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12e arr.
Voie · 12e arrondissement

Rue de Picpus

De rue du Faubourg Saint-Antoine, 254. à boulevard Poniatowski, 99.
Quartiers Bel-Air · Picpus · Longueur ≈ 1835 m
≈ 1835 m
Longueur
2
Quartiers
I

Histoire de la rue

Son nom vient d'un simple lieu-dit, mais la rue de Picpus porte en elle plusieurs siècles de Paris — du duel galant à la guillotine, de la lettre de cachet royale à la Résistance. Connue d'abord sous la forme savoureuse de ruelle de Picquepusse, puis rue Piquepus, elle ne reçoit son orthographe définitive que par arrêté du 2 avril 1868. Longue de près de deux kilomètres, elle relie le faubourg Saint-Antoine au boulevard Poniatowski en traversant les quartiers du Bel-Air et de Picpus, deux territoires longtemps à demi ruraux où couvents, maisons de santé et jardins clos se succédaient derrière de hauts murs.

Au n° 12, une scène d'Ancien Régime digne d'un roman : en 1651, le marquis de Sévigné meurt en duel dans la maison de Ninon de Lenclos — cette même Anne de Lenclos qui y reçut plus tard la reine Christine de Suède. Un peu plus loin, au n° 59, le philosophe et médecin Affinius van den Enden tient une école à partir de 1673 qui sert de quartier général au complot dit du chevalier de Rohan contre Louis XIV — conjuration dénoncée et brisée avant d'aboutir. En 1786, c'est un tout jeune homme de 19 ans qui entre au n° 4-6 : Antoine de Saint-Just, interné six mois sur lettre de cachet obtenue par sa propre mère. L'ironie de l'histoire voudra qu'il devienne l'un des architectes de la Terreur.

La Terreur, justement, laisse ici sa marque la plus sombre. Au n° 35, dans l'enceinte du couvent des Dames de la Croix, sont jetés en 1794 les corps de 1 306 condamnés guillotinés place du Trône renversé — dont les carmélites de Compiègne. Ce charnier discret devient un cimetière privé, le cimetière de Picpus, où repose depuis 1834 le général La Fayette : un drapeau américain veille sur sa tombe, que même l'Occupation nazie n'osa pas abaisser. À quelques numéros de là, au n° 10, une maison d'aliénés avait été convertie en prison dès 1792 ; le poète André Chénier y fut notamment détenu. En 1871, la rue connaît encore des soubresauts : des ossements découverts au n° 15 alimentent les rumeurs anticléricales de la Commune, tandis que le couvent voisin abrite des actes discrets de solidarité humaine. Et en août 1944, vingt combattants FTPF incendient au n° 42-44 une trentaine de camions destinés au front de Normandie — dernier éclat violent dans cette longue rue qui aura décidément tout traversé.

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II

Fiches

21 fiches · 11 adresses
12
12 rue de Picpus
Folie de Ninon de Lenclos
1 fiche
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Mort en duel du marquis de Sévigné chez Ninon de Lenclos ; elle y reçoit la reine Christine de Suède
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35
35 rue de Picpus
Cimetière de Picpus
9 fiches
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Fille du duc de Rohan, princesse Murat puis comtesse de Chambrun, Marie de Rohan-Chabot peint et signe un La Fayette. Dans les années 1920, elle est du monde du Bœuf sur le toit, rue Boissy-d’Anglas, où le gratin croise les surréalistes. Elle meurt à Paris le 9 octobre 1951, à 75 ans. Elle repose à Picpus, cimetière des descendants des guillotinés de 1794 où est aussi inhumé La Fayette, avec son mari Charles de Chambrun, descendant du général.
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Personnage(s) : Marie de Rohan-Chabot
Disciple de Lamennais, Charles de Montalembert défend en 1830 dans L’Avenir les thèses du catholicisme libéral. Député du Doubs en 1848, il participe à la rédaction de la loi Falloux. Après le 2 décembre 1851, il appelle à voter pour le coup d’État : « Je suis pour l’autorité contre la révolte […], pour la société contre le socialisme. » Sept ans plus tard, l’Empire le condamne à six mois de prison pour avoir « excité à la haine et au mépris du gouvernement » ; il refuse la grâce impériale. Hostile au dogme de l’infaillibilité, il meurt à Paris avant sa proclamation, le 13 mars 1870, à 59 ans. Il repose au cimetière de Picpus.
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Personnage(s) : Charles de Montalembert
À 17 ans, Aimé Picquet du Boisguy prend la tête des chouans du pays de Fougères, dont il fait la zone la plus importante de la chouannerie en Ille-et-Vilaine. En 1796 puis en 1800, il est le dernier chef à rendre les armes, et refuse le grade de général de brigade que lui offre Bonaparte ; la Restauration en fait un maréchal de camp. Il meurt de la goutte à Paris, 2 rue Tronchet, le 25 octobre 1839, à 63 ans, et repose au cimetière de Picpus.
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Personnage(s) : Aimé Picquet du Boisguy
Héros de l'indépendance américaine, commandant de la garde nationale en 1789 puis en 1830, La Fayette prend froid aux obsèques du député Dulong, en janvier 1834, et meurt d'une pneumonie le 20 mai, rue d'Anjou. Le 22 mai, après un service à l'église de l'Assomption suivi par une foule immense mais étroitement surveillé par l'armée, le convoi gagne le cimetière de Picpus, où il est inhumé auprès de sa femme, avec de la terre rapportée d'Amérique. Un drapeau américain flotte aujourd'hui sur sa tombe.
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Personnage(s) : La Fayette
Premier des quarante-sept nobles à rejoindre le tiers état, Mathieu de Montmorency propose, dans la nuit du 4 août 1789, d’abolir tous les privilèges ; en 1790, il fait abolir les armoiries pour que tous les Français portent « les mêmes enseignes, celles de la liberté ». Le 10 août 1792 le fait émigrer. Sous la Restauration, devenu partisan de la monarchie absolue et des privilèges, il est pair, ministre des Affaires étrangères, puis duc en 1822. Il meurt le 24 mars 1826, à 58 ans, en priant à Saint-Thomas-d’Aquin. Il repose à Picpus, dans la chapelle des La Rochefoucauld-Doudeauville, près des fosses communes des guillotinés de 1794.
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Personnage(s) : Mathieu de Montmorency
Charnier des 1306 condamnés guillotinés place du trône renversé, dont les carmélites de Compiègne
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Puits dans la cour de la conservation du cimetière de Picpus
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III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution