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Couverture — Karl Marx ou l'esprit du monde
Bibliographie

Karl Marx ou l'esprit du monde

ATTALI Jacques
Le Livre de Poche 30781, 2007.
30 Fiches citant cet ouvrage
2007 Édition

Fiches citant cet ouvrage

30 fiches
Événement
1832
1832 — Siège du journal "La Tribune des départements" (dit aussi "La tribune", organe de la Société des Droits de l'Homme)
p 34
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Événement
1834
mars 1834 — Siège de "La Revue encyclopédique"
p 34
Pierre Leroux utilise pour la première fois en français le mot "socialisme" dans un texte intitulé "De l'individualisme et du socialisme"
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Événement
Événement
1844
1844 — Siège de la revue "Vorwärts"/Bureaux des "Annales franco-allemandes"
p 94
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Événement
Événement
1843
1843 – 1844 — Bureaux des "Annales franco-allemandes"
p 96-97
Premier local des Annales franco-allemandes, qui ne connaîtront qu'un seul numéro double fin février 1844, les "socialistes" français n'étant pas empressés à collaborer
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Événement
1844
octobre 1844 – 1845 — Demeure de Pierre-Joseph Proudhon
p 113
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Événement
1845
25 janvier 1845 — Siège de la revue "Vorwärts"
p 120
Le Vorwärts est suspendu suite à un article saluant un attentat contre Frédéric-Guillaume IV
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Événement
1848
Événement
1848
mars 1848 — Demeure de Karl Marx
p 159-161
En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 1 …

En mars 1848, à l’invitation de Ferdinand Flocon, Karl Marx revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 10 rue Commines. La Ligue des Communistes, fondée en 1847 à Londres, est la première organisation politique marxiste, regroupant des exilés allemands et des militants socialistes, dont Friedrich Engels, Ferdinand Freiligrath et Flocon. Marx et Engels y jouent un rôle central, rédigeant notamment le Manifeste du Parti communiste à la demande de la Ligue. L’installation du siège à Paris intervient dans le contexte des révolutions européennes de 1848, alors que la Ligue cherche à coordonner l’action révolutionnaire des ouvriers allemands et à diffuser ses idées. Ce lieu devient un centre d’activité politique et de rédaction, avant que la répression ne contraigne Marx et ses proches à quitter la France quelques mois plus tard.

Sources

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Événement
Événement
1849
3 juin 1849 — Demeure de Karl Marx (dans un hôtel, accompagné de sa famille ; 2 pièces louées au nom de Ramboz)
p 174
Karl Marx, revenu à Paris sous le nom de Meyen, y reste clandestinement malgré une assignation à résidence dans le Morbihan ; il partira finalement pour Londres le 24 août
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Événement
1849
22 août 1849 — Salle Ste Cécile
p 175
Un homme qui a défendu la monarchie et les privilèges se lève un matin et invente l'Europe : c'est la grandeur du possible et la limite du converti. La salle Sainte-Cécile, au 59 de la rue de la Chaussée-d'Antin, est com …

Un homme qui a défendu la monarchie et les privilèges se lève un matin et invente l'Europe : c'est la grandeur du possible et la limite du converti.

La salle Sainte-Cécile, au 59 de la rue de la Chaussée-d'Antin, est comble. Nous sommes en août 1849, sous la Deuxième République qui chancelle : Louis-Napoléon Bonaparte vient d'être élu président, les journées de juin 1848 ont noyé dans le sang l'utopie sociale, la réaction s'installe. C'est dans ce contexte que s'ouvre le deuxième Congrès international de la Paix, réunissant des délégués d'une douzaine de pays, des quakers américains, des libre-échangistes anglais, des républicains français. Victor Hugo en préside les séances.

Le 21 août — le congrès s'étend sur plusieurs jours —, Hugo prononce un discours d'ouverture qui restera dans les mémoires. L'homme a traversé plusieurs vies politiques : légitimiste dans sa jeunesse, pair de France sous Louis-Philippe, il glisse peu à peu vers la gauche républicaine sous la pression des événements. Ce soir-là, il va plus loin qu'il ne l'a jamais fait. Il évoque la nécessité d'une confédération des peuples européens, d'un parlement continental, d'une paix garantie par des institutions communes. La formule qu'il emploie est celle d'"États-Unis d'Europe."

Le discours de Hugo est pacifiste et libéral, non socialiste. Il croit au libre-échange comme vecteur de paix, à la fraternité des nations comme antidote aux guerres dynastiques. Il ne questionne pas l'ordre de propriété. Mais dans le Paris de 1849, où la répression vient d'écraser la gauche ouvrière, parler d'Europe unie, de fraternité des peuples, d'arbitrage international des conflits, c'est déjà une rupture radicale avec le nationalisme triomphant. Hugo sera exilé deux ans plus tard, après le coup d'État du 2 décembre 1851. Il ne reviendra à Paris qu'en 1870.

Ce qu'il a lancé dans cette salle du 9e arrondissement — l'idée que l'Europe puisse être autre chose qu'un champ de batailles — traversera les décennies, déformée, récupérée, trahie souvent, mais jamais tout à fait effacée.

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Événement
1865
8 janvier 1865 – 1868 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 302 & 308
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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Événement
1868
1er décembre 1868 – 1911 — Demeure de Paul et Laura Lafargue
p 313
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Événement
1869
juillet 1869 — Demeure de Paul et Laura Lafargue
p 352
Marx fait un voyage clandestin de 6 jours à Paris chez sa fille et son gendre
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Événement
1871
19 avril 1871 — Siège du journal "Le Soir", manipulé par le chef de la police prussienne
p 370
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Événement
1896
1896 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe d'Onésime Prudent-Dervillers
p 427
Ouvrier tailleur né en 1849 dans l'Aisne, opposant au Second Empire, Onésime Prudent-Dervillers participe à la Commune puis s'exile. Rentré en France, il est l'un des fondateurs du Parti ouvrier, puis rejoint la Fédérati …

Ouvrier tailleur né en 1849 dans l'Aisne, opposant au Second Empire, Onésime Prudent-Dervillers participe à la Commune puis s'exile. Rentré en France, il est l'un des fondateurs du Parti ouvrier, puis rejoint la Fédération des travailleurs socialistes ; il devient conseiller municipal de Paris et député de la Seine. Il meurt à Paris le 31 octobre 1896, à 46 ans. Sa stèle, face au Mur des Fédérés, porte avec ses mandats sa qualité d'« ouvrier tailleur ».

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Événement
1880
23 mai 1880 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 433
Première manifestation au Mur des Fédérés depuis la Commune de Paris, interdite bien sûr ; elle rassembla entre 25 et 50 000 personnes
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Événement
Événement
1905
23 avril 1905 — Salle du Globe (chez Favre)
p 490
Trois partis qui se détestent entrent dans une salle du boulevard de Strasbourg. Un seul en ressort — pour quinze ans. Le 23 avril 1905, environ trois cents délégués s'installent dans la salle du Globe, au 8 boulevard de …

Trois partis qui se détestent entrent dans une salle du boulevard de Strasbourg. Un seul en ressort — pour quinze ans.

Le 23 avril 1905, environ trois cents délégués s'installent dans la salle du Globe, au 8 boulevard de Strasbourg, pour fonder ce que la France attend depuis vingt ans : un parti socialiste unifié. Ils viennent de trois organisations rivales qui se sont combattues avec une férocité dont seule la gauche a le secret. Le Parti socialiste de France de Jules Guesde, marxiste orthodoxe, partisan de la lutte de classes sans compromis. Le Parti socialiste français de Jean Jaurès, tribun, humaniste, ouvert à l'alliance républicaine. Et le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane, ouvriériste, méfiant envers les intellectuels et les parlementaires.

L'ordre d'Amsterdam L'unification ne vient pas de Paris — elle vient d'en haut. Au congrès d'Amsterdam de l'Internationale ouvrière, en août 1904, les socialistes du monde entier ont mis les Français au pied du mur. La motion dite « de Dresde-Amsterdam », portée par Bebel et soutenue par Guesde, condamne le « révisionnisme » et le « ministérialisme » — comprendre : l'entrée de Millerand dans un gouvernement bourgeois en 1899, que Jaurès avait défendue. L'Internationale exige l'unité des socialistes français dans un parti de classe, et Jaurès s'incline.

Le congrès de Rouen, en mars 1905, règle les questions préparatoires. Le Globe, un mois plus tard, scelle la fusion. La Section française de l'Internationale ouvrière — SFIO — naît le 25 avril, avec ses 35 000 adhérents, ses fédérations départementales, son journal (L'Humanité, fondé par Jaurès un an plus tôt), et une doctrine de compromis : révolutionnaire dans les textes, parlementaire dans la pratique.

L'unité fragile La salle du Globe résonne de vivats — « Vive l'unité socialiste ! » — mais les fractures n'ont pas disparu. Guesde et Jaurès ne sont d'accord sur presque rien : ni sur la guerre, ni sur la colonisation, ni sur la participation gouvernementale, ni sur le rapport à la République bourgeoise. L'unité tient parce que l'Internationale l'impose et que personne n'ose la briser.

Elle tiendra quinze ans. En décembre 1920, au congrès de Tours, la majorité du parti votera l'adhésion à la IIIe Internationale de Lénine et fondera le Parti communiste. La minorité gardera le sigle SFIO et le nom de Jaurès — tué entre-temps, le 31 juillet 1914, au café du Croissant, à quelques rues d'ici.

Boulevard de Strasbourg, la salle du Globe a disparu. Le socialisme unifié aussi.

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Événement
1911
3 décembre 1911 — Crématorium du cimetière du Père Lachaise
p 493
Il s’était fixé soixante-dix ans pour limite. En novembre 1911, Paul Lafargue et Laura, la fille de Karl Marx, se donnent la mort ensemble. Le 3 décembre, au Père-Lachaise, le socialisme européen leur rend hommage, et un …

Il s’était fixé soixante-dix ans pour limite. En novembre 1911, Paul Lafargue et Laura, la fille de Karl Marx, se donnent la mort ensemble. Le 3 décembre, au Père-Lachaise, le socialisme européen leur rend hommage, et un exilé russe prend la parole : Lénine.

Paul Lafargue est né à Santiago de Cuba en 1842. Étudiant à Paris, militant de l’opposition socialiste au Second Empire, il est exclu à vie de l’université pour avoir souhaité, au congrès international des étudiants de Liège, en 1865, voir disparaître les rubans tricolores au profit de la seule couleur rouge. Il part finir ses études à Londres, où il fréquente Karl Marx et Friedrich Engels. En 1868, il épouse la deuxième fille de Marx, Laura. Leurs trois enfants meurent en bas âge.

Après avoir pris part à la Commune, Lafargue s’exile. Revenu après l’amnistie, il fonde avec Jules Guesde le Parti ouvrier français. Emprisonné à Sainte-Pélagie en 1883 pour propagande révolutionnaire, il y réédite Le Droit à la paresse, paru en 1880 ; en 1891, il est élu député du Nord alors qu’il est de nouveau en prison, condamné après la fusillade de Fourmies. Avec Laura, il traduit Marx et Engels et diffuse leur pensée en France et en Espagne. L’héritage d’Engels, mort en 1895, permet au couple, jusque-là dans la gêne, d’acheter une grande propriété entourée d’un parc à Draveil. Lénine, alors exilé en France, y est reçu en 1910.

Le 25 novembre 1911, à soixante-neuf ans, tout près de la limite qu’il s’était fixée, Paul Lafargue se donne la mort avec Laura, par une injection d’acide cyanhydrique. Sa lettre est brève : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » Dans L’Humanité, Jean Jaurès leur consacre un article, « La destinée ».

Les obsèques ont lieu le 3 décembre au cimetière du Père-Lachaise. Près de vingt mille personnes y assistent. Une dizaine de dirigeants socialistes venus de toute l’Europe prennent la parole, parmi lesquels Jaurès, Édouard Vaillant, Karl Kautsky et Alexandra Kollontaï. Au nom du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, un exilé qui vit alors à Paris et qui était lié d’amitié avec le couple lit en français un éloge funèbre : Lénine.

Le Père-Lachaise abrite depuis 1889 le premier crématorium de France, dessiné par Jean Camille Formigé : la loi autorise la crémation depuis 1887, mais elle reste alors une pratique marginale, que l’Église catholique n’acceptera qu’en 1963. Paul et Laura Lafargue reposent dans la 76e division du cimetière, face au mur des Fédérés, où 147 insurgés furent fusillés à la fin de la Semaine sanglante, en mai 1871.

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Événement
1911
3 décembre 1911 — Cimetière du Père Lachaise/Tombe de Paul et Laura Lafargue
p 493
Né à Cuba, gendre de Karl Marx, Paul Lafargue fonde avec Jules Guesde le Parti ouvrier et écrit Le Droit à la paresse ; Laura, deuxième fille de Marx, traduit en français des textes de son père. Ayant décidé de ne pas at …

Né à Cuba, gendre de Karl Marx, Paul Lafargue fonde avec Jules Guesde le Parti ouvrier et écrit Le Droit à la paresse ; Laura, deuxième fille de Marx, traduit en français des textes de son père. Ayant décidé de ne pas attendre « l'impitoyable vieillesse », le couple se suicide ensemble à Draveil, dans la nuit du 25 au 26 novembre 1911. Près de vingt mille personnes suivent leurs obsèques le 3 décembre ; ils reposent au Père-Lachaise, dans la 76e division, face au Mur des Fédérés.

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Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
p 494
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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