🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
Couverture — Vie de Louis XIII
Bibliographie

Vie de Louis XIII

VAUNOIS Louis
Grasset, 1936.
13 Fiches citant cet ouvrage
1936 Édition

Fiches citant cet ouvrage

13 fiches
Événement
1607
1607 — Hôtel de Tournon/Hôtel du maréchal d'Ancre/Demeure de Concino Concini
p 134
Voir la fiche →
Événement
1612
1612
p 134
Pied à terre de Concini construit sur un terrain donné par Marie de Médicis
Voir la fiche →
Événement
1617
24 avril 1617 — Cour carrée du Louvre (partie Sud-Est)/Pont-levis à l'entrée du vieux Louvre
p 175-185
Un roi de quinze ans fait tuer le favori de sa mère à l'entrée de son propre palais. Le peuple de Paris achèvera le travail. Le lundi 24 avril 1617, vers dix heures du matin, Concino Concini, marquis d'Ancre et maréchal …

Un roi de quinze ans fait tuer le favori de sa mère à l'entrée de son propre palais. Le peuple de Paris achèvera le travail.

Le lundi 24 avril 1617, vers dix heures du matin, Concino Concini, marquis d'Ancre et maréchal de France, franchit le pont-levis du Louvre par la porte sud-est. Il rentre d'une promenade et lit distraitement une lettre. Le baron de Vitry, Nicolas de L'Hospital, capitaine des gardes du corps, l'attend avec une poignée d'hommes. Il le saisit par le bras : « De par le roi, je vous arrête. » Concini porte la main à la garde de son épée. Trois coups de pistolet claquent. Le maréchal s'effondre sur le pont, la tête en sang.

Au premier étage du Louvre, Louis XIII attend. Il a quinze ans. Il a ordonné le coup. Quand on vient lui annoncer que Concini est mort, il s'écrie — selon la légende soigneusement construite — : « Grand merci à vous ! À cette heure, je suis roi. » Puis il se montre à la fenêtre, et les gardes crient : « Vive le roi ! »

Le Florentin Concini est un aventurier florentin arrivé en France dans les bagages de Marie de Médicis en 1600. Après l'assassinat d'Henri IV en 1610, la régente en fait son homme de confiance. Les charges et les honneurs pleuvent : gouverneur de Normandie, puis de Picardie, marquis d'Ancre, maréchal de France en 1613 — sans avoir jamais commandé un régiment. Sa femme Leonora Galigaï, sœur de lait de la reine, exerce sur Marie de Médicis un ascendant que Paris attribue à la sorcellerie.

L'arrogance du favori exaspère la noblesse française. Les princes du sang se révoltent, négocient, se soumettent, se révoltent encore. Le jeune Louis XIII, tenu à l'écart du pouvoir par sa propre mère, ronge son frein. Autour de lui, un petit cercle de fidèles — Vitry, Déageant, le duc de Luynes — prépare le coup. Le roi donne l'ordre : arrêter Concini, et s'il résiste, le tuer. Personne ne doute de l'issue.

Louis XIII a quinze ans. En ordonnant la mort de Concini, il prend le pouvoir d'un coup, sans effusion de sang — du moins dans la cour du Louvre. Car dans les rues de Paris, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre et le peuple exulte. L'homme le plus haï de la capitale est mort. On tire des coups de feu en l'air, on allume des feux de joie. Le soir même, le corps est transporté en secret et enterré à la hâte dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Précaution inutile : dès le lendemain, la foule ira le déterrer.

Voir la fiche →
Événement
1617
25 avril 1617 — Église St Germain l'Auxerrois
p 188-189
On l'a enterré à la hâte dans la nuit, à Saint-Germain-l'Auxerrois. Mais Paris n'en a pas fini avec Concini. Au matin du 25 avril 1617, la nouvelle de l'enterrement clandestin se répand dans le quartier du Louvre. Concin …

On l'a enterré à la hâte dans la nuit, à Saint-Germain-l'Auxerrois. Mais Paris n'en a pas fini avec Concini.

Au matin du 25 avril 1617, la nouvelle de l'enterrement clandestin se répand dans le quartier du Louvre. Concini, assassiné la veille dans la cour du palais sur ordre de Louis XIII, a été inhumé nuitamment dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, place du Louvre. Une sépulture rapide, discrète, presque honteuse — comme si l'on voulait enterrer l'affaire avec l'homme. Mais le peuple de Paris a d'autres projets.

Une foule se masse devant l'église. On force l'entrée. On déterre le corps. Et commence alors une procession macabre à travers les rues de la rive droite, au milieu des cris de « Vive le roi ! ». Le cadavre du maréchal d'Ancre est traîné sur les pavés, battu, lapidé. On lui coupe le nez. Les oreilles. Les doigts. Les parties génitales. Ce n'est plus un mort que la foule maltraite — c'est un symbole, celui du favori étranger, de l'Italien enrichi par la grâce de Marie de Médicis, de l'homme qui incarnait à lui seul tout ce que Paris déteste : l'arrogance du pouvoir et l'impunité des puissants.

Le corps — ce qu'il en reste — est pendu par les pieds à l'une des potences du Pont-Neuf. Ironie atroce : ces potences, c'est Concini lui-même qui les avait fait dresser. Puis les restes sont brûlés sur l'île de la Gourdaine, l'îlot à la pointe occidentale de la Cité, au pied même du pont — un bout de terre aujourd'hui englobé dans le quai de l'Horloge. Un chroniqueur note que des morceaux de chair sont arrachés, rôtis, mangés — mais la scène relève sans doute autant de la surenchère littéraire que du témoignage. Ce qui est certain, c'est que la fureur populaire ne s'apaise qu'avec la destruction complète du corps.

Louis XIII laisse faire. Le jeune roi, qui a commandité l'assassinat pour se libérer de la tutelle de sa mère et de son favori, n'a aucune raison d'arrêter cette explosion. Au contraire : la rage du peuple légitime rétrospectivement le coup de force royal. Le 9 mai, le Parlement de Paris ouvrira un procès posthume contre Concini et sa femme Léonora Galigaï, accusée de sorcellerie. Galigaï sera exécutée en place de Grève le 8 juillet.

La profanation du cadavre de Concini n'est pas un épisode isolé dans l'histoire de Paris. La ville a la mémoire longue et la vengeance physique : les corps des Armagnacs massacrés en 1418, ceux des victimes de la Saint-Barthélemy traînés dans la Seine en 1572, celui de l'amiral de Coligny pendu au gibet de Montfaucon. Le peuple parisien, quand il se soulève, ne se contente pas de tuer — il efface.

Voir la fiche →
Événement
1630
10 novembre 1630 — Petit Luxembourg/Demeure du cardinal de Richelieu
p 353-364
Refuge de Richelieu qui pense alors avoir été évincé par Marie de Médicis et le parti dévot lors de la Journée des Dupes
Voir la fiche →
Événement
1630
10 novembre 1630 — Hôtel de Tournon/Hôtel du maréchal d'Ancre/Hôtel des Grands Ambassadeurs
p 353-364
Refuge et cachette de Louis XIII pendant la Journée des Dupes
Voir la fiche →
Événement
1631
30 mai 1631 — Maison du Grand Coq/Siège du journal "La Gazette de France"
p 371-372
Voir la fiche →
Événement
1631
30 mai 1631 — Plaque "Au Grand Coq"/Siège du journal "La Gazette de France"
p 371-372
Plaque délocalisée, le bureau d'adresses de la Gazette étant en fait rue de la Calandre. Il faisait également office de dispensaire
Voir la fiche →
Événement
1629
22 février 1629
p 453
Première réunion des "académistes", berceau de la future Académie française qui sera créée le 10 juillet 1637
Voir la fiche →
Événement
Événement
1637
12 août 1637 — Abbaye du Val de Grâce
p 454-456
Elle était reine de France et sœur du roi d'Espagne, et Richelieu savait depuis longtemps que ces deux fidélités ne pouvaient pas coexister indéfiniment. En 1635, la France déclara la guerre à l'Espagne. Anne d'Autriche, …

Elle était reine de France et sœur du roi d'Espagne, et Richelieu savait depuis longtemps que ces deux fidélités ne pouvaient pas coexister indéfiniment.

En 1635, la France déclara la guerre à l'Espagne. Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, se retrouva dans une position impossible : elle était née infante d'Espagne, fille de Philippe III et sœur de Philippe IV, le roi avec lequel son mari était désormais en guerre. Richelieu, qui la tenait pour suspecte depuis des années, la fit surveiller.

Anne se rendait régulièrement à l'abbaye du Val de Grâce, rue Saint-Jacques dans le faubourg Saint-Jacques (5e arrondissement), pour y prier et se retirer. Elle y avait établi une correspondance secrète avec l'Espagne par l'intermédiaire de ses proches, dont Mme de Chevreuse, Marie de Rohan-Montbazon, qui était l'une de ses confidentes les plus intimes.

Le 12 août 1637, Pierre Séguier, garde des sceaux de Richelieu, fit perquisitionner l'abbaye. Les lettres furent saisies. Anne fut confrontée aux preuves et contrainte, quelques jours plus tard, de signer une confession reconnaissant qu'elle avait entretenu une correspondance avec l'ennemi. Elle admit avoir écrit à son frère Philippe IV, à son beau-frère l'infant cardinal et à Mme de Chevreuse, qui avait fui en Espagne. La reine jura solennellement de ne plus recommencer.

Mme de Chevreuse ne rentra pas en France. Anne fut placée sous une surveillance renforcée. Richelieu mourut en 1642, Louis XIII en 1643. Anne d'Autriche devint alors régente pour son fils Louis XIV, âgé de cinq ans, et gouverna la France avec Mazarin. L'abbaye du Val de Grâce, devenue le symbole de ses années de disgrâce, fut transformée en église royale dont elle posa la première pierre en 1645 : c'est le bâtiment qui subsiste aujourd'hui rue Saint-Jacques.

Voir la fiche →