Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet.
Vers vingt-trois heures, Jules Ferry abandonne l'Hôtel de Ville. Le bâtiment, déserté par le dernier représentant du gouvernement légal à Paris, est aussitôt investi par les fédérés. Au fronton, le drapeau rouge remplace le tricolore.
Dans la salle Saint-Jean, le Comité central de la Garde nationale prend ses quartiers. Brunel, Moreau, Varlin, Bergeret, Eudes, Duval, Rigault, Jourde — les hommes qui ont suivi la journée depuis Montmartre se retrouvent là, face à une responsabilité qu'aucun n'avait tout à fait anticipée. Paris est à eux. Versailles est en fuite.
Quelqu'un évoque une marche immédiate sur Versailles. L'idée est là, brûlante, logique même : Thiers n'a pas encore reconstitué ses forces, la route est ouverte. Mais le Comité hésite. Il n'a pas de mandat pour gouverner la France — seulement pour défendre la Garde nationale parisienne. Il annonce des élections municipales et s'en tient là.
Ce scrupule de légitimité, que ses adversaires interpréteront comme une faiblesse fatale, dit quelque chose d'essentiel sur ces hommes : révolutionnaires, oui, mais républicains d'abord.
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