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📖 Mémoires d'un indésirable GINGOLD Siegmond
Bibliographie

Mémoires d'un indésirable

GINGOLD Siegmond
L'Harmattan, 2004.
6 Fiches citant cet ouvrage
2004 Édition

Fiches citant cet ouvrage

6 fiches
Événement
1936
1936 — Foyer de jeunes communistes allemands
p 41
Bertolt Brecht fait répéter dans un foyer fréquenté par de jeunes exilés allemands ses pièces écrites en France, "Grand-peur et misère du Troisième Reich" et "Les fusils de la mère Carrar"
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Événement
1935
1935 — Restaurant de la famille Gingold
p 41
Réunions du Front populaire allemand créé par Heinrich Mann dans la salle du restaurant de la famille Gingold. Il rassemble des exilés fuyant le nazisme
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Événement
1943
23 avril 1943 — Immeuble possédant une autre sortie au 18 rue Meslay
p 65-72
L'immeuble a deux sorties. Le prisonnier le sait. La Gestapo, non. Le 23 avril 1943, Peter Gingold marche sur le boulevard Saint-Martin encadré par des agents de la Gestapo. Il a vingt-sept ans, il est juif, communiste, …

L'immeuble a deux sorties. Le prisonnier le sait. La Gestapo, non.

Le 23 avril 1943, Peter Gingold marche sur le boulevard Saint-Martin encadré par des agents de la Gestapo. Il a vingt-sept ans, il est juif, communiste, allemand — trois raisons de mourir dans le Paris de l'Occupation. Arrêté à Dijon deux mois plus tôt, il a été interrogé, torturé, transféré à Paris. Les Allemands veulent des noms, des adresses, des lieux de réunion. Gingold décide de leur en donner un.

Il désigne le 11 boulevard Saint-Martin. « C'est là qu'on se retrouvait. » Les agents le font entrer dans l'immeuble. Ce que Gingold sait et qu'ils ignorent, c'est que le bâtiment possède une seconde sortie — au 18 rue Meslay, de l'autre côté. Le temps que les Allemands comprennent, Gingold a disparu dans les rues du 3e arrondissement.

Le « Travail Allemand » Gingold n'est pas un résistant ordinaire. Né en Bavière dans une famille juive, il a quitté l'Allemagne en 1933, quelques mois après l'arrivée de Hitler au pouvoir. À Paris, il rejoint les cercles de l'émigration antifasciste — il y croise Bertolt Brecht, Lion Feuchtwanger, Arthur London, le jeune Willy Brandt. Quand la guerre éclate, il s'engage dans ce que la MOI appelle le « Travail Allemand » — le TA, la plus dangereuse des missions.

Le principe est simple, l'exécution est suicidaire : approcher les soldats de la Wehrmacht, leur distribuer des tracts en allemand, leur faire lire des journaux clandestins, les convaincre que la guerre est perdue, les inciter à déserter. Il faut parler leur langue, connaître leur culture, deviner ceux qu'on peut toucher — et accepter que la moindre erreur signifie la mort. Gingold, avec sa parfaite maîtrise de l'allemand et son culot, excelle dans ce travail. Il rédige les tracts, organise la diffusion, coordonne les contacts.

Après l'évasion Après sa fuite du boulevard Saint-Martin, Gingold replonge dans la clandestinité. En août 1944, il participe à l'insurrection pour la libération de Paris. Après la guerre, il rentre en Allemagne, s'installe à Francfort, et consacre le reste de sa vie à la lutte antifasciste — interventions dans les écoles, manifestations contre le néonazisme, témoignages infatigables.

Il meurt en 2006, à quatre-vingt-dix ans. Il est enterré à Paris — la ville où il avait appris à résister, et d'où il s'était échappé un jour d'avril par une porte de derrière.

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Événement
1933
1933
p 83-85
Librairie du père de Gerhard Leo, lequel deviendra membre du "Travail allemand" puis lieutenant dans la Résistance française avec les FTP
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Événement
1940
1940 — Ministère de la Marine/Siège du haut-commandement allemand de la Marine (Marineministerieum)
p 92
Un groupe de trois marins allemands travaillant dans la salle des télex transmet à la Résistance les ordres envoyés aux bateaux et sous-marins opérant dans la Manche
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