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Couverture — De la Bastille au Mont Valérien. Dix promenades
Bibliographie

De la Bastille au Mont Valérien. Dix promenades

MAITRON Jean
Les Éditions Ouvrières, 1956.
Livre
92 Fiches citant cet ouvrage
1956 Édition

Fiches citant cet ouvrage

92 fiches
Événement
1848
28 février 1848 — Palais du Luxembourg/Siège de la Commission du Luxembourg
p 18
Institution d'une Commission du gouvernement pour les travailleurs, alors que ceux-ci voulaient un ministère du Travail, dit "ministère du Progrès". Louis Blanc se laisse fléchir et accepte le gadget
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Événement
1883
22 octobre 1883 — Maison de santé du docteur Dubois/Hôpital Fernand Widal
p 19
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Événement
1876
2 octobre 1876 — Salle des Écoles de la rue d'Arras
p 25
Cinq ans après la Semaine sanglante, trois cent soixante délégués ouvriers se réunissent légalement à Paris : ils ne parlent ni de révolution ni de Commune, et c'est déjà un événement. En mai 1871, la Commune a été écras …

Cinq ans après la Semaine sanglante, trois cent soixante délégués ouvriers se réunissent légalement à Paris : ils ne parlent ni de révolution ni de Commune, et c'est déjà un événement.

En mai 1871, la Commune a été écrasée. Vingt mille fusillés, quatre mille déportés en Nouvelle-Calédonie, des milliers d'exilés. L'Association internationale des travailleurs est interdite en France depuis la loi Dufaure de mars 1872, qui punit de prison la seule appartenance à l'Internationale. Le mouvement ouvrier français est décapité, ses cadres morts, déportés ou réfugiés à Londres et à Genève.

C'est dans ce désert que se réunit, du 2 au 10 octobre 1876, à la salle des Écoles du 3 rue d'Arras dans le 5e arrondissement, le premier Congrès ouvrier légal de France. Trois cent soixante délégués venus de toute la France y participent. La tonalité est prudente : coopératiste et mutuelliste, dans la ligne de Proudhon plutôt que de Marx. On y discute des chambres syndicales, des sociétés de secours mutuel, des coopératives de production, de l'éducation ouvrière. On évite soigneusement les mots de grève générale, de collectivisme, de révolution.

Le principal organisateur est Jean-Joseph Barberet, journaliste ouvrier, partisan d'un syndicalisme strictement professionnel et non politique, adversaire de l'idée de lutte de classes. Cette prudence est stratégique autant qu'idéologique : à cette date, un congrès qui aurait prononcé le mot de Commune aurait été dissous et ses participants poursuivis. Le silence sur 1871 est la condition de l'existence légale.

L'important n'est donc pas ce qui s'y dit, mais que cela se dise. Pour la première fois depuis la Semaine sanglante, des travailleurs français délibèrent publiquement de leur condition. La chape de plomb se fissure. L'amnistie partielle viendra en 1879, l'amnistie pleine en 1880, avec le retour des communards déportés.

Les congrès suivants iront plus loin. Celui de Marseille en 1879 adoptera le collectivisme et fondera la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France. Le mouvement ouvrier français aura mis huit ans à se relever de la répression. Il repartira de la salle du 3 rue d'Arras.

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Événement
1905
23 avril 1905 — Salle du Globe (chez Favre)
p 26
Trois partis qui se détestent entrent dans une salle du boulevard de Strasbourg. Un seul en ressort — pour quinze ans. Le 23 avril 1905, environ trois cents délégués s'installent dans la salle du Globe, au 8 boulevard de …

Trois partis qui se détestent entrent dans une salle du boulevard de Strasbourg. Un seul en ressort — pour quinze ans.

Le 23 avril 1905, environ trois cents délégués s'installent dans la salle du Globe, au 8 boulevard de Strasbourg, pour fonder ce que la France attend depuis vingt ans : un parti socialiste unifié. Ils viennent de trois organisations rivales qui se sont combattues avec une férocité dont seule la gauche a le secret. Le Parti socialiste de France de Jules Guesde, marxiste orthodoxe, partisan de la lutte de classes sans compromis. Le Parti socialiste français de Jean Jaurès, tribun, humaniste, ouvert à l'alliance républicaine. Et le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire de Jean Allemane, ouvriériste, méfiant envers les intellectuels et les parlementaires.

L'ordre d'Amsterdam L'unification ne vient pas de Paris — elle vient d'en haut. Au congrès d'Amsterdam de l'Internationale ouvrière, en août 1904, les socialistes du monde entier ont mis les Français au pied du mur. La motion dite « de Dresde-Amsterdam », portée par Bebel et soutenue par Guesde, condamne le « révisionnisme » et le « ministérialisme » — comprendre : l'entrée de Millerand dans un gouvernement bourgeois en 1899, que Jaurès avait défendue. L'Internationale exige l'unité des socialistes français dans un parti de classe, et Jaurès s'incline.

Le congrès de Rouen, en mars 1905, règle les questions préparatoires. Le Globe, un mois plus tard, scelle la fusion. La Section française de l'Internationale ouvrière — SFIO — naît le 25 avril, avec ses 35 000 adhérents, ses fédérations départementales, son journal (L'Humanité, fondé par Jaurès un an plus tôt), et une doctrine de compromis : révolutionnaire dans les textes, parlementaire dans la pratique.

L'unité fragile La salle du Globe résonne de vivats — « Vive l'unité socialiste ! » — mais les fractures n'ont pas disparu. Guesde et Jaurès ne sont d'accord sur presque rien : ni sur la guerre, ni sur la colonisation, ni sur la participation gouvernementale, ni sur le rapport à la République bourgeoise. L'unité tient parce que l'Internationale l'impose et que personne n'ose la briser.

Elle tiendra quinze ans. En décembre 1920, au congrès de Tours, la majorité du parti votera l'adhésion à la IIIe Internationale de Lénine et fondera le Parti communiste. La minorité gardera le sigle SFIO et le nom de Jaurès — tué entre-temps, le 31 juillet 1914, au café du Croissant, à quelques rues d'ici.

Boulevard de Strasbourg, la salle du Globe a disparu. Le socialisme unifié aussi.

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Événement
1834
14 avril 1834 — Inscription "Rue Transnonain"
p 34-35
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Événement
1834
14 avril 1834 — Rue Transnonain
p 35
Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse. Dans la nuit du 13 au 14 …

Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 1834, Paris est quadrillé par 40 000 soldats. L'insurrection républicaine, partie de Lyon le 9, a gagné la capitale. Des barricades se dressent dans le quartier Sainte-Avoye, autour de la rue Beaubourg et du cloître Saint-Merri. Thiers, ministre de l'Intérieur, a donné des ordres clairs : écraser la révolte sans ménagement.

À l'aube du 14, les troupes du général Bugeaud investissent le quartier. Un coup de feu — on ne saura jamais d'où — aurait été tiré depuis le 12 rue Transnonain. C'est le prétexte. Les soldats enfoncent les portes et massacrent les habitants dans leurs lits. Douze morts, dont des femmes, un vieillard, un enfant. Aucun n'était armé.

L'affaire fait scandale, mais la répression continue. Thiers fait arrêter des milliers de républicains dans toute la France. Le procès monstre qui s'ensuit, devant la Chambre des pairs, tourne à la farce judiciaire.

C'est Honoré Daumier qui fixe la mémoire du massacre. Sa lithographie, publiée en juillet 1834, montre un homme en chemise étendu sur le dos, un enfant écrasé sous son corps, du sang sur les draps. L'image est d'une frontalité insoutenable. Le gouvernement fait saisir la pierre et traquer les épreuves. Trop tard : l'image est déjà entrée dans l'histoire. L'immeuble, lui, sera rasé par Haussmann. Mais au 79 rue Beaubourg, une inscription murale rappelle encore l'ancien nom de la rue.

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Événement
1865
8 janvier 1865 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 46-49
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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Événement
1870
19 avril 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 49-51
Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien. C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanen …

Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien.

C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanent de la Fédération parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs, au lendemain de sa fondation en avril 1870 à la salle de la Marseillaise. L'adresse est modeste — un immeuble du quartier des Enfants-Rouges, à deux pas de la place de la République. Mais pendant les dix-huit mois qui suivent, elle devient le centre névralgique du mouvement ouvrier parisien.

Les statuts adoptés par les quelque 1 200 délégués prévoient un Conseil fédéral composé de représentants de chaque section, proportionnellement au nombre d'adhérents. C'est là que siège ce conseil. C'est là que se coordonnent les grèves, que se rédigent les manifestes, que se prennent les décisions. Eugène Varlin en est l'âme — mais il n'est pas seul. Les noms qui figurent parmi les délégués fondateurs donnent le vertige quand on sait ce qui suit : Jules Vallès, Benoît Malon, Zéphirin Camélinat, Édouard Vaillant, Eugène Pottier, Camille Langevin, Antoine Bourdon. Un état-major ouvrier qui, un an plus tard, se retrouvera presque au complet dans les organes de la Commune.

L'été 1870 accélère tout. Quand la guerre contre la Prusse se profile, c'est rue de la Corderie que la section parisienne de l'AIT rédige son manifeste contre la guerre — un texte internationaliste qui appelle les ouvriers français et allemands à refuser de s'entre-tuer pour leurs gouvernements respectifs. Après Sedan et la chute de l'Empire en septembre, c'est encore rue de la Corderie que se coordonne l'opposition ouvrière au Gouvernement de la Défense nationale. Et quand Paris se soulève le 18 mars 1871, la Fédération parisienne de l'AIT est l'une des structures qui fournissent à la Commune ses cadres, ses réseaux, et une partie de son programme social — abolition du travail de nuit des boulangers, remise des loyers, ateliers coopératifs.

La rue de la Corderie a été partiellement absorbée par les remaniements urbanistiques du quartier. Mais l'adresse reste inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier comme le lieu où, pour la première fois, les sections parisiennes de l'Internationale ont fonctionné comme une organisation permanente — et non plus comme un réseau clandestin harcelé par la police impériale.

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Événement
1883
14 juillet 1883
p 52-53
Inauguration de la statue de la République, remplacée par un modèle en plâtre depuis 1880 ; entourée de bas-reliefs sur l'histoire de son instauration, faussement attribués à Dalou
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 54-55
Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais …

Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais sans doute à tort

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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 54-55
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Événement
1794
23 mai 1794 — Cabaret Au Franc Pinot/Fausse demeure d'Aimée-Cécile Renault
p 60-61
Plaque erronée à propos de l'auteure d'une présumée tentative d'assassinat de Robespierre. La maneuvre destinée en fait à affaiblir Robespierre se solda par l'envoi de 54 personnes à la guillotine après un soi-disant pro …

Plaque erronée à propos de l'auteure d'une présumée tentative d'assassinat de Robespierre. La maneuvre destinée en fait à affaiblir Robespierre se solda par l'envoi de 54 personnes à la guillotine après un soi-disant procès collectif et expéditif

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Événement
1845
11 novembre 1845 — Maison natale de Jules Guesde
p 62-63
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Événement
1871
24 mai 1871 — Square St Jacques la Boucherie
p 68-69
Charnier de 1 200 Fédérés fusillés sans jugement à la caserne Lobau, dont certains enterrés vivants. Les corps seront recouverts de chaux vive
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Événement
1793
30 octobre 1793 — Conciergerie/Chapelle des Girondins
p 72-73
Vingt et un députés condamnés à mort passent leur dernière nuit ensemble dans une chapelle transformée en cellule ; ce que l'on raconte de cette nuit dit surtout ce que le XIXe siècle avait besoin d'y voir. Les Girondins …

Vingt et un députés condamnés à mort passent leur dernière nuit ensemble dans une chapelle transformée en cellule ; ce que l'on raconte de cette nuit dit surtout ce que le XIXe siècle avait besoin d'y voir.

Les Girondins ont été arrêtés le 2 juin 1793, quand les sections parisiennes en armes ont encerclé la Convention et exigé leur exclusion. Le conflit qui les oppose aux Montagnards porte sur la place de Paris dans la Révolution, sur la guerre, sur la Terreur, sur le contrôle de l'économie. Le procès s'ouvre le 24 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Il est écourté par décret quand la Convention constate que les accusés se défendent trop bien.

Le verdict tombe le 30 octobre : mort pour vingt et un d'entre eux. Parmi eux Brissot, Vergniaud, l'un des plus grands orateurs de la Révolution, Gensonné, Ducos, Carra, l'abbé Fauchet, Boilleau, Lacaze. Dufriche-Valazé se poignarde à l'énoncé de la sentence dans la salle même du tribunal.

La nuit du 30 au 31, ils sont réunis à la Conciergerie, quai de l'Horloge, dans une salle qui était l'ancienne chapelle de la prison, utilisée comme cellule collective en raison de la surpopulation. Elle porte depuis le nom de chapelle des Girondins.

La tradition rapporte qu'ils y tinrent un banquet, buvant, chantant, discutant de l'immortalité de l'âme jusqu'à l'aube. Cette scène est l'un des morceaux les plus célèbres de l'histoire républicaine. Elle a été fixée par Lamartine dans son "Histoire des Girondins" en 1847.

Les historiens sont réservés. Les sources contemporaines ne confirment pas l'existence d'un festin. Le contexte de pénurie alimentaire et de surveillance stricte rend l'épisode improbable dans les termes où on le raconte. Ce qui est certain, c'est qu'ils passèrent la nuit ensemble et qu'ils furent nombreux à écrire.

Le 31 octobre, ils sont guillotinés place de la Révolution. Le cadavre de Valazé est conduit avec eux dans une charrette et décapité aussi. L'exécution dure trente-six minutes.

La scène du dernier repas a servi à toutes les époques. La République bourgeoise du XIXe siècle y a vu la dignité des modérés face aux fanatiques. C'était une manière de choisir son camp dans la Révolution.

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Événement
1787
1787
p 76-77
Corps de garde incendié par 2 fois pour protester contre des édits
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Événement
1792
10 août 1792
p 76-77
À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister. Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h …

À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister.

Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h 45 le signal convenu. Les colonnes insurgées et les fédérés venus de province s'assemblèrent place de Grève dans les premières heures du matin.

Un premier groupe, un millier d'hommes mal armés accompagnés de quelques Marseillais, s'élança spontanément vers les Tuileries dès 8 h 30. Les Gardes suisses leur ouvrirent la porte de la cour du Carrousel puis les mitraillèrent : beaucoup furent massacrés dans la cour même.

Mais la famille royale avait déjà fui. Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants avaient quitté le palais par l'escalier des jardins et rejoint la salle du Manège, siège de l'Assemblée législative, rue de Rivoli. Ils y furent cachés dans la loge du logotachygraphe, derrière la tribune. Mandat de Grancey, commandant royaliste de la garde nationale qui avait conçu un plan pour écraser les insurgés, avait été tué place de Grève la nuit même. La défense du palais était sans chef.

Les colonnes organisées de Santerre arrivèrent et brisèrent la résistance. Les Marseillais furent les premiers à franchir le péristyle du pavillon central. Les Gardes suisses qui tentèrent de fuir furent massacrés : une centaine rue de l'Échelle, d'autres sur les Champs-Élysées à la hauteur du Garde-Meuble. Trois cents d'entre eux parvinrent à s'échapper par le passage de l'Orangerie vers la place de la Concorde. Environ sept cents périrent. Du côté des insurgés, on dénombrait plus d'un millier de morts.

Le palais prit feu. Les insurgés empêchèrent les pompiers d'intervenir tant que l'Assemblée n'aurait pas prononcé la déchéance de la royauté. Elle la prononça. Louis XVI fut suspendu, puis arrêté et transféré au Temple.

La journée du 10 août ouvre la seconde phase de la Révolution : la République sera proclamée six semaines plus tard.

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Événement
1788
28 août 1788
p 76-77
Manifestation contre le ministre Brienne, qui est brûlé en effigie ; Biron fait ouvrir le feu ; Louis XVI doit rappeler Necker
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Événement
1788
16 septembre 1788
p 76-77
Nouvelle émeute sur le Pont Neuf ; la répression fait plusieurs morts ; prémices de la Révolution française
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Événement
1871
24 mai 1871
p 76-77
Veysset, agent versaillais, est exécuté pour avoir tenté de compromettre le général Dombrowski. Ce dernier envisagea, de connivence avec Rossel, d'en profiter pour tendre un piège aux versaillais
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Événement
Événement
1885
1885 — Demeure de Jean Baptiste Clément
p 92-93
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Événement
1868
1 novembre 1868 — Cimetière Montmartre (27ème division)/Tombe d'Alphonse Baudin
p 95
Cérémonie sur la tombe du député Alphonse Baudin ; ses organisateurs sont arrêtés
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Événement
1868
14 novembre 1868 — Palais de justice
p 95
Procès des organisateurs de l'hommage à Alphonse Baudin au cimetière Montmartre du 1er novembre
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Événement
Événement
1829
1829 — Cimetière Montmartre (30ème division)/Tombe de Thérèse Aubry
p 95
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Événement
1845
1845 — Cimetière Montmartre (31ème division)/Tombe de Godefroy Cavaignac
p 95
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Événement
1913
1913 — Cimetière Montmartre (17ème division)/Tombe d'Henri de Rochefort
p 95
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Événement
1837
1837 — Cimetière Montmartre (23ème division)/Tombe de Charles Fourier
p 95
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Événement
1883
1883 — Cimetière Montmartre (27ème division)/Tombe de Martin Bernard
p 95
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Événement
1851
3 décembre 1851 — Barricade en 1851
p 98-99
Alphonse Baudin, député de l'Ain, se fait tuer sur une barricade. Il aurait dit aux ouvriers qui lui reprochaient son salaire de député : "Vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs par jour !"
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Événement
1909
13 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Première manifestation pour Francisco Ferrer
p 100-103
Un pédagogue libertaire est fusillé à Barcelone au petit matin ; le soir même, l'Europe entière descend dans la rue, et Paris manque de tuer le préfet de police. Francisco Ferrer i Guàrdia est un pédagogue catalan. En 19 …

Un pédagogue libertaire est fusillé à Barcelone au petit matin ; le soir même, l'Europe entière descend dans la rue, et Paris manque de tuer le préfet de police.

Francisco Ferrer i Guàrdia est un pédagogue catalan. En 1901, il a fondé à Barcelone l'Escuela Moderna, école laïque, mixte, sans notes ni punitions, sans religion, où l'on enseigne les sciences et la raison aux enfants d'ouvriers. Le modèle essaime : des dizaines d'écoles rationalistes s'ouvrent en Catalogne. L'Église et la bourgeoisie espagnoles y voient un foyer de subversion.

En juillet 1909, Barcelone se soulève. La Semaine tragique éclate contre l'envoi de conscrits au Maroc : grève générale, barricades, couvents incendiés. La répression fait plus d'une centaine de morts. Le gouvernement Maura cherche un responsable intellectuel. Ferrer, qui n'a pris aucune part à l'insurrection, est arrêté, jugé par un conseil de guerre sur un dossier vide, condamné à mort.

Il est fusillé le 13 octobre 1909 à l'aube, dans les fossés de Montjuich. Il refuse le bandeau et le prêtre. La nouvelle déclenche la plus grande vague de protestation internationale de l'avant-guerre. Des manifestations éclatent à Rome, Bruxelles, Londres, Buenos Aires, Milan. Des ambassades espagnoles sont assiégées.

À Paris, le cortège se forme devant l'ambassade d'Espagne, 34 boulevard de Courcelles dans le 17e arrondissement. Quarante mille personnes selon les organisateurs. En tête marchent Édouard Vaillant, ancien membre de la Commune, Jean Jaurès, Marcel Sembat, Charles Albert. Parmi les manifestants se trouvent des exilés russes, dont Lénine et Nadejda Kroupskaïa, alors réfugiés à Paris. La police charge. Un coup de feu tiré en direction du préfet Lépine le manque et tue un gardien de la paix à bicyclette nommé Dufresne. Les affrontements durent plusieurs jours.

Une statue de Ferrer sera élevée à Bruxelles. Son nom reste attaché à la pédagogie libertaire, dont se réclameront Freinet et une part de l'éducation nouvelle.

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Événement
1909
13 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Première manifestation pour Francisco Ferrer
p 100-103
Manifestation violente à laquelle participent Lénine et Nadejda Constantinovna Kroupskaïa ; 1 policier tué
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Événement
1909
17 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Seconde manifestation pour Francisco Ferrer
p 100-103
Seconde manifestation de protestation contre l'exécution de Francisco Ferrer en Espagne, très encadrée par la police ; 500 000 personne y participent, dont Jean Jaurès
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Événement
1533
1533 — Parc Monceau/Arcade du Boccador
p 104-105
Arche de l'ancien hôtel de ville, près de la naumachie du parc Monceau
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Événement
1848
2 avril 1848 — Club central des Ateliers nationaux/Salle du Manège
p 104-105
Club créé par les chefs de l'état-major des Ateliers nationaux. Le ministre Ulysse Trélat, venu leur annoncer le 29 mai la démission d'Émile Thomas, est molesté et doit s'enfuir par la porte de derrière
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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
p 104-105
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1848
6 mars 1848 — Salle du manège de Monceaux/Bureau central des Ateliers nationaux
p 104-105
Création des Ateliers nationaux le 27 février 1848, suite à la proclamation du droit au travail le 25 ; leur suppression déclenchera l'insurrection de Juin. Ils auront alors incorporé 107 000 hommes
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Événement
1871
22 mai 1871 — Collège Chaptal/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 105
Forte résistance des Zouaves de la Commune dans le collège alors en construction ; les versaillais massacrèrent les survivants. Une cour martiale s'installe ici dès le lundi 22 mai
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Événement
1871
26 mai 1871 — Chapelle des otages/Lieu de l'exécution des otages de la Commune
p 108-109
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Événement
1871
26 mai 1871 — Mur des otages
p 108-109
Mur contre lequel furent fusillés les 50 otages de la rue Haxo ; massacre auquel tentèrent de s'opposer les membres de la Commune présents
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Événement
1828
1828 — Salle de réunion des saint-simoniens
p 110-113
Exposition de la "Doctrine de Saint-Simon" au cours de 30 séances publiques, par ses disciples au nombre de 92 au départ, dont 5 ouvrières et 12 ouvriers
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Événement
1832
6 juin 1832 — Maison des saint-simoniens (communauté exclusivement masculine)
p 110-113
Installation de la communauté saint-simonienne composée de 40 "fils", détournement de la pensée de Saint-Simon ; elle sera vite dissoute pour atteinte aux bonnes mœurs
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Événement
1875
26 mars 1875 — Cimetière du Père Lachaise (85ème division)/Tombe d'Agricol Perdiguier
p 116-119
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Événement
1888
8 août 1888 — Cimetière du Père Lachaise (91ème division)/Tombe d'Émile Eudes
p 120-121
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Événement
1825
19 mai 1825 — Cimetière du Père Lachaise (28ème division)/Tombe de Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon
p 122-125
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Événement
1911
3 décembre 1911 — Crématorium du cimetière du Père Lachaise
p 128-129
Cérémonie lors de l'incinération de Paul Lafargue et de Laura Marx. Lénine prononce leur oraison funèbre au nom du POSDR
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Événement
1911
3 décembre 1911 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Paul et Laura Lafargue
p 128-129
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Événement
1871
30 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés/Lieu de massacre de Communards
p 130-133
Fosse commune creusée pour les 1018 victimes des combats de la Semaine sanglante tués dans le cimetière et aux alentours ; 147 Fédérés sont fusillés sur place, à la mitrailleuse. 152 selon Maxime Du Camp
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 144-145
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1871
Événement
1792
1792 — Brasserie d'Antoine-Joseph Santerre
p 153
Préparation de la journée du 20 juin et de l'assaut des Tuileries le 10 août 1792
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Événement
1783
15 octobre 1783 — Folie Titon/Manufacture de papiers-peints Réveillon (de 1763)/Lieu du premier vol humain (vol captif)
p 154-155
Fabrication de la Montgolfière, et essais par Jean-François Pilâtre de Rozier en vol captif ; dans la manufacture de papiers peints Réveillon, qui comptait alors 350 ouvriers
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Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
p 154-155
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1889
23 septembre 1889
p 156-157
Pour la première fois depuis 1871, le drapeau rouge flotte à Paris lors de l'inauguration de la statue de la République : Dalou, ancien communard, sait ce que cela signifie. Jules Dalou a soixante-cinq ans en 1889. Il a …

Pour la première fois depuis 1871, le drapeau rouge flotte à Paris lors de l'inauguration de la statue de la République : Dalou, ancien communard, sait ce que cela signifie.

Jules Dalou a soixante-cinq ans en 1889. Il a été l'un des rares artistes à s'engager dans la Commune : membre de la commission des beaux-arts, il a travaillé à réorganiser les musées nationaux insurgés. Après la Semaine sanglante, condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité, il s'exile à Londres. Il y enseigne, il y sculpte, il y observe la société ouvrière anglaise. Amnistié en 1879, il rentre à Paris.

Dalou est l'auteur du gisant d'Auguste Blanqui au Père Lachaise, et de celui de Victor Noir. Ce ne sont pas des commandes mondaines. Ce sont des monuments à ceux que la République bourgeoise préfère oublier. Dans ce même Paris des années 1880, la Ville lui commande "Le Triomphe de la République" pour la place du Trône, rebaptisée place de la Nation en 1880.

Le 23 septembre 1889, lors des fêtes du centenaire de la Révolution française, un modèle grandeur nature du monument en plâtre peint est inauguré en grande cérémonie. La foule est immense. Et dans cette foule, pour la première fois depuis mai 1871, depuis que la Semaine sanglante a noyé dans le sang la dernière insurrection parisienne, le drapeau rouge réapparaît publiquement dans les rues de Paris.

Ce n'est pas un geste anodin. Le drapeau rouge est la couleur des martyrs de la Commune, la couleur de l'insurrection. Sa réapparition en 1889, lors d'une cérémonie officiellement républicaine, signifie que les survivants et leurs héritiers entendent rappeler ce que la "République" a voulu effacer : que la Commune en était l'expression la plus radicale, et que la liberté ne se sépare pas de l'égalité.

La version définitive en bronze sera inaugurée le 19 novembre 1899 lors d'une grande démonstration de masse. La République de Dalou est portée sur un char triomphal par des femmes et des enfants : la Justice, le Travail, la Paix. Aucun général. Aucune baïonnette.

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Événement
Événement
1908
décembre 1908 — Demeure de Lénine (jusqu'à juillet 1909, avec sa sœur Marie et la mère de Nadejda Kroupskaïa)
p 174-177
Demeure de Vladimir Ilitch Oulianov, alias Lénine, à son arrivée à Paris ; Martov est un familier. L'appartement, qui se trouvait au 2ème étage, a été détruit, l'immeuble ayant été rehaussé
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Événement
1908
3 décembre 1908 — Hôtel des Gobelins
p 175
Première adresse parisienne de Lénine qui retrouve sa sœur Marie à son arrivée en provenance de Genève
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Événement
1817
1817 — Montagnes russes/Montagnes de Santé/Montagnes de Belleville
p. 176-177
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Événement
1908
1908 — Demeure de Gregory Zinoviev
p 179
Demeure de Gregory Zinoviev, arrivé à Paris avec Lénine ; il est étroitement surveillé par l'Okhrana, la police politique tzariste, qui installe des mouches dans un hôtel de la rue Alphonse Daudet
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Événement
1904
1904 — Demeure de Gregory Zinoviev
p 179
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Événement
1906
1906
p 202-203
Louise Michel et Élisée Reclus servent de modèle pour les visages du "Chapiteau des baisers", intitulé à l'origine "Rêve pour une maison du Peuple", installé aujourd'hui sur la place de la mairie de Rouvaix.
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Événement
1794
28 juillet 1794
p 207
Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette. À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient i …

Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette.

À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient investi l'Hôtel de Ville. Augustin Robespierre avait sauté d'une corniche pour fuir et s'était fracturé les jambes. Couthon avait été retrouvé blessé dans un escalier. Saint-Just s'était rendu sans résister. Le Bas, lui, s'était tiré une balle dans la tête plutôt que d'être pris.

Les survivants furent conduits au Pavillon de Flore, siège du Comité de Salut public. Les thermidoriens répandirent le bruit que Robespierre avait tenté de se suicider ; le pistolet retrouvé sur lui n'était pas déchargé. Peu importait la vérité : il s'agissait de l'avilir avant de le tuer.

Mis hors la loi la veille par la Convention, les condamnés n'avaient pas droit à un procès. La simple identification de leur personne suffisait. Dans la matinée, ils furent transférés à la Conciergerie, quai de l'Horloge. Dans l'après-midi, la charrette traversa Paris.

Vingt-deux personnes furent guillotinées ce jour-là, place de la Révolution : Robespierre, Saint-Just, Couthon, Augustin Robespierre, le général Hanriot, le maire de Paris Fleuriot-Lescot, le président du Tribunal révolutionnaire Dumas, et quinze autres membres de la Commune ou des sections. On dit que la foule les hua. Les témoignages furent aussitôt réécrits par les vainqueurs.

Robespierre fut le dernier de la charrette à passer sous la lame. Son bandage à la mâchoire fut arraché avant l'exécution.

La place de la Révolution porte aujourd'hui le nom de place de la Concorde. La guillotine y avait fait, entre 1792 et 1794, un millier cent dix-neuf victimes.

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Événement
1792
20 juin 1792
p 212-213
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1792
10 août 1792 — Palais des Tuileries (péristyle du pavillon central au pied du grand escalier)
p 214-215
Les Marseillais entrent les premiers aux Tuileries ; la prise du palais marque la fin de la monarchie
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Événement
1794
8 juin 1794
p 216-217
Célébration de la Fête de l'Être Suprême, apothéose de Robespierre ; les bancs de marbre en sont des vestiges
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Événement
1789
9 novembre 1789 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante (1159 membres)
p 218-219
Sièges successifs de l'Assemblée Constituante, de la Législative, et de la Convention jusqu'au 9 mai 1793. Par la suite, celui du Conseil des Cinq-Cents
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Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
p 220-221
Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robesp …

Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robespierre a signé la pétition pour la déchéance du roi — il risque d'être pris. Jeanne-Marie Roland et son mari Jean-Marie passent à son logement de la rue de Saintonge, dans le Marais, pour lui proposer une cachette. Il est déjà parti.

Il est chez les Duplay. Maurice Duplay est menuisier-ébéniste, rue Saint-Honoré — une maison à deux pas du club des Jacobins que Robespierre fréquente assidûment depuis des mois. La famille l'installe dans une chambre simple, donnant sur la cour. Il y a là Duplay et sa femme, leurs filles — dont Éléonore, que l'entourage tient pour la compagne officieuse de l'Incorruptible.

Robespierre ne s'installe pas « pour quelques jours ». Il reste. Pendant trois ans, la maison Duplay sera son seul logement parisien. Il y reçoit des visiteurs, rédige ses discours, travaille sous le bruit des ateliers en contrebas. Les Duplay le couvent avec une dévotion qui tient autant de la conviction républicaine que de l'attachement familial.

Ces trois années voient Robespierre passer de député radical en survie à membre tout-puissant du Comité de salut public. La chambre de la rue Saint-Honoré est son ancre dans une période où tout le reste — les institutions, les alliances, les têtes — change sans cesse. Le 9 Thermidor an II — 27 juillet 1794 —, il quitte la maison Duplay pour se rendre à la séance de la Convention. Il ne revient pas. Arrêté dans la soirée, il est guillotiné le lendemain place de la Révolution.

La maison des Duplay a depuis disparu. Une plaque marque aujourd'hui l'emplacement de la porte où il était entré, ce soir de juillet 1791, en fuyard.

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Événement
1871
16 mai 1871
p 222-223
Destruction du symbole de l'impérialisme napoléonien, décoré avec le bronze des canons pris à Austerlitz ; le projet d'un Génie symbolisant le 18 Mars remplaçant le Bonaparte avait été rejeté, les minoritaires étant abse …

Destruction du symbole de l'impérialisme napoléonien, décoré avec le bronze des canons pris à Austerlitz ; le projet d'un Génie symbolisant le 18 Mars remplaçant le Bonaparte avait été rejeté, les minoritaires étant absents

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Événement
1789
27 octobre 1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (réfectoire, bibliothèque puis église)
p 224-225
Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique. Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le …

Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique.

Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le nom de Club breton, réunion informelle des députés du tiers état de Bretagne rejoints par d'autres patriotes. Quand l'Assemblée constituante suit le roi à Paris en octobre 1789, ils cherchent un local.

Le 27 octobre 1789, la Société des Amis de la Constitution loue le réfectoire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Honoré, dans l'actuel 1er arrondissement, à l'emplacement du marché Saint-Honoré. Les Dominicains sont appelés à Paris les Jacobins, parce que leur premier établissement se trouvait rue Saint-Jacques. Le club prend le surnom de son adresse : club des Jacobins.

À ses débuts, il n'a rien de révolutionnaire au sens ultérieur du mot. La cotisation est élevée, ce qui en écarte le peuple. On y trouve La Fayette, Mirabeau, Barnave, Talleyrand, le duc d'Aiguillon, les frères Lameth, Sieyès. C'est le club de la monarchie constitutionnelle, dominé par des nobles libéraux et des bourgeois modérés.

Il se radicalise par scissions successives. En juillet 1791, après la fusillade du Champ-de-Mars, les modérés partent fonder le club des Feuillants. Restent les partisans de la République, autour de Robespierre, qui deviendra la figure centrale du club et y prononcera l'essentiel de ses discours. Le réseau des sociétés affiliées couvre le pays : plus d'un millier de clubs correspondent avec Paris. C'est la première structure politique nationale de l'histoire française.

Le club est fermé le 12 novembre 1794, après Thermidor. Le couvent est démoli sous le Directoire. Le mot est resté, "Jacobin" désigne aujourd'hui une conception centralisatrice et unitaire de la République, ce qui n'était qu'un aspect de la doctrine des Jacobins historiques, et ce qui a fait oublier tout le reste : le suffrage universel, le droit à l'existence, l'abolition de l'esclavage.

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Événement
1831
14 février 1831 — Église St Germain l'Auxerrois
p 231
Saccage de l'église lors du service funéraire anniversaire du duc de Berry, à l'occasion duquel avait été organisée une quête au bénéfice des Suisses blessés en juillet 1830
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Boutique du coutelier Badin
p 233
Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols. Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vi …

Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols.

Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vieux-Augustins (aujourd'hui rue Hérold), où elle est descendue deux jours plus tôt en arrivant de Caen. Quelques pas la mènent au Palais-Royal — depuis un an le Palais-Égalité. Ce matin-là, les galeries grouillent : Paris s'est rempli de provinciaux montés pour les fêtes du 14 Juillet, et Charlotte Corday attend, comme tout le monde, que les boutiques ouvrent.

L'endroit ne pouvait être mieux choisi, ni plus ironique. Le Palais-Égalité est alors le cœur battant de la Révolution : cafés bruissants de nouvelles, colporteurs de pamphlets, joueurs, filles sous les arcades. C'est là, quatre ans plus tôt, que Camille Desmoulins avait sauté sur une table du café de Foy pour appeler Paris aux armes. Un bazar politique à ciel ouvert, où l'on trouve de tout. Sous la galerie de Valois, qui longe le côté est du jardin, au numéro 177, la boutique du coutelier Badin.

Elle y achète un simple couteau de cuisine, manche d'ébène et virole d'argent, pour quarante sols — deux livres. Rien d'un poignard : l'outil d'une ménagère, qu'elle glisse dans son corsage. La lame ne servira qu'une fois.

Le reste appartient à l'après-midi. Corday repasse la Seine, gagne la rue des Cordeliers ; éconduite deux fois, elle est enfin reçue le soir dans le cabinet de Marat, et le couteau de quarante sols entre sous la clavicule de l'Ami du peuple. La Révolution avait ainsi, sans le savoir, vendu elle-même l'arme qui abattit son journaliste le plus incendiaire, à l'étal d'un coutelier, entre un café et une maison de jeu.

La galerie de Valois longe toujours le côté est du jardin, sous ses arcades de pierre blonde, aujourd'hui bordées de boutiques de luxe. Au numéro 177, plus rien ne rappelle le coutelier Badin, ni la cliente pressée d'un matin de juillet.

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
p 234-235
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1870
11 janvier 1870 — Siège et imprimerie du journal "La Marseillaise" (à partir du 19 décembre 1869)
p 236-237
Appel aux armes de Rochefort dans un article de son journal La Marseillaise sur l'assassinat de Victor Noir
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Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
p 238-243
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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