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22 août 1944
Événement

Rue de Châteaudun, les FTP reprennent à la Milice le siège du Parti communiste

Siège du Parti communiste français (occupé par les milices de Darnand)
place Kossuth
📍 13 rue de Châteaudun anciennement : et 44 rue Le Peletier
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Depuis l’hiver, la Milice de Darnand occupe le siège du Parti communiste. Le 22 août 1944, en pleine insurrection, les FTP viennent le reprendre.

Au 13 de la rue de Châteaudun, un immeuble qui court jusqu’à la rue Le Peletier et à la rue du Faubourg-Montmartre abrite depuis 1937 le siège national du Parti communiste français. Sous l’Occupation, le parti vit dans la clandestinité ; en 1944, l’immeuble est réquisitionné par la Milice française.

La Milice est à la fois un parti, une police politique et une petite armée au service du régime de Vichy finissant. Son chef, Joseph Darnand, officier de la Waffen-SS, a prêté serment de fidélité à Hitler en 1943 ; le 1er janvier 1944, il devient responsable du maintien de l’ordre, et le 27 janvier la Milice, jusque-là cantonnée dans la zone sud, s’étend au Nord. En février, Jean Bassompierre vient la réorganiser. Son propagandiste le plus connu, Philippe Henriot, la voix de Radio-Paris, est devenu secrétaire d’État à l’Information ; la Résistance l’abat le 28 juin 1944 dans son ministère de la rue de Solférino. Pour ce mouvement qui se veut antirépublicain, antisémite et anticommuniste, s’installer dans la maison des communistes est tout un symbole.

Au printemps et à l’été 1944, la guerre civile entre miliciens et résistants atteint son paroxysme. La Milice traque les maquis, torture, exécute. Elle assassine des hommes politiques hostiles à la collaboration : l’ancien ministre du Front populaire Jean Zay en juin, l’ancien ministre de l’Intérieur Georges Mandel en juillet, en forêt de Fontainebleau, et le président de la Ligue des droits de l’homme, Victor Basch, avec sa femme.

À la mi-août, à l’approche des Alliés, Darnand ordonne le repli général : le 16, Bassompierre quitte la France avec la cohorte parisienne. Certains miliciens restent pourtant et épaulent les Allemands quand l’insurrection parisienne éclate. Le 19 août, les policiers résistants s’emparent de la préfecture de police ; le 20, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville ; une trêve, négociée par le consul de Suède, est aussitôt rejetée par le colonel Rol-Tanguy. Les combats atteignent leur paroxysme le 22 août. Ce jour-là, des combattants FTP, les Francs-tireurs et partisans communistes, donnent l’assaut au 13 rue de Châteaudun et reprennent l’immeuble. Huit d’entre eux sont tués.

Le Parti communiste retrouve son siège, qu’il ne quittera qu’en 1971 pour le bâtiment d’Oscar Niemeyer, place du Colonel-Fabien. Entre-temps, en novembre 1956, la rue de Châteaudun aura connu un autre assaut : après l’écrasement de l’insurrection de Budapest par les chars soviétiques, des manifestants mettent l’immeuble à sac.

Les chefs de la Milice ont fini devant le peloton. Quelque deux mille cinq cents miliciens et leurs familles ont suivi les Allemands dans leur retraite, et beaucoup ont rejoint la division SS Charlemagne. Darnand, capturé en Italie, est fusillé le 10 octobre 1945, Bassompierre le 20 avril 1948. L’immeuble de la rue de Châteaudun donne toujours sur la petite place Kossuth, qui porte le nom du héros de la révolution hongroise de 1848.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.