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12 mai 1839
Événement

Barbès et Blanqui lancent la Société des saisons à l’assaut de l’Hôtel de Ville

Hôtel de Ville
📍 6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération anciennement : 6 place de l' Hôtel de Ville
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Armand Barbès, l’un des chefs de l’insurrection, photographié à La Haye par De Lavieter en 1869, peu avant sa mort (Bibliothèque nationale de France). De Lavieter — domaine public (Wikimedia Commons)

Quelques centaines de conjurés contre la monarchie de Juillet : le coup a été préparé comme une horloge, il est brisé en deux jours.

Sous Louis-Philippe, la république se prépare dans l’ombre. Depuis le début des années 1830, les sociétés secrètes se succèdent à Paris, filles des carbonari et du vieux Buonarroti, l’ancien compagnon de Babeuf, dont le jeune Auguste Blanqui a subi l’influence. Chaque fois la police les démantèle, chaque fois elles renaissent sous un autre nom. En 1836, la découverte d’une fabrique de poudre rue de l’Oursine a valu la prison à Blanqui et à Armand Barbès, les chefs de la Société des familles. Libérés par l’amnistie de 1837, ils fondent avec Martin Bernard la Société des saisons.

Elle s’organise comme un calendrier : des « semaines » de six hommes et un chef, quatre semaines font un « mois », trois mois une « saison », quatre saisons une « année ». Elle compte quelque mille cinq cents membres, recrutés bien plus dans le monde ouvrier que les sociétés qui l’ont précédée. Son but : renverser le roi et instaurer une république sociale.

Blanqui a préparé le coup. Barbès a d’abord refusé d’y participer, avant de céder quand Blanqui l’a traité de lâche. Le dimanche 12 mai 1839, à deux heures de l’après-midi, les insurgés passent à l’action entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin. Quelque quatre cents hommes s’emparent du Palais de justice, échouent devant la préfecture de police, puis occupent un moment l’Hôtel de Ville, où Barbès lit une proclamation. Sa phraséologie néo-jacobine effraie les modérés, et Paris ne suit pas : préparée dans le plus grand secret, l’opération n’a aucune base populaire. L’armée et la Garde nationale la brisent ; le 13 mai, tout est fini. On compte 77 morts et au moins 51 blessés chez les insurgés, 28 morts et 62 blessés chez les militaires. L’historien Georges Duveau parlera d’une « farce tragique et absurde ».

La répression est à la mesure de la peur. Près de sept cents personnes sont interpellées, et les meneurs jugés par la Cour des pairs. Barbès, blessé et arrêté le jour même, est condamné à mort ; sa sœur obtient du roi la commutation de sa peine, après l’intervention de Victor Hugo, qui adresse à Louis-Philippe un quatrain pour implorer sa clémence. Blanqui, caché cinq mois, est pris en octobre, condamné à mort à son tour en janvier 1840 et gracié. Devant leurs juges, les trois chefs refusent de répondre. Ils se retrouvent dans la prison d’État du Mont-Saint-Michel.

L’échec les brouille pour longtemps. En mars 1848, un document publié par Taschereau accuse un chef des Saisons d’avoir livré à la police, après son arrestation, les secrets de la conspiration de 1839 ; tout désigne Blanqui, qui dément avec vigueur. Barbès sera jusqu’au bout son accusateur le plus acharné. Libérés par la révolution de 1848, les deux hommes se retrouvent dans des camps opposés : Barbès fonde le club de la Révolution pour faire pièce à la Société républicaine centrale de Blanqui.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.