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Inaugurée en 1841 à l'emplacement d'un ancien embarcadère, la gare Saint-Lazare est la plus vieille gare de Paris et l'une des plus fréquentées d'Europe. Plantée au bout de la rue du même nom — qui conduisait jadis au couvent de Saint-Lazare —, elle tourne le dos aux grands boulevards et ouvre ses voies en éventail vers la Normandie et la banlieue ouest.

Pendant la Commune de 1871, elle est au cœur de l'affrontement final : les fédérés s'y battent pied à pied avant que les versaillais ne l'emportent. Un bataillon « de l'ordre » s'y installe aussitôt pour maintenir le cordon avec Versailles ; le gouverneur de la Banque de France, Rouland, en profite pour filer discrètement, lesté de billets de banque. La paix revenue, la gare redevient scène de politique : en 1874, Léon Gambetta y est frappé par le marquis de Sainte-Croix après un discours anti-impérial, et en 1880 elle vibre d'émotion quand Jules Vallès, Benoît Malon, puis Louise Michel avec quelque 550 communards amnistiés y débarquent devant des milliers de Parisiens venus les accueillir — Clemenceau, Henri Rochefort et Louis Blanc en tête.

Claude Monet en fait en 1877 l'un des sujets les plus célèbres de sa carrière, capturant dans une série de toiles la lumière vaporeuse du grand hall et les panaches de fumée des locomotives. L'Hôtel Terminus, bâti contre la gare en 1889, connaît lui aussi son lot d'histoire noire : le 12 février 1894, l'anarchiste Émile Henry y lance une bombe à main dans la salle du café ; et c'est là que Georges Feydeau, séparé de sa femme, s'installe à partir de 1909 pour y passer les dernières années de sa vie.

Noms successifs du lieu

  • avant 1841 Embarcadère de l'Ouest (premier terminus ferroviaire, vers Saint-Germain-en-Laye)
  • 1841 Inauguration de la gare Saint-Lazare dans sa forme agrandie
  • 1871 Enjeu militaire pendant la Semaine sanglante ; prise par les versaillais après de violents combats
  • 1877 Sujet de la célèbre série de toiles de Claude Monet
  • 1889 Ouverture de l'Hôtel Terminus attenant, théâtre de l'attentat d'Émile Henry en 1894
  • Aujourd'hui Gare SNCF et hub de transports en commun (RER E, métro, Transilien)

Toponymie — rue Saint-Lazare

rue Saint-Lazare
Conduisait au couvent et à l'enclos de Saint-Lazare.
Anciens noms : rue d'Argenteuil · rue des Porcherons
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Événements à cette adresse

12 événements · 1871 — 1970
108 rue Saint Lazare — 8e arr.
Gare St Lazare (sur un quai)
Alors qu’il avait rendez-vous le 10 février 1943 sur un quai de la gare Saint-Lazare avec Guy Gaultier, Mariette fut arrêté par plusieurs inspecteurs de la BS2. Il portait sur lui deux feuilles avec des rendez-vous, une…

Alors qu’il avait rendez-vous le 10 février 1943 sur un quai de la gare Saint-Lazare avec Guy Gaultier, Mariette fut arrêté par plusieurs inspecteurs de la BS2. Il portait sur lui deux feuilles avec des rendez-vous, une feuille avec des notes manuscrites, deux feuilles avec des plans, huit reçus, une carte d’identité au nom de Chagnot portant sa photographie. 

Son domicile 107 rue de la Glacière (XIIIe arr.), fut perquisitionné: ils saisissaient, entre autres, un revolver à barillet dans la table de nuit, neuf cartouches 7,65 mm dissimulés dans une boîte de cachets, huit feuilles manuscrites, et un numéro de l’Humanité du 30 octobre 1942. Sévèrement battu au moins à sept reprises lors de ses interrogatoires, il déclara qu'il n'a jamais participé à un attentat et de ne pas connaître d'autres militants dont la police lui montra les photos.

Il fut déporté le 11 juillet 1943 à Natzwiller-Struthof (Bas-Rhin), classé « NN » Nuit et Brouillard, ce qui signifiait condamné à disparaître. Matricule 4489 il y mourut le 13 août 1943, trente-trois jours après son arrivée. Son acte de décès fut transcrit à Malakoff où il était domicilié en dernier lieu, avenue Pierre Larousse. Un membre de sa famille porta plainte devant la commission d’épuration de la police contre les inspecteurs qui arrêtèrent Alfred Mariette.

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Personnage(s) : Alfred Mariette ·Guy Gaultier
108 rue Saint Lazare — 8e arr.
108 rue Saint Lazare — 8e arr.
Hôtel Terminus (de 1889) — Attentat anarchiste
L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle…

L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'Ère des attentats (1892-1894), il est connu pour être l'un des premiers attentats de terrorisme de masse et modernes de l'histoire et pour la déclaration que fait Henry lors de son procès, considérée comme un élément fondateur de cette forme de terrorisme.

À la suite du vote des lois scélérates, la répression de janvier et février 1894 et l'exécution d'Auguste Vaillant sans qu'il soit gracié par Sadi Carnot, ce dernier devient un ennemi symbolique de l'ensemble du mouvement anarchiste, qui voit en lui le principal responsable des persécutions les touchant.

Le 12 février 1894, vers neuf heures du soir, Émile Henry, un jeune homme de 21 ans, entre dans le café de l’hôtel Terminus, tout près de la gare Saint-Lazare. Il porte dans la poche de son pardessus une bombe à main. L’établissement est plein : on y dîne, on y boit, on écoute l’orchestre, on profite de la chaleur et de la lumière avant de reprendre un train ou de rentrer chez soi.

Henry a renoncé à s’en prendre au président de la République, Sadi Carnot, l'Élysée est trop bien gardé, et a choisi ce lieu précisément parce qu’il y a du monde. Il allume la mèche avec son cigare, lance la bombe vers les musiciens et sort aussitôt. L’explosion fracasse glaces et boiseries, renverse les tables, blesse une quinzaine de personnes et en tue une. Dans la panique, un garçon de café et des passants se lancent à sa poursuite ; il tire au revolver, mais il est rapidement maîtrisé et arrêté non loin de là.

L’attentat du café Terminus s’inscrit dans ce que la presse appellera l’« ère des attentats », une vague d’actions violentes menées par des anarchistes contre une société jugée corrompue et inégalitaire. Lors de son procès, Émile Henry revendique pleinement son geste, visant non plus des responsables identifiés, mais la foule elle‑même, symbole à ses yeux d’un ordre social à abattre. Cet épisode marque l’un des premiers attentats de masse de l’histoire contemporaine et frappe durablement les esprits par son caractère froidement indiscriminé.

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Personnage(s) : Émile Henry
108 rue Saint Lazare — 8e arr.
Gare St Lazare
Création par la Compagnie de l'Ouest de billets à tarif réduit pour les ouvriers de banlieue travaillant à Paris ; refusés pour les trajets inter-banlieues
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108 rue Saint Lazare — 8e arr.
Gare St Lazare
Retour d'exil en Kanaky de Louise Michel avec 550 Communards amnistiés, débarqués à Dieppe ; ils sont accueillis par 6 000 parisiens
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108 rue Saint Lazare — 8e arr.
108 rue Saint Lazare — 8e arr.
Gare St Lazare
Peint de nombreuses toiles représentant le grand hall et les voies
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Personnage(s) : Claude Monet
108 rue Saint Lazare — 8e arr.
Gare St Lazare — Cour du Havre
Manifestation contre Gambetta suite à son discours contre le Second Empire ; il est frappé par le marquis de Sainte-Croix
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Personnage(s) : Léon Gambetta ·Henri de Renouard
108 rue Saint Lazare — 8e arr.
108 rue Saint Lazare — 8e arr.
Gare St Lazare (inaugurée en 1841)
Occupation de la gare par un bataillon de "l'ordre", qui s'efforce de maintenir les liaisons avec Versailles ; Rouland, gouverneur de la Banque de France pourra rallier Versailles matelassé de billets sans être inquiété
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Personnage(s) : Jean-Marie Saisset ·Pierre Tirard
108 rue Saint Lazare — 8e arr.

Aujourd'hui

La gare Saint-Lazare reste l'une des gares les plus fréquentées du monde, avec plusieurs centaines de milliers de voyageurs par jour. Sa grande halle abrite commerces et restaurants ; on peut y admirer une réplique monumentale d'horloges emblématiques. L'ancienne façade Haussmannienne est toujours visible côté rue d'Amsterdam.

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