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📖 La Commune n'est pas morte. Usages politiques du passé FOURNIER Éric
Bibliographie

La Commune n'est pas morte. Usages politiques du passé

FOURNIER Éric
Libertalia, 2013.
39 Fiches citant cet ouvrage
2013 Édition

Fiches citant cet ouvrage

39 fiches
Événement
Date imprécise — Siège de la maison d'édition Lachaud
p 16
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Événement
Date imprécise — Siège de la maison d'édition Eugène Dentu
p 16
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Événement
1850
1850 — Demeure de Cham
p 18
Cénacle littéraire créé par le caricaturiste Cham ; auteur de dessins orduriers sur la Commune, reprenant entre autres le mythe des "pétroleuses"
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Événement
Événement
1871
26 mai 1871 — Mur des otages
p 24
Mur contre lequel furent fusillés les 50 otages de la rue Haxo ; massacre auquel tentèrent de s'opposer les membres de la Commune présents
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Événement
1876
12 décembre 1876 — Cimetière du Père Lachaise (4ème division)/Monument des généraux Lecomte et Thomas
p 25
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Événement
Événement
1875
16 juin 1875 — Basilique du Sacré-Cœur
p 27
Pose solennelle de la première pierre du Sacré-Cœur, emblème de "l'ordre moral" déclaré d'utilité publique ; "Gallia poenitens"
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Événement
1871
mai 1871 — Cimetière Montmartre
p 30
En mai 1871, à la fin de la Commune de Paris, un charnier fut découvert au cimetière de Montmartre, situé 20 avenue Rachel, Paris. Selon les registres du cimetière, 1 248 corps de combattants fédérés y furent inhumés, ce …

En mai 1871, à la fin de la Commune de Paris, un charnier fut découvert au cimetière de Montmartre, situé 20 avenue Rachel, Paris. Selon les registres du cimetière, 1 248 corps de combattants fédérés y furent inhumés, certains ayant été enterrés vivants lors de la répression dite de la "Semaine sanglante". Les cadavres, souvent entassés en masse, portaient encore leurs uniformes et képis fédérés. Ce charnier témoigne de la violence extrême exercée par les troupes versaillaises contre les insurgés, dont beaucoup furent exécutés sommairement sans jugement. Charles Delescluze, figure de la Commune, fut l’un des nombreux fédérés tués durant ces événements. Le site du cimetière de Montmartre reste un lieu de mémoire de cette répression, marquée par des inhumations collectives et anonymes.

Ouvrages et sources utilisés :

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Événement
1880
9 novembre 1880 — Gare St Lazare
p 45
Retour d'exil en Kanaky de Louise Michel avec 550 Communards amnistiés, débarqués à Dieppe ; ils sont accueillis par 6 000 parisiens
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Événement
1879
3 mars 1879 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 45
Le 3 mars 1879, la Chambre des députés adopte enfin une première loi d’« amnistie partielle » en faveur des condamnés de la Commune de Paris. On compte alors environ 13 450 condamnations depuis 1871, dont des milliers de …

Le 3 mars 1879, la Chambre des députés adopte enfin une première loi d’« amnistie partielle » en faveur des condamnés de la Commune de Paris. On compte alors environ 13 450 condamnations depuis 1871, dont des milliers de déportations et de travaux forcés ; la nouvelle majorité républicaine, solidement installée depuis la démission de Mac‑Mahon en janvier, cherche à tourner la page tout en rassurant les milieux possédants.

Le texte voté ce jour‑là invente une étrange formule : la « grâce‑amnistie ». Ne sont amnistiés que les communards déjà graciés ou ceux qui obtiendront une grâce présidentielle dans les trois mois suivant la promulgation de la loi. Autrement dit, l’oubli juridique ne vaut que pour celles et ceux que l’exécutif accepte d’absoudre, au cas par cas. Au total, 3 300 condamnés environ bénéficient de cette mesure : des déportés rentrent de Nouvelle‑Calédonie, des contumaces se voient notifier qu’ils peuvent revenir en France sans risquer le procès.

Mais cette « grâce‑amnistie » a un prix politique : elle laisse hors du champ de la loi près de 1 300 condamnés, et surtout maintient l’idée que les communards ont commis des crimes de droit commun – incendies, pillages, meurtres – plus que des actes politiques. Victor Hugo et Louis Blanc, qui plaident depuis des années pour une amnistie pleine et entière, dénoncent ce dispositif mutilé : pour eux, on ne peut pas conditionner l’oubli à la repentance individuelle, encore moins faire dépendre la liberté de ceux de 1871 du bon vouloir du président.

Plusieurs communards, en exil ou graciés, refusent d’ailleurs d’accepter d’être simplement « pardonnés » pour des actes qu’ils assument comme insurrection populaire. Ils revendiquent le mot amnistie dans son sens fort – reconnaissance politique – et préfèrent parfois prolonger l’exil plutôt que demander grâce. Il faudra attendre la loi du 11 juillet 1880 pour que soit enfin votée une amnistie quasi générale, qui permettra le grand retour des exilés et fera de la date du 14 juillet le double symbole de la Révolution française et de la Commune retrouvée.

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Événement
1792
22 juin 1792
p 46
Banquet offert aux volontaires montés de Marseille. On y chante pour la première fois à Paris, interprété par un Jacobin de Montpellier, le "Chant de guerre de l'armée du Rhin", de Rouget de Lisle. On l'appellera bientôt …

Banquet offert aux volontaires montés de Marseille. On y chante pour la première fois à Paris, interprété par un Jacobin de Montpellier, le "Chant de guerre de l'armée du Rhin", de Rouget de Lisle. On l'appellera bientôt "la Marseillaise"

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Événement
1871
28 mai 1871
p 49-51
Exécution d'Eugène Varlin, ouvrier relieur, fondateur de l'A.I.T. ; l'assassin Sicre vole sa montre pour s'en faire un trophée. Plusieurs personnes avaient déjà été exécutées à sa place par confudion
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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
p 49-50
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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Événement
1872
18 janvier 1872 — Basilique du Sacré-Cœur
p 50-52
Prononciation officielle du vœu de construire une basilique pour "racheter les fautes de la Commune"
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Événement
1871
1871 — Hôtel de Ville (en ruine)
p 52-53
Proposition par "le Figaro" d'une pyramide portant l'inscription des "crimes de la Commune" sous la phrase "en 1871 des hordes barbares ont envahi Paris et tenté de la détruire par le meurtre et l'incendie"
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Événement
1893
1893 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 65
Durcissement par le préfet Lépine des conditions d'accès au Mur, chants et discours interdits ; il prétendait "accorder aux Communards la seule chose à laquelle ils aient droit : l'oubli"... raté !
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Événement
1888
27 mai 1888 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 67
Lucas abat d'un coup de revolver un militant blanquiste rallié au boulangisme
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Événement
1911
mai 1911 — Cimetière du Père Lachaise/Montée au Mur des Fédérés
p 73
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Événement
Événement
1913
25 mai 1913 — Butte du Chapeau Rouge
p 74-75
Meeting au Pré St Gervais, suite à l'interdiction de la commémoration de la Commune au Père Lachaise, dans le cadre de la "campagne contre les 3 ans" de service militaire
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Événement
1926
mai 1926 — Gymnase Huyghens
p 92
Camélinat remet le drapeau des vétérans de la Commune aux militants des Groupes de défense antifascistes du PCF, les GDA
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Événement
1927
29 mai 1927 — Cimetière du Père Lachaise/Montée au Mur des Fédérés
p 92
Introduction en France de la gestuelle antifasciste du salut poing gauche levé, par les militants des Groupes de défense antifascistes du PCF, les GDA
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Événement
Événement
1882
Événement
1929
26 mai 1929 — Cimetière du Père Lachaise/Montée au Mur des Fédérés
p 97
Violents affrontements avec la police, lors d'une "montée au Mur" qui fait référence aux Communes de Shanghaï et Canton ; le gérant de l'Humanité est arrêté
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Événement
1934
9 février 1934
p 98
Manifestation interdite contre les ligues fascistes et pour un "gouvernement ouvrier et paysan" ; il y aura 50 000 manifestants, la répression fera 6 morts et 200 blessés parmi les militants du PCF
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Événement
1936
mai 1936 — Monument "Aux Victimes des révolutions"/Faux mur des Fédérés
p 102-103
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Événement
1936
25 mai 1936 — Cimetière du Père Lachaise/Montée au Mur des Fédérés
p 104-105
Manifestation en l'honneur de la Commune, suite à la victoire du Front Populaire ; elle rassemble 600 000 personnes
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Événement
1936
mai 1936 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés
p 107
Le service d'ordre du PCF empêche les militants francistes de déposer une gerbe au Mur des Fédérés
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Événement
1945
1 mai 1945 — Cimetière du Père Lachaise/Montée au Mur des Fédérés
p 117
Commémoration unitaire au Mur des Fédérés, après la victoire sur le nazisme et sur Vichy ; elle rassemble 60 000 participants, la fille de Zéphirin Camélinat prend la parole
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Événement
1971
21 mars 1971
p 119-120
Rassemblement du collectif "Commune vivante" ; tentative de commémoration par 400 militants du groupe "Vive la Révolution" du déclenchement de la Commune. Il se transforme en émeute contre la police au cri de "CRS-versai …

Rassemblement du collectif "Commune vivante" ; tentative de commémoration par 400 militants du groupe "Vive la Révolution" du déclenchement de la Commune. Il se transforme en émeute contre la police au cri de "CRS-versaillais"

Le 21 mars 1971 — cent ans, trois jours, après le 18 mars 1871 — quatre cents militants du groupe "Vive la Révolution" se rassemblent boulevard Ornano, porte de Clignancourt, sous la bannière du collectif "Commune vivante". L'intention est de commémorer le déclenchement de la Commune. La police a d'autres intentions.

La dispersion tourne à l'affrontement. Les militants répondent aux charges au cri de CRS — versaillais ! Le raccourci est brutal, assumé, et dit quelque chose de précis sur la façon dont la gauche radicale de 1971 lisait sa propre histoire : dans le continuum d'une répression qui n'avait pas changé de camp depuis cent ans.

"Vive la Révolution" est un des groupes nés de l'explosion de Mai 68 — ni communiste orthodoxe, ni trotskiste, mais libertaire, féministe, écologiste avant l'heure. Pour eux, la Commune n'est pas un monument à fleurir mais un programme à reprendre. Le choix du 18e arrondissement n'est pas anodin : c'est Montmartre, c'est la butte, c'est là que les canons avaient résisté.

En 1971, le centenaire de la Commune est âprement disputé entre les partis de gauche, les groupuscules et l'État — qui ne sait pas très bien quoi faire d'un événement qu'il ne peut ni célébrer ni ignorer. Boulevard Ornano, la question fut réglée à coups de matraque.

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Événement
2003
4 juin 2003
p 148
Apposition d'une plaque sur le Massacre de combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante ; enfin !
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Événement
2000
19 avril 2000
p 154
Place dédiée à la Commune de Paris ; inaugurée par Jacques Toubon et Jean Tibéri ; ce dernier accueilli au cri de "versaillais" Il fallait une certaine audace, ou une certaine inconscience, pour venir inaugurer cette pla …

Place dédiée à la Commune de Paris ; inaugurée par Jacques Toubon et Jean Tibéri ; ce dernier accueilli au cri de "versaillais"

Il fallait une certaine audace, ou une certaine inconscience, pour venir inaugurer cette place-là sous ces couleurs-là.

Le 19 avril 2000, Jacques Toubon, maire du 13e arrondissement, et Jean Tibéri, maire de Paris, inaugurent la place de la Commune-de-Paris, sur la Butte-aux-Cailles. Deux élus RPR, héritiers politiques de la droite républicaine, venus baptiser un lieu à la mémoire de l'insurrection ouvrière de 1871. Le quartier n'est pas dupe. Des voix dans l'assistance accueillent Tibéri au cri de « Versaillais ! »

L'apostrophe est parfaite. Sur la Butte-aux-Cailles, les 24 et 25 mai 1871, les fédérés commandés par le général polonais Walery Wroblewski avaient opposé une résistance acharnée aux troupes de Thiers pendant la Semaine sanglante. C'est l'un des derniers quartiers de Paris à tomber. Cent vingt-neuf ans plus tard, le mot « Versaillais » fonctionne encore comme une insulte — et tout le monde dans l'assistance comprend de quoi il s'agit.

La place, modeste, est ornée d'une fontaine Wallace — ces fontaines en fonte vert foncé offertes à Paris par le philanthrope britannique Richard Wallace en 1872, justement après les destructions de la Commune et du siège. Coïncidence involontaire ou clin d'œil : la fontaine Wallace est, elle aussi, un vestige de 1871.

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