 — Poste du 185ème bataillon de la Garde nationale
p 41
Poste du 185ème bataillon de la Garde nationale réquisitionné par Duval. Dans les premiers jours de mars 1871, le 13ᵉ arrondissement est en pleine ébullition. Autour d’Émile Duval, ouvrier fondeur et militant blanquiste, …

Poste du 185ème bataillon de la Garde nationale réquisitionné par Duval.

Dans les premiers jours de mars 1871, le 13ᵉ arrondissement est en pleine ébullition. Autour d’Émile Duval, ouvrier fondeur et militant blanquiste, les bataillons de la Garde nationale se réorganisent en dehors de l’autorité officielle, pour armer le quartier et préparer la défense de Paris contre Thiers. Fin février, Duval a pris la tête d’un « comité révolutionnaire de vigilance » chargé précisément de récupérer armes et munitions et de tenir les postes stratégiques.

Le 4 mars, les bataillons du secteur – dont le 185ᵉ, commandé par François Charlier – ont déjà encerclé la manufacture des Gobelins, récupéré les armes des gardiens de la paix et des douaniers, puis attaqué le poste de police voisin pour en emporter les fusils. Le lendemain, 5 mars, Duval franchit un pas supplémentaire : il se proclame « commandant en chef du XIIIᵉ arrondissement » et adresse un ordre au commandant du 185ᵉ bataillon pour qu’il « dispose les compagnies de piquet », prenne en main les postes et poudrières des remparts et ne laisse toucher aux munitions qu’avec un ordre régulier émanant de la place.

Concrètement, cela signifie que le poste du 185ᵉ bataillon – et, à travers lui, tout le dispositif local de la Garde nationale – est réquisitionné par Duval et rattaché à son commandement insurrectionnel. Le 13ᵉ arrondissement cesse de fait d’obéir aux autorités militaires et policières de Versailles pour entrer dans l’orbite du futur Comité central de la Garde nationale, avec lequel Duval se coordonne dès le 6 mars. Quelques jours plus tard, quand éclatera la journée du 18 mars, ces bataillons déjà regroupés et armés autour de Duval joueront un rôle de premier plan dans la bascule du quartier des Gobelins du côté de la Commune.

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Événement
1871
Événement
1871
8 mars 1871 — École des Frères des écoles chrétiennes
p 44 & 64
L'après-midi du 8 mars, le gouvernement de Thiers tente d'enlever de force les canons stationnés au Luxembourg. Il échoue. Duval, qui surveille la situation depuis le 13e arrondissement, ne laisse pas passer l'avertissem …

L'après-midi du 8 mars, le gouvernement de Thiers tente d'enlever de force les canons stationnés au Luxembourg. Il échoue. Duval, qui surveille la situation depuis le 13e arrondissement, ne laisse pas passer l'avertissement.

Émile Duval est ouvrier fondeur, blanquiste, trente ans. Depuis début mars, il s'est imposé comme commandant de facto de la Garde nationale du 13e. C'est lui qui, quelques jours plus tôt, est allé chercher 26 canons aux fortifications de la porte d'Ivry pour les installer sur le petit tertre entourant la mairie. Ces pièces ont été payées par souscription populaire pendant le siège de Paris — elles appartiennent au peuple, pas à l'armée de Versailles.

Dans la nuit du 8 au 9 mars, craignant un coup de force identique à celui du Luxembourg, il ordonne le transfert des 26 canons vers l'enclos de l'école des Frères des écoles chrétiennes, rue du Moulin des Prés — à l'abri des regards et des attelages versaillais. Le lendemain matin, il fait placarder une affiche qui résume la situation avec une clarté ouvrière : « on nous a amené des canons et nous les entourons de nos faisceaux pour empêcher qu'on les tourne contre nous. »

Dix jours plus tard, le 18 mars, Thiers tentera de reprendre les canons de Montmartre. L'échec de cette opération déclenchera l'insurrection et la Commune. Duval, à la tête des bataillons du 13e, marchera sur la préfecture de police. Il sera fusillé le 4 avril sur le plateau de Châtillon après la désastreuse sortie sur Versailles. La Commune rebaptisera la place d'Italie « place Émile Duval » le 17 avril — son corps, lui, ne sera jamais retrouvé.

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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 45
Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste. Depuis la capit …

Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste.

Depuis la capitulation de janvier, la Garde nationale parisienne se fédère. Hostile à l'armistice et à la majorité monarchiste de l'Assemblée élue le 8 février, siégeant à Bordeaux, elle s'est organisée dès février autour de la grande salle de bal du Tivoli Wauxhall, rue de la Douane. C'est là qu'une commission provisoire, emmenée par l'architecte Georges Arnold, a élaboré les statuts d'une fédération permanente — publiés dans le Cri du Peuple du 9 mars.

Le 15 mars, l'assemblée constitutive se réunit pour la quatrième fois dans cette salle. 1 325 délégués représentant 215 bataillons élisent le Comité central, composé de deux délégués par arrondissement élus par le conseil de légion, et d'un chef de bataillon par légion. Les deux structures préexistantes — le Comité fédéral républicain, réunissant les officiers, et le Comité central issu des compagnies — fusionnent en une instance unique. Sur les 38 membres élus, une quinzaine sont membres de l'Internationale ou des chambres syndicales. Les hommes en vedette n'avaient pas brigué les suffrages — des inconnus de toutes les couches du peuple, connus seulement de leurs bataillons.

Arnold proclame les noms des élus, puis l'assemblée acclame Garibaldi comme général en chef. Le choix est politique autant que militaire : vainqueur à Dijon avec ses volontaires italiens, héros de l'unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, Garibaldi incarne la République en armes — tout le contraire d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers. L'Assemblée vient en outre de lui refuser son siège de député de Nice au motif qu'il est étranger : l'acclamer chef, c'est aussi un pied-de-nez à Versailles. Garibaldi refuse cependant le poste, estimant qu'un général français doit commander.

Ce comité dirige de fait la ville de Paris du 15 mars au 28 mars 1871. Trois jours après cette séance du Tivoli Wauxhall, après l'insurrection du 18 mars et la fuite de Thiers à Versailles, ce sont ces mêmes inconnus qui s'installeront à l'Hôtel de Ville et convoqueront les élections de la Commune. Nés dans une salle de bal, ils feront l'histoire.

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Événement
1871
18 mars 1871
p 46
Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera …

Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera de provocation.

À 3 heures du matin, sous une pluie glaciale, la brigade Lecomte monte en silence vers le sommet de la butte Montmartre. Le plan est simple : 250 soldats du 88e régiment de ligne s'emparent des 171 pièces d'artillerie parquées au Champ des Polonais, en haut de la rue Saint-Éleuthère. Les attelages arrivent dans la foulée, les canons descendent vers les Invalides, et Paris se réveille désarmé.

La première partie se déroule comme prévu. Les gardes de faction sont surpris — certains s'enfuient, d'autres sont capturés. À 5 heures, les canons sont sous contrôle versaillais. Louise Michel, de garde au comité de vigilance de Montmartre, a donné l'alerte. Le tocsin sonne. Mais Lecomte n'en est pas encore inquiet.

C'est là que les attelages font défaut. Nul n'a prévu suffisamment de chevaux pour déplacer 171 pièces. Les soldats attendent, immobiles au sommet de la butte, autour de canons qu'ils ne peuvent pas bouger. Une heure passe, puis deux. Montmartre s'éveille.

Clemenceau, maire du 18e, accoure au Château-Rouge où Lecomte a établi son PC. Il tente de négocier, propose un compromis. Lecomte balaie la démarche. Ce que Vinoy et Aurelle de Paladines avaient prédit la veille — l'opération est trop précipitée, les moyens insuffisants — est en train de se réaliser heure par heure. Ce qui devait être un coup de main silencieux se transforme en attente interminable, sous les yeux d'une population qui se rassemble et d'une Garde nationale qui prend les armes. Plus tard, on parlera de provocation délibérée.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Gare d'Orléans/Gare d'Austerlitz
p 47
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Événement
1868
1868 — Demeure de Léo Fränkel
p 57
Demeure de Léo Fränkel, internationaliste hongrois, membre de l'Association Internationale des Travailleurs, vote dans un premier temps pour le Comité de Salut public, mais signe finalement le Manifeste de la minorité
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Événement
1871
19 mars 1871 — Demeure de Léo Meilliet
p 58
Léo Meilliet héberge et abrite le général Chanzy pour le soustraire à la foule
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Événement
1840
27 novembre 1840 — Maison d'enfance puis demeure d'Émile Duval
p 58-59
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Événement
1871
27 avril 1871 — Chapelle Bréa/Salle de Juin (pendant la Commune)
p 70 & 73
Meilliet propose de raser la chapelle Bréa, symbole de la répression de juin 1848, Arnould et Clément sont contre ; le décret voté ne fut jamais exécuté
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Événement
1871
17 mai 1871 — Église St Marcel de la Maison Blanche/Chapelle Bréa/Salle de Juin
p 70 & 73
Poste de Fédérés dans l'église St Marcel de la Maison Blanche pendant la Commune
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Événement
1871
5 mai 1871 — Chapelle expiatoire
p 72
Décret de la Commune, daté du 16 floréal an 79, ordonnant de raser la Chapelle expiatoire ; il ne sera jamais appliqué, seules les chaînes qui l'entouraient seront supprimées
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante/Lieu de massacre de Communards
p 80 & 95
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Événement
1871
25 mai 1871 — Manufacture des Gobelins
p 92
Incendie partiel de la Manufacture des Gobelins pour protéger le repli des Fédérés. 238 bâtiments en tout furent incendiés dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
25 mai 1871
p 98
Sérizier s'échappe de la place Jeanne d'Arc pendant la Semaine sanglante ; il écrit au général Chanzy qu'il avait sauvé du lynchage quelques temps auparavant
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Événement
1871
25 mai 1871 — Clos Payen/Folie Lepreste de Neubourg
p 104
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