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Couverture — Ville lumière, années noires
Bibliographie

Ville lumière, années noires

DESPRAIRIES Cécile
Denoël, 2008.
164 Fiches citant cet ouvrage
2008 Édition

Fiches citant cet ouvrage

164 fiches
Événement
1940
septembre 1940 – 1944 — Musée du Jeu de Paume
p 28-29
Le musée est transformé en entrepôt d'œuvres d'art spoliées par les nazis, où Göring venait "se servir"
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Événement
Date imprécise — Cercle Concordia (agence de renseignement nazie)
p 30-31
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Événement
1944
17 février 1944 — Hôtel Continental (aujourd'hui hôtel Intercontinental)/Cour martiale nazie
p 32-33
Le 17 février 1944, l’hôtel Continental, vaste palace de la [[rue de Castiglione|doc:rue-de-castiglione.WebHome]] réquisitionné par l’occupant, devient le théâtre d’un procès expéditif organisé par la justice militaire a …

Le 17 février 1944, l’hôtel Continental, vaste palace de la rue de Castiglione réquisitionné par l’occupant, devient le théâtre d’un procès expéditif organisé par la justice militaire allemande. Dans ses salons lambrissés se tient la cour martiale chargée de juger vingt-quatre résistants des FTP-M.O.I., souvent désignés de façon réductrice comme le « groupe Manouchian », du nom de l’un de leurs responsables, Missak Manouchian.

Ces combattants étrangers ou apatrides – Arméniens, Juifs d’Europe centrale, Italiens, Espagnols, Polonais… – ont mené depuis 1942 une intense guérilla urbaine : attentats, sabotages, exécutions ciblées contre l’occupant nazi et ses collaborateurs. Arrêtés à l’issue de longs mois de filatures, torturés par la police allemande, ils sont livrés à un procès conçu dès l’origine comme une opération de propagande : montrer que la Résistance serait une « armée du crime » étrangère au « vrai » peuple français.

Dans la grande salle du Continental, transformée en salle d’audience, les accusés comparaissent devant des juges en uniforme, sous l’œil d’une trentaine de journalistes de la presse collaborationniste, invités à relayer chaque détail. Le verdict, décidé d’avance, tombe après une délibération dérisoire : vingt-trois condamnations à mort, une peine de travaux forcés. Quelques jours plus tard, les fusillés du Mont‑Valérien et l’exécution d’Olga Bancic seront mis en scène par l’« Affiche rouge » et une brochure illustrée, destinées à discréditer leur mémoire.

Parler de « procès du groupe Manouchian » masque cependant la réalité d’un ensemble plus large : celui des détachements FTP‑M.O.I., où se mêlent parcours, langues et engagements multiples. En visant ces combattants étrangers, la cour martiale du Continental cherche à frapper au cœur une Résistance qui, précisément, n’a jamais été aussi française que lorsqu’elle s’est nourrie de l’internationalisme des persécutés.

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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Continental/Tribunal de la Kommandantur du Gross-Paris
p 32-33
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Événement
1944
29 juillet 1944 — Hôtel Continental/Tribunal de la Kommandantur du Gross-Paris
p 33
Arrestation des officiers de la police de sûreté allemande, Sicherheitsdienst, SD, lors de l'attentat contre Hitler
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Événement
1940
13 août 1940 — Hôtel de Bourvallais/Ministère de la Justice
p 34-35
La défaite avait eu lieu en juin. En août, la législation de la revanche commençait. L'armistice avait été signé le 22 juin 1940. Le 10 juillet, l'Assemblée nationale avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain par …

La défaite avait eu lieu en juin. En août, la législation de la revanche commençait.

L'armistice avait été signé le 22 juin 1940. Le 10 juillet, l'Assemblée nationale avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain par 569 voix contre 80 : la Troisième République s'était effacée. Le régime de Vichy cherchait sa législature.

Le 13 août 1940, Raphaël Alibert, garde des sceaux du nouveau régime, monarchiste catholique et antisémite convaincu, fit promulguer la loi portant dissolution des sociétés secrètes. Elle visait principalement la franc-maçonnerie, que la droite nationaliste tenait pour responsable de la décadence républicaine. Les loges furent dissoutes, leurs membres fichés, leurs archives saisies. La loi s'appliquait au siège du ministère de la Justice, place Vendôme.

Cette loi fut le premier acte législatif d'exclusion du régime de Vichy. Elle illustrait la doctrine de la "Révolution nationale" : contre les francs-maçons, les Juifs, les étrangers, les communistes, tous désignés comme responsables de la défaite. Le décret Marchandeau, qui interdisait la diffamation raciale dans la presse, fut abrogé le 27 août. Le premier Statut des Juifs suivit le 3 octobre 1940, interdisant aux Juifs français l'accès à la fonction publique, à l'enseignement, au journalisme, à la justice.

Alfred Baudrillart, recteur de l'Institut Catholique de Paris, apporta son soutien public au régime et à sa législation. Le 13 août 1940 est la date à laquelle la France cessa officiellement d'être une République fondée sur l'égalité de droit.

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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Ritz (ancien Hôtel de Gramont)/Résidence des dirigeants de la Lutwaffe
p 36-37
Résidence des dirigeants nazis ; centre mondain de la collaboration pendant l'Occupation où se tiennent les "déjeuners de la trahison"
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Événement
1944
25 août 1944 — Hôtel Meurice/Résidence du commandant du Gross Paris (Grand Paris)/Siège de la Kommandantur
p p38-39
Combats pendant la Libération de Paris aboutissant à la capitulation de Dietrich von Choltitz
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Meurice/Résidence du commandant du Gross Paris (Grand Paris)/Siège de la Kommandantur
p p38-39
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Événement
1940
octobre 1940 — Siège du journal "Le Cri du Peuple"
p 40-41
Locaux du Cri du peuple, organe du Parti Populaire Français ; il tire à 50 000 exemplaires ; le Parti populaire comptait 120 ex communistes sur 593 délégués à son 1er congrès
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Événement
Événement
1986
Événement
1940
1940 – 1944 — Banque de France (devenue Banque centrale)
p 42-43
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Événement
1941
juin 1941 — Siège de l'Association Professionnelle des Banques
p 43
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Événement
1940
1940 – 1944 — Magasin des frères Lissac (opticiens)
p 44-45
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Événement
1940
1940 – 1944 — Palais de Justice/Cour criminelle extraordinaire (créée le 21 août 41)
p 46-47
Création de cours spéciales ; l'ensemble du corps de Justice prête serment à Pétain sauf Paul Didier ; application de lois antidatées sur le statut des juifs... ils avaient pourtant "confiance dans la justice de leur pay …

Création de cours spéciales ; l'ensemble du corps de Justice prête serment à Pétain sauf Paul Didier ; application de lois antidatées sur le statut des juifs... ils avaient pourtant "confiance dans la justice de leur pays"

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Événement
1940
21 juin 1940 – 1944 — Banque Lloyds/Caisse de crédit du Reich
p 50-51
Caisse de crédit pour la France installée dans les locaux de la banque Lloyds
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Événement
1940
Événement
1941
5 septembre 1941 – 1942 — Palais Berlitz
p 56-57
On peut faire une exposition sur tout, même sur des êtres humains présentés comme une menace : il faut juste un État qui l'autorise et des gens qui paient pour entrer. Le 5 septembre 1941, le Palais Berlitz, 31 boulevard …

On peut faire une exposition sur tout, même sur des êtres humains présentés comme une menace : il faut juste un État qui l'autorise et des gens qui paient pour entrer.

Le 5 septembre 1941, le Palais Berlitz, 31 boulevard des Italiens, ouvre ses portes à une exposition qui se propose de démontrer, cartes, statistiques et portraits agrandis à l'appui, la "mainmise" des juifs sur la France. Organisée par l'Institut d'étude des questions juives (IEQJ) sous la direction de Paul Sézille, avec le soutien actif de l'ambassadeur allemand Otto Abetz, "Le Juif et la France" durera jusqu'en janvier 1942 et accueillera plusieurs centaines de milliers de visiteurs.

Le contexte est celui d'une collaboration antisémite qui a déjà produit ses premiers effets légaux. Le statut des juifs de Vichy, promulgué en octobre 1940 sans que les Allemands l'aient exigé, avait exclu les juifs des emplois publics, des professions libérales, de la presse, du cinéma. Une deuxième loi en juin 1941 avait étendu ces exclusions et introduit le numerus clausus dans les professions restantes. L'exposition de septembre 1941 est le prolongement culturel de cette législation : il s'agit de faire voir, de rendre visible, de donner à la haine un décor présentable.

Les salles du Palais Berlitz présentent des photographies démesurément agrandies de personnalités juives, des graphiques sur leur présence dans les médias, la finance, le commerce, le barreau. Le visiteur est guidé dans un parcours conçu pour déclencher le dégoût : chaque panneau est une accusation, chaque chiffre un mensonge présenté comme une vérité scientifique. La propagande nazie avait produit une exposition similaire, "Der ewige Jude" ("Le Juif éternel"), que les organisateurs parisiens prennent pour modèle.

Parmi les visiteurs, Louis-Ferdinand Céline visite l'exposition et se plaint que ses propres brochures antisémites n'aient pas été placées dans la bibliothèque de l'événement : le fascisme littéraire français voulait sa part du spectacle. La collaboration prend ici une forme que l'historiographie appelle "zèle" : des Français qui font plus que ce que les Allemands demandent, qui ajoutent de l'ardeur là où une simple obéissance aurait suffi.

Les premières rafles massives de juifs à Paris débuteront en juillet 1942. Entre l'exposition de septembre 1941 et ces rafles, il y a moins d'un an : le spectacle de la haine précède et prépare la logistique de l'extermination.

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Événement
1942
1942 – 1943 — Office de placement des travailleurs français en Allemagne
p 60-61
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Événement
1940
Événement
1942
septembre 1942 — Imprimerie du journal "Paris-Soir"
p 62-63
Les Lettres françaises sont imprimées clandestinement par les typographes de Paris-Soir pendant l'Occupation
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du journal "Pariser zeitung"/Siège de la revue "Signal"/Comité Réaumur
p 64-65
Le siège du journal "l'Intransigeant" est transformé en centre de presse sous contrôle nazi ; il sera la cible de plusieurs attentats
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Événement
1941
29 mars 1941 – 1944 — Banque Louis Dreyfus/Commissariat général aux questions juives (CGQJ)
p 66-67
Le 29 mars 1941, le Commissariat général aux questions juives ouvre ses bureaux place des Petits Pères, dans les locaux réquisitionnés de la banque Louis Dreyfus. Le choix de l'adresse n'est pas anodin — s'installer dans …

Le 29 mars 1941, le Commissariat général aux questions juives ouvre ses bureaux place des Petits Pères, dans les locaux réquisitionnés de la banque Louis Dreyfus. Le choix de l'adresse n'est pas anodin — s'installer dans les locaux d'une famille juive dépossédée dit, dès le premier jour, ce qu'est cette institution.

Le CGQJ est une création française, pas allemande. C'est le gouvernement de Vichy qui l'institue, par la loi du 29 mars 1941, sous la pression certes de l'occupant mais avec un zèle propre. Son premier commissaire, Xavier Vallat, antisémite de longue date — il avait déclaré à la Chambre en 1923 qu'il ne voulait pas être gouverné par un juif — ne cache pas sa conviction. Il ne s'agit pas seulement d'obéir aux Allemands : il s'agit, selon ses propres termes, de résoudre "la question juive" à la française, avec des méthodes françaises.

La mission du Commissariat : appliquer et renforcer les lois d'exclusion, surveiller l'"aryanisation" des entreprises et des biens, contrôler les professions interdites aux juifs, alimenter les fichiers. Sous Vallat puis sous son successeur Darquier de Pellepoix — antisémite encore plus virulent, qui siégera à ce poste de 1942 à 1944 — le Commissariat devient une pièce centrale de la mécanique d'exclusion et de déportation.

Darquier de Pellepoix s'enfuira en Espagne à la Libération. Vallat sera condamné à dix ans de prison, libéré après trois ans. Du Paty de Clam, fils du colonel de l'affaire Dreyfus, avait bouclé la boucle familiale.

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Événement
1941
24 septembre 1941 – 1944 — Bibliothèque nationale/Musée des Sociétés secrètes
p 68-69
À la Bibliothèque nationale, dont le personnel juif vient d'être révoqué, un universitaire collaborateur ouvre un musée de propagande antimaçonnique : la salle de lecture devient une vitrine de l'idéologie nazie. Bernard …

À la Bibliothèque nationale, dont le personnel juif vient d'être révoqué, un universitaire collaborateur ouvre un musée de propagande antimaçonnique : la salle de lecture devient une vitrine de l'idéologie nazie.

Bernard Faÿ est administrateur général de la Bibliothèque nationale depuis 1940 : nommé par Vichy pour remplacer Julien Cain, que le régime a révoqué et qui sera déporté en Allemagne. Faÿ est un personnage singulier : historien réputé de la franc-maçonnerie américaine, américaniste reconnu, ancien professeur au Collège de France, catholique intégriste. Il est aussi l'un des principaux animateurs de la persécution antimaçonnique sous Vichy.

Avant même de prendre la tête de la BNF, Faÿ avait été chargé par Vichy d'un "service des sociétés secrètes" destiné à recenser, surveiller et dénoncer les francs-maçons. Ce service dispose des archives saisies dans les loges maçonniques pillées par les Allemands. Il en tire des listes de noms, qui servent à révoquer des milliers de fonctionnaires maçons. Beaucoup seront ensuite arrêtés et déportés.

Le 24 septembre 1941, un service de propagande antimaçonnique s'installe dans les locaux de la Bibliothèque nationale, au 58 de la rue de Richelieu. Il prend le nom de "Musée des Sociétés secrètes." L'institution de conservation du patrimoine national devient un instrument de propagande idéologique. Le personnel juif de la BNF a été révoqué dans les semaines précédentes, en application des lois de Vichy sur le statut des Juifs. Son collaborateur principal est Ernst Wermke, expert nazi des questions maçonniques.

L'exposition présente la franc-maçonnerie comme un réseau occulte international, lié au "judéo-bolchevisme," responsable de la défaite de 1940 et de la décadence française. C'est le discours de propagande d'État depuis Berlin en 1933. C'est aussi, dans les murs d'une grande institution de la République, le discours d'un État français qui a choisi son camp.

Faÿ sera condamné à la Libération à la dégradation nationale et aux travaux forcés à perpétuité. Il s'évade en 1951 et finit ses jours en Espagne. Julien Cain, lui, revient de déportation et reprend la direction de la BNF jusqu'en 1964.

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Événement
1940
1940 – 1944 — Maison de tolérance "le Chabanais" (de 1878)
p 70-71
Maison close réservée aux officiers allemands, et en particulier aux SS
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Édouard VII/Siège de la police secrète aux armées allemandes
p 72-73
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Événement
1940
1940 – 1944 — Banque de Paris, des Pays-Bas et d'Allemagne (établissement de "kollaboration" économique)
p 74-75
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Événement
1941
9 avril 1941 – 1944 — Direction des affaires de réquisition et d'occupation (DRO)
p 78-79
Le 9 avril 1941, la Direction des affaires de réquisition et d'occupation s'installe au 50 rue de Turbigo. Sa mission : gérer les quelque 38 000 à 40 000 appartements parisiens réquisitionnés pour le compte des autorités …

Le 9 avril 1941, la Direction des affaires de réquisition et d'occupation s'installe au 50 rue de Turbigo. Sa mission : gérer les quelque 38 000 à 40 000 appartements parisiens réquisitionnés pour le compte des autorités d'occupation.

Le chiffre est colossal. Paris comptait alors environ 1,2 million de logements — les Allemands en contrôlaient donc environ 3 à 4 %. Mais ces logements n'étaient pas pris au hasard. Les réquisitions touchaient en priorité les appartements abandonnés par leurs occupants lors de l'exode de juin 1940, puis les biens juifs confisqués dans le cadre des lois d'aryanisation, puis les logements de personnes arrêtées ou parties en zone libre. Une économie de la spoliation s'était mise en place, administrée avec une précision bureaucratique qui dit beaucoup sur la nature du régime d'occupation.

La Direction des réquisitions gérait les attributions — quel appartement pour quel officier, quelle administration, quelle entreprise allemande. Des dizaines de milliers de familles parisiennes avaient ainsi vu débarquer des occupants en uniforme, ou avaient été expulsées pour laisser la place. Le mobilier des appartements juifs avait souvent été pillé séparément, via l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, chargé de confisquer les biens culturels.

M. Berthet dirigeait ce service — fonctionnaire français au service de l'occupant, un de ces milliers d'agents de la collaboration administrative que l'histoire a moins retenus que les grands noms mais sans qui le système n'aurait pas fonctionné.

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Événement
1940
1940 – 1944 — Crédit Municipal (appelé par les parisiens "chez ma Tante")
p 80-81
Collaboration ouverte du Crédit Municipal avec les occupants nazis ; il avait déjà été mouillé dans le blanchiment d'argent lors de l'affaire Stavisky en 1933.
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Événement
Événement
1941
21 novembre 1941 — Librairie Rive Gauche (librairie allemande pendant l'Occupation)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 88-89
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Événement
1940
1940 – 1944 — La Sorbonne (chaire d'histoire du judaïsme d'Henri Labroue)
p 90-91
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège de l'Association des propriétaires aryens
p 92-93
Ordonnance du 22 juillet 1941 instituant des administrateurs provisoires pour les biens des personnes "ne pouvant prouver leur appartenance à la race aryenne"
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Événement
1940
1940 – 1944 — Palais du Luxembourg/Quartier général de l'aviation nazie (la Luftwaffe)
p 96-97
Le palais du Luxembourg est transformé en QG de la Luftwaffe, comprenant un service des prisonniers de guerre
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Événement
1940
18 septembre 1940 – 1944 — École des Mines (laboratoires)/Service photographique de la Luftwaffe
p 97
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Événement
1940
11 novembre 1940 — Prison militaire du Cherche-Midi/Prison militaire nazie (monument face au n° 35)
p 100-101
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Événement
1940
15 juin 1940 – 1944 — Hôtel Lutetia/Siège de l'Abwehr à Paris (service de renseignement nazi)
p 102-103
QG de l'Abwehr, service de renseignement de l'état-major nazi ; police secrète de campagne
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Événement
1940
juillet 1940 – 1944 — Institut de France/Académie française
p 106-107
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Événement
Événement
1942
1942 – 1944 — Magic-City (dancing et salle de réunion)/Siège de la télévision nazie
p 112-113
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège des éditions Denoël (maison d'édition collaborationniste)
p 114-115
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Événement
1940
15 décembre 1940 — Hôtel des Invalides (sous le dôme, près du tombeau de Napoléon)
p 116-117
Dans un but de propagande, Hitler fait rapatrier de Vienne les cendres du fils de Napoléon 1er ; un bide total. Les drapeaux nazis sont arrachés dans la nuit. L'Hôtel des Invalides reste le monument le plus visité de Par …

Dans un but de propagande, Hitler fait rapatrier de Vienne les cendres du fils de Napoléon 1er ; un bide total. Les drapeaux nazis sont arrachés dans la nuit. L'Hôtel des Invalides reste le monument le plus visité de Paris... par les nazis

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Événement
1944
février 1944 — Hôtel des Invalides (cour principale)
p 116-117
Prestation de serment de la Milice à Joseph Darnand dans la cour des Invalides
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel des Invalides/Service d'état-major de l'armée de terre nazie
p 116-117
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel de Sagan/Institut allemand/Ambassade de Pologne
p 118-119
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Événement
1941
Événement
Événement
1944
mai 1944 — Hôtel de La Rochefoucault d'Elissac/Maison de la Chimie
p 120-121
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Événement
1941
9 juillet 1941 — Hôtel de La Rochefoucault d'Elissac/Maison de la Chimie
p 120-121
Rencontre entre le haut commandement militaire nazi et les ministres français
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Événement
1940
1940 – 1944 — Palais Bourbon/État-major administratif du "Gross Paris"
p 122-123
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Événement
Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel de Beauharnais/Ambassade d'Allemagne/Demeure d'Otto Abetz
p 126-127
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Événement
1940
1940 – 1944 — Chambre de Commerce allemande
p 127
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Événement
1944
28 juin 1944 — Ministère de l'Information et de la Propagande
p 128-129
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Événement
1940
1940 – 1944 — Caisse des Dépôts et Consignations
p 130-131
Contrôle de l'"aryanisation" des actifs et de la spoliation des "biens juifs", sous la responsabilité de l'État français
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Événement
1940
1940 – 1944 — Locaux du Journal officiel/Siège du Journal officiel du Gross-Paris
p 132-133
Journal officiel pour les territoires occupés de la Seine, réservé aux services allemands ; le Journal officiel de l'État français a son siège à Vichy
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel de Courteilles/Secrétariat d'État à l'Instruction publique
p 134-135
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Événement
1941
4 octobre 1941 — Ministère de la Production industrielle et du Travail (acteur de l'aryanisation)
p 136-137
L'exclusion des Juifs de l'économie française ne fut pas seulement imposée par l'occupant : elle fut administrée, ligne par ligne, par des fonctionnaires français dans un ministère de la rue de Grenelle. Le second statut …

L'exclusion des Juifs de l'économie française ne fut pas seulement imposée par l'occupant : elle fut administrée, ligne par ligne, par des fonctionnaires français dans un ministère de la rue de Grenelle.

Le second statut des Juifs, promulgué par Vichy le 2 juin 1941, va bien plus loin que celui d'octobre 1940. Il élargit la définition raciale, généralise l'interdiction professionnelle, impose le recensement obligatoire. Il ouvre la voie à l'aryanisation économique : la spoliation légale des entreprises, des commerces, des immeubles et des comptes appartenant à des Juifs, confiés à des administrateurs provisoires "aryens" qui les liquident ou les revendent.

Le ministère de la Production industrielle et du Travail, installé au 101 rue de Grenelle dans le 7e arrondissement, est l'un des rouages centraux de cette opération. Il travaille en liaison avec le Commissariat général aux questions juives de Xavier Vallat et avec les services allemands du Militärbefehlshaber.

Les hommes qui y passent forment un échantillon de la collaboration technocratique. René Belin, ancien dirigeant syndicaliste de la CGT devenu ministre du Travail de Pétain, a signé les textes qui dissolvent les confédérations syndicales et instituent la Charte du travail. Pierre Pucheu, ancien cadre du comité des forges, devient ministre de l'Intérieur et désignera lui-même les otages communistes à fusiller. François Lehideux, neveu par alliance de Louis Renault, dirige la production industrielle. Jean Bichelonne, polytechnicien réputé pour son intelligence exceptionnelle, organise la mise de l'industrie française au service de l'économie de guerre allemande. Marcel Déat, ancien socialiste passé au fascisme, dirige le Rassemblement national populaire.

Ce sont des gestionnaires. Ils ne se pensent pas en criminels mais en hommes rationnels adaptant la France à une situation qu'ils jugent irréversible. Cette rationalité administrative est précisément ce qui rend la spoliation efficace : elle produit des dossiers, des inventaires, des ventes régulières, des actes notariés.

Des dizaines de milliers d'entreprises et de biens seront spoliés. La restitution, engagée après la Libération, restera partielle. La commission Mattéoli, en 1997, établira l'ampleur du pillage et les responsabilités françaises dans son exécution.

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Événement
1941
1941 – 1944 — Hôtel de Matignon/Délégation générale du gouvernement français
p 138-139
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Événement
1944
22 août 1944 — Hôtel de Matignon (résidence du Premier ministre)
p 139
Premier conseil des ministres du Gouvernement provisoire dirigé par Alexandre Parodi
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Événement
1940
Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du parti nazi en France (pendant l'Occupation)/Bureau du marché noir allemand
p 144-145
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège de "Radio-Paris" (radio de propagande nazie)
p 146-147
Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand ; l'immeuble abrite également un bureau d'achat Otto
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège de la Société Continental-Films (créée par Goebbels)
p 148-149
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel d'Albe/Siège de l'hebdomadaire "Au Pilori"
p 150-151
Magazine de la presse antisémite la plus virulente ; il avait été interdit en 1939
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Événement
1942
3 janvier 1942 — Siège de l'organisation nazie la Force par la joie (Kraft durch Freude)
p 151
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Événement
1940
1940 – 1944 — Cercle central du parti nazi de Paris (NS Gemeinschaft Hauptverus, Bez)
p 151
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Événement
1940
1940 – 1944 — Second siège de l'état-major du secteur militaire Nord-Ouest de Paris
p 152-153
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel George V/État-major du secteur militaire Nord-Ouest de Paris
p 152-153
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège de la Propaganda-Staffel (contrôle de tous les médias)
p 154-155
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hall Citroën/Exposition des photographies de la Waffen-SS
p 156-157
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Crillon/Siège du gouvernement militaire nazi et de la Feldgendarmerie
p 160-161
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Événement
1940
1940 – 1944 — Ministère de la Marine/Siège du haut-commandement allemand de la Marine (Marineministerieum)
p 162-163
Un groupe de trois marins allemands travaillant dans la salle des télex transmet à la Résistance les ordres envoyés aux bateaux et sous-marins opérant dans la Manche
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Événement
1940
19 juillet 1940 — Restaurant Maxim's/Rendez-vous du Tout-Paris allemand
p 164-165
Un mois après la débâcle, au restaurant le plus chic de Paris, on négociait déjà les termes de la soumission. Le 22 juin 1940, la France avait signé l'armistice. Le 10 juillet, l'Assemblée nationale avait voté les pleins …

Un mois après la débâcle, au restaurant le plus chic de Paris, on négociait déjà les termes de la soumission.

Le 22 juin 1940, la France avait signé l'armistice. Le 10 juillet, l'Assemblée nationale avait voté les pleins pouvoirs à Pétain à Vichy. Le 19 juillet — cinq semaines après que les blindés allemands étaient entrés dans Paris — Pierre Laval dîne chez Maxim's avec Otto Abetz.

Maxim's, 3 rue Royale, dans le 8e arrondissement : le restaurant le plus célèbre de Paris depuis la Belle Époque, où Proust venait souper, où l'Exposition de 1900 avait réuni l'Europe entière. En 1940, son propriétaire a été évincé par la politique d'aryanisation ; la salle Belle Époque, ses boiseries rouges et ses miroirs dorés, est devenue le quartier général mondain de l'Occupation.

Autour de la table : Pierre Laval, vice-président du Conseil de Vichy, architecte des pleins pouvoirs accordés à Pétain neuf jours plus tôt ; Fernand de Brinon, journaliste qui plaide pour la réconciliation franco-allemande depuis les années 1930 ; Otto Abetz, diplomate nazi, artisan depuis une décennie des réseaux d'influence allemands en France, qui deviendra officiellement ambassadeur du Reich à Paris en août ; les diplomates Rudolf Schleier et le général Alfred Streccius côté allemand.

Ce soir-là se dessinent les contours de ce que l'histoire appellera la Collaboration — non comme une capitulation subie, mais comme un choix assumé. Laval croit sincèrement que la France peut trouver une place dans l'Europe nazie en négociant habilement. Il négociera, tentera, traitera. Il sera fusillé en octobre 1945.

Abetz sera condamné en 1949 à vingt ans de travaux forcés par un tribunal français, libéré en 1954, mort dans un accident de voiture en 1958.

Maxim's est toujours là, 3 rue Royale. La salle Belle Époque n'a pas beaucoup changé depuis ce soir de juillet 1940.

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Événement
1941
13 mai 1941 — Tribunal militaire allemand (Gross-Paris Feldkriegsgericht)
p 166-167
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Événement
1940
1940 – 1944 — Cercle interallié/Mess des officiers de la Wehrmacht (Kasino)
p 168-169
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Événement
1940
1940 – 1944 — Quartier général de la Luftwaffe
p 170-171
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Événement
1943
1943 – 1944 — Siège de la Gestapo/Locaux de la Sûreté générale
p 172-173
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Événement
1941
1er février 1941 — Siège du Rassemblement national populaire (le RNP, collaborationniste)
p 174-175
Parti financé par les nazis destiné à rassembler tous les mouvements d'extrême droite
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Événement
1941
Événement
1941
1941 – 1944 — Siège de l'Office des comités sociaux (OCS)
p 178-179
Office créé par Vichy puis dissout ; à l'origine de la création des "Comités d'entreprise"
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Événement
1940
1940 – 1944 — Poste militaire allemande (Feldpost)
p 178-179
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Événement
1942
novembre 1942 – 1944 — Section d'enquête et de contrôle (police des questions juives, la SEC)
p 180-181
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Événement
Événement
1940
1940 – 1944 — Service de contrôle des administrateurs provisoires (SCAP)
p 184-185
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Événement
1942
22 décembre 1942 — Institut d'Anthroposociologie (association loi de 1901)
p 186-187
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Événement
1940
1940 – 1944 — Maison du prisonnier (créée et financée par la Propaganda-Staffel)
p 190-191
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Événement
1941
23 juin 1941 — Siège de la Ligue des Volontaires Français contre le bolchevisme
p 196-197
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Événement
1940
1940 – 1944 — Opéra Garnier
p 198-199
Karajan dirige l'Enlèvement au sérail le 22 mai 1941, puis la troupe entame une tournée en Allemagne ; Hitler y commence sa visite de Paris le 23 juin 1940 ; "coll-art-boration"...
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Événement
1941
1941 — Cinéma Le Français
p 200-201
Projection du film de propagande antisémite "Le Juif Süss" de Veit Harlan
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Événement
1940
1940 – 1944 — Quartier général du Haut-commandement de la Marine allemande
p 202-203
Quartier général du commandement de la Kriegsmarine ; deux abris anti-aériens sont toujours existants
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Événement
1940
1940 – 1944 — Office de surveillance des banques (Devisenschutzkommando)
p 204-205
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Drouot/Hôtel des ventes
p 206-207
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Événement
1944
22 août 1944 — Siège du Parti communiste français (occupé par les milices de Darnand)
p 208-209
Depuis l’hiver, la Milice de Darnand occupe le siège du Parti communiste. Le 22 août 1944, en pleine insurrection, les FTP viennent le reprendre. Au 13 de la rue de Châteaudun, un immeuble qui court jusqu’à la rue Le Pel …

Depuis l’hiver, la Milice de Darnand occupe le siège du Parti communiste. Le 22 août 1944, en pleine insurrection, les FTP viennent le reprendre.

Au 13 de la rue de Châteaudun, un immeuble qui court jusqu’à la rue Le Peletier et à la rue du Faubourg-Montmartre abrite depuis 1937 le siège national du Parti communiste français. Sous l’Occupation, le parti vit dans la clandestinité ; en 1944, l’immeuble est réquisitionné par la Milice française.

La Milice est à la fois un parti, une police politique et une petite armée au service du régime de Vichy finissant. Son chef, Joseph Darnand, officier de la Waffen-SS, a prêté serment de fidélité à Hitler en 1943 ; le 1er janvier 1944, il devient responsable du maintien de l’ordre, et le 27 janvier la Milice, jusque-là cantonnée dans la zone sud, s’étend au Nord. En février, Jean Bassompierre vient la réorganiser. Son propagandiste le plus connu, Philippe Henriot, la voix de Radio-Paris, est devenu secrétaire d’État à l’Information ; la Résistance l’abat le 28 juin 1944 dans son ministère de la rue de Solférino. Pour ce mouvement qui se veut antirépublicain, antisémite et anticommuniste, s’installer dans la maison des communistes est tout un symbole.

Au printemps et à l’été 1944, la guerre civile entre miliciens et résistants atteint son paroxysme. La Milice traque les maquis, torture, exécute. Elle assassine des hommes politiques hostiles à la collaboration : l’ancien ministre du Front populaire Jean Zay en juin, l’ancien ministre de l’Intérieur Georges Mandel en juillet, en forêt de Fontainebleau, et le président de la Ligue des droits de l’homme, Victor Basch, avec sa femme.

À la mi-août, à l’approche des Alliés, Darnand ordonne le repli général : le 16, Bassompierre quitte la France avec la cohorte parisienne. Certains miliciens restent pourtant et épaulent les Allemands quand l’insurrection parisienne éclate. Le 19 août, les policiers résistants s’emparent de la préfecture de police ; le 20, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville ; une trêve, négociée par le consul de Suède, est aussitôt rejetée par le colonel Rol-Tanguy. Les combats atteignent leur paroxysme le 22 août. Ce jour-là, des combattants FTP, les Francs-tireurs et partisans communistes, donnent l’assaut au 13 rue de Châteaudun et reprennent l’immeuble. Huit d’entre eux sont tués.

Le Parti communiste retrouve son siège, qu’il ne quittera qu’en 1971 pour le bâtiment d’Oscar Niemeyer, place du Colonel-Fabien. Entre-temps, en novembre 1956, la rue de Châteaudun aura connu un autre assaut : après l’écrasement de l’insurrection de Budapest par les chars soviétiques, des manifestants mettent l’immeuble à sac.

Les chefs de la Milice ont fini devant le peloton. Quelque deux mille cinq cents miliciens et leurs familles ont suivi les Allemands dans leur retraite, et beaucoup ont rejoint la division SS Charlemagne. Darnand, capturé en Italie, est fusillé le 10 octobre 1945, Bassompierre le 20 avril 1948. L’immeuble de la rue de Châteaudun donne toujours sur la petite place Kossuth, qui porte le nom du héros de la révolution hongroise de 1848.

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Événement
1857
Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du Grand Orient de France/Service des sociétés secrètes
p 210-211
Le Grand Orient de France est interdit pendant l'Occupation ; ses locaux sont occupés par le Service des sociétés secrètes
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel William's/Prévôté militaire allemande (Feldgendarmerie)
p 212-213
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Événement
1940
17 juin 1940 – 1944 — Siège du journal "Le Matin"/Journal collaborationniste
p 214-215
Le seul journal à ne pas quitter Paris au moment de l'exode ; Montherlant y collabore pendant l'Occupation
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Événement
1943
18 juillet 1943 — Magasin "Aux classes laborieuses" (anciens établissements Lévitan)/Lager Ost (centre tenu par la Gestapo)
p 222-223
Derrière la façade d'un grand magasin du faubourg Saint-Martin, des Juifs en sursis triaient pendant deux ans les affaires des Juifs déportés. Le magasin Lévitan — du nom de Simon Lévitan, commerçant juif qui l'avait fon …

Derrière la façade d'un grand magasin du faubourg Saint-Martin, des Juifs en sursis triaient pendant deux ans les affaires des Juifs déportés.

Le magasin Lévitan — du nom de Simon Lévitan, commerçant juif qui l'avait fondé — occupait le 85-87 du faubourg Saint-Martin depuis des décennies. En 1943, la Gestapo le réquisitionne pour en faire un centre de tri et d'entreposage des biens spoliés aux Juifs déportés. Meubles, vaisselle, tableaux, tapis : tout ce que les rafles laissaient dans les appartements vides était acheminé ici, inventorié, catalogué, expédié vers le Reich.

Pour faire ce travail, la Gestapo recrute une main-d'œuvre particulière : des Juifs mariés à des non-Juifs — pour l'instant épargnés par les convois. Ils arrivent sous escorte, travaillent sous surveillance, dorment sur place dans des conditions précaires. Au plus fort de l'opération, on en compte près de neuf cents. Certains glissent parfois un mot dans un tiroir ou sous un matelas à destination d'un inconnu allemand. Quelques familles allemandes retrouvèrent ces billets.

L'établissement fonctionne ainsi jusqu'en août 1944. Il sert aussi d'annexe au camp de Drancy : des prisonniers y sont transférés, d'autres en repartent vers les convois. La plupart ne reviendront pas.

Le bâtiment du faubourg Saint-Martin est toujours debout. Une plaque, apposée des décennies plus tard, rappelle aujourd'hui ce qu'il fut.

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Événement
1940
1940 – 1944 — Société des Chemins de fer de Paris-Est
p 222-223
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Événement
1940
20 septembre 1940 – 1944 — Hôpital Lariboisière/Hôpital militaire de la gare du Nord
p 224-225
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Événement
1941
1941 – 1944 — Comité ouvrier de secours immédiat (Cosi)
p 226-227
Le service de propagande antibritannique mentionné fut créé à Paris en 1941, après le début des bombardements alliés. Il était installé au 213 rue La Fayette, dans un ancien local de la CGT réquisitionné. Ce service, app …

Le service de propagande antibritannique mentionné fut créé à Paris en 1941, après le début des bombardements alliés. Il était installé au 213 rue La Fayette, dans un ancien local de la CGT réquisitionné. Ce service, appelé Comité ouvrier de secours immédiat (COSI), avait pour objectif de diffuser une propagande favorable à l’occupant allemand et hostile au Royaume-Uni, dans le contexte de l’Occupation. Parmi ses responsables figuraient Fernand de Brinon, haut collaborateur du régime de Vichy et représentant du gouvernement français auprès des autorités allemandes, René Albert Mesnard, Victor Barthélemy et un certain Mr Faye. Ce comité s’inscrivait dans la politique de collaboration et de contrôle de l’information menée par les autorités allemandes et leurs soutiens français, visant à influencer l’opinion ouvrière et à contrer la propagande alliée.

Sources

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Événement
1940
1940 – 1944 — Douane centrale de Paris/Entrepôts de marché noir
p 228-229
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Événement
1941
14 mai 1941 — Gymnase Japy (lieu d'internement lors des premières rafles)
p 232-233
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1940
1940 – 1944 — Direction des affaires de réquisition et d'occupation (DRO)
p 234-235
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Événement
Événement
1940
1940 – 1944 — Dispensaire Eastman/Clinique dentaire de l'hôpital militaire allemand
p 240-241
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôpital de la Pitié/Hôpital militaire allemand
p 242-243
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Événement
1940
1940 – 1944 — Gare d'Austerlitz/Siège de la National Socialistiche Volkswohlfahrt
p 244-245
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Événement
1940
1940 – 1944 — Entrepôts de stockage des biens confisqués aux juifs/Camp annexe de Drancy
p 246-247
Camp annexe de celui de Drancy pour la déportation des juifs
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du journal "Je suis partout" (journal collaborationniste)
p 252-253
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Événement
1940
1940 – 1944 — Cité internationale universitaire/Mess des officiers allemands
p 254-255
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Événement
Événement
1942
16 juillet 1942 – 1959 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 258-259
Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs. L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theo …

Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs.

L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theodor Dannecker – mais exécutée par la police française. René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy, en a négocié les modalités ; à Paris, le préfet de police Amédée Bussière la met en œuvre. Au matin du 16 juillet, quelque 4 500 policiers et gendarmes français se répartissent la ville, listes en main, dressées à partir du fichier des Juifs recensés. En deux jours, ils arrêtent plus de treize mille personnes – 12 884 selon un décompte, 13 152 selon les registres de la préfecture : environ 5 900 femmes, 3 100 hommes et 4 100 enfants.

Les personnes seules et les couples sans enfant sont conduits directement au camp de Drancy. Les familles – près de huit mille personnes – sont entassées au Vélodrome d'Hiver, le « Vél' d'Hiv' », au 8 boulevard de Grenelle, dans le 15e : une piste cyclable sous une verrière, en plein mois de juillet, où l'on reste cinq jours sans eau, sans vivres, presque sans soins. De là partent les convois vers Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, puis vers Auschwitz. Des quelque 4 100 enfants raflés, aucun n'est revenu.

Pendant un demi-siècle, l'État français s'est tu, entretenant l'idée d'un Vichy étranger à la France. Il aura fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'un président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse, sur les lieux, la responsabilité de l'État français : « La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. »

Le vélodrome, lui, a brûlé et fut démoli en 1959 ; il ne reste rien de lui sur le boulevard de Grenelle. À quelques pas, au bord de la Seine, un monument dû au sculpteur Walter Spitzer – une femme enceinte, des enfants, un vieillard – fut élevé en 1994. Il tient la place que le stade ne peut plus tenir.

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Événement
1940
Événement
1940
1940 – 1944 — Stand de tir du ministère de l'Air/Cantonnement militaire allemand
p 264-265
Lieu d'exécutions par fusillade dans le stand de tir au sous-sol du ministère de l'Air
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Événement
Événement
Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du Front allemand du travail (service de la main-d'œuvre)
p 272-273
Siège de l'organisation nazie qui dirige le Service Obligatoire du Travail ; le "SOT" devient vite le "STO", Service du Travail Obligatoire, on devine aisément pourquoi)
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Événement
Événement
1940
1940 – 1944 — Dépôt de Bassano de l'état-major d'intervention
p 276-277
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Événement
1942
25 mars 1942 — Siège du Service de l'Ouest nazi (Dienststelle Westen)
p 278-279
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Majestic/Siège du Haut commandement militaire allemand
p 280-281
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Ephrussi/Service des confiscations/SIPO-SD
p 284-285
Service chargé de la confiscation des biens des juifs et des Résistants par la SIPO -SD, Sicherheitspolizei und Sicherheitsdienst, police de sécurité et service de sécurité, dite Gestapo
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Événement
1940
1940 – 1944 — Service des Questions juives (immeuble réquisitionné par la Gestapo)
p 286-287
Pendant l'Occupation allemande de Paris, de 1940 à 1944, au 31 bis avenue Foch l'hôtel particulier du 16e arrondissement sert de quartier général à la section IV B de la Gestapo, la police secrète allemande, chargée des …

Pendant l'Occupation allemande de Paris, de 1940 à 1944, au 31 bis avenue Foch l'hôtel particulier du 16e arrondissement sert de quartier général à la section IV B de la Gestapo, la police secrète allemande, chargée des affaires juives.

Theodor Dannecker, chef du bureau des Affaires juives, y organise les opérations antijuives. Heinz Röthke, son adjoint, et Horst Ahnert, ainsi que Lopertz, y participent activement. C'est ici, en 1942, que se met en place l'organisation de la rafle du Vél' d'Hiv'.

Le 2 juillet 1942, une circulaire de la préfecture de police ordonne l'arrestation de 27 427 Juifs étrangers. Les autorités nazies de l'avenue Foch supervisent les préparatifs avec la police française. L'opération débute le 16 juillet 1942 à 4 heures du matin. Plus de 4 500 policiers parisiens arrêtent 12 884 personnes à Paris et en banlieue, dont 5 919 femmes, 4 115 enfants et 3 118 hommes. Près de 8 000 sont internés au Vélodrome d'hiver, les autres à Drancy. Le bilan atteint 13 152 arrestations au 20 juillet.

Les internés du Vél' d'Hiv' restent parqués cinq jours sans eau ni nourriture. Du 19 au 22 juillet, ils sont transférés vers les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, puis déportés vers Auschwitz.

Rafle juive du Vélodrome d'Hiver, 1942, photo BHVP

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Événement
1940
1940 – 1944 — Annexe de la Gestapo française de la rue de la Pompe (bureau d'achat)
p 288-289
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Événement
1944
17 avril 1944 — Gestapo française
p 288-289
Un bel immeuble bourgeois du 16e, un premier étage discret, et quatre mois qui suffiront à briser plus de trois cents résistants. Le 17 avril 1944, Friedrich Berger prend possession d'un appartement au premier étage du 1 …

Un bel immeuble bourgeois du 16e, un premier étage discret, et quatre mois qui suffiront à briser plus de trois cents résistants.

Le 17 avril 1944, Friedrich Berger prend possession d'un appartement au premier étage du 180 rue de la Pompe, entre la place Victor-Hugo et la Porte Dauphine. L'adresse n'a rien d'un lieu de police : c'est un immeuble haussmannien ordinaire, dans l'un des arrondissements les plus calmes de Paris occupé. C'est précisément ce qui en fait un outil redoutable.

Berger a trente-trois ans. Né en Allemagne en 1911, il est agent du SD — le service de renseignement de la SS — depuis plusieurs années. Son équipe est composite : une quarantaine d'auxiliaires français, recrutés dans les milieux de la collaboration et de la petite pègre, parfois motivés par l'argent, souvent par l'idéologie, toujours par l'impunité que leur offre la protection allemande. La presse libérée, puis les archives du procès, donneront à cette constellation un nom qui restera : la Gestapo de la rue de la Pompe. L'appellation est commode mais trompeuse — Berger est allemand, ses hommes sont français, et ce sont ces derniers qui commettent l'essentiel des arrestations, des interrogatoires et des tortures.

Le dispositif est efficace pour une raison simple : il pratique l'infiltration. Les auxiliaires français se présentent comme des résistants, des agents alliés parachutés, parfois comme des gaullistes en transit. Ils prennent contact avec des filières d'évasion vers l'Espagne, des réseaux du BCRA, des groupes de maquisards. Quand la confiance est acquise, ils donnent rendez-vous — et ce sont des dizaines de personnes qui disparaissent, raflées d'un coup au point de ralliement. Les prisonniers sont amenés rue de la Pompe. Le premier étage devient en quelques semaines l'un des lieux les plus redoutés de Paris.

Les méthodes sont celles de la Gestapo : baignoire, décharges électriques, passages à tabac prolongés. Certains parlent, la plupart meurent sans parler. En quatre mois, du 17 avril au 17 août 1944, l'équipe Berger arrête plus de trois cents résistants. Cent soixante-trois sont déportés ; une cinquantaine ne reviendront pas des camps. Quarante autres sont fusillés. Le procès tenu devant le Tribunal militaire permanent de Paris, du 19 novembre au 22 décembre 1952, établira un bilan d'au moins cent dix morts directement imputables à la rue de la Pompe.

Le chapitre le plus noir se joue dans les derniers jours de l'Occupation. Le 16 août 1944 — deux jours avant que les premiers chars de Leclerc n'entrent dans Paris — trente-cinq jeunes résistants, la plupart arrêtés par la bande Berger dans les semaines précédentes et détenus au 180 rue de la Pompe, sont emmenés au bois de Boulogne. Ils sont abattus à la mitraillette à la cascade de Longchamp. Leurs corps resteront sur place pendant deux jours. On parle aujourd'hui du massacre du bois de Boulogne ; sept autres résistants seront exécutés dans la nuit du 17 au 18 août au même endroit, portant le total à quarante-deux. La plupart avaient entre dix-huit et vingt-cinq ans.

Berger fuit Paris dans les convois allemands de l'été 1944. Arrêté en Allemagne après la guerre, puis relâché faute de preuves tangibles pour les occupants américains, il sera condamné à mort par contumace le 22 décembre 1952 par le Tribunal militaire permanent de Paris. Il ne sera jamais extradé. Il meurt à Munich en 1960, libre, d'une longue maladie.

Une plaque commémorative a été apposée sur la façade du 180 rue de la Pompe ; une autre, à la cascade du bois de Boulogne, rappelle le massacre des trente-cinq. L'immeuble lui-même n'a rien changé. On passe devant sans rien voir.

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Événement
1940
1940 – 1944 — Police secrète de Sûreté allemande, section III/SIPO-SD (Listes Otto)
p 290-291
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège central de la police allemande de sécurité du Reich/SIPO-SD
p 292-293
Siège central de la police de sûreté et du service de renseignement SS à Paris, le BdS (Befehlshaber des SIPO-SD, direction centrale de la SIPO-SD, dite Gestapo)
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Événement
1941
25 mai 1941 — Mairie du 16ème arrondissement
p 296-297
Première célébration de la Fête des Mères créée par Vichy ; il se tient dans cette mairie des réunions de la Milice
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Événement
1941
1941 – 1944 — Gestapo française (dite Gestapo Henri Martin)
p 298-299
Service de contre-espionnage français au service des nazis ; il infiltrera deux réseaux, "Défense de la France" et "Parsifal", et sera à l'origine de l'arrestation de 800 Résistants
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Événement
1942
29 juillet 1942 — Domicile du général Oberg (antenne des renseignements nazis)
p 300-301
Lecture publique des accords avec René Bousquet au domicile du chef suprême de la SS
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Événement
1940
1940 – 1943 — Domicile du général Ernst von Schaumburg
p 304-305
Domicile pendant l'Occupation du commandant du Grand-Paris (Gross-Paris). Il sera la cible d'un attentat doublement manqué, lui étant absent et son remplaçant n'étant pas touché
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Événement
1940
1940 – 1944 — Détachement de réserve de la Waffen-SS française
p 306-307
Centre d'intégration des membres de la Ligue des volontaires français, la LVF, dans la Waffen-SS
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Événement
1942
1er mars 1942 — Salle Wagram (haut lieu des rassemblements collaborationnistes)
p 310-311
Exposition "Le bolchevisme contre l'Europe", organisé par la Propaganda Abteilung, avec la collaboration du Comité d'action antibolchevique et du Parti Populaire Français de Doriot
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Événement
1940
1940 – 1944 — Théâtre de l'Empire/Organisation nazie "La force par la joie" (Kraft durch Freude)
p 312-313
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Événement
Événement
1940
1940 – 1944 — Maison du Secours national (entraide d'Hiver du Maréchal)
p 314-315
Le Secours national ou "Maisons du Maréchal" ; organisation caritative pétainiste
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Événement
1940
1940 – 1944 — Brasserie Wepler/Maison du soldat (Soldatenheim)
p 318-319
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Événement
1943
19 juillet 1943 — Cinéma Gaumont-Palace/Lieu de manifestations collaborationnistes
p 320-321
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Événement
1940
1940 – 1944 — Restaurant "À la Mère Catherine"
p 322-323
Restaurant fréquenté par le gratin des intellectuels nazis pendant l'Occupation ; les menus étaient bilingues, histoire de faciliter la communication, et le commerce...
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Événement
1940
1940 – 1944 — Fondation ophtalmologique Rothschild/Hôpital du camp de Drancy
p 328-329
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Événement
1940
Événement
Événement
1940
1940 – 1944 — Abattoirs de La Villette
p 334-335
Les abattoirs de La Villette sont placés directement sous administration nazie ; un quart des bovins et un cinquième des porcs sont réservés à l'armée allemande
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Événement
1940
1940 – 1944 — Caserne des Tourelles (centre de détention et de rassemblement)
p 340-341
Centre de détention où sont enfermés des militants et militantes communistes pendant l'Occupation
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